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6 juillet 2026 · Gouvernement · France Info · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, ministre chargée de l'énergie, à France Info le 6 juillet 2026, sur la canicule et ses conséquences notamment politiques, les incendies, la lutte contre le changement climatique, le budget 2027

Maud Bregeon (auteur), Hadrien Bect (intervenant), Camille Vigogne Le Coat (intervenant)

HADRIEN BECTBonjour Maud Bregeon. MAUD BREGEONBonjour à tous. HADRIEN BECTEt merci d'être avec nous ce matin sur France Info. Vous êtes porte-parole du gouvernement, et depuis peu et soutien officiel d'Édouard Philippe. Nous parlerons dans quelques minutes de son premier grand meeting, organisé hier à Paris, auquel vous assistiez. Mais d'abord, l'actualité du jour : la canicule, qui n'est pas officiellement terminée mais qui repart déjà, ainsi que les incendies dans le Gard, la Drôme et surtout dans les Pyrénées-Orientales, où 4 600 hectares ont brûlé depuis samedi soir. D'après les informations dont vous disposez ce matin, sommes-nous face à un incendie hors de contrôle ? MAUD BREGEONEn tout cas, la situation est très préoccupante. 7 départements, à l'heure où on se parle, sont en risque incendie très élevé. 3 000 pompiers sont mobilisés. Je voudrais d'ailleurs, bien sûr, les remercier et saluer leur travail. Pour donner une comparaison, il y a 11 000 hectares qui ont brûlé en France aujourd'hui. C'était un peu plus de 5 000 l'année dernière, à la même période. C'est dire qu'on est face à une situation extraordinaire qui fait suite aux dernières semaines qu'on a passées. Et donc la vigilance de l'État et la mobilisation des moyens de l'État est évidemment totale. CAMILLE VIGOGNE LE COATOn sait que 10 000 personnes ont été évacuées. Est-ce que d'autres évacuations sont prévues ou est-ce que toutes les personnes ont été mises en sécurité ? MAUD BREGEONC'est possible. D'autres évacuations pourraient avoir lieu si c'est nécessaire. L'objectif principal de ces évacuations, vous vous en doutez, c'est la sécurité des personnes. Et donc les forces d'intervention s'adaptent au fur et à mesure que les feux évoluent. Ce que je voudrais aussi dire ce matin, c'est d'appeler à la plus grande vigilance, au respect des règles de sécurité, évidemment pour les habitants qui vivent sur place, mais plus globalement pour tous les Français, tous les citoyens qui passent dans ces zones, qui sont très à risque. Il y a des règles de sécurité extrêmement basiques. Mais on sait que les départs de feu, ça part parfois aussi d'erreurs humaines. Et donc la vigilance est de mise pour toutes et tous. HADRIEN BECTUn mot également sur les renforts. Il y en a qui arrivent dans les prochaines heures dans les Pyrénées-Orientales, y compris d'ailleurs venus d'autres pays européens comme la Roumanie. Est-ce que le dispositif de lutte contre le feu à l'échelle à la fois des Pyrénées-Orientales mais aussi de la France… On avait ce matin un pompier qui faisait 30 départs de feu par jour en ce moment dans le Gard, juste dans un département. Est-ce qu'il va falloir qu'on fasse appel à d'autres moyens, y compris venus d'autres pays ? MAUD BREGEOND'abord, le dispositif est total. Les moyens de l'État sont pleinement engagés. Il y a des conventions européennes. On peut aider nos voisins. Et on le fait parfois. Vous vous rappelez peut-être de certains incendies en Grèce lorsque c'est nécessaire. Et à l'inverse, on peut leur demander de l'aide lorsque nous en avons besoin. La solidarité européenne s'exerce pleinement. Les matériels sont faits pour ça. On arrive à coordonner aujourd'hui les différentes forces. Et donc, c'est vraiment une bonne chose. Ça aide les forces engagées sur le terrain. HADRIEN BECTEst-ce que des forces d'autres pays vont être amenées à venir intervenir ? MAUD BREGEONLà encore, je ne peux pas vous le dire ce matin. Mais de toute évidence, si c'est nécessaire dans les jours mais aussi dans les semaines à venir, c'est une possibilité