Rotation dans le logement social
· Clôturée
Cohésion des territoires et relations avec les collectivités territoriales (repondant)
La loi n° 2009-323 du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion, dite loi Molle, a instauré un dispositif de perte du droit au maintien dans les lieux pour les locataires ayant des ressources supérieures à 200 % des plafonds de ressources pour l'attribution des logements sociaux, applicable dans les zones tendues caractérisées par un déséquilibre important entre l'offre et la demande de logements. L'effet de ce dispositif sur le taux de rotation dans le parc social, qui dépend également d'autres facteurs tels que l'écart entre les loyers du parc privé et ceux du parc social, n'a pas été significatif, au regard du faible nombre de ménages concernés. C'est pourquoi, afin de favoriser la mobilité dans le parc social et dans le souci de mieux cibler les bénéficiares du parc locatif social, la loi n° 2017-86 du 27 janvier 2017 relative à l'égalité et à la citoyenneté a modifié le seuil de déclenchement de la perte du droit au maintien dans les lieux, en le fixant à 150 % des plafonds de ressources pour l'attribution des logements financés par des prêts locatifs sociaux. Par ailleurs, cette loi a réduit le délai dans lequel la perte du droit au maintien dans les lieux est effective, en le fixant à dix-huit mois au lieu de trois ans. Ces dispositions sont entrées en vigueur au 1er janvier 2018. Au regard des délais de constatation puis de conduite des procédures, il est encore trop tôt pour tirer un bilan de cette évolution. Selon les estimations réalisées à partir des enquêtes sur l'occupation du parc social, ce sont de l'ordre de 7 000 ménages qui pourraient être concernés par la mesure. Enfin, la loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolutions dans le logement, l'aménagement et le numérique, dite « loi ELAN », apporte des modifications substantielles aux modalités d'attribution des logements sociaux pour favoriser la mobilité et s'assurer de la meilleure adéquation dans le temps entre le logement attribué et la situation familiale et sociale du ménage, tout en maintenant les exigences de mixité sociale. Ainsi, la loi introduit notamment un réexamen périodique, tous les trois ans, de la situation « sociale » des locataires en zones tendues. À l'issue de cet examen, la commission d'attribution des logements pourra proposer un logement mieux adapté aux besoin des locataires, y compris dans le logement non cenventionné si le bailleur en dispose. Elle introduit également la gestion en flux des contingents de réservation qui permet d'optimiser l'adéquation entre l'offre de logements disponibles et la demande de logement social. Certaines de ces dispositions nécessitent des décrets d'application en cours d'élaboration. Mais, la disposition concernant le réexamen tous les trois ans est d'ores et déjà d'application et s'appuie sur des critères objectifs définis dans la loi (sur-occupation, sous-occupation, logement adapté, et dépassement du plafond de ressources). Les effets de l'ensemble des ces dispositions seront mesurables dans le temps, au fur et à mesure des attributions et des réexamens.
La source —
senat_questions · nº -65b67034:16068382030:-7f3b
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