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30 juin 2026 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de M. Roland Lescure, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, à BFM TV le 30 juin 2026, concernant l'inflation, le taux du Livret A, les prix du carburant, la croissance économique et l

Roland Lescure (auteur), Apolline de Malherbe (intervenant)

APOLLINE DE MALHERBENous partons tout de suite à Bercy. Le ministre de l'Économie est en direct avec nous pour sa première réaction aux chiffres de l'économie, chiffres de l'inflation, chiffres de la consommation. Bonjour Roland Lescure, merci d'être en direct avec nous. Ce n'est pas si pire ? ROLAND LESCUREBonjour. Merci à vous, c'est même… franchement, c'est bien. Je pense qu'il ne faut pas se cacher derrière des bonnes nouvelles quand elles sont là. Ce sont deux bonnes nouvelles. La première, c'est que l'inflation passe en dessous de 2% dès le mois de juin. On le savait, on s'en est suffisamment plaint. Ça avait monté très vite quand le pétrole a monté, mais là, ça descend vite, on est en dessous de 2%. C'est une très bonne nouvelle pour le pouvoir d'achat des Français, ajouté évidemment au fait qu'on prolonge les soldes jusqu'à la fin du mois. C'est, je dirais, le signal de la relance. Et puis, la deuxième bonne nouvelle, c'est le chiffre de consommation des ménages. Alors ça, c'est pour le mois de mai, mais on a eu un rebond de la consommation des ménages. Elle n'était pas très bonne en avril, on a eu l'occasion de commenter des chiffres en demi-teinte. Les ménages ont été au rendez-vous au mois de mai, notamment les immatriculations automobiles et notamment les véhicules électriques qui sont en forte hausse partout en France. APOLLINE DE MALHERBEVous dites que c'est le signal de la relance. Enfin, quand même, si on s'attarde un instant sur la question des prix et de l'inflation, certes, elle repasse sous la barre des 2% à 1,8% sur un an, mais c'était 2,4% en mai, et surtout, les produits pétroliers, ils restent très, très forts. Ils ne sont pas redescendus du tout au niveau d'avant la guerre. On est toujours à +11,2% après +16,6% en mai. Est-ce que vous voyez la fin là-dessus ? Est-ce que vous considérez, on a vraiment l'impression notamment que les prix à la pompe sont à un plancher, qu'ils ne redescendent plus, ils stagnent depuis une semaine. Est-ce que vous considérez qu'ils vont redescendre vraiment ? ROLAND LESCUREÉcoutez, ils ont déjà beaucoup descendu. Là, on compare les chiffres par rapport à il y a un an. C'est vrai que par rapport à il y a un an, on reste plus élevé. Mais on était à 2,40 sur le diesel au plus haut, on était près des 2,20 sur l'essence. On est aujourd'hui à 1,90, voire même un peu en dessous. Donc c'est vrai que juste avant la crise, on était à 1,70 le litre à peu près, donc il y a encore du chemin à faire et j'espère qu'on va pouvoir le faire cet été. Ça dépend évidemment de la poursuite de l'évolution positive du contexte géopolitique. Mais je dirais, ne gâchons pas quand même des bonnes nouvelles. Ce sont de très bonnes nouvelles pour le pouvoir d'achat. J'en rajoute une puisqu'on est en train de finaliser les calculs, mais le taux du Livret A va augmenter. On annoncera ça avec LA BANQUE DE FRANCE d'ici la mi-juillet. On a un certain nombre de bonnes nouvelles. On espère évidemment que la croissance sera au rendez-vous. Moi je le dit, c'est le signal de la relance de la croissance en France après un printemps difficile. Je dirais qu'on a tous galéré pendant ce printemps, c'est le moment de repartir de l'avant pour les entreprises, pour les consommateurs. Ne gâchons pas notre plaisir, et en avant. APOLLINE DE MALHERBEOn a bien compris votre message ce matin, mais alors attendez, juste sur le Livret A, on peut espérer quel type d'augmentation des rendements ? ROLAND LESCUREÉcoutez, on est vraiment dans la dernière ligne droite. Ça dépend des taux d'intérêt à la fin du mois, de l'inflation qui vient de sortir. Donc on va préciser tout ça. D'ici le 15 juillet, vous aurez un chiffre exact. Mais la bonne nouvelle, c'est que l'épargne des Français va être mieux rémunérée. Ça aussi, c'est une bonne nouvelle. APOLLINE DE MALHERBEUne question, Emmanuel ? EMMANUEL LECHYPRERoland Lescure, sur l'inflation, effectivement, on a l'impression que la vague est derrière nous puisqu'on a eu aussi ce matin les chiffres des prix à la production qui sont plutôt encourageants, et ça c'est plutôt en amont des prix de détail. Par contre, sur la consommation, bon, on parle de rebond mais la réalité c'est que c'est surtout la consommation d'énergie, notamment