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21 juillet 2026 · Gouvernement · RTL · discours Discours

Interview de M. Serge Papin, ministre délégué, chargé des Petites et Moyennes Entreprises, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, à RTL le 21 juillet 2026, sur la loi d'urgence agricole, les négociations commerciales entre agricu

Serge Papin (auteur), Vincent Derosier (intervenant)

VINCENT DEROSIEREt avec nous dans ce studio, Serge Papin, ministre délégué chargé des Petites et Moyennes Entreprises, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. J'ai tout dit, bonjour Serge Papin. SERGE PAPINBonjour Vincent Derosier, vous avez tout dit. VINCENT DEROSIERAlors, l'Assemblée nationale a adopté cette nuit la loi d'urgence agricole qui permet notamment la réintroduction de deux pesticides, dont l'acétamipride, qui tue les abeilles. Le Gouvernement n'a pas voulu s'en mêler, des députés de la majorité ont dénoncé l'attitude du Gouvernement. À titre personnel, vous le regrettez ce vote ? SERGE PAPINÉcoutez, d'abord, ce vote, il est indispensable et attendu par les agriculteurs. C'est ça d'abord qu'il faut voir globalement. Après, concernant l'acétamipride, le Gouvernement a été loyal par rapport à ça, et notamment par rapport aux pétitions qui ont été portées contre la loi Duplomb. Il ne souhaitait pas introduire l'acétamipride dans le projet de loi. Maintenant, ça a été voté par le Parlement. Il est toujours, je tiens à le dire, interdit et simplement, par dérogation, une autorisation sera donnée par l'ANSES. VINCENT DEROSIERIl faudra l'autorisation de l'ANSES ? SERGE PAPINIl faudra l'autorisation de l'ANSES et il pourra, dans ces conditions - et uniquement dans ces conditions à ce moment-là - être donné. Cela concerne 300 producteurs de noisettes, je crois. Donc il faut aussi regarder l'encadrement qui a été fait. Mais le Gouvernement n'était pas pour sa réintroduction, je tiens à le dire. VINCENT DEROSIERAlors, c'est votre vie d'avant, donc on va en parler : est-ce que c'est un vrai texte utile pour les agriculteurs ? Ce texte il est censé mieux encadrer les négociations commerciales pour défendre leurs revenus face à la grande distribution. SERGE PAPINAlors, il y a deux points qui sont très intéressants dans ce texte pour les négociations commerciales et pour les PME, singulièrement, dont je suis le ministre. D'abord, la date butoir de fin des négociations pour les PME, qui sera au 15 janvier. Ça, c'est quand même un élément important pour que les négos durent moins longtemps pour ces PME, qui ont moins de force pour s'organiser et qui ont besoin que ça dure moins longtemps, cette partie-là de leurs engagements pour le référencement de produits. Deuxièmement, on a remonté le seuil de la catégorie des PME, ce qui veut dire que cela va être beaucoup plus large puisque le seuil est remonté de cinquante millions de chiffre d'affaires à 350 millions. Donc, cela concerne un périmètre de PME beaucoup plus large. Vous voyez, dans ce PJL agricole, pour cette catégorie-là, il y a des choses intéressantes qui avancent dans le bon sens pour les négociations commerciales des PME. VINCENT DEROSIERUn autre dossier, Serge Papin, ce sont les vacances pour beaucoup de Français qui partent. Avant d'aller se baigner, souvent, il faut faire le plein de la voiture. La semaine dernière, tout est remonté. Le sans plomb 95 flirte avec les deux euros, et on l'a dépassé pour le diesel. Ce sont les chiffres du Gouvernement. En fait, la France est impuissante face à la situation dans le détroit d'Ormuz et aux prix à la pompe ? SERGE PAPINÉcoutez, sur l'inflation des prix, il y a ce qu'on maîtrise et ce qu'on ne maîtrise pas. Ce qu'on ne maîtrise pas, c'est en effet la crise géopolitique qui, malheureusement, a l'air de repartir. Alors, le Gouvernement a mis en place des aides ciblées qui vont continuer puisqu'elles durent jusqu'à la rentrée. Toutes les catégories d'activités qui sont concernées vont toujours