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27 juillet 2026 · Conseil des ministres · discours Discours

Conseil des ministres du 27 juillet 2026. Situation feux de forêt et sécheresse.

Laurent Nunez (auteur), Monique Barbut (intervenant), Annie Genevard (intervenant), Secrétariat général du Gouvernement (auteur_moral)

Le ministre de l'intérieur, la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature et la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire ont présenté une communication sur les feux de forêt et la sécheresse. 1. Feux de forêts La France fait face cette année à une situation historique pour les feux de forêt. Depuis le début de la saison, 13 550 feux de végétation ont été recensés. La superficie totale parcourue par les flammes s'élève désormais à près de 116 000 hectares. C'est un niveau sans précédent. A titre de comparaison, en 2022, année qualifiée d'exceptionnelle, le bilan de la saison a comptabilisé un peu plus de 70 000 hectares de forêt et végétation brûlés pour plus de 22 700 feux. Les moyens aériens sont fortement engagés avec 5355 largages effectués par les avions bombardiers d'eau et 6468 largages par les hélicoptères bombardiers d'eau. Une mobilisation exceptionnelle sur plusieurs feux majeurs Les moyens nationaux restent pleinement mobilisés face à plusieurs incendies d'ampleur, notamment dans le Var, la Corse, les Landes et la Gironde. Les conditions météorologiques continuent de compliquer les opérations sur plusieurs secteurs, avec des feux toujours actifs et des interventions qui s'inscrivent dans la durée À Pontevès, dans le Var, la situation demeure défavorable. Depuis le déclenchement de ce feu, le 21 juillet, la superficie parcourue atteint 5 400 hectares. Les évacuations ont concerné et concernent encore 3000 personnes sur tout ou partie des communes de Correns, Châteauvert, Barjols et Brue-Auriac. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 1 100 sapeurs-pompiers appuyés par quatre sections militaires, deux détachements retardant, 120 gendarmes et 60 militaires. À Corte, en Corse, le feu a parcouru 1 000 hectares. Il n'est pas fixé. La situation est défavorable. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 241 sapeurs-pompiers dont un détachement héliporté et de deux sections militaires. À Biscarrosse, dans les Landes, la situation demeure défavorable. La superficie parcourue atteint 3 600 hectares. Au plus fort, 36 000 personnes ont dû être évacuées. Une partie des habitants de Biscarrosse ont été autorisés néanmoins à revenir hier dans les zones désormais à l'abri du feu et sécurisées. Les forces de sécurité civile mobilisées sont de 550 sapeurs-pompiers appuyés par 420 gendarmes. À Saumos / secteur du Cap-Ferret en Gironde, la situation est défavorable. Il s'agit d'un feu d'une ampleur exceptionnelle. Depuis le 22 juillet, le feu a parcouru 42 000 hectares. Les évacuations ont concerné et concernent encore 220 000 personnes dont 50 000 évacuées dans la nuit de samedi à dimanche. Un premier bilan matériel fait état de 277 bâtiments détruits impactés ou brûlés. Ce feu mobilise des moyens terrestres et aériens exceptionnels coordonnés par le SDIS de la Gironde. Au sol, plus de 2 500 sapeurs-pompiers dont 14 colonnes extra-zonales et un groupe suisse sont à l'œuvre. Ils bénéficient de l'appui de 1 500 militaires, de 1 200 policiers et gendarmes et de 450 bénévoles des associations agrées de sécurité civile. 18 moyens aériens sont engagés. Depuis le 25 juillet, l'A400 M effectue des largages de retardement en appui des opérations au sol. Dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'UE (MPCU), la France bénéficie du renfort de deux bombardiers d'eau Black Hawk slovaque et tchèque engagés sur le feu de Saumos, un canadair croate et quatre avions Air Tractor, deux portugais engagés à Biscarrosse, deux suédois. D'autres moyens sont à venir. Action judiciaire Depuis le 6 juillet, 162 personnes ont été interpellées dans le cadre d'enquêtes liées aux incendies. À ce stade, 5 condamnations à de la prison ferme ont été