Amendement COM-49 — Proposition de loi visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs
· Rejeté
Marion Canalès (auteur), groupe Socialiste, Écologiste et Républicain (groupe), Jean-Luc Fichet (cosignataire), Annie Le Houerou (cosignataire), Patrick Kanner (cosignataire), Catherine Conconne (cosignataire), Corinne Féret (cosignataire), Bernard Jomier (cosignataire) … 11 signataires en tout
Cet amendement vise à interdire toute tentative de marchandisation de l'accompagnement de la fin de vie. Depuis 2020 et la crise sanitaire du Covid-19, les thanadoulas tentent leur entrée en France. Cette nouvelle activité, non reconnue en France vise à accompagner les personnes en fin de vie ou les familles en deuil suscite de nombreuses inquiétudes chez les professionnels du secteur funéraires qui y voient des risques de dérives thérapeutiques, de captation, et à raison. Les thanadoulas sont le versant funéraire des "doulas de naissances", ces personnes qui contre rémunération, accompagnent et apportent un soutien logistique et émotionnel aux futures familles. Dans la version palliative, elles accompagnent le défunt dans ses derniers instants en prodiguant un éclairage et une écoute sur "l'après".
Le développement des thanadoulas, en l’absence de cadre légal strict, soulève de sérieuses préoccupations éthiques et sociales. En intervenant auprès de personnes en fin de vie et de leurs proches sans formation médicale reconnue ni statut réglementé, ces pratiques peuvent créer une confusion des rôles avec les professionnels de santé et fragiliser la prise en charge globale des patients.
Par ailleurs, la promotion de ces services s’inscrit dans une logique de marchandisation de la fin de vie, transformant un moment profondément intime, vulnérable et humain en une prestation commerciale. Cette dérive risque d’accentuer les inégalités sociales, l’accès à un “accompagnement digne” dépendant alors des moyens financiers des personnes concernées.
Enfin, la présence d’acteurs privés non encadrés auprès de publics particulièrement vulnérables fait peser un risque d’influence, de dérives psychologiques ou idéologiques, voire de pressions implicites sur les choix de fin de vie. La fin de vie doit rester un temps de soins et de protection collective, et non un marché ouvert à des offres non contrôlées.
En conséquence, il apparaît nécessaire de proscrire ce type de pratiques afin de préserver la dignité des personnes, la sécurité des patients et le principe fondamental de non-marchandisation de la fin de vie.
La source —
senat_amendements · nº 1312969
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