Interview de M. Serge Papin, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, à TF1 le 28 juillet 2026, sur les conséquences économiques des incendies de forêt.
Serge Papin (auteur), Bastien Augey (intervenant)
MAUD DESCAMPS07 h 35 sur TF1, il est l'heure de l'invité politique du jour, dans « En toute franchise ». Bonjour Sébastien Augier.
BASTIEN AUGIERBonjour Maud.
MAUD DESCAMPSVous recevez ce matin Serge Papin, ministre du Commerce et du Tourisme.
BASTIEN AUGIERBonjour Serge Papin.
SERGE PAPINBonjour Bastien Augier.
BASTIEN AUGIEROn a beaucoup de questions à vous poser sur les conséquences économiques des incendies des incendies, et elles sont nombreuses, ces conséquences, que ce soit pour les sinistrés, pour les habitants ou pour le tissu économique. Déjà, est-ce que vous êtes en mesure, ce matin, de nous donner une estimation, du moins un ordre de grandeur, du coût financier de cette catastrophe ?
SERGE PAPINÉcoutez, d'abord, avant de répondre à votre question, je voudrais saluer l'engagement de tous ceux qui luttent contre ces incendies inédits. Je pense évidemment au pompier qui est décédé cette nuit, en plus des deux autres. On a une pensée pour sa famille. Alors, actuellement, on est dans une situation d'urgence, et donc on fera le bilan après. Dans cette situation d'urgence, ce qu'il faut, c'est accompagner les entreprises. Et pour ça, on a un dispositif.
MAUD DESCAMPSOui, il y a 15 000 entreprises qui, aujourd'hui, ne peuvent pas fonctionner, ou qui fonctionnent partiellement ou totalement...
SERGE PAPINNormalement.
MAUD DESCAMPSEst-ce que vous allez les aider, en dehors de ce qui est déjà prévu, évidemment ?
SERGE PAPINAlors, on a un dispositif qui est le suivant : d'abord, les entreprises qui ont subi l'incendie directement. Elles, elles sont rassurées. On a vu France Assurance, etc. Il n'y a aucun problème, elles seront prises en charge par les assurances.
BASTIEN AUGIERDonc, pas besoin de les aider...
SERGE PAPINC'est l'assurance. Deuxième cas, les entreprises qui sont dans les zones évacuées. Donc, là, elles ont accès à l'activité partielle. Je me suis exprimé hier matin sur ce point, et on va s'attacher à ce que les choses soient faites rapidement de ce point de vue là. Et puis, après, on a les entreprises qui subissent des effets de bord. C'est-à-dire qu'il y a moins de monde, puisqu'il y a moins de touristes, comme vous l'avez dit. Bon, là, on va faire preuve de souplesse administrative. Vous savez, l'administration, elle peut aussi être empathique. Et donc, un dispositif est activé par la médiatrice du crédit, par le médiateur des entreprises, qui permet de reporter les charges, l'URSSAF, etc.
BASTIEN AUGIERElles paieront leurs charges plus tard.
SERGE PAPINPlus tard. Et moi, en tant que ministre, je vais m'assurer que ce quiest à notre disposition puissent fonctionner de manière efficace.
BASTIEN AUGIEROn parle de quelles entreprises, Serge Papin, très précisément ? Par exemple, aujourd'hui, je suis restaurateur. Je ne suis pas dans une zone évacuée directement, mais j'ai beaucoup moins, voire pas du tout, de clients. Est-ce que je pourrais reporter mes charges ?
SERGE PAPINOui. Alors, il faut en faire la demande auprès des deux personnes que je vous ai indiquées, soit le médiateur des entreprises, soit la médiatrice du crédit. Et bien sûr, après, on a, vous savez signé ce qu'on appelle une « charte de confiance », que j'avais mise en place il y a cinq ou six mois, et ça fonctionne. J'invite donc toutes les entreprises concernées à mettre en place, et à disposition ce dispositif d'accompagnement.
BASTIEN AUGIERAlors, ça, ce sont des facilités de trésorerie.
SERGE PAPINOui, c'est le plus important.
BASTIEN AUGIEREst-ce que ça ira plus loin ? Est-ce que pour des entreprises qui sont vraiment au bord de la faillite - parce que j'imagine qu'il des entreprises qui risquent la faillite – est-ce qu'il y aura des aides spécifiques, des mesures de soutien ?
SERGE PAPINÉcoutez, à ce stade, je ne peux pas répondre. Par contre, on dialogue avec tous ceux qui sont capables d'accompagner, je pense aux assurances notamment. Et on verra après comment l'État se situe dans un dispositif d'aide, dont je n'ai pas la réponse aujourd'hui.
MAUD DESCAMPSOn entend, donc, c'est qu'il n'y a pas de « quoi qu'il en coûte », l'État ne va pas sortir le chéquier pour venir en aide...
SERGE PAPINIl y a un dispositif dont j'ai parlé, et je vais déjà veiller à ce qu'il fonctionne bien et qu'il soit efficace.
MAUD DESCAMPSRapidement, oui.
SERGE PAPINRapidement, parce que souvent, c'est le reproche que l'on fait : " Oui, mais ça tarde ", etc. Donc, moi, je suis mobilisé pour que ça existe et que ça fonctionne.
