geheim.land Recherche Politique
22 juin 2026 · Gouvernement · TF1 · discours Discours

Interview de Mme Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées, à TF1 le 22 juin 2026, sur la canicule, la surmortalité qu'elle entraîne et les mesures de prévention mises en place.

Stéphanie Rist (auteur), Adrien Gindre (intervenant)

ADRIEN GINDREBonjour Stéphanie Rist. STÉPHANIE RISTBonjour Adrien Gindre. ADRIEN GINDREIl va faire jusqu'à 41 degrés aujourd'hui, 43 même peut-être localement dans certaines villes. 49 départements en alerte rouge canicule, ça représente 35 millions de personnes sans compter les quarante autres départements en orange, autant dire à peu près toute la France. Est-ce que vous considérez qu'aujourd'hui la France va vivre la journée la plus chaude jamais enregistrée ou le risque c'est que la suite de la semaine soit pire encore ? STÉPHANIE RISTOui, alors ce qu'on nous indique, c'est qu'on est partis pour quelques jours, au minimum quelques jours de très, très chaud, de températures qui entraînent des vigilances rouges. Si on regarde le pays, on est soit en vigilance rouge ou orange, quel que soit l'endroit en France. Donc beaucoup de nos concitoyens vont souffrir puisque les corps, avec cette chaleur accumulée, souffrent au bout d'un moment de cette chaleur. ADRIEN GINDREEt toujours sans certitude sur le moment du retour à la normale ? STÉPHANIE RISTNon, pour l'instant nous n'avons pas de certitude sur le jour où les températures vont baisser. On espère pour la fin de semaine, mais honnêtement, je ne peux pas confirmer cela aujourd'hui. ADRIEN GINDREVous disiez à l'instant que nos corps souffrent. Il se trouve que la préfecture de Gironde a communiqué sur le décès de trois personnes à leur domicile, visiblement en raison de la chaleur. Est-ce qu'à votre connaissance il y a eu d'autres drames en France d'ores et déjà ? STÉPHANIE RISTCe qu'on sait, c'est que la canicule entraîne une surquantité de décès et on sait aussi que ça a un impact cinq à dix jours après le début de la canicule. En fait, on rentre dans ces jours-là, dans cette semaine où l'impact apparaît et donc on va être très vigilants dans les jours qui viennent. Mais il est encore temps de la prévention, il est encore temps de rappeler qu'il faut évidemment beaucoup boire, diminuer l'activité physique et surtout un œil attentif aux personnes isolées. Chacun dans sa responsabilité, dans sa responsabilité de citoyen avec son voisin, familiale avec sa famille pour passer des coups de fil, aller voir comment vont nos personnes âgées, par exemple, ou les personnes malades, parce qu'on sait que ce sont celles-ci qui vont particulièrement souffrir. BRUCE TOUSSAINTQuelle a été la surmortalité pour la canicule de fin mai ? Vous avez des chiffres ? STÉPHANIE RISTNon, je n'ai pas les chiffres consolidés encore, on fait généralement ces bilans. Vous savez, quand quelqu'un décède, pour dire que c'est lié à la canicule, il faut faire une enquête d'imputabilité. BRUCE TOUSSAINTMais il y a eu une surmortalité pendant cette période de fin mai ? STÉPHANIE RISTTrès probablement. À chaque canicule, il y a une surmortalité. L'objectif est vraiment de prévenir parce qu'on sait que ces mesures de prévention diminuent le nombre de décès. Donc on a tous un comportement individuel à avoir et une responsabilité collective. ADRIEN GINDREEn termes de comportement individuel, hier soir, pour éviter la surcharge des secours à l'occasion de la Fête de la musique, la consommation d'alcool sur la voie publique avait été interdite dans de nombreux départements. Est-ce que vous savez comment s'est passée la soirée pour les services de secours ? Est-ce qu'il y a, oui ou non, eu des incidents ? STÉPHANIE RISTJ'étais hier soir au SAMU tard dans la soirée avec le maire de Paris pour déjà remercier les équipes, à travers elles, toutes les équipes en France engagées sur cette soirée qui est tout le temps difficile pour les services de santé d'urgence, de SAMU, de régulation. Et aujourd'hui, au moment où on se parle, parce que je n'ai évidemment pas tous les retours précisément, il ne semble pas y avoir eu d'événements majeurs. Je redis que c'est une soirée très compliquée pour les personnels aux urgences ou tous ceux qui sont engagés dans la sécurité de nos concitoyens. ADRIEN GINDREEst-ce que ça vous conduit à considérer qu'il faudrait prolonger l'interdiction de consommation d'alcool sur la voie publique tant que l'épisode caniculaire continue ? STÉPHANIE RISTEn fait, pourquoi on a fait cette interdiction ? C'est aussi pour informer, faire comprendre aussi pourquoi il faut adapter son comportement individuel aux températures les plus fortes. On le sait, quand on prend de l'alcool, parce que ça bloque une hormone qui permet d'être bien hydraté, on se déshydrate plus vite. Et notre thermostat dans le cerveau, il est un peu déréglé et donc on va faire plus de malaises, aller plus aux urgences. Donc c'est un comportement individuel déjà pour aller mieux soi-même, mais aussi pour maintenir notre système de santé à flot. Donc nous verrons s'il y a lieu de la rendre obligatoire pour d'autres événements, je n'en sais rien. Il y a des cellules interministérielles de crise aujourd'hui avec nos directeurs de cabinet et puis nous verrons s'il y a lieu d'en avoir d'autres. ADRIEN GINDREÇa veut dire qu'il peut y avoir encore de nouvelles décisions, de nouvelles mesures qui soient prises dans les heures à venir ou dans les jours à venir, en plus de celles que vous avez déjà mises en œuvre et mises en place ? STÉPHANIE RISTÉcoutez, nous, notre responsabilité, elle est de prévenir, de suivre au jour le jour aussi la tension sur le système de santé. Il semble, au moment où je vous parle, que le système de santé ne soit pas particulièrement en tension dans les services d'urgence, malgré une augmentation très très forte des appels au SAMU ou des appels aux médecins en ville comme SOS Médecins. ADRIEN GINDREHier, vous disiez 60 % à Paris. STÉPHANIE RISTOui, hier soir au SAMU, ils nous disaient 60 %. J'aurai des chiffres plus consolidés dans la journée, mais c'est sûr qu'il y a une augmentation. ADRIEN GINDREMais combien de temps notre système de santé peut tenir face à un tel épisode de votre point de vue ? STÉPHANIE RISTToutes les mesures de prévention et quand, je le rappelle, notamment vis-à-vis des personnes les plus âgées, les plus fragiles, toutes ces mesures-là, elles permettent que notre système de santé puisse