qui s'offre à nous. De même que nous pourrions être amenés, nous, à prêter main-forte à nos voisins européens. Encore une fois, c'est un principe de solidarité. J'allais vous répondre là-dessus. Contrairement à ce que je peux entendre ici ou là, les moyens des forces d'intervention ont augmenté ces dernières années. Le budget dédié à l'intervention et notamment l'intervention lors de risques incendies a augmenté de 40% sur la période 2023-2026 par rapport à ce que c'était entre 2019 et 2022. CAMILLE VIGOGNE LE COATMais sur la question des Canadairs, très concrètement, ils ont en moyenne 30 ans d'âge. Emmanuel Macron disait vouloir renouveler la flotte en 2027. Nous, on est en 2026 et il faudra finalement attendre 2028, 2033 même pour avoir non plus 12 mais 16 Canadairs comme prévu. Est-ce qu'on n'a pas trop tardé ? Comment expliquer qu'on soit en retard, y compris sur ce qui avait été annoncé par le président ? MAUD BREGEONOn a augmenté les moyens sur trois volets. D'une part sur les volets aériens, d'autre part sur les moyens terrestres et enfin sur les moyens humains. Sur les volets aériens, effectivement, on parle beaucoup des Canadairs. CAMILLE VIGOGNE LE COATParce que c'est stratégique ? MAUD BREGEON4 Canadairs qui ont été d'ores et déjà commandés en 2024 et 2026 et qui seront livrés dans les mois à venir. CAMILLE VIGOGNE LE COATAprès l'été ? MAUD BREGEONÉgalement, je pense à ce qu'on appelle la flotte Dragon qui va être intégralement renouvelée. Là encore, c'est des moyens qui ont été mis financiers sur la table pour pouvoir atteindre ça. Des avions bombardiers d'eau, là encore, qui ont été commandés. Donc on augmente, on renouvelle notre flotte. Il y a les moyens terrestres. Il y a des conventions qui sont passées avec l'ES-10. Avec, là aussi, des enveloppes financières qui sont allouées pour leur permettre d'avoir des moyens terrestres. Et notamment, je pense à des engins type camions-citernes, véhicules tout-terrain qui, là aussi, a augmenté avec l'objectif d'augmenter le nombre d'engins. Donc on avance, on se dote des moyens nécessaires. Ça prend du temps, on recrute et on forme aussi des militaires, c'est important, destinés à intervenir sur ce type d'événement. Il y en a en ce moment qui sont engagés face au feu de forêt que connaît le sud de la France. HADRIEN BECTOn entend que ça prenne du temps, Maud Bregeon, mais pourquoi, alors que le renouvellement était censé être bien entamé déjà en 2027-2028, on a du mal à comprendre pourquoi on est toujours avec ces vieux appareils, alors certes qu'ils fonctionnent, mais on sait que quelques fois, certains ont besoin d'être plus souvent en maintenance, etc., donc ne sont pas toujours disponibles. Et forcément, ça crée moins de moyens de lutte. MAUD BREGEONAlors d'abord, moi, je ne serai pas caricaturale. On a en France des femmes et des hommes qui sont admirablement formés, qui sont admirablement bien engagés. Et on a en face des flottes, des dotations de matériel qui nous permettent de répondre, comme c'est le cas aujourd'hui, comme ça a été le cas les dernières années. Et effectivement, il y a une nécessité de renouveler. Il y a une nécessité de s'adapter. L'adaptation au changement climatique… On a beaucoup parlé de ce que chacun vivait chez soi. C'est aussi l'adaptation face aux risques de feux de forêt. Et ça, le président de la République y a répondu. Et il y a répondu depuis plusieurs années déjà, notamment via des augmentations budgétaires. HADRIEN BECTUn mot encore sur les Canadairs, parce qu'on sait que Canadairs, c'est canadien. L'Amérique du Nord, elle aussi, est régulièrement touchée par des incendies à répétition. Est-ce que vous ne craignez pas que potentiellement, ces avions qu'on a commandés, qui doivent nous être livrés, puissent être récupérés peut-être ou par les Canadiens ou par les Américains dont on connaît la tentation quelquefois de peut-être mettre un peu plus d'argent sur la table pour acheter un certain nombre d'appareils plutôt qu'ils ne soient