MAUD DESCAMPSLa Chambre de commerce et d'industrie de Gironde reçoit des centaines de coups de fil de chefs d'entreprise, de petites entreprises en pleurs, qui sont désespérés, qui ne savent pas comment ils vont faire demain. Vous avez été chef d'entreprise, qu'est-ce que vous leur dites ce matin ?
SERGE PAPINAlors, on les prend en compte avec ce que je viens de dire. Et puis surtout, ce qui va être important, c'est l'espoir derrière, c'est-à-dire comment on s'occupe du plan de relance. Vous savez, moi, j'ai vécu par le passé des expériences malheureuses de ce type. Quand j'étais responsable d'un réseau de magasins, il y en a qui ont brûlé. Évidemment, ce n'est pas comparable, ce n'est pas un territoire entier, mais à chaque fois, ce qui il a fallu, c'est se projeter et dire : " Voilà, on va relancer, on met en place une dynamique. "
BASTIEN AUGIEREt comment on relance ?
SERGE PAPINComment on relance, il faut coordonner entre la région, les métropoles, je pense à la métropole de Bordeaux, le département. J'ai entendu ce matin le président de l'UMIH de Gironde qui disait : " Il faut qu'on mette en place un plan de communication pour dire : " Dès qu'on va à avoir tourner la page, on est là, on est prêts à vous accueillir. "
BASTIEN AUGIERParce que pour le tourisme, justement, Serge Papin, on parle aujourd'hui, on est d'accord qu'il y a des restaurants, des hôtels, des campings leur saison est pratiquement terminée. Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que, l'an prochain et dans les années qui viennent, les gens soient hostiles à l'idée d'y retourner ? C'est peut-être un enjeu qui se pose pour l'avenir.
SERGE PAPINNon, non, on n'en est pas encore à l'an prochain. Elle n'est pas terminée, la saison. Parce qu'on va gagner contre cet incendie.
BASTIEN AUGIERVous dites que la saison n'est pas terminée ?
SERGE PAPINMais non, bien sûr que non. D'abord, la Gironde, c'est grand. Il y a des territoires, je pense au Médoc, au Libournais, qui ne sont pas du tout concernés. On parle des zones concernées. Ensuite, le feu est contenu, il est fixé dans les Landes. D'ailleurs, il y a des gens qui reviennent, il y a 15 000 personnes reviennent dans les Landes. Il est " contenu ", c'est le mot qui a été utilisé, donc on espère qu'il va être fixé. Moi, j'ai bon espoir que pour le mois d'août, on puisse rouvrir les zones qui ont été évacuées, là où les flammes n'ont pas fait de dégâts.
MAUD DESCAMPSMais vous dites aux Français qui nous regardent : « Maintenez vos vacances dans la région » ?
SERGE PAPINBien sûr. Et puis, il y a eu des élans de solidarité partout, de partout qui se sont manifestés. Une façon peut être aussi d'être solidaire avec ces beaux territoires, c'est de se dire au fond : " Allez, on y va, on y retourne. "
BASTIEN AUGIERBon, le message est passé. Serge Papin, dans l'actualité, il y a aussi une question qui préoccupe beaucoup de Français, c'est celle du prix des carburants. On a vu ces dernières heures les prix du baril baisser au niveau mondial. Est-ce que ça va se répercuter rapidement sur les prix à la pompe, et quand ?
SERGE PAPINAlors, les prix, ils sont volatils. Ils viennent de baisser un petit peu, comme vous l'avez dit. Moi, je m'assure qu'ils soient répercutés aussitôt à la pompe. Et on a un instrument pour ça, qui est le contrôle des marges opéré par les services de l'État, par la Direction des fraudes, la DGCCRF.
BASTIEN AUGIERVous avez reçu les distributeurs hier ?
SERGE PAPINJ'ai reçu les distributeurs hier, et pour l'instant, ça fonctionne. Il y a systématiquement une répercussion. Donc, le prix si le baril baisse - et il a baissé -, ça va se répercuter rapidement. Dans tous les cas, je m'en assure.
BASTIEN AUGIERLes soldes se terminent aujourd'hui. Beaucoup de professionnels disent que c'est une saison plutôt décevante. Est-ce que vous, ce sont les mêmes retours, le même bilan que vous savez ?
SERGE PAPINDécevante, j'utiliserais plutôt le terme « en demi-teinte ». D'abord, on a bien fait de repousser la date des soldes. D'ailleurs, les soldes, ce n'est plus ce que c'était. Vous savez, il y a des promotions tout au long de l'année, il y a des événements comme, je pense notamment, vous savez, au Black Friday qui sont des événements qui siphonnent un peu les soldes. En tout cas, je suis à la disposition des parties prenantes. On va faire un point à la rentrée sur cette question-là, et on verra s'il faut modifier les dates, s'il faut les allonger. Je suis là, à la disposition des parties prenantes pour qu'on améliore les soldes si nécessaire.
MAUD DESCAMPSMerci beaucoup, Serge Papin, d'être venu ce matin en direct sur le plateau de Bonjour !
SERGE PAPINMerci à vous.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 juillet 2026
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vie_publique · nº 304213
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