Interview de Mme Naïma Moutchou, ministre des outre-mer, à Sud Radio le 28 juillet 2026, sur les incendies en Gironde, la lutte contre le narcotrafic dans les outre-mer et les ingérences étrangères dans la campagne électorale pour les élections président
Naïma Moutchou (auteur), Benjamin Glaise (intervenant)
BENJAMIN GLAISEIl est 8 h 13, vous êtes bien sur Sud Radio, mon invité politique ce matin, c'est une ministre, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer. Naïma Moutchou, bonjour.
NAÏMA MOUTCHOUBonjour.
BENJAMIN GLAISEEt merci d'être avec nous. La France est confrontée à une année tristement historique sur le front des incendies. Emmanuel Macron s'est rendu en Gironde hier en début de soirée aux côtés des sapeurs-pompiers. Il se devait d'être là-bas, le chef de l'État ?
NAÏMA MOUTCHOUOui, absolument. Il a souhaité être au plus près de la population pour entendre les inquiétudes, les craintes, les angoisses - et c'est légitime -, pour répondre aussi à un certain nombre de sujets et pour réexprimer l'idée que l'État est présent. L'État est bien présent face à ce qui est une situation exceptionnelle, hors normes. C'est quelque chose que nous n'avions pas connu depuis très, très longtemps. Nous avons chaque jour entre trente et quarante départs de feu, on en comptabilise plus de 13 000 depuis le début de la saison des incendies, près de 120 000 hectares qui ont été brûlés. C'est une situation exceptionnelle qui nécessite une réponse exceptionnelle.
BENJAMIN GLAISEEn tout cas, les critiques sont nombreuses, je le disais tout à l'heure, à l'égard du Gouvernement. Jordan Bardella, qui dénonce le manque de réactivité du Gouvernement, notamment sur l'utilisation de l'Airbus A400M, trop tardive selon lui, sur le manque de moyens accordés à la sécurité civile. Du côté de LFI aussi, on vous accuse, notamment Manon Aubry, d'avoir fait le choix d'abandonner la lutte contre les incendies. Est-ce que vous entendez ces critiques, et que répondez-vous, que ce soit à LFI ou au RN notamment ?
NAÏMA MOUTCHOUJe ne suis pas étonnée, puisque ceux que vous venez de citer ont l'habitude de prospérer sur les crises. Malheureusement, je vais vous dire, les Français attendent des résultats. Ils veulent qu'on garde notre sang-froid et qu'on puisse répondre à la situation. L'État est au rendez-vous. D'abord, il faut le savoir, ce sont des polémiques qui sont totalement inutiles et qui ne correspondent pas à la réalité opérationnelle.
BENJAMIN GLAISECe sont des polémiques, ce ne sont pas des critiques constructives ?
NAÏMA MOUTCHOUMais bien sûr, non, absolument pas, ça ne corresponds pas à ce qui se passe sur le terrain, moi, ce qui m'intéresse, c'est la réalité des choses. D'abord, la flotte aérienne dont nous disposons, elle ne se limite pas à des Canadair. Bien sûr, il y a des Canadair, mais il y a aussi 8 Dash supplémentaires qui ont d'ailleurs des capacités d'action plus importantes que les Canadair. Vous y ajoutez tous les moyens que nous avons l'habitude de louer chaque année pour ce type d'incendie. Il y a des avions, il y a des hélicoptères, et puis il y a tous les moyens des SDIS. Ça fait en tout et pour tout 67 véhicules aériens qui sont mobilisables, en plus de la capacité terrestre, parce que la lutte contre l'incendie, dans l'immense majorité des cas, ça se passe sur le terrain, sur le sol. 2 500 sapeurs-pompiers qui sont mobilisés, 1 500 militaires, des forestiers, des agents de l'État.
BENJAMIN GLAISEDonc LFI, le RN, vous le dites, prospèrent sur cette crise, sur ces incendies, ils en profitent, finalement ?
NAÏMA MOUTCHOUÉvidemment, comme ils ont l'habitude de le faire. La situation que vivent nos compatriotes, des centaines de milliers de Français aujourd'hui qui sont obligés d'évacuer, de quitter leur foyer, des hectares brûlés, la biodiversité qui est atteinte… Tout ça devrait nous amener à beaucoup de responsabilité et, je crois, un peu de pudeur pour agir, pour obtenir des résultats, pour faire en sorte qu'il y ait une réponse opérationnelle immédiate, qu'on puisse fixer ces feux et que les Français puissent rentrer chez eux.
