Déclaration de M. Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, sur les congés payés, à Aubigny-les-Clouzeaux le 23 juillet 2026.
Serge Papin (auteur)
Monsieur le Préfet de la Vendée Éric FREYSSELINARD,Monsieur le Député Dominique PAILLAT - permettez-moi au passage de saluer la mémoire de la députée Béatrice Bellamy, dont nous connaissions tous, ici, l'engagement et l'attachement profond à la Vendée,Madame la Maire Michelle GRELLIER,Mesdames et messieurs les élus,M. le Président de la FNHPA, cher Nicolas DAYOT,Madame la Directrice du camping, chère Nathalie PILLENIÈRE, que je remercie pour votre accueil chaleureux et votre engagement en faveur d'un tourisme pour tous,Madame la Présidente du Réseau Passerelles, chère Dominique KTZORDA,Mesdames et Messieurs les membres du réseau Vacances et familles,Chers bénévoles, Chers amis,
Je vais vous faire une confidence. Quand j'étais petit, je voulais être ouvrier chez Renault.
Pas par passion pour la 4L ou la R16. Mais parce qu'à Brétignolles, je connaissais un garçon dont le père travaillait dans les usines de Billancourt. Et tous les étés, il partait un mois en vacances. Un mois !
Autant vous dire que chez moi, avec un père épicier, il n'était pas question en tant que commerçant de fermer le rideau pendant l'été…
Alors avant même de savoir ce qu'était une loi sociale, avant même de connaître le Front populaire, j'ai été conquis par cette politique publique qui reconnaissait une chose très simple : que le fait de travailler dur s'accompagnait aussi du droit de s'arrêter.
Et je crois qu'il y a là une idée fondamentale : reconnaître la valeur travail, c'est évidemment défendre un salaire juste. Et j'en profite : nous devons continuer aujourd'hui à réfléchir à la manière de rapprocher le salaire brut du salaire net.
Mais reconnaître la valeur travail, c'est aussi se poser la question du temps juste. Le temps pour souffler, pour être avec sa famille, pour découvrir autre chose.
Car au fond, derrière le salaire comme les vacances, il y a une même idée : la dignité humaine.
Il y a 90 ans, le Front populaire l'a compris. En 1936, on n'a pas simplement donné quinze jours de congés à des millions d'ouvriers. On a envoyé un message : le travail mérite un salaire, et mérite aussi du temps.
Avant cela, ils étaient seulement quelques-uns à avoir le droit au repos rémunéré : les fonctionnaires, les couturières, les ouvriers du métro parisien... En 1936, le droit s'est étendu à tous les salariés, et plus particulièrement les ouvriers, qui ont pu prendre quelques jours pour venir ici voir la mer, ou le plus souvent simplement rendre visite à leur famille.
Aujourd'hui, le droit a grandi : 15 jours sont devenus 5 semaines de congés payés. Mais une question demeure : comment faire de ce droit une réalité ?
En 2025, 37% des Français ne sont pas partis en vacances. Le droit existe pourtant. La possibilité, elle, manque encore pour beaucoup.
C'est là que se trouve mon combat. Faire du tourisme un droit vécu, pas seulement un droit écrit. Faire du tourisme pour tous.
Je veux le dire avec force : en tant que ministre du Tourisme et du Pouvoir d'achat, le tourisme social et solidaire, ce n'est pas une politique à part. C'est le coeur de la politique touristique que je veux porter à la tête de mon ministère.
La France est la première destination touristique mondiale - les premiers chiffres de cette année le confirment, et c'est une fierté. Mais, pour moi, nous ne serons pleinement une grande nation du tourisme que le jour où chaque Français pourra, lui aussi, devenir touriste, chez nous ou ailleurs.
Pour y parvenir, personne ne peut agir seul. En 1936, l'Etat n'était pas seul : il y avait les municipalités, les associations, la SNCF.
Aujourd'hui encore c'est la même alliance qu'il nous faut réaliser, en l'élargissant toujours davantage.
L'Etat s'engage notamment avec l'Agence nationale pour les chèques-vacances, qui distribue chaque année des chèques bénéficiant à 11 millions de personnes, pour un montant total de 1,8 Md€ : des bons qui permettent aux familles de payer le transport, le camping, les activités pour les enfants…
Et pour la moitié des bénéficiaires, ces chèques permettent tout simplement de partir.
L'ANCV, c'est aussi une grande politique de solidarité qui se renforce d'année en année. Il y a quelques mois, nous avons franchi une nouvelle étape en lançant un portail unique d'accès aux aides au départ en vacances. Une idée simple : rendre les droits plus lisibles, les démarches plus faciles, les vacances plus accessibles.