prononcées et 15 personnes sont placées en détention provisoire dans l'attente de leur jugement. Les enquêtes se poursuivent afin d'identifier les auteurs des départs de feu. Message de vigilance Les conditions météorologiques restent propices aux départs et à la propagation rapide des feux. Les autorités appellent chacun à faire preuve de la plus grande vigilance, à respecter les interdictions en vigueur et à signaler immédiatement tout départ de feu. Plus que jamais, les sapeurs-pompiers, les forces de l'ordre, les militaires, les élus locaux et les services de l'Etat sont en première ligne pour protéger, accompagner et préparer l'après. À moyen terme, une poursuite des investissements Face à ces situations exceptionnelles qui se multiplient, l'action des Gouvernements depuis 10 ans est très forte et le Président de la République a fait de la forêt un enjeu de premier plan : effort de renouvellement sans précédent des forêts confrontées au changement climatique, avec un objectif du milliard d'arbres d'ici 2032, sécurisation de l'opérateur public, loi incendie de 2023 après les feux de 2022, et lutte contre la déforestation portée au niveau européen. Avec les crédits publics, notamment le plan de relance, France 2030 et ceux de la planification écologique, mais avec également l'appui du privé, près de 300 millions d'arbres ont ainsi été plantés depuis 2021. L'Etat a lancé le vaste chantier de l'adaptation de la forêt française et accompagne les sylviculteurs dans leurs investissements. Ces travaux devront se poursuivre dans les prochaines semaines et mois à venir. 2. Sècheresse L'été 2026 se démarque déjà par une sécheresse généralisée sur l'ensemble du territoire métropolitain, particulièrement précoce et intense. Malgré des précipitations dans les normales en hiver et au printemps, le temps particulièrement sec depuis le mois d'avril et les épisodes caniculaires, qui ont accru la consommation d'eau durant plusieurs semaines, conduisent à un état critique de la ressource en eau et à un assèchement de la végétation sur l'essentiel du territoire national. Si la dégradation de la situation ralentit, les prochaines semaines s'annoncent toujours sèches. Les mesures de sobriété et les restrictions d'usage demeurent indispensables pour préserver les usages prioritaires, au premier rang desquels l'alimentation en eau potable. Point de situation sur la ressource en eau La sécheresse des sols est généralisée, les assecs (c'est-à-dire l'état d'une rivière ou d'un étang qui se retrouve sans eau) des petits cours d'eau de tête de bassin se multiplient. Au 15 juillet 2026, 60 % des points d'observation des nappes présentaient un niveau inférieur aux normales saisonnières et 10 % des stations de mesure de débits atteignent des niveaux en dessous du niveau minimum depuis 50 ans. A ce stade de la saison, les barrages ont des niveaux significativement plus bas que la normale. Si leurs réserves restent encore importantes ; des arbitrages devront être faits afin de tenir jusqu'à l'automne tout en préservant les usages prioritaires des grands fleuves d'ici là. Cette situation a des conséquences importantes pour l'eau potable. Au 21 juillet près de 250 000 personnes étaient concernées par des tensions sur l'eau potable, et près de 30 000 personnes sont concernées par une alimentation en eau potable par camion-citerne, bouteilles d'eau, ou par des coupures d'eau prolongées. La raréfaction de la ressource en eau pendant cette période a des conséquences importantes pour différents secteurs économiques. En premier lieu pour l'agriculture et l'élevage, avec des tensions remontées pour l'accès à l'eau pour l'irrigation des cultures et des situations de tension pour l'abreuvement des animaux d'élevage dans certains territoires. La situation de sécheresse généralisée, ainsi que les canicules, ont par ailleurs eu des effets importants sur les rendements des différentes cultures avec des impacts économiques déjà constatés pour le maraîchage, le maïs et le tournesol, mais également sur la production de fourrage pour l'hiver