prolifération ; lutte et prévention
· Réponse publiée
Ministère des affaires sociales et de la santé (repondant)
Comme souligné dans le rapport d'inspection générale conjointe environnement - agriculture - santé de septembre 2010, l'espèce Vespa velutina n'est agressive pour l'homme qu'à moins de 5 m des nids, ceux-ci étant la plupart du temps situés dans des arbres de grande hauteur. Comme pour les espèces autochtones d'hyménoptères, les envenimations sévères peuvent survenir par piqûres multiples conduisant à l'inoculation d'une quantité élevée de venin, ou par piqûre unique au niveau d'une muqueuse, ou du fait d'une hypersensibilité aux venins d'hyménoptères. La ministre des affaires sociales et de la santé a questionné l'Institut de veille sanitaire (InVS) sur l'augmentation éventuelle du nombre de cas d'envenimation en lien avec l'expansion très rapide du frelon asiatique sur le territoire métropolitain. Les centres antipoison ont enregistré entre le 1er janvier 2009 et le 30 août 2012, un total de 2219 cas symptomatiques relatifs à des piqûres d'hyménoptères (guêpes, frelons, abeilles, bourdons). Parmi ceux-ci 407 dossiers faisaient mention d'une piqûre de frelon sans en préciser l'espèce et 79 dossiers faisaient mention d'une piqûre de frelon asiatique, principalement dans la partie sud-ouest de la France qui est la plus touchée par le développement de cette espèce. Alors que le nombre global de cas de piqûres d'hyménoptères reste assez constant d'une année à l'autre en France, les cas attribués spécifiquement aux frelons asiatiques augmentent (8 en 2009, 12 en 2010, 33 en 2011). Ces chiffres sont issus des déclarations des personnes concernées et peuvent être entachés d'un biais lié à la notoriété du frelon asiatique. Parmi les 5 décès liés à des piqûres d'hyménoptères enregistrés sur la période, 3 étaient attribués à ce frelon ; il s'agissait de personnes ayant des antécédents connus d'allergie au venin d'hyménoptères. Ces données n'étant pas exhaustives, une source d'information complémentaire a été recherchée. Le système de surveillance sanitaire des urgences et des décès, étudié sur la période du 1er mars 2010 au 22 juin 2012, a permis de constater une augmentation de l'ordre de 50 % du nombre de passages aux urgences pour des piqûres de frelons, guêpes ou abeilles, entre les années 2010 et 2011, alors qu'on ne note pas d'augmentation pour les piqûres d'autres arthropodes ; ce système n'enregistre pas l'espèce mise en cause. L'ensemble de ces informations ne permettent pas de cerner précisément les conséquences sanitaires de l'expansion du frelon asiatique. La ministre des affaires sociales et de la santé a demandé à l'InVS de mettre en place ce suivi et d'en diffuser les résultats. Ces connaissances permettront de déterminer si des actions spécifiques doivent être menées, notamment en termes d'information de la population. Le classement du frelon asiatique comme espèce exotique envahissante et nuisible à l'apiculture a été annoncé par les ministères de l'agriculture et de l'environnement, ce qui permettra la mise en oeuvre de programmes de lutte obligatoire.
La source —
assemblee_questions_ecrites · nº QANR5L14QE20
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