Et les premiers résultats sont là. Le site est davantage consulté avec environ 400 visites du site par jour, depuis juillet. Les familles sont mieux informées. Il rassemble aujourd'hui les principales aides nationales et je souhaite qu'il soit élargi et enrichi dès l'année prochaine, avec l'ajout des aides au départ en vacances portées par les acteurs publics locaux (conseils régionaux, métropoles…)
Dans un instant, nous allons signer un contrat d'objectifs et de performance avec l'ANCV et son directeur général Alain SCHMITT, que je remercie ainsi que ses équipes pour leur mobilisation et leur engagement constant.
Notre ambition est simple : permettre à 300 000 personnes de partir en vacances en mettant l'accent sur le départ des familles monoparentales, des seniors, mais aussi des proches aidants.
J'ai parlé de l'Etat, il y a aussi dans ce combat en faveur d' " un tourisme pour tous " les collectivités locales mais aussi les associations qui font un travail remarquable. Toutes celles et tous ceux qui, tout au long de l'année, rendent possible ce qui, pour beaucoup de familles, semblait inaccessible.
Si j'ai tenu à venir dans ce camping aujourd'hui, c'est pour mettre en lumière l'engagement des acteurs du tourisme social et solidaire, votre engagement : celui de l'association Vacances et Familles. Celui du réseau Passerelles et d'autres comme l'UNAT, VVF, le Secours populaire, le Secours catholique, Vacances ouvertes…
Grâce à vous, des familles partent en vacances pour la première fois. Grâce à vous, des parents d'enfants en situation de handicap trouvent enfin des hébergements adaptés, pensés pour eux, conçus avec eux.
Ici, les mobil-homes sont plus spacieux, parce que nous avons levé des freins administratifs qui n'avaient plus de sens, grâce à l'impulsion de la Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air et aux constructeurs comme Bio-Habitat. Ils sont aussi fabriqués en France, parce que l'accessibilité peut aller de pair avec notre ambition industrielle. Voilà, une belle réussite qui pourrait se répandre dans tous les campings de France.
Le camping est le mode de vacances préféré des Français. Mais il est plus que cela. C'est un lieu de rencontre, de mixité, d'inclusion. Et c'est aussi pour cela qu'il mérite toute notre attention.
Je veux également saluer l'engagement des fonds de dotation comme Essentiem ou Je pars, tu pars, il part. Leur travail est innovant : récupérer des séjours qui n'auraient jamais été utilisés pour les confier à des associations, qui permettent ensuite à des familles de partir. Transformer le gaspillage en solidarité : voilà une idée simple, concrète, efficace. C'est pourquoi je lance aujourd'hui un appel à tous les professionnels du tourisme : ne laissons plus des vacances se perdre quand elles peuvent changer une vie. Faisons ensemble la chasse au gaspillage des séjours.
Je veux aussi enfin remercier la SNCF, qui contribue à cet effort avec son billet annuel de congés, facilitant le départ de nombreux Français.
Et j'en suis convaincu : les entreprises ont, elles aussi, une responsabilité et s'engagent. Nous aurons l'occasion d'en reparler dans la journée, à l'occasion de la signature de la convention entre l'ANCV et Les Entrepreneurs (ex-CPME) qui vise à encourager davantage d'entreprises à s'engager en faveur du départ en vacances de leurs salariés et de leurs familles.
Parce qu'au fond, chacun peut prendre sa part. L'État. Les collectivités. Les associations. Les entreprises. Les acteurs du tourisme social et solidaire. Beaucoup d'initiatives existent, elles doivent être encore mieux repérées et valorisées : c'est le sens de l'appel à manifestation d'intérêt que nous lancerons cet automne au ministère avec l'ANCV.
Et, chaque année, autour de la date anniversaire de la loi sur les congés payés, mon ministère réunira ainsi l'ensemble de ces acteurs. Non pas pour commémorer une conquête sociale, mais pour la faire vivre. Pour préparer, avant chaque été, une mobilisation nationale en faveur du départ en vacances.
Lorsque chacun fait un pas, ce sont des milliers de familles qui peuvent enfin prendre le départ
Mes chers amis,
" Vacances, j'oublie tout ", du groupe Elégance, c'était le tube de l'été en 1992. Le jour où tous les Français pourront la fredonner à l'heure de l'apéro, dans un camping, à la plage, à la montagne ou à la campagne, nous saurons que le droit aux vacances sera devenu une réalité pour tous. C'est ce jour-là que nous pourrons dire que nous avons été fidèles à l'esprit de 1936.
Je vous remercie.
Source https://www.economie.gouv.fr, le 27 juillet 2026
La source —
vie_publique · nº 304179
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé