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1ᵉʳ juillet 2026 · Gouvernement · TF1 · discours Discours

Interview de M. Mathieu Lefèvre, ministre délégué, chargé de la transition écologique, à TF1 le 1er juillet 2026, sur la canicule et ses conséquences.

Mathieu Lefèvre (auteur), Adrien Gindre (intervenant)

ADRIEN GINDREBonjour Mathieu Lefevre. MATHIEU LEFEVREBonjour. ADRIEN GINDREComme un air de déjà-vu : Météo France prévient que la France va connaître, sans doute, un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end. À quoi est-ce que vous vous attendez exactement ? MATHIEU LEFEVREÀ une augmentation des températures, comme l'a dit Météo France mais ne veux pas m'y substituer. Mais le rôle du politique, c'est évidemment d'anticiper, de voir ce qui a fonctionné dans la gestion de crise ces dernières semaines, et ce qui n'a évidemment pas fonctionné. C'est tout le travail de retour d'expérience que nous a demandé le Premier ministre. Parmi ce qui a fonctionné : le système de soins a été sous tension, mais il a tenu. Notre système électrique a tenu, nos forces de l'ordre ont tenu. ADRIEN GINDREMais il y a eu des coupures par endroits, et il y en a encore en ce moment, d'électricité. MATHIEU LEFEVREMais malgré tout, l'absorption des pics de consommation a été gérée. Le système de soins a tenu et les prévisions météorologiques ont été bonnes. En revanche, dire que le pays a tenu et d'ailleurs, je veux remercier l'ensemble des forces de sécurité, l'ensemble des agents municipaux et des policiers municipaux qui ont concouru, ne signifie pas que tout a fonctionné parfaitement. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre nous a demandé de travailler sur un certain nombre de sujets, notamment sur les enjeux d'aller vers les personnes isolées, le rafraîchissement des lieux où figurent les personnes les plus vulnérables, et la remontée d'informations. ADRIEN GINDRECela veut dire, y compris s'il y a un épisode caniculaire dès les prochains jours, de nouvelles mesures pour les prochains jours, ou là, on parle ici du court et du moyen terme ? MATHIEU LEFEVRENon, c'est du court et du moyen terme. Le Premier ministre nous a demandé de nourrir ce qu'il appelle un plan "Orsec Grande Chaleur", précisément pour tenir compte de tous les enseignements des deux épisodes que nous venons de connaître. Ce qu'il faut bien voir, c'est qu'on a vécu un épisode d'une intensité exceptionnelle et que, sans l'anticipation dont a fait montre le Premier ministre, cet épisode météorologique aurait pu se transformer en crise systémique. Pour autant, il nous reste des points d'attention où nous devons travailler. C'est tout l'objet de ce plan. ADRIEN GINDREOn en parlait tout à l'heure avec Alba Ventura : hier à l'Assemblée, Sébastien Lecornu et l'écologiste Cyrielle Chatelain se sont écharpés sur la question du nombre de décès. On ne va pas refaire le débat sur la forme, mais sur le fond : aidez-nous à comprendre combien de décès seront imputables à ces vagues de canicule ? Puisque les chiffres ne sont pas définitifs, à quoi vous attendez-vous précisément ? MATHIEU LEFEVREComme vous le dites, les chiffres ne sont pas définitifs car la comptabilisation demande un certain temps de latence. ADRIEN GINDREMais, par exemple, le directeur de l'AP-HP, Nicolas Revel, dit qu'on sera probablement dans des chiffres supérieurs à 2025 où c'était 5 700 morts. Est-ce que vous considérez que ce qu'il dit est de l'ordre du probable ? MATHIEU LEFEVREJe ne m'avance pas sur ce chiffre tant qu'on n'a pas de consolidation définitive. ADRIEN GINDREVous avez écarté l'idée des 10 000 morts. En réalité, on n'en sait rien. On ne peut pas écarter les 10 000 morts sur cette canicule si je vous comprends bien. Si on ne peut pas écarter les 5 000, on ne peut pas écarter les 10 000. MATHIEU LEFEVREIl est beaucoup trop imprudent, comme l'a fait la présidente Chatelain, de s'avancer sur un certain nombre de morts. ADRIEN GINDREEt il n'est pas imprudent, comme l'a fait le Premier ministre, de l'écarter ? Je ne comprends pas ce qui permet de dire qu'on peut écarter un chiffre et pas un autre. Quels sont les éléments dont vous disposez qui vous permet de savoir malheureusement si on sera sur un bilan plutôt de 1 000, 5 000 ou 10 000. MATHIEU LEFEVRELa ministre de la Santé comme le Premier ministre attendent les remontées de terrain et nous ne pouvons pas le dire à date. Encore une fois, la présidente du groupe écologiste s'est avancée. Elle a fait montre hier de politique politicienne au moment où je crois que les Français attendent plutôt des solutions que des polémiques. D'ailleurs, son groupe souhaite censurer le Gouvernement. Je ne sais pas ce qu'une censure apportera aux Français en