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9 juillet 2026 · Gouvernement · RMC Info · discours Discours

Interview de M. Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale, à RMC Info le 9 juillet 2026, sur l'augmentation du nombre de candidat au concours des professeurs, les résultats du baccalauréat et la commémoration de l'armistice du 11 novembre dans l

Édouard Geffray (auteur), Apolline de Malherbe (intervenant)

APOLLINE DE MALHERBEIl est 7 h 41 sur RMC. Et si ? Et si le métier de prof faisait à nouveau rêver ? C'est ce qui ressort des chiffres du concours de profs que vous nous dévoilez ce matin en exclusivité sur RMC, Édouard Geffray. Bonjour. ÉDOUARD GEFFRAYBonjour. APOLLINE DE MALHERBEVous êtes le ministre de l'Éducation nationale. Retour en grâce : les résultats du concours des professeurs, cette année, montrent qu'il y a eu davantage de candidats. Et combien d'admis ? ÉDOUARD GEFFRAYAlors, il y a eu 24 000 admis, contre 16 000 l'année dernière. Il y avait plus de places au concours. Et ce qui est intéressant, c'est qu'alors qu'on avait 40 % de places en plus, on a eu 49 % de lauréats en plus. Donc, pour la première fois, je vous donne un exemple, les concours de recrutement de professeurs, aux écoles de Créteil et de Mayotte, pour la première fois depuis des années, ont fait le plein cette année. On est à 100 % dans nos concours, Créteil et Mayotte, là où on était à 90, 85, 92. Donc, c'est une bonne nouvelle. Et ça veut dire qu'on reprend des couleurs. APOLLINE DE MALHERBEC'est une bonne nouvelle pour le métier de prof, c'est une bonne nouvelle pour les élèves. Est-ce que vous pouvez nous affirmer ce matin, Édouard Geffray, qu'il y aura bel et bien un prof devant chaque élève à la rentrée ? C'est devenu presque un marronnier, comme on dit, dans notre métier. C'est-à-dire que chaque année, désormais, c'est cette angoisse des parents de se dire que peut-être qu'il n'y aura pas suffisamment de profs pour faire face aux élèves. Est-ce qu'à la rentrée, oui ou non, il y aura assez de profs ? ÉDOUARD GEFFRAYAlors, il y aura assez de professeurs pour le système éducatif. Voilà. Après ça, c'est toujours pareil, garantir que tel ou tel professeur n'est pas absent et bien remplacé dans les deux heures, et cetera, ce serait mentir que de le dire. Mais en tout cas, nous aurons assez de professeurs cette année, et notamment en sciences. APOLLINE DE MALHERBEAlors, il y a eu plus de candidats et plus d'admis, puisque vous aviez ouvert davantage de places. Est-ce que ça veut aussi dire que le concours a été un peu bradé ? ÉDOUARD GEFFRAYAh non. Alors, justement, la bonne nouvelle, c'est que non seulement, on a plus d'admis, mais que globalement, les moyennes obtenues, quasiment dans toutes les épreuves, ont augmenté. Et vous voyez, si je vous prends par exemple les mathématiques, les mathématiques, on était à 74 % de satisfaction l'année dernière, donc, on avait 25 % de postes non pourvus, on est remonté à 93 %. Physique, pareil : 74-98. Donc, on a quand même des bonnes nouvelles, et avec des moyennes qui ont globalement augmenté. APOLLINE DE MALHERBEComment vous expliquez ça ? C'est-à-dire que les modalités du concours ont changé ? Est-ce que la rémunération, est-ce que… Qu'est-ce qui fait qu'à nouveau, c'est attractif ? ÉDOUARD GEFFRAYAlors, comme vous le savez, on a deux concours qui ont été ouverts cette année : un en L3, en fin de licence 3, un en fin de master 2. Les deux ont été donc pourvus dans des conditions très satisfaisantes. Ce qui est intéressant, c'est que le nouveau concours en fin de L3 attire, puisque nos lauréats vont faire leur master en étant rémunérés : 1 400 euros nets la première année en M1, 1 800 euros nets en M2. Et ça, ça attire. Et en fait, ça rétroagit sur l'ensemble de la boucle, puisque quand on regarde dans Parcoursup, on a créé cette année des licences de professeurs à des écoles qui vont donc préparer nos étudiants à passer ce concours de L3, et on a eu 10 candidats pour une place. APOLLINE DE MALHERBE10 candidats pour une place. Ça veut dire que dès la terminale, vous avez eu des candidats, en fait, qui sont déjà en train de dire qu'ils ont envie de devenir profs ? ÉDOUARD GEFFRAYAbsolument. En moyenne, 10 vœux pour une place. APOLLINE DE MALHERBEAlors, il y a encore quand même, visiblement, quelques complications ou dysfonctionnements. C'est ce que vous vouliez dire, d'ailleurs, je crois, Ronnie. Vous