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16 janvier 2020 · Sénat · Premier ministre · réponse Réponse

Doctrine du maintien de l'ordre

· Clôturée

Intérieur (M. le SE auprès du ministre) (repondant)

M. le président. La parole est à M. le secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur. M. Laurent Nunez, secrétaire d'État auprès du ministre de l'intérieur. Monsieur le sénateur, je ne reprendrai pas les propos du Président de la République, du Premier ministre et du ministre de l'intérieur sur la nécessaire exemplarité des policiers. Permettez-moi simplement de rappeler le contexte, que manifestement, vous perdez de vue. Vous ne pouvez pas ignorer, car le phénomène a commencé sous le quinquennat précédent, que nous avons affaire à des manifestations de plus en plus violentes. Souvenez-vous des manifestations contre la loi El Khomri. Nous avons vécu avec les « gilets jaunes » et nous vivons actuellement avec les manifestations contre le projet de réforme des retraites, en raison de l'engagement de certaines mouvances ultra, des actions extrêmement violentes qui visent nos institutions et nos policiers, entraînant la dégradation de mobilier urbain et de commerces. (Protestations sur des travées des groupes SOCR et CRCE.) Dans ces conditions, policiers et gendarmes ne peuvent qu'intervenir. Christophe Castaner et moi-même assumons totalement la doctrine que nous avons revue, afin de donner plus de mobilité et de réactivité à nos forces de l'ordre. Elle permet des interventions rapides qui sont nécessaires pour faire cesser les graves troubles à l'ordre public qui surviennent dans le cadre de ces manifestations. Nous ne souhaitons pas que certains se donnent bonne conscience sur le dos de la police et de la gendarmerie nationales en occultant ces violences inacceptables qui – il faut le dire clairement – n'ont rien à voir avec la liberté d'expression et la liberté de manifester. Je réfute les termes « violences policières » que vous employez et qui laissent à penser qu'il y aurait un système organisé. C'est une offense qui est faite à notre police et à notre gendarmerie. (Applaudissements sur les travées des groupes LaREM, RDSE, Les Indépendants, UC et Les Républicains.) En revanche, monsieur le sénateur, cela ne nous empêche pas de réfléchir à froid à notre doctrine. C'est ce que nous faisons dans le cadre de la mise en œuvre d'un schéma national du maintien de l'ordre public, où nous réussissons des experts de tous les pays, des magistrats ou des représentants d'organisations aussi importantes que la Ligue des droits de l'homme, Amnesty International ou Reporters sans frontières. Nous travaillons également avec les policiers. Sachez qu'en Europe certaines polices envient la façon dont nous gérons le maintien de l'ordre public. J'en profite pour rendre hommage de nouveau à l'ensemble de nos policiers et de nos gendarmes qui sont sur la voie publique, et je vous remercie, monsieur le sénateur, de votre hommage à M. Franck Labois, tué le week-end dernier. Ce cas nous rappelle la dangerosité des métiers de policier et de gendarme. (Nouveaux applaudissements sur les mêmes travées.) M. le président. La parole est à M. David Assouline, pour la réplique. M. David Assouline. Vous savez que la grande majorité des manifestants dont je parle, notamment les syndicalistes, sont pacifiques… (Protestations sur les mêmes travées.) J'observe que la droite le conteste. Bien entendu, je condamne avec force les casseurs. Rendre hommage aux policiers, c'est condamner les dérives qui ont eu lieu. (Applaudissements sur les travées des groupes SOCR et CRCE.)
La source — senat_questions · nº -645f3f6e:16f9d8003b9:-7be7
↗ https://www.senat.fr/questions/base/2020/qSEQ20011118G.html
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