matière d'adaptation au dérèglement climatique. ADRIEN GINDRECa ne vous fait pas peur, en tout cas ? MATHIEU LEFEVRENous sommes prêts à affronter toutes les interrogations politiques. Ils proposent une commission d'enquête ? Je suis évidemment à la disposition du Parlement pour répondre sur l'ensemble des enjeux relatifs à la Commission d'enquête. On pourra peut-être leur rappeler qu'aucune majorité, aucun président de la République n'a fait autant qu'Emmanuel Macron en matière d'atténuation et d'adaptation au changement climatique. Pendant des années, les Verts ont combattu les budgets de l'écologie que nous avons présentés, des budgets qui ont augmenté de 50%. ADRIEN GINDREOn ne va pas refaire toutes ces dernières années, Monsieur Lefevre, mais on voit bien qu'il y a un différend politique. Intéressons-nous à ce qui va se passer dans les prochaines heures. Vous aurez aujourd'hui une réunion sur la ressource en eau. Qu'on se dise les choses clairement : le problème au moment où l'on parle, c'est le sud du pays ou l'intégralité du pays ? MATHIEU LEFEVREOn a 93 départements qui sont en situation de vigilance et 27 départements en crise. Rassurez vos téléspectateurs : il n'y a pas à date de risque d'approvisionnement. ADRIEN GINDREÇa ne veut pas dire pénurie d'eau. MATHIEU LEFEVRENon, il n'y a pas de risque d'approvisionnement en eau potable comme cela a pu être le cas lors de l'épisode de sécheresse de 2022. En revanche, il faut la plus grande vigilance possible. Il nous faut des remontées de terrain en temps réel. C'est la raison pour laquelle j'ai présidé cette réunion ce matin. La ministre Barbut le refera demain avec les préfets coordonnateurs de bassin mais il nous faut une vigilance absolue sur ce sujet. ADRIEN GINDREMais vu ce que vous nous dites sur l'état et les alertes, est-ce que cela veut dire pour nos agriculteurs des interdictions d'irriguer ? Est-ce que cela veut dire des céréales, des fruits, des légumes qui vont être plus chers, des récoltes en baisse ? MATHIEU LEFEVREIl y a déjà, dans les départements en crise, des arrêtés d'interdiction pour des usages non prioritaires de l'eau. Cela concerne évidemment pas uniquement les agriculteurs ; c'est peut-être aussi le remplissage des piscines ou le lavage des voitures. Et en effet, pour certaines cultures, des interdictions sont prises au cas par cas. Mais là encore, le Premier ministre a fait le choix d'une gestion décentralisée de cette crise, confiée aux préfets de départements, aux préfets de régions. C'est, me semble-t-il, la meilleure manière d'y répondre de façon différenciée. ADRIEN GINDREMais il y aura un impact sur les récoltes ? MATHIEU LEFEVREOui, incontestablement. ADRIEN GINDREEt sur les prix sur les marchés ? MATHIEU LEFEVREC'est une possibilité, mais il est encore trop tôt pour le dire. On l'a vécu cette dernière année avec le chocolat par exemple, avec le café, ça a eu un impact sur les prix mais il est, à date, beaucoup trop tôt pour le dire. ADRIEN GINDRERisques incendies également, danger très élevé dans six départements. Cela veut dire inquiétude très élevée ? MATHIEU LEFEVREOui. Je veux ici rappeler que neuf feux sur dix sont d'origine humaine. Il y a donc nécessité d'appel à la plus grande responsabilité individuelle. Malgré tout, notre pays est très bien armé face aux feux de forêt grâce à des investissements très importants, notamment en bombardiers d'eau et en Canadairs. Mais la vigilance est de mise puisque, avec le mistral, la tramontane et la sécheresse des sols, nous sommes évidemment en vigilance renforcée. ADRIEN GINDREDeux toutes petites question pour terminer, je vous demande de répondre par oui ou par non : sur la consigne plastique, les élus locaux vous demandent de reculer. Est-ce que vous êtes prêts à reculer ? MATHIEU LEFEVRENon, pas sur le principe. C'est une obligation européenne. Nous sommes trop loin de nos objectifs en matière de recyclage pour reculer sur ce levier. Ce n'est pas le seul levier pour parvenir à atteindre nos objectifs mais c'est un des leviers. ADRIEN GINDREVous le maintenez. Tout dernier mot : votre collègue Maud Bregeon ira au meeting d'Édouard Philippe dimanche. Votre nom est cité par nos confrères de Politico. Est-ce que vous y serez également ? MATHIEU LEFEVREOui, j'y serai. ADRIEN GINDREVous serez au meeting d'Édouard Philippe dimanche. C'est un soutien à la présidentielle que vous nous annoncez donc ce matin. Source : Service d'information du Gouvernement, le 6 juillet 2026
La source — vie_publique · nº 303941
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/303941-mathieu-lefevre-01072026-tf1-canicule?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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