prochain. L'activité de certaines industries est également dépendante de la ressource en eau. Les prochaines semaines s'annoncent toujours sèches, la situation devrait donc se dégrader. Des mesures adaptées pour préserver les usages prioritaires Face à cette situation, l'Etat se mobilise depuis plusieurs années dans le cadre du dispositif national de gestion de la sécheresse, renforcé à la suite de la crise de l'été 2022. Les préfets disposent ainsi d'un cadre harmonisé leur permettant de mettre en œuvre, de manière anticipée et proportionnée, des mesures adaptées à l'évolution de la ressource en eau. La circulaire du 3 juillet 2026 a rappelé les principes et demandé d'accélérer la mise en place des mesures lorsque les prévisions sont défavorables. Quand la ressource est limitée, des restrictions d'eau sont mises en œuvre en fonction de la situation afin de préserver les usages essentiels, notamment l'eau potable. Plusieurs seuils sont définis : à partir du niveau d'alerte, des restrictions s'appliquent sur l'arrosage, les piscines, le lavage de véhicule et l'irrigation des cultures. En crise sécheresse, des interdictions totales ou partielles sur l'ensemble de ces usages s'appliquent, ainsi que d'autres usages domestiques ou concernant les espaces publics. Ces mesures ayant pour objectif premier de sécuriser l'approvisionnement en eau aux usages prioritaires d'alimentation en eau potable, aux usages de santé, sécurité civile, salubrité, l'abreuvement des animaux et les besoins des milieux naturels. Au 24 juillet, 91 départements sont concernés par des restrictions, et 8 autres sont en vigilance sécheresse. Au total, 83 % du territoire national est au moins en niveau vigilance. Pour que ces mesures soient effectives, elles ont besoin d'être comprises et adaptés à la situation du territoire. Un effort de pédagogie est ainsi engagé par les préfets, afin de mobiliser l'ensemble des acteurs, professionnels comme particuliers. Dans une période de tension sur la ressource, chaque goutte compte et chacun peut agir : couper l'eau du robinet et vérifier les fuites, optimiser le remplissage des appareils de lavage (machine à laver, lave-vaisselle), réduire les arrosages domestiques et privilégier un arrosage en soirée pour limiter l'évaporation. Préparer durablement les territoires L'action de l'Etat s'inscrit également dans la durée afin de renforcer la résilience des territoires face à la multiplication des épisodes de sécheresse. Le Plan Eau, présenté en mars 2023, mobilise 53 mesures visant notamment à réduire de 10 % les prélèvements d'eau d'ici 2030, grâce à la lutte contre les fuites, à l'accompagnement des industriels les plus consommateurs et au développement de la réutilisation des eaux non conventionnelles. Trois ans après son lancement, 100 % des 53 mesures sont engagées, 77 % des mesures sont mises en œuvre ou finalisées. Derrière ce bilan chiffré, le plan a permis des avancées concrètes sur la sobriété, la sécurisation de la ressource et la qualité de l'eau, en lien avec tous les acteurs et notamment les filières industrielles et les sites majeurs mais également les collectivités concernées. En parallèle, les travaux se poursuivent pour améliorer la connaissance de la ressource, renforcer les outils de suivi et de prévision et développer, dans les territoires les plus exposés, des stratégies concertées de partage de l'eau conciliant sobriété, efficience, préservation des milieux et adaptation au changement climatique. La protection durable de la qualité des ressources en eau constitue également une priorité afin de préserver les captages d'eau potable, particulièrement essentiels lors des épisodes de sécheresse. La sécheresse est un facteur de risque supplémentaire pour les départs et la propagation des feux de végétation et des feux de forêts.
La source — vie_publique · nº 304188
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304188-situation-feux-de-foret-et-secheresse-conseil-27-juillet-2026?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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