BENJAMIN GLAISEAu-delà des critiques, on a Marine Tondelier, secrétaire nationale des Écologistes, qui réclame en urgence une réunion de crise avec tous les partis politiques et les groupes parlementaires. Est-ce que le Gouvernement va en convoquer une ?
NAÏMA MOUTCHOUIl y aura le temps du bilan, si c'est ce que cherche Marine Tondelier. La priorité aujourd'hui, c'est de sauver des vies. La priorité aujourd'hui, c'est de sauver des vies. Sauver des vies, sauver la vie des Français qui sont aujourd'hui menacés, et il y en a encore, puisque la situation, vous le savez, n'est pas réglée. C'est un long combat que nous devons mener. Moi, je veux d'abord avoir une pensée pour ceux qui sont sur le terrain, pour tous ces sapeurs-pompiers mobilisés. Un jeune sapeur-pompier de 38 ans qui est encore mort cette nuit dans les Bouches-du-Rhône. Je veux dire toute ma reconnaissance, ma solidarité à ceux qui sont sur le terrain. Je pense aux proches, aux familles, à tous les collègues qui prennent des risques tous les jours.
BENJAMIN GLAISEDonc on est clair, pas de réunion pour le moment prévue avec les chefs de partis et de groupes parlementaires du côté du Gouvernement.
NAÏMA MOUTCHOUJe n'en suis pas informée. Je dis que la priorité, c'est l'action de terrain.
BENJAMIN GLAISED'accord, j'entends, on a beaucoup de colère exprimée, notamment du côté du Porge, les habitants du Porge, commune martyr qui a été totalement dévastée par les flammes. On a une auditrice, hier matin, qui nous disait que sa commune avait été sacrifiée pour sauver le Cap-Ferret. Elle n'est pas la seule à le dire. On en a un autre qui dit qu'on n'a pas sauvé le Porge parce qu'il n'y a pas de stars. Qu'est-ce que vous répondez à cette colère ? Ça rejoint un petit peu ce qu'un député insoumis avait écrit sur Twitter avant de supprimer son message : il parlait des bourgeois du Cap-Ferret.
NAÏMA MOUTCHOUNon, l'État ne trie pas en fonction des statuts. Notre responsabilité, c'est de protéger tous nos compatriotes. Nous déployons des moyens aériens et des moyens terrestres partout où nous le pouvons. À la fois la flotte aérienne que je vous ai décrite, à la fois la flotte terrestre, les appuis avec nos partenaires européens, nous agissons partout où nous pouvons agir.
BENJAMIN GLAISENaïma Moutchou, vous êtes ministre des Outre-mer. Parlons-en, des Outre-mer. Un mot sur cette loi pour le développement économique des Outre-mer. Elle a été mise en place avec un dispositif d'allègement de charges pour les employeurs. Son avenir était en suspens. Est-ce que ces mesures, ce dispositif sera prolongé ?
NAÏMA MOUTCHOUIl le sera, et ça, c'est une bonne nouvelle pour les territoires et pour les Outre-mer. Vous savez, dans la situation de contrainte budgétaire dans laquelle la France se trouve aujourd'hui, nous allons devoir faire des économies sur le budget qui est actuellement en préparation. Mais pas n'importe quelles économies, pas de mauvaises économies. Et ces dispositifs économiques dont bénéficient les territoires ultramarins - la LODEOM et le RAFIP, pour ne pas les citer, qui sont des acronymes -, qui sont en fait des dispositifs de soutien à l'emploi, à l'attractivité, à la création d'investissements, seront préservés. Nous aurions pu les supprimer, l'idée était sur la table, plusieurs centaines de millions d'euros d'économies. Mais ce sont des économies qui auraient affaibli les territoires. Le Premier ministre a une vigilance toute particulière pour les Outre-mer qu'il connaît bien, il ne veut pas les affaiblir. Et donc, dans le cadre des discussions budgétaires que nous avons menées, j'ai pu obtenir le maintien, avec le soutien du Premier ministre, le maintien de ces dispositifs essentiels aux Outre-mer.