livrés à nous ? MAUD BREGEONNon, les contrats que nous avons passés seront des contrats honorés. Nous avons besoin de ces moyens. Nous en avons besoin pour nos forces d'intervention. Et donc on s'assurera que l'ensemble des livraisons se fassent dans les tentes ou du moins le plus rapidement possible en fonction de ce que les productions permettent. CAMILLE VIGOGNE LE COATMaud Bregeon, on a entendu le Premier ministre la semaine dernière tirer les leçons de ce qui avait été bien fait, ce qui n'avait pas fonctionné aussi pendant le dernier épisode de canicule. Concrètement, qu'est-ce qui a été fait depuis la semaine dernière pour mieux préparer cette troisième vague de chaleur qui commence ? MAUD BREGEONBon. D'abord, il est faux de dire que le gouvernement n'était pas préparé et que le système français n'était pas prêt. CAMILLE VIGOGNE LE COATC'était pas l'objet de ma question. MAUD BREGEONOn a beaucoup appris, notamment depuis la canicule historique de 2003, que ce soit en matière de coordination, que ce soit en matière de moyens, que ce soit en matière de services déconcentrés de l'État, que je veux évidemment remercier ce matin. Je pense aux préfets, je pense aux ARS qui ont été largement mobilisés. Le plan Orsan III, vous le savez, est maintenu. CAMILLE VIGOGNE LE COATC'est le plan, pour que les auditeurs comprennent, qui permet notamment de rappeler des personnels soignants à l'hôpital, de… MAUD BREGEONExactement, de s'adapter, d'anticiper aussi les semaines à venir. Et donc ce plan sera maintenu dans les hôpitaux jusqu'à nouvel ordre. CAMILLE VIGOGNE LE COATJustement, l'hôpital, on sait que ça va être des questions, pardonnez-moi, de points de tension. Est-ce que l'hôpital est en mesure de tenir face à une nouvelle vague de chaleur ? Tous ceux qui ont été hospitalisés ces derniers jours, ces dernières semaines ne sont pas forcément sortis. Est-ce que l'hôpital, en période de vacances scolaires, va tenir ? MAUD BREGEONL'hôpital français tient. Et c'est ce qu'on constate, d'ailleurs, depuis plusieurs semaines. Nos hôpitaux ont tenu. Nos EHPAD, c'est là aussi une des grandes leçons de ces dernières semaines, ont tenu, là où en 2003, on le sait, ça avait été absolument dramatique. Donc ça, c'est des points sur lesquels on s'est nettement améliorés, parce que les organisations se sont améliorées, parce que les moyens se sont améliorés aussi. En revanche, on a des points de faiblesse qu'il faut regarder avec lucidité. Et je pense notamment à la question des personnes qui sont seules, isolées, souvent en zone urbaine, dans les grandes villes, dans les grandes agglomérations, très âgées, où on constate… HADRIEN BECTOn a vu cette surmortalité à Paris, notamment. MAUD BREGEONOn constate une surmortalité plus importante que ce que ça ne pouvait être il y a quelques années de ça. Je crois que ça doit nous interroger profondément d'abord sur la manière dont on vieillit en France, qu'on ait aujourd'hui des personnes très âgées, isolées, qui soient en dehors des fichiers de renseignements qui listent les personnes seules et vulnérables, que personne n'appelle, dont personne ne s'enquière, si je puis dire, de leur état de santé. CAMILLE VIGOGNE LE COATEt justement, pour ces personnes, cette semaine, on fait quoi ? 37° à nouveau prévue à Paris. MAUD BREGEONÇa appelle deux choses. D'abord, tout un travail de refonte des fichiers, des bases de données, qui est absolument essentiel, parce qu'il ne faut plus attendre que ces personnes s'inscrivent seules sur les fichiers qui recensent les personnes vulnérables, par exemple des CCAS dans les différentes communes. Il va falloir un travail beaucoup plus proactif, d'aller vers beaucoup plus important. Et donc il y a toute une refonte qui va être évidemment engagée sur ce point. Et puis ensuite, je crois qu'il y a une responsabilité individuelle. Je le dis parce qu'il y a 5 ans… HADRIEN BECTAttendez, pardonnez-moi. Juste simplement, on va parler de la responsabilité individuelle. Mais vous parlez d'une