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13 juillet 2026 · Gouvernement · RTL · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, ministre déléguée chargée de l'énergie, porte-parole du Gouvernement, à RTL le 13 juillet 2026, sur l'incendie dans le forêt de Fontainebleau et la canicule.

Maud Bregeon (auteur), Olivier Boy (intervenant)

OLIVIER BOYL'invitée de RTL Matin est la porte-parole du Gouvernement et ministre déléguée en charge de l'Énergie, Maud Bregeon. Bonjour. MAUD BREGEONBonjour à tous. OLIVIER BOYVous avez écouté évidemment attentivement la chronique de Pierre à l'instant. On va en reparler dans le détail avec cette troisième canicule qui nous frappe depuis moins d'un mois et demi. Mais d'abord, l'actualité est marquée par ces images impressionnantes, cette panique aussi des habitants au bord de la forêt de Fontainebleau, obligés d'évacuer leur maison à cause de cet incendie qui est qualifié ce matin d'ampleur exceptionnelle. Ce sont les mots que vous reprenez également ce matin sur RTL ? MAUD BREGEONBien sûr, et je voudrais commencer par remercier les 400 sapeurs-pompiers qui sont mobilisés dans des conditions d'intervention évidemment difficiles. Vous savez qu'il y a deux avions bombardiers d'eau qui vont arriver dans les minutes ou dans les heures à venir sur le site. Et puis, je comprends effectivement le désarroi et l'inquiétude des habitants sur place. On est dans une région où on n'a pas l'habitude d'avoir affaire à de tels incendies. Donc ce que je peux vous dire ce matin, c'est que la mobilisation des services de l'État est totale. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, sera d'ailleurs aux alentours de 9 heures sur place. OLIVIER BOYEt les deux bombardiers d'eau, justement, qui arrivent sur cette forêt de Fontainebleau, je crois que c'est une première. C'est inédit, de tels moyens n'avaient jamais été employés pour un incendie aussi proche de Paris, en région parisienne, dans la moitié nord du pays. Ça change vraiment la donne, ça ? MAUD BREGEONÀ situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Et ce que je voudrais d'ailleurs dire, c'est que depuis une dizaine d'années maintenant, nous avons massivement investi pour développer des moyens aériens, pour développer des moyens terrestres avec les SDIS, pour développer des moyens humains formés de nouvelles ressources. Je pense notamment aux militaires qui désormais peuvent aussi intervenir sur place ; ils sont plus nombreux à pouvoir le faire. Donc voilà, encore une fois, les moyens de l'État sont pleinement mobilisés. OLIVIER BOYEst-ce que ce sera suffisant ? Parce que ces Canadairs, ils viennent par exemple peut-être de régions qui étaient plus au sud, et on aura peut-être besoin d'eux dans les jours qui viennent ailleurs. Mais le fait que ces incendies majeurs se décalent vers le nord du pays, ça pose un problème de l'adaptation du pays face aux moyens d'urgence contre ces incendies. MAUD BREGEONIl y a deux choses. Il y a une coordination nationale qui est évidemment faite et qui permet d'organiser les ressources à l'échelle nationale. Et il y a une possibilité de solidarité européenne. En cas de besoin, on peut demander à certains pays voisins, amis. OLIVIER BOYVous allez le faire ? Est-ce que c'est le bon moment de le faire ? MAUD BREGEONCe n'est pas décidé à ce stade. OLIVIER BOYCe n'est pas décidé. MAUD BREGEONMais c'est une possibilité qui s'offre à nous, de même qu'on a connu, lors de précédents étés, des interventions françaises dans des pays qui en avaient besoin — je pense notamment à des incendies extrêmement importants en Grèce. Donc encore une fois, nous sommes outillés pour faire face à ces incendies. Pour autant, on le sait, des situations qui sont aujourd'hui exceptionnelles vont devenir des situations ordinaires. Cette adaptation au changement climatique, aux canicules, aux feux de forêt ne fait que commencer. On va devoir continuer à déployer massivement de nouveaux moyens. OLIVIER BOYQuelles sont les dernières informations que vous avez sur le nombre d'évacuations, sur éventuellement des blessés ? Est-ce qu'il y en a ou pas ce matin ? MAUD BREGEONÇa, je laisserai le préfet et le ministre de l'Intérieur communiquer dessus. Il y avait quelques dizaines d'évacuations dans la nuit. Les chiffres seront bien sûr mis à jour. Là encore, l'ensemble des Français concernés seront accompagnés. C'est une épreuve individuelle, familiale, qui est toujours extrêmement difficile et bien sûr qu'on sera à leurs côtés. OLIVIER BOYIl a fallu couper, il faut toujours couper une partie de l'autoroute A6, une des autoroutes quand même capitales l'été. Là encore, c'est une mesure tout à fait hors norme et exceptionnelle. MAUD BREGEONLa priorité, c'est la sécurité des Français. Et donc des mesures effectivement exceptionnelles peuvent être prises si elles permettent de garantir la sécurité des Français. Personne ne comprendrait qu'on laisse des voitures circuler, qu'on laisse des trains circuler, qu'on n'évacue pas certaines zones concernées au détriment, encore une fois, des Français, de leur sécurité, et bien sûr, je le précise, de celle des sapeurs-pompiers qui interviennent. OLIVIER BOYCet été, c'est toute la France qui est concernée par cette menace de feux, vu l'état des sols et vu la sécheresse provoquée par la canicule. On s'en rend compte, il y a des incendies dans l'est du pays, en Savoie, dans le sud évidemment, et aujourd'hui à une heure de Paris. La menace n'a jamais été aussi importante ? MAUD BREGEONEn tout cas, on est dans une situation absolument exceptionnelle. 17 000 hectares ont brûlé, c'est deux fois plus que l'année passée à la même période. Donc face à ça, notre rôle, c'est d'organiser le déploiement des moyens de secours. C'est ce que font les préfets, c'est ce que font les SDIS. J'en profite pour dire qu'il y a 250 000 sapeurs-pompiers, dont 200 000 bénévoles en France. Il faut vraiment, encore une fois, les remercier ce matin puisqu'ils luttent et ils s'engagent pour notre protection, pour notre vie, pour préserver, encore une fois, les biens et les personnes. OLIVIER BOYEt votre rôle aussi au Gouvernement, c'est de donner, si besoin, des consignes. Est-ce que vous dites ce matin, Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, qu'il ne faut pas faire de feux d'artifice pour le 14 juillet, vu les conditions, vu les dangers qui pèsent et vu la sécheresse des sols aujourd'hui ? MAUD BREGEONIl y a bien sûr des logiques qui sont des logiques locales. C'est donc aux préfets et aux maires de donner les instructions, de prendre les décisions nécessaires. On sait que la situation n'est pas la même d'un département à un autre. Lorsqu'on est en vigilance rouge ou en vigilance orange, il y a des zones qui sont extrêmement risquées où les feux d'artifice ont été annulés. Je vais vous donner un exemple : moi, je suis élue dans le sud du 92, à Antony, le feu d'artifice a été annulé. C'est une mesure, encore une fois, de sécurité qui a été prise par la mairie pour préserver les habitants dans un moment où, on le comprend… OLIVIER BOYDans le sud de Paris… MAUD BREGEONOù on le comprend, pardonnez-moi, de telles mesures doivent être prises. Il y a une logique de sécurité, mais il y a aussi une logique de mobilisation. OLIVIER BOYPar exemple, il y a des feux d'artifice qui sont déjà prévus ce soir, vous dites quoi ? MAUD BREGEONEn tout cas, on doit veiller à ne pas surmobiliser les forces de secours. Elles le sont déjà. Et donc on est dans cette logique depuis le début avec le Premier ministre : assumer d'interdire, d'annuler certains événements pour préserver ces forces de secours. Vous savez, sur la plaque parisienne, il y avait ce qu'on appelle le bal des pompiers qui est prévu dans toutes les casernes normalement le 13 au soir ; ils ont été annulés, là encore, pour préserver les forces de secours, les pompiers, et leur permettre d'intervenir par ailleurs. OLIVIER BOYDonc ces incendies qui sont aggravés, provoqués par la canicule, par les sécheresses… Vous avez écouté la chronique L'Angle éco de Pierre sur RTL concernant l'inquiétude liée aux centrales nucléaires. Est-ce que notre approvisionnement électrique est potentiellement menacé parce que des centrales sont à l'arrêt ? Parce qu'encore une fois, on le rappelle, on peut plus difficilement les refroidir à cause de l'eau des fleuves ou des rivières à côté qui chauffe trop vite. MAUD BREGEOND'abord, je voudrais rassurer tout le monde : il n'y a aucune tension sur le réseau électrique. Nous continuons à être excédentaires, nous continuons à vendre de l'électricité à nos voisins européens et bien sûr, donc, par voie de conséquence, à assurer nos propres besoins. OLIVIER BOYEt quand même ça inquiète la ministre de l'Énergie que vous êtes ? MAUD BREGEONAbsolument pas. Et ce qu'on vit est en fait assez ordinaire. Il y a des règles, des règles qui visent à protéger l'environnement, la faune et la flore, des règles qui visent à garantir la sûreté des exploitations, et c'est bien normal. Donc lorsqu'on est dans des périodes critiques, on adapte les installations. On le fait pour les centrales nucléaires, mais on le fait pour d'autres moyens de production industrielle, de telle sorte qu'on respecte ces règles, et c'est bien normal. Je donne quand même un chiffre : cela représente