consommation et prescriptions ; encadrement
· Réponse publiée
Ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes (repondant)
Les neuroleptiques sont indiqués dans le traitement de maladies chroniques graves telles que le traitement de la schizophrénie, le traitement et la prévention de l'accès maniaque chez les patients bipolaires, et pour certains patients, le traitement des formes sévères d'épisode dépressif majeur en association avec un antidépresseur. Le risque de troubles cardiaques liés à l'utilisation de ces médicaments est un risque bien connu. En effet, les neuroleptiques, comme d'autres médicaments, ont une action cardiaque et peuvent entraîner un allongement de l'intervalle QT. Cet espace correspond à la durée électrique de la contraction cardiaque (systole). Cet allongement de l'intervalle QT peut, dans certaines conditions et chez certains patients présentant certains facteurs de risque, induire des torsades de pointes, un trouble du rythme ventriculaire grave, potentiellement mortel. Ces facteurs de risque sont mentionnés dans le résumé des caractéristiques du produit (RCP) de ces médicaments afin d'appeler l'attention des prescripteurs. Des mesures visant à minimiser le risque cardiaque des neuroleptiques ont d'ores et déjà été mises en oeuvre tant au niveau national qu'au niveau européen. Plus précisément, à l'échelon européen, les premières discussions sur ce risque ont eu lieu dès 2000. Une revue de classe thérapeutique ciblée sur ce risque a été réalisée afin d'identifier, pour chaque neuroleptique, le niveau de ce risque. Les neuroleptiques ont ainsi été répartis en 2 groupes, ceux présentant un risque établi et ceux présentant un risque potentiel. Ce classement a permis la modification des libellés du RCP des antipsychotiques. Ainsi, pour les neuroleptiques ayant un risque établi d'allongement de l'intervalle QT, une surveillance stricte a été imposée incluant un contrôle de l'électrocardiogramme avant l'initiation et au cours du traitement, et des contre-indications chez les patients présentant des facteurs de risque d'arythmie cardiaque ont également été ajoutées. A l'échelon national, l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a mis en place un suivi de pharmacovigilance pour les neuroleptiques les plus à risque d'augmentation de l'intervalle QT. Certains neuroleptiques de première génération ayant démontré un potentiel élevé d'allongement de l'intervalle QT ont été retirés du marché tel que la thioridazine (retrait en 2005) et le sultopride (retrait en 2006). Enfin, l'ANSM continue à exercer une vigilance attentive sur ces médicaments pour informer les médecins et les patients et minimiser les risques par des mesures adaptées.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L14QE72435
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