refonte, c'est-à-dire vous allez demander aux communes de revoir leurs fichiers. Vous allez créer un fichier peut-être qui soit le plus centralisé. Enfin comment ça va fonctionner ? Vous allez donner des instructions. MAUD BREGEONOui. Il y a d'abord un rôle de coordination entre les différents services de l'État, services déconcentrés, avec les collectivités territoriales, évidemment. Il y a une réflexion qui va être menée. Nous, on n'arrive pas avec une solution ficelée, parfaite, qu'on voudrait imposer depuis l'État ou la rue Ségur à l'ensemble du système français. Mais de toute évidence, on a là un point de faiblesse sur lequel on doit travailler. Et donc je crois que c'est encore une fois de la lucidité que d'être capable de le dire et de tirer les enseignements de ce qui s'est passé. Et puis ensuite, je crois et je le dis que ça doit nous interroger en tant que société, qu'on a tous une responsabilité individuelle. Il y a 60 ou 70 ans, on vivait avec ses parents ou ses grands-parents jusqu'à très tard. Je ne dis pas qu'il faut revenir vers ce modèle-là. Mais je crois qu'en termes, encore une fois, de chaîne intergénérationnelle, de solidarité intergénérationnelle, la façon dont on prend soin de nos aînés, qu'ils soient d'ailleurs de notre famille ou pas, ça doit nous interroger, parce que c'est pas normal qu'en France, dans une société si avancée où, encore une fois, la solidarité est censée, la fraternité, être une valeur absolument cardinale, on ait autant de personnes âgées seules qui décèdent dans leur logement du fait de la chaleur. HADRIEN BECTMaud Bregeon, porte-parole du Gouvernement, vous restez avec nous, on va parler notamment des sujets budgétaires, mais avant cela, l'info en une minute, il est 9h moins le quart et voici Antoine Jeffin. (…) CAMILLE VIGOGNE LE COATNous sommes toujours avec Maud Bregeon, porte-parole du Gouvernement. On va continuer de parler de la canicule et de ses conséquences politiques, notamment de cette motion de censure qui a été déposée par les écologistes à l'Assemblée nationale, qui sera examinée en début d'après-midi. Elle reproche au Gouvernement son inaction en matière de lutte contre le changement climatique, inaction climatique. On a appris qu'elle serait aussi signée par Olivier Faure, le patron des socialistes. Elle vous fait peur, cette motion de censure ? Vous la comprenez ? MAUD BREGEONC'est une motion de censure de posture politique. Et je vais vous dire le fond de ma pensée : je trouve que ce n'est pas très sérieux. On a en ce moment 3 000 pompiers qui sont mobilisés sur des incendies. On fait face effectivement à une crise climatique très importante qui doit toutes et tous nous mobiliser. On a des difficultés sur le plan budgétaire, on a des lois importantes dont on ne parle plus beaucoup depuis quelques jours, mais qui arrivent à l'Assemblée nationale, notamment sur ce sujet central de la protection de l'enfance, que beaucoup ont pourtant défendu, y compris à gauche, qui pensent que face à tout ce que je viens de citer, la solution serait la censure du Gouvernement. HADRIEN BECTLes oppositions n'ont pas le droit de s'opposer ? MAUD BREGEONLes oppositions ont le droit de s'opposer et le Parlement est extrêmement libre. Mais vous me demandez ce que j'en pense, je me permets donc librement de vous répondre. CAMILLE VIGOGNE LE COATMais Maud Bregeon, ce qu'ils vous reprochent, sur le fond, c'est aussi de ne pas avoir pris la mesure, de ne pas avoir notamment accordé les financements nécessaires pour la lutte contre le changement climatique, pour l'adaptation au changement climatique. Il y a notamment la question du Fonds vert qui a été victime de coupes dans le précédent budget. Sa dotation est passée de 2,4 milliards à 837 millions d'euros en 2026. Le Premier ministre a laissé entendre qu'il pourrait à nouveau être raboté pour faire des économies dans les prochains mois. Est-ce que vous vous dites parfois : on a peut-être fait les mauvais choix, établi de mauvaises priorités ? MAUD BREGEONLà encore D'abord, le Fonds vert n'est qu'une partie et une petite partie de l'ensemble du budget… CAMILLE VIGOGNE LE COATQui permet, je le dis aux collectivités notamment, de rénover les écoles, de rénover des établissements publics, c'était au cœur de la dernière… MAUD BREGEONJe suis d'accord, mais permettez-moi de vous dire que c'est une petite partie de l'ensemble des moyens qui sont dédiés à la lutte contre le changement climatique et à l'adaptation contre le changement climatique. On pourrait parler du fonds chaleur, on pourrait parler de tout ce qui est fait pour aider les ménages à opérer leur transition énergétique, ce qui permet par exemple de passer du chauffage au gaz aux pompes à chaleur, ce qui vous permet par déduction de rafraîchir votre logement. Donc, prenons un peu de hauteur : le budget alloué à l'écologie a doublé depuis 2017. Il a doublé depuis 2017. CAMILLE VIGOGNE LE COATDonc ces critiques sont toutes infondées ? MAUD BREGEONNon, il n'a jamais été aussi important en volume. Il y a aujourd'hui davantage de moyens alloués à l'écologie que sous le mandat socialiste entre 2012 et 2017. Donc il faut quand même repositionner quelques vérités à leur place Voici la transcription corrigée de la suite de l'interview, en respectant rigoureusement vos consignes de fidélité et de mise en forme : MAUD BREGEONDonc il faut quand même repositionner quelques vérités à leur place. Est-ce qu'on peut aller plus loin ? Est-ce qu'il faudra aller plus loin ? La réponse est oui. Je note quand même… Je note quand même quelques incohérences dans le discours porté par Europe Écologie Les Verts, je les cite puisque ce sont eux qui ont été à l'initiative de cette motion de censure. Lorsqu'on a présenté la programmation pluriannuelle de l'énergie, sujet que je connais bien puisque c'est aussi mon ministère, en février dernier, qui permet de développer massivement le nucléaire, certes, mais également les énergies renouvelables, les éoliennes, les éoliennes en mer, les panneaux photovoltaïques pour baisser les émissions de gaz à effet de serre. Les écologistes ont voulu, là encore, censurer le Gouvernement. CAMILLE VIGOGNE LE COATLe prochain budget, il va être extrêmement stratégique ce prochain budget. Est-ce que ces fonds dédiés à l'adaptation seront sanctuarisés ? Est-ce que le Fonds vert, par exemple, vous les mettez de côté ? MAUD BREGEONJ'allais précisément vous en parler. Ce que je peux vous dire, c'est que s'il y avait une censure du Gouvernement, ou tout du moins une absence de budget, il n'y aurait plus de Fonds vert à partir du 1er janvier 2027. Il y a six mois, les écologistes ont là encore voulu censurer le Gouvernement, ce qui aurait amené à l'annulation… le temps d'avoir un budget, du Fonds vert. Donc là encore, je crois qu'il y a un peu d'hypocrisie et parfois un double langage de la part des écologistes qui tiennent des discours très proactifs sur la lutte pour le climat sur les plateaux télé et qui, dans leur vote, agissent de manière un peu différente. Je le redis, je crois que face à la situation qu'on traverse, prétendre que censurer le Gouvernement pourrait durablement et également à court terme apporter des réponses est un mensonge politique. Je pense que c'est une posture qui est une posture partisane, mais qui aujourd'hui n'a pas de sens vis-à-vis des faits et de ce qui est, ce qui devrait collectivement réussir à nous réunir. HADRIEN BECTEst-ce que ça ne dit quand même pas, Maud Bregeon, que ce budget 2027, il va être quasi impossible à faire adopter ? Là, si on commence déjà à se crisper au mois de juillet, imaginons ce que ce sera en décembre. MAUD BREGEONIl va être difficile. Je ne vais pas vous dire l'inverse. Moi, je crois qu'il serait absolument insensé de priver la France d'un budget pour l'année 2027. HADRIEN BECTEn même temps, un budget qui pourra être refait dès l'élection, après l'élection présidentielle et les législatives. MAUD BREGEONCe qui nous amène à juillet ou août. Imaginez six, sept, huit mois de services votés, ces six, sept, huit mois par exemple, sans possibilité pour les collectivités territoriales d'avoir recours au Fonds vert pour opérer la transition écologique dont on parlait à l'instant. Ce n'est qu'un exemple, donc j'espère, je vous le dis, que des femmes et des hommes de bonne volonté, du Parti socialiste aux Républicains, arriveront à se mettre autour de la table, à construire un budget de sauvegarde qui effectivement sera probablement un budget temporaire, mais qui est un budget dont la France a besoin. CAMILLE VIGOGNE LE COATUn budget temporaire avant la prochaine élection présidentielle et une nouvelle majorité peut-être à l'Assemblée nationale. Vous étiez justement hier au meeting d'Édouard Philippe, grand lancement de campagne. Vous le soutenez, vous l'avez annoncé la semaine dernière, il a justement parlé de ces efforts. De ces efforts, il a surtout lancé sa campagne. SÉBASTIEN LECORNU, PREMIER MINISTRE"Je sonne l'alerte avec gravité parce qu'il faut se préparer à un déficit public autour de 6,5 points." HADRIEN BECTAlors ça, c'est Sébastien Lecornu. Mais je suggère… Sébastien Lecornu, qui n'est pas candidat, en tout cas pas à ce stade… Je suggère que nous écoutions Édouard Philippe à présent. C'était hier pour son premier meeting de campagne. ÉDOUARD PHILIPPE, MAIRE HORIZONS DU HAVRE, CANDIDAT À L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE…Ici avec vous tous, aujourd'hui, nous lançons cette campagne présidentielle. Nous lançons l'effort collectif qui va nous permettre de reprendre en main le destin de notre pays. CAMILLE VIGOGNE LE COATNous lançons l'effort collectif. Ce n'est pas non plus du sang et des larmes, mais c'est un effort qui sera demandé aux Français par Édouard Philippe. Est-ce qu'on embarque les électeurs avec cette promesse de difficultés et d'efforts à faire ? MAUD BREGEONJe crois qu'on embarque les Français, qu'on tient un discours de vérité. Et je crois que toute la force d'Édouard Philippe, c'est d'une part sa constance. Il n'a pas varié de discours depuis des années maintenant et il l'a mis en œuvre lui-même avec le président de la République entre 2017 et 2020. Et puis cette capacité de construire son projet en prenant l'ensemble des sujets principaux par le prisme de la France, de nos enfants. Je crois qu'aujourd'hui c'est quelque chose de très fort dans le discours qu'il a tenu hier. L'ensemble des décisions que nous prenons doivent être vues, doivent, doivent être jugées au regard du bénéfice ou pas qu'elles apportent à nos enfants. CAMILLE VIGOGNE LE COATIl a promis de trancher le nœud gordien, notamment dans nos sociétés. MAUD BREGEONIl disait hier quelque chose de courageux : on privilégie souvent notre confort à leur bonheur, dans les choix qu'on peut faire, dans les choix budgétaires, dans les choix parlementaires qu'on peut faire, dans les choix parfois électoraux ou le faire aujourd'hui, et je crois, je crois que ça demande un peu de courage, mais effectivement, à court terme, c'est synonyme d'effort. Mais moi, je m'intéresse davantage à la France de mes enfants qu'à la France d'hier. CAMILLE VIGOGNE LE COATJustement, pour la France de nos enfants, ça va être la question des retraites, Maud Bregeon ? MAUD BREGEONTout à fait, des retraites. CAMILLE VIGOGNE LE COATIl l'a évoqué très brièvement, sans du tout entrer dans les détails, en disant juste que oui, il faudrait que les retraités soient davantage mis à contribution pour le système social. Il est très attendu sur cette question. Il avait évoqué un jour la retraite à 67 ans. Aujourd'hui, quel est le projet de retraite d'Édouard Philippe ? On n'a pas vraiment compris. J'ai écouté avec attention le discours hier et je n'ai pas compris. MAUD BREGEOND'abord, il est très attendu et tous les candidats seront très attendus sur cette question qui est une question absolument centrale pour l'équilibre de tout notre système social, qui interroge là encore sur le pacte intergénérationnel. Il aura l'occasion d'en apporter les modalités. Mais enfin, aujourd'hui… CAMILLE VIGOGNE LE COAT67 ans ou pas ? MAUD BREGEONAujourd'hui, pardonnez-moi, aujourd'hui, il y a une évidence qui s'impose à nous : il va falloir qu'on soit d'une part plus nombreux à travailler et d'autre part, qu'on travaille un peu plus longtemps. Est-ce que ça concerne l'ensemble des Français ? On sait qu'on n'a pas tous le même travail, qu'on n'œuvre pas dans les mêmes conditions et donc c'est normal que des distinctions puissent se faire. Mais enfin, enfin, il y a aujourd'hui un retraité, pour 1,7 cotisant, c'était un pour quatre, en 1960. CAMILLE VIGOGNE LE COATMais pardonnez-moi, mais ça fait cinq ans qu'Édouard Philippe dit qu'il travaille sur un projet présidentiel, qu'il y réfléchit, etc. J'imagine que sa réforme des retraites est prête. Vous êtes soutiens? Quelle sera cette réforme ? MAUD BREGEONVous l'inviterez. On peut, si vous voulez, faire ce jeu de ping-pong, vous et moi pour conclure. CAMILLE VIGOGNE LE COATNon mais c'est un sujet, comme vous le dites, qui intéresse les Français et qui est au cœur de ce pacte de génération. MAUD BREGEONJe suis d'accord, mais, par contre madame, je suis porte-parole du Gouvernement. Je ne suis pas porte-parole d'Édouard Philippe, donc je le laisserai en temps voulu préciser encore une fois ces modalités. Mais ces deux grands principes me semblent déjà donner une tonalité importante : être plus nombreux à travailler. Et quand on voit le chômage en France qui a baissé, mais qui pour autant reste important et supérieur à certains de nos voisins européens, on comprend bien que là, c'est une nécessité. Et puis travailler un peu plus longtemps encore une fois, au regard des considérations démographiques. Il y a un dernier point que je voudrais dire, et c'est aussi pour ça que moi j'étais là hier. Je pense qu'Édouard Philippe est aujourd'hui le plus à même de rassembler très largement, de rassembler des femmes et des hommes qui se sentent de droite, qui se sentent centristes, qui se sentent peut-être de nulle part, qui hésitent un peu. Mais face au Rassemblement national qui est très fort dans ce pays, face à La France insoumise qui est extrêmement structurée, je crois qu'on a besoin de femmes et d'hommes, là, en l'occurrence d'un homme d'expérience, encore une fois lucide, porteur d'espoir, qui soit en capacité d'apaiser le pays. Je pense que c'est absolument déterminant. CAMILLE VIGOGNE LE COATVous n'êtes pas porte-parole, mais ça y ressemble un petit peu. Demain, on connaîtra aussi le verdict dans le procès des assistants parlementaires du Rassemblement national. La capacité normalement ou non à Marine Le Pen à se présenter à l'élection présidentielle. Qu'est-ce que ça change pour Édouard Philippe, que ce soit Marine Le Pen ou Jordan Bardella, le candidat ? MAUD BREGEONC'est moins pour Édouard Philippe que pour la campagne présidentielle. De toute évidence, ça aura un impact factuel sur la campagne présidentielle puisque ça va… Enfin, de cette décision va découler le candidat du Rassemblement national. Une fois que je vous ai dit ça, je ne rentrerai pas dans ce débat politico-médiatique consistant à savoir qui de ces deux adversaires serait le plus difficile ou le plus facile à battre. Je crois que ça n'a pas beaucoup de sens en politique. On ne choisit pas ses adversaires, on les combat. Et moi, je combats le Rassemblement national de Jordan Bardella, de Madame Le Pen et de l'ensemble de ses élus parce que j'estime qu'il porte un projet d'asphyxie pour le pays extrêmement dangereux, un projet de rétrécissement, un projet d'isolement et que cela, quelle que soit la tête qui l'incarne, suffit à les combattre. Source : Service d'information du Gouvernement, le 8 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 303985
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/303985-maud-bregeon-06072026-consequences-canicule-incendies-budget-2027?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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