liée à la canicule du mois de mai et elle ne montre pas de redémarrage assez fort. Moi, j'ai une question. Entre les 0,5% de croissance prévus par LA BANQUE DE FRANCE pour cette année et ce qui est toujours votre prévision officielle, je crois, 0,9%, aujourd'hui, vous êtes plutôt sur quel… Où est-ce que vous réglez le curseur ? ROLAND LESCUREAlors l'INSEE, vous le savez, est à 0,7%. Donc voilà, 0,5%, 0,7%, 0,9%... Sérieusement, on n'a pas le chiffre du deuxième trimestre. Le chiffre de consommation qui est sorti ce matin, c'est quand même plutôt une bonne nouvelle. Vous savez que la croissance a été négative au premier. Avec le chiffre de consommation qui est sorti, on peut espérer une croissance positive au deuxième trimestre. Et ensuite, tout va dépendre du troisième trimestre. On a eu une amélioration géopolitique, on a eu une baisse du coût du cours du pétrole, c'est vraiment je pense la croissance du troisième trimestre qui fera la différence. Donc aujourd'hui, ça reste très incertain. On aura évidemment l'occasion d'ajuster nos prévisions de croissance dans les semaines qui viennent, mais à ce stade, entre 0,5% et 0,9%, je dirais que la vérité n'est pas encore sortie, on va avoir des informations très importantes là-dessus dans les jours et les semaines qui viennent. EMMANUEL LECHYPREMais ça veut quand même dire que vous allez les réviser à la baisse. Vous allez réviser cette prévision de croissance à la baisse ? ROLAND LESCUREOn verra. On aura un chiffre de croissance du deuxième trimestre dans le courant du mois de juillet. D'ici là, franchement, l'incertitude est très forte. Moi, je ne souhaite pas passer ma vie à réviser nos prévisions d'une semaine à l'autre. LA BANQUE DE FRANCE, vous le savez, a publié une prévision qui ne tenait pas compte de l'accord de paix. L'INSEE également. Voyons, en tout cas, les bonnes nouvelles, j'espère, se multiplier et pourquoi pas, on le verra, notre prévision de croissance se confirmer. Clairement aujourd'hui, 0,9% c'est une borne haute, c'est même une borne plutôt très haute et le risque est sans doute à la baisse. Mais attendons les chiffres des semaines qui viennent, c'est très important. APOLLINE DE MALHERBELe signal de la relance, dites-vous. Une toute dernière question de Laurent Neumann. LAURENT NEUMANNOui, Roland Lescure, le Premier ministre a annoncé la commande de 30 000 climatiseurs pour les hôpitaux. Ce sont les centrales d'achat de l'État qui vont les acquérir. Est-ce que vous pouvez nous dire où sont ces climatiseurs à l'heure où on se parle ? ROLAND LESCUREÉcoutez, ils sont pour l'immense majorité d'entre eux, vous le savez sans doute, importés, importés d'Asie et donc ils sont en commande. Un certain nombre sont disponibles, d'autres vont être importés et c'est la raison pour laquelle le Premier ministre a été en mesure d'annoncer qu'un certain nombre d'entre eux arriveraient dès ce week-end et les autres dans la foulée. APOLLINE DE MALHERBEDès ce week-end il y en aura, donc ils sont en route, en quelque sorte. Ils sont en livraison ? ROLAND LESCUREIls sont en route, exactement. Ils sont en vol. APOLLINE DE MALHERBEBon, merci beaucoup en tout cas. LAURENT NEUMANNJ'avais une autre question, une très courte question, très question courte. APOLLINE DE MALHERBELaurent Neumann ne veut pas vous lâcher, Roland Lescure. LAURENT NEUMANNLa taxe de 2 Euros sur les petits colis de SHEIN et de toutes ces plateformes, va être supprimée. Moi, j'avais cru comprendre qu'elle devait se cumuler avec la taxe européenne. ROLAND LESCUREOui, on s'est rendu compte, vous l'avez vu aussi, qu'il y avait énormément de contournements. Donc, on a décidé de rester sur la taxe européenne. Je vous rappelle que c'est la France qui l'avait obtenue dès cette année, donc 1er juillet, 3 Euros sur tous les colis. Et on continue à discuter au niveau européen pour éventuellement rajouter ce qu'on appelle des frais de contrôle. Les fameux 2 Euros français, c'était des frais de contrôle, et si on peut le faire au niveau européen, on le fera au niveau européen. Mais clairement, la seule manière de lutter efficacement contre les petits colis, c'est au niveau européen. On l'a mis en place dès le 1er juillet et donc on lâche, si je puis dire, ces 2 Euros contre 3 Euros européens qui vont être bien plus efficaces. Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er juillet 2026
La source — vie_publique · nº 303905
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/303905-roland-lescure-30062026-bfm-tv-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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