être aidées. Donc, ça, on va retrouver un petit peu ce qui s'était passé avant. On espère que tous les travaux menés pour rouvrir le détroit d'Ormuz et toutes les initiatives prises par la France vont porter leurs fruits. Mais ça, on ne le maîtrise pas. Mais encore une fois, les aides sont là pour franchir l'été avec cet accompagnement. Après, puisque vous parlez d'inflation, il y a ce que l'on maîtrise. Vous savez, on a une inflation en France qui est de l'ordre de 1,8% en juin. Donc, on est la plus petite inflation européenne. Et au sein de cette inflation, les produits alimentaires notamment sont bien sous contrôle, puisque les prix sont maintenus : l'inflation alimentaire n'est que de 0,6%. Donc on a là aussi au niveau du pouvoir d'achat, les choses vont plutôt dans le bon sens pour l'alimentation. VINCENT DEROSIEROn parlera un peu de l'alimentation, car avec les canicules à répétition, certains produits ont également flambé. Sur le carburant, simplement, Total a réduit son dispositif de plafonnement des tarifs à 1 200 stations. Ça s'est fait plutôt discrètement, avec un communiqué. SERGE PAPINTotal a accompagné... Je ne sais pas quelle va être sa position maintenant avec la, de nouveau fermeture du détroit d'Ormuz, mais il a quand même accompagné. Il faut saluer ce qui a été fait pendant les départs en vacances. Je note aussi que pendant les grands week-ends, pour ces départs en vacance, singulièrement, la grande distribution a fait beaucoup d'opérations à prix coûtant qui ont permis d'avoir un prix du carburant qui, jusqu'à maintenant, était à moins de deux euros pour le diesel, et qui a franchi cette barre. On va voir ce que cela va donner dans les jours qui viennent. VINCENT DEROSIERVous leur demandez ce matin peut-être de maintenir le plafonnement, de l'élargir de nouveau ? SERGE PAPINOui, bien sûr. Les opérations à prix coûtant pendant ces périodes de déplacements, bien sûr et puis aussi maintenir le plafonnement, oui, évidemment, qu'ils fassent le travail d'accompagnement qu'ils ont fait dans les périodes un peu plus difficiles, bien sûr. VINCENT DEROSIERAlors, les carburants sont chers, il y a eu trois vagues de chaleur, la Coupe du Monde, et pourtant vous nous dites ce matin que la France a la cote. SERGE PAPINLa France est le pays le plus visité au monde et singulièrement, ce qu'il va se passer, tous les clignotants qui sont à ma disposition sont au vert. Pourquoi ? Parce que les Français vont rester encore plus en France, compte tenu du contexte. Ils étaient un peu attentistes jusqu'à maintenant, et là, on a une confirmation. Les réservations, par exemple, ont augmenté de 1 à 5%. Ça va bien dans tous les lieux et sur toutes les catégories, ça va bien du camping au palace. VINCENT DEROSIERDonc on parle des réservations des Français en France. SERGE PAPINDes Français en France. Et les étrangers vont venir aussi très nombreux. Il faut savoir qu'on est le pays le plus visité par les étrangers au monde. C'est 105 millions de visiteurs étrangers pour un chiffre d'affaires en gros de 80 milliards pour se situer. Et on a 3% de réservations en plus sur les billetteries des compagnies aériennes, avec un véritable engouement de certains pays. Je pense, les Australiens, c'est plus 20%, la Corée du Sud, c'est plus 16%. VINCENT DEROSIERÇa a presque l'air de vous surprendre, ces chiffres. SERGE PAPINNon mais, parce que, vous savez, moi, je me suis beaucoup déplacé, là, ces derniers temps. J'ai même fait beaucoup de rencontres avec des ministres du Tourisme d'autres pays, et qu'est-ce qu'ils nous disent ? La France est le pays offrant le plus de diversité. Et ils ont envie de nous découvrir au-delà de nos grands spots, de nos grands blockbusters comme la Riviera ou la côte atlantique, ils ont envie de ce tourisme de diversité que la France est la seule à pouvoir offrir. Par exemple, le tourisme à vélo est en train d'exploser. VINCENT DEROSIERIls partent ou ? Faites-nous une petite carte de France, là. La