êtes en direct avec nous des Deux-Sèvres. Vous êtes à Niort. Bonjour. RONNIE, AUDITEUROui, bonjour. APOLLINE DE MALHERBEEt vous êtes enseignante sans classe depuis 5 ans. Alors, on parle des élèves qui n'ont pas de prof, mais vous, vous êtes une prof sans élève. RONNIEAlors, je suis un prof. APOLLINE DE MALHERBEUn prof, pardon. RONNIEMais oui, en effet, là, je le dis avec le sourire, mais ce n'est pas vraiment bien. Moi, je suis enseignant, donc, titulaire. J'ai eu mon concours il y a 17 années. APOLLINE DE MALHERBETrès bien. RONNIEEt à la suite des naissances de mes enfants, je me suis mis en disponibilité. Les enfants ayant grandi, j'ai souhaité réintégrer l'éducation nationale depuis maintenant 3 ans, mais chaque année, j'ai porte close. C'est-à-dire que mon département auquel j'appartiens me laisse quitter le département, mais mon département d'accueil ne souhaite pas me voir intégrer ses effectifs. APOLLINE DE MALHERBEMais quels sont les arguments qui vous sont opposés ? RONNIEC'est là où c'est un peu compliqué. On n'a pas d'arguments qui nous sont avancés : la confidentialité, le manque d'interlocuteur. On n'a pas d'informations sur le… APOLLINE DE MALHERBEMais vous êtes rémunéré, Ronnie ? RONNIEAh, bah non, non, non. Pas du tout. APOLLINE DE MALHERBENon ? C'est ça. Donc, là, vous êtes sorti, vous étiez sorti. Vous étiez en disponibilité, donc, vous étiez sorti des effectifs ? RONNIEExactement. APOLLINE DE MALHERBEEst-ce qu'il y a des réponses à apporter sur ce point-là, ou c'est un dossier trop complexe pour vous ? ÉDOUARD GEFFRAYNon, non. En l'occurrence, ça ne me dérange pas. Je prendrai juste le nom de votre interlocuteur pour regarder la situation. APOLLINE DE MALHERBETrès bien. Ronnie, si ça vous va, on fait ça ? RONNIEOui, ça me va, ça me va, très bien. ÉDOUARD GEFFRAYEffectivement. Ça, c'est une personne, en fait, qui est sortie du système éducatif. Vous voyez, ce qu'on appelle en disponibilité, c'est-à-dire qu'il a demandé à être, si je puis dire, en parenthèses. Et entre parenthèses, et il revient. Et donc, parfois, il peut y avoir des petits blocages. Mais ça, pour le coup, je vais regarder. C'est un peu dommage de… APOLLINE DE MALHERBEExactement. Et ensuite, c'est la question, effectivement, de si on sort, comment est-ce qu'on fait pour revenir ? Un mot aussi du BAC, Édouard Geffray. 85,5 % de taux de réussite, on l'a appris hier. C'est sensiblement la même chose qu'il y a un an. Ça veut dire que… Vous aviez dit normalement que ça devait être plus dur, ça ne l'a pas été. ÉDOUARD GEFFRAYAlors, deux choses. D'abord, ça baisse un petit peu… APOLLINE DE MALHERBETrès légèrement. Là, vous nous parlez de l'épaisseur du trait quand même. ÉDOUARD GEFFRAYOuais, 0,5 %. Mais c'est la première fois depuis au moins cinq ans que ça baisse. Donc, je le signale quand même. APOLLINE DE MALHERBEC'est quand même marrant, pardon. Mais c'est la première fois qu'un ministre de l'Éducation se félicite que ça baisse. C'est-à-dire que ce soit plus exigeant ? ÉDOUARD GEFFRAYNon, je ne m'en réjouis pas, mais je le constate. APOLLINE DE MALHERBED'accord. ÉDOUARD GEFFRAYEt deuxième chose : on avait effectivement durci les règles, notamment sur ce qu'on appelle les points jurys, vous savez, ce système qui faisait qu'on rattrapait une personne quand elle avait 7,5 pour l'amener à 8, et puis après, on la rattrape encore pour l'amener à 10. Ça, on y avait mis fin. Donc, très clairement, il y a un effet. Ensuite, il y avait effectivement, moi, je souhaitais un durcissement des consignes, notamment sur le niveau d'expression. APOLLINE DE MALHERBEL'orthographe. ÉDOUARD GEFFRAYVoilà. L'orthographe, la grammaire, la syntaxe. Il y a eu un stand d'articles qui ont montré que c'était, j'allais dire, plus ou moins, que ça avait plus ou moins imprégné les esprits. Et ça ne m'étonne pas, parce que ce sont des enjeux culturels de long terme. Mais ça va être quelque chose qu'on va retravailler calmement quand on aura tous les résultats. APOLLINE DE MALHERBEJe voudrais également que l'on puisse accueillir Hélène, qui nous appelle du Canet. Bonjour, Hélène. HÉLÈNE, AUDITRICEBonjour. APOLLINE DE MALHERBEVous êtes infirmière, et vous vouliez parler de la question du recrutement des étudiants futurs profs. HÉLÈNEOui, parce que c'est le cas de ma fille, qui est en master 2. Donc, elle a passé le concours ouvert au L3. Comme elle est obligée de travailler à côté, parce qu'il n'y a pas