BENJAMIN GLAISELes Outre-mer qui sont victimes du narcotrafic, et principalement la Guyane, les Antilles. Vous avez fait un déplacement là-bas pour lancer un plan anti-Guyane pour lutter contre le narcotrafic. C'est quoi, la réalité de ce narcotrafic aux Antilles et en Guyane ? Est-ce que c'est aujourd'hui le premier point de deal de cocaïne de France, la première plaque tournante du pays ?
NAÏMA MOUTCHOUJe dirais que les Outre-mer sont aux avant-postes de la lutte contre le narcotrafic, effectivement, parce que la cocaïne, elle vient d'Amérique du Sud et elle transite par les frontières des territoires ultramarins : la Guyane, la Martinique et la Guadeloupe. Et donc, avant qu'elle arrive en France ou en Europe, elle transite par les ports, par les aéroports de certains territoires ultramarins. C'est pour ça que la réponse doit être à la hauteur. Le narcotrafic, ce n'est pas juste la vente de stupéfiants aujourd'hui. Dans des territoires comme ceux que je viens de vous citer, le narcotrafic il arme, il tue, il recrute des enfants, corrompt. Ça va très loin.
BENJAMIN GLAISEAlors comment on fait pour lutter contre ce narcotrafic qui gangrène ? On n'en parle pas assez, effectivement, notamment en Guyane et aux Antilles. Ce plan anti-Guyane, c'est quoi ? Des moyens humains et financiers supplémentaires ?
NAÏMA MOUTCHOUCe plan, effectivement, c'est une contre-offensive qui dit : on amplifie la guerre contre le narcotrafic. Et pour ça, il faut des moyens matériels.
BENJAMIN GLAISEC'est de la communication ou vraiment il y a une évolution là-dessus ?
NAÏMA MOUTCHOUAbsolument. On change de dimension. Vous savez, les narcotrafiquants, ils s'adaptent. Vous avez aujourd'hui des organisations criminelles avec des moyens colossaux qui arrivent à infiltrer, y compris les systèmes. Il faut que la réponse, elle soit à la hauteur. Donc on adapte nous aussi notre réponse. On donne des moyens humains et matériels supplémentaires. On va davantage contrôler en mer les bateaux qui arrivent et qui transportent de la cocaïne. Il y aura des radars par exemple, pour permettre un travail plus efficient des forces de sécurité. On va doter les aéroports de scanners, là aussi, pour pouvoir détecter les colis qui transportent des stupéfiants. On crée une brigade nautique au grand port de Fort-de-France. On crée un tribunal judiciaire à Saint-Martin. Le garde des Sceaux l'a annoncé, parce qu'il faut aussi que la réponse pénale soit au rendez-vous. Bref, on agit sur toutes les chaînes de l'action.
BENJAMIN GLAISEDe la reconnaissance faciale aussi pour lutter contre le narcotrafic, c'est envisagé ou pas ?
NAÏMA MOUTCHOUAbsolument. Reconnaissance faciale ou intelligence artificielle, on va doter notamment la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane de vidéoprotection, de vidéosurveillance avec des moyens notamment d'intelligence artificielle pour être beaucoup plus efficace, pour que les enquêteurs puissent voir leur travail facilité.
BENJAMIN GLAISENaïma Moutchou, vous êtes ministre, vous êtes également soutien d'Édouard Philippe pour la présidentielle, vous faites partie d'Horizons. Édouard Philippe, premier candidat pour cette présidentielle à avoir été visé par une opération de désinformation, en l'occurrence une campagne pro-russe à propos de son état de santé. Comment est-ce qu'il a vécu cette opération de désinformation, l'ancien Premier ministre ?
NAÏMA MOUTCHOUD'abord, Édouard Philippe va bien. Il mène campagne, il continue à sillonner le territoire. Il est la première victime de cette campagne de désinformation. Vous l'avez dit sans grand étonnement. Il alerte, nous alertons depuis très longtemps sur ce qui est en train de se passer. Nous savons que les grands rendez-vous nationaux, les grandes campagnes, notamment nationales, type présidentielle ou législatives…
BENJAMIN GLAISEÇa ne vous étonne pas qu'Édouard Philippe soit le premier visé par une campagne de désinformation dans le cadre de cette campagne ?
NAÏMA MOUTCHOUNous savons depuis longtemps que ces grandes campagnes nationales seront le grand théâtre de la manipulation. Et Édouard Philippe est une cible de choix.
BENJAMIN GLAISEPourquoi ?