mer, la montagne ? SERGE PAPINLes deux. Il y a des endroits sur la mer qui tout d'un coup se révèlent comme par exemple le Cotentin, qui est magnifique ; vous savez, toute la côte de la Hague, par exemple, c'est très demandé. VINCENT DEROSIERDes gens qui fuient la chaleur, peut-être. SERGE PAPINUn peu, aussi. Et qui veulent découvrir. Vous avez la Loire à vélo, on peut aller des espaces complètement sécurisés, faire le tour de France en vélo, vous avez le tourisme de patrimoine, le tourisme aussi de savoir-faire. Et puis, vous avez Disney, qui est très attractif et qui s'est agrandi avec La Reine des Neiges. Notre-Dame qui fait venir aussi beaucoup de gens. Vous allez avoir de grands événements en France. Vous avez par exemple les championnats du monde d'e-sport qui vont se passer en France, et à la rentrée, il va y avoir les concerts de Céline Dion. Ça amène aussi beaucoup de monde. VINCENT DEROSIERTout ça, ça joue. Il y a la visite du Pape au mois de septembre. SERGE PAPINLa visite du Pape, donc, c'est à la fois des événements, des infrastructures. Donc la France est le pays le plus visité du monde. C'est un vrai leadership. Vous vous rendez compte, notre industrie touristique, elle pèse presque 10% du PIB dans ce pays. VINCENT DEROSIERLà, Serge Papin, on parle de tous ceux qui peuvent partir en vacances, il y a ceux qui ne peuvent pas. SERGE PAPINAlors, il y a ceux qui ne peuvent pas. Et c'est pour ça qu'on va fêter les 90 ans des congés payés. À cette occasion, je vais me déplacer dans un lieu touristique en Vendée cette semaine. Et on va marquer ce que fait l'Agence nationale des chèques-vacances. Et on va, grâce à cette agence nationale, aider 300 000 familles à partir en vacances. Qui sont souvent des familles monoparentales, qui ne partiraient pas. C'est un budget de quarante millions qui va être doté par l'Agence nationale des chèques-vacances. VINCENT DEROSIERD'un mot, ont les choisis comment ces familles ? SERGE PAPINEn fonction des... Donc c'est localement, il y a un certain nombre de critères, ce sont beaucoup, des familles monoparentales qui ne partiraient pas avec des enfants en bas âge. Donc ça va concerner presque un million de personnes. 300 000 familles. VINCENT DEROSIERUne dernière question Serge Papin. Vous parliez de l'alimentaire, les prix, l'inflation qui ne bougeaient pas trop. Les canicules ont fait flamber les prix de certains produits. La chaleur a fait griller les cultures sur pied ou en plein champ. Les courgettes, les fraises, les fruits et légumes... SERGE PAPINOui alors, il n'y a pas... Il n'y a pas... Écoutez, à ma connaissance, parce que j'ai quand même passé quelques coups de fil récemment, il n'y a pas de problème d'approvisionnement. Il n'y a pas de problème de flambée de prix. Il y a des problèmes. Par contre, il faut faire attention parce qu'il y a beaucoup de casse dans les transports avec la chaleur. Mais actuellement, c'est plutôt sous contrôle. Il y a plutôt une stabilité, y compris dans les fruits et légumes. Il y a eu des augmentations, en revanche, sur la viande et le poisson. Le poisson, ça s'explique par le prix des carburants qui a joué. Et la viande, ça s'explique aussi par toutes les conséquences de la crise sur la viande. VINCENT DEROSIERDes abus ou des augmentations logiques ? SERGE PAPINDes augmentations logiques. Mais honnêtement, en moyenne, encore une fois, on est à plus 0,6%. Donc l'alimentation est bien sous contrôle. Et je pense que moi, je suis assez content qu'on n'ait pas fait n'importe quoi au niveau de la réouverture des négociations. VINCENT DEROSIERMerci beaucoup, Serge Papin, d'avoir été l'invité ce matin de RTL. SERGE PAPINMerci à vous. Source : Service d'information du gouvernement, le 23 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 304140
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304140-serge-papin-21072026-rtl-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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