moins de 0,5 % de la production chaque année, ces baisses de puissance. Donc on est dans des phénomènes qui sont vraiment marginaux. OLIVIER BOYMais quand on vous écoute comme ça, vous avez l'air de dire : "Bon, rien d'exceptionnel dans ce qui se passe, tout est sous contrôle". Mais tout n'est pas sous contrôle avec cette canicule. On voit des infrastructures, que ce soit les centrales nucléaires ou des écoles dans lesquelles on ne peut plus emmener les enfants ou déposer les enfants — on l'a connu la dernière fois. La France n'est pas prête à y faire face. Si, à partir de l'année prochaine ou des années à venir, il y a trois mois comme ça de canicules aussi extrêmes, on aura un problème dans le pays. MAUD BREGEONIl y a plusieurs choses. D'abord, les centrales nucléaires font face chaque année à des baisses de puissance quand la température monte au-delà d'un certain seuil. Encore une fois, il y a des règles, c'est normal de les respecter. Ce sont des installations critiques et notre devoir, c'est évidemment d'opérer ces centrales en toute sûreté. Sur la question des écoles, il y a un travail d'adaptation absolument colossal à faire. 6 500 emprises scolaires et écoles sont en voie d'être rénovées ou l'ont déjà été. On voit qu'il y a une marche très importante à gravir parce que, vous l'avez dit, on ne pourra pas chaque été se poser la question de l'ouverture ou de la fermeture des écoles. Cela fera partie des politiques publiques majeures des années à venir et probablement du débat présidentiel aussi qui arrive. OLIVIER BOYCette canicule va durer probablement jusqu'au milieu de la semaine. Qu'est-ce que vous avez comme retours après un week-end, encore une fois, en pleine chaleur, avec des gens qui étaient potentiellement en danger chez eux ou dans les hôpitaux ? Est-ce qu'il y a des inquiétudes liées aux services d'urgence, liées à la prise en charge médicale de certains patients ? MAUD BREGEONLe système hospitalier tient. Il est évidemment extrêmement éprouvé, mais il tient. Et donc je remercie, encore une fois, tous les personnels soignants, là encore, qui sont mobilisés dans des circonstances difficiles. Nous avons déclenché le plan Orsan 3 il y a maintenant deux semaines. Ce plan continue à être mis en œuvre pour préserver les hôpitaux. Et puis, vous le savez, on a annoncé le déploiement des mesures ORSEC chaleurs extrêmes il y a trois jours. OLIVIER BOYDonc des accueils des personnes fragiles. Quand un département est classé en rouge, il faut prévoir des lieux où les gens fragiles peuvent venir se rafraîchir. MAUD BREGEONExactement. ORSEC chaleurs extrêmes, pour faire court, c'est ce qui permet d'ouvrir des centres de rafraîchissement dans tous les départements classés en rouge. Et sur les 22 premiers départements qui nous ont remonté leurs chiffres, 2 000 centres de rafraîchissement avaient été ouverts ce week-end, avec une affluence qui a été notable. C'est bien la preuve que ça permet aux gens, encore une fois, d'avoir ce point de rafraîchissement, ce point de repos qui est nécessaire pour eux. J'en profite pour remercier, là encore, les mairies et les collectivités territoriales qui ont pleinement joué le jeu. OLIVIER BOYUne dernière question, Maud Bregeon, à la veille de ce France-Espagne qui nous fait tant envie. Vous avez lu comme nous, et vu comme nous, les déclarations de l'ancien Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, qui dit qu'il n'y a pas de Français dans cette équipe de France. Il est attaqué dans son pays, dénoncé pour ses propos racistes. Que répond officiellement le Gouvernement que vous représentez ce matin sur RTL ? MAUD BREGEONSes propos sont abjects et c'est une grande méconnaissance de l'histoire de France, de ce qu'est la France, de la fierté des Français à l'égard de leur équipe nationale. OLIVIER BOYC'est du racisme ? MAUD BREGEONC'est évidemment du racisme et nous combattons le racisme partout où il se trouve et d'où qu'il vienne. Ses propos sont abjects. OLIVIER BOYEst-ce que vous allez faire passer le message à l'ambassadeur d'Espagne en France ? MAUD BREGEONÇa, je laisserai le ministre des Affaires étrangères se prononcer dessus. Ce que je vous donne, c'est la position, encore une fois, du Gouvernement. Nous combattons le racisme d'où qu'il vienne et ses propos ont évidemment choqué tous ceux qui les ont entendus, je l'espère. Merci à vous. Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 304106
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304106-maud-bregeon-13072026-rtl-incendie-fontainebleau-canicule?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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