NAÏMA MOUTCHOUNotamment pour ces réseaux pro-russes : il est le candidat le mieux placé pour l'emporter. Il est donc une cible.
BENJAMIN GLAISEÇa veut dire qu'il est une menace pour Vladimir Poutine. Il fait peur à Vladimir Poutine, Édouard Philippe ?
NAÏMA MOUTCHOUMais de quoi on parle ? On parle d'ingérence étrangère. Vous avez aujourd'hui un certain nombre d'États ou d'organisations qui veulent déstabiliser les scrutins, qui veulent influencer le vote des Français. Et donc ils diffusent massivement de fausses informations pour semer le doute et pour essayer de faire pencher la décision. Il se trouve qu'Édouard Philippe est effectivement une menace pour un certain nombre d'entre eux. Édouard Philippe incarne la démocratie, le respect des règles, l'État de droit. Et il est donc une menace pour un certain nombre de ces pays.
BENJAMIN GLAISELe Gouvernement, en tout cas, souhaite durcir les peines pour les personnes diffusant de fausses informations dans un contexte électoral. Nous y sommes. Que peut-on faire, notamment pour les personnes qui agissent depuis l'étranger ? Est-ce qu'on peut vraiment faire quelque chose ?
NAÏMA MOUTCHOUOui, parce que d'abord, nous avons commencé à le faire. Je suis bien placée pour vous en parler : j'ai porté un texte en 2018, le premier texte qui visait à lutter contre les fake news précisément, qui permettait de saisir un juge, notamment en période électorale, quand il y a une fausse information diffusée sur un candidat. À l'époque, je peux vous dire qu'il y avait une levée de boucliers de tous les partis d'opposition qui criaient à la censure. Vous voyez que quelques années après, plus personne ne fait le constat inverse. Il y a une menace qui pèse sur la démocratie, il faut aller plus loin. C'est ce que fait le texte qui a été présenté par Laurent Nunez, qui donnera des moyens supplémentaires pour agir contre les fake news, pour les supprimer en temps réel et pour aggraver les peines.
BENJAMIN GLAISESur cette question de la censure, il y a des inquiétudes tout de même. On a notamment un sénateur centriste, Laurent Lafon, qui a parlé d'ingérence intérieure. Est-ce que vous craignez vous-même une forme de désinformation de l'intérieur ?
NAÏMA MOUTCHOUAbsolument pas. Je veux dire, ce dont on doit se méfier, ce qui doit nous inquiéter, c'est ce qui vient de l'extérieur. Le cadre interne, il est réglé : la liberté d'expression en France, elle est large, ce qui fait de nous d'ailleurs un grand pays. On peut avoir des débats d'idées, des débats d'opinions, dans le respect, bien évidemment, des troubles à l'ordre public ou des limites liées au racisme, aux discriminations. Le cadre, il est clair. Ce qui doit aujourd'hui nous rassembler, et qui doit rassembler notre énergie, c'est la lutte contre les fake news qui vont venir.
BENJAMIN GLAISEConcrètement, ça veut dire quoi ? Je ne sais pas, un internaute, un twittos français qui relaie, par exemple, cette campagne de désinformation dont a été victime Édouard Philippe… Ça veut dire qu'il doit être condamné, interpellé ? Pour avoir une idée sur un cas très concret, si vous l'avez vécu.
NAÏMA MOUTCHOUOui, vous voyez bien la difficulté qui est la nôtre aujourd'hui, et c'est pour ça qu'il faut en amont se doter de moyens qui permettent de stopper net ces fausses informations, parce qu'elles circulent très, très vite. Une fausse information circule six fois plus vite qu'une vraie information. À partir de là, je crois que les choses sont dites.
BENJAMIN GLAISENaïma Moutchou, donc, ministre des Outre-mer, soutien également d'Édouard Philippe dans cette campagne présidentielle, je le rappelle. Il est l'un des candidats du bloc central avec Gabriel Attal. Lequel se désistera et lequel sera finalement le candidat pour 2027 ?
NAÏMA MOUTCHOUÇa, c'est une rencontre avec les Français, ce sont les Français qui choisiront. Ce que je peux vous dire, c'est que…
BENJAMIN GLAISECe sont les Français qui choisiront, ça veut dire quoi ?
NAÏMA MOUTCHOUC'est une rencontre. La présidentielle…
BENJAMIN GLAISECe sont les sondages qui vont décider, ou pas ?