de rémunération sur les études, elle n'a pas réussi son concours, et son année est un peu compliquée à gérer. Et il se trouve que sur une Nantes, en master 2, il n'y a plus l'alternance du fait du nouveau programme, alors que cette alternance est proposée quand même sur d'autres facultés. Donc, il y a une inégalité dans le recrutement. APOLLINE DE MALHERBEUne alternance pour devenir prof ? HELENEPour devenir professeur des écoles. Ça, cette inégalité territoriale, Édouard Geffray, vous en aviez conscience ? ÉDOUARD GEFFRAYJe ne suis pas sûr d'avoir bien compris la situation, parce que madame dit que ça fait à la fois en master… Il faudra juste qu'on regarde ça de près. Mais en tout cas, ce qui est vrai, c'est que selon les universités, vous avez plus ou moins, d'abord, de postes ouverts en master. C'est normal. Et mécaniquement, il peut y avoir ou pas de l'alternance. Mais ça, c'est une question, un peu, d'opportunité locale. APOLLINE DE MALHERBEVous l'encouragez, l'alternance ? C'est une manière d'apprendre ? ÉDOUARD GEFFRAYEn réalité, bientôt, on n'en aura plus besoin. Parce que comme on recrute les étudiants en L3, ils vont directement être, en fait, dans un système de quasi-alternance pendant leur master, puisqu'ils vont être rémunérés et qu'ils vont être… APOLLINE DE MALHERBEEt que ce sera un master déjà professionnalisant. ÉDOUARD GEFFRAYVoilà. Donc, là, en fait, on est sur les élèves qui sont un peu dans une situation de transition. Mais on va regarder un petit peu ça de près. Mais en tout cas, je ne suis pas forcément surpris qu'effectivement, il y ait ce phénomène. APOLLINE DE MALHERBEOn a parlé à l'instant de la demande que vous aviez formulée : d'être plus exigeant sur la syntaxe, l'expression, l'orthographe. Il y a une autre demande qui a été formulée, qui est de demander aux établissements scolaires d'organiser une cérémonie pour commémorer l'armistice du 11 novembre. ÉDOUARD GEFFRAYTout à fait. APOLLINE DE MALHERBESemble-t-il, un certain nombre de professeurs disent que c'est une militarisation de l'école. Qu'est-ce que vous leur répondez ? ÉDOUARD GEFFRAYÉcoutez. Pardon, mais je ne vois pas ce qu'il y a de militarisation à célébrer la journée nationale de la victoire et de la paix. APOLLINE DE MALHERBEC'est la journée, en effet, de la victoire et de la paix. ÉDOUARD GEFFRAYEt de la paix, voilà. C'est la journée au cours de laquelle on rend hommage à tous les morts pour la France. Vous savez, moi, je pense que c'est important de savoir où on habite. On a une histoire commune qui dépasse les histoires singulières des différents Français. On a une histoire commune qui est un leg, et qu'on se doit de transmettre si on veut construire un destin commun. Et ce que le Président de la République a décidé effectivement, ça a été dit il y a déjà plusieurs mois, c'est qu'il souhaitait que le 11 novembre puisse aussi être commémoré dans l'établissement. Alors, pas le 11, ce sera le 10 ou le 12, sur un jour ouvrable. Mais tout simplement, il faut rappeler aux élèves d'où ils viennent collectivement, d'où nous venons collectivement, pour savoir où nous allons collectivement. APOLLINE DE MALHERBEDonc, vous ne céderez pas là-dessus ? ÉDOUARD GEFFRAYNon, mais parce qu'il n'y a pas de raison, ni de… ni quoi que ce soit. Il faut, là aussi, prendre les choses avec sérénité. Une fois encore, on a une histoire commune qui dépasse l'histoire singulière de chacun d'entre nous. Qu'on soit arrivé en France il y a deux jours, quand nos ancêtres avaient fait la Première Guerre mondiale, c'est pareil. C'est notre leg commun, parce qu'il y a des hommes et des femmes qui se sont battus pour qu'on soit libres. Leur rendre hommage, s'en souvenir, et savoir le prix de la liberté, ce n'est pas de la militarisation, c'est du bon sens. APOLLINE DE MALHERBEMerci beaucoup Édouard Geffray d'avoir répondu à mes questions, ministre de l'Éducation nationale. Et vous nous dites donc, en exclusivité sur RMC, ce matin, que le nombre de recrutements est en hausse cette année au concours d'enseignement : plus… ÉDOUARD GEFFRAYPlus 50 %. source : Service d'information du Gouvernement, le 10 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 304026
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/304026-edouard-geffray-09072026-concours-des-professeurs-baccalaureat-armistice?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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