NAÏMA MOUTCHOULa présidentielle, en tout cas, ce n'est pas un concours de réseaux sociaux, de petites phrases ou de slogans. La présidentielle, c'est une question simple : c'est à qui vous voulez confier le pays pendant cinq ans pour faire face à des défis qui sont immenses ? Crise internationale, défi de la dette, poids de l'immigration… Donc c'est quelque chose de sérieux. Et Édouard Philippe, il incarne ça. Il a cette stature, d'abord il a cette expérience : il a été Premier ministre.
BENJAMIN GLAISEIl a plus d'expérience que Gabriel Attal.
NAÏMA MOUTCHOUIl a été au front. Il a été dans la gestion de crise. Il a une histoire personnelle aussi, dans laquelle je crois que les Français s'identifient. Son grand-père était docker, ses parents étaient instituteurs, il vient d'un milieu modeste, il a réussi par l'école, il a été maire, au contact des Français… Vous voyez, ça fait un certain nombre de qualités ou d'atouts qui font qu'il est connecté à la population.
BENJAMIN GLAISEPour certains, on rattache Édouard Philippe aussi aux Gilets jaunes, ça va lui peser ça.
NAÏMA MOUTCHOUEt sa volonté, oui, on aura l'occasion largement, dans le cadre des débats, de revenir sur ce qu'a été le vrai bilan d'Édouard Philippe, et là aussi de lutter contre une forme de désinformation politique qui s'annonce. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il est le seul en capacité de rassembler, parce qu'Édouard Philippe parle à la France et aux Français. Il ne parle pas à un camp politique ou à une famille politique, ça ne l'intéresse pas.
BENJAMIN GLAISEIl peut parler aux Gilets jaunes, par exemple.
NAÏMA MOUTCHOUIl parle à tout le monde et il doit parler à tout le monde. Ce qui l'intéresse, c'est un projet commun. C'est essayer dessiner un avenir et un destin pour tous les Français, et pas composer avec une addition de partis politiques.
BENJAMIN GLAISEQuand est-ce qu'il faudra décider qui de Gabriel Attal ou d'Édouard Philippe sera candidat pour 2027 ? C'est la question qui se pose. Ça va aller vite, on est dans la dernière ligne droite à moins de neuf mois. Quand, à quel moment il faudra décider entre les deux ?
NAÏMA MOUTCHOUÀ mon avis, à mon goût en tout cas, le plus vite possible.
BENJAMIN GLAISEConcrètement, ça veut dire quoi ? Dès cet été ? Dès la rentrée ?
NAÏMA MOUTCHOUIl y a une bataille qui s'annonce contre le Rassemblement national et contre La France insoumise. Donc j'espère que l'énergie qui sera déployée par les candidats du bloc central, très vite, pourra trouver une réponse dans un candidat commun. Je veux dire qu'il faut qu'on se rassemble, qu'on rassemble nos idées, il faut qu'on rassemble notre énergie, justement dans la lutte aussi contre les extrêmes.
BENJAMIN GLAISEGabriel Attal doit se désister au profit d'Édouard Philippe compte tenu de ce qu'on observe aujourd'hui ?
NAÏMA MOUTCHOUJe suis soutien d'Édouard Philippe, je ne vous dirai pas l'inverse. Pour moi, il est le seul candidat qui est en capacité de l'emporter. Et donc, raisonnablement, en responsabilité, j'appelle effectivement les autres candidats à se rallier à la candidature d'Édouard Philippe.
BENJAMIN GLAISEMerci beaucoup, les autres candidats… Bruno Le Maire notamment. Alors il n'est pas encore candidat, mais vous avez vu, il a accordé une longue interview à La Tribune Dimanche. Vous l'appelez à ne pas être candidat ?
NAÏMA MOUTCHOUVous venez de le dire, il n'est pas candidat. Mais Bruno Le Maire, qui a des idées, qui fait des propositions, est le bienvenu aussi dans cette grande équipe au service de la France.
BENJAMIN GLAISENaïma Moutchou, je rappelle, vous êtes ministre des Outre-mer. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio, je vous souhaite une très belle journée. Il est 8 h 28 sur Sud Radio, à suivre les infos.
Source : Service d'information du Gouvernement, le 29 juillet 2026
La source —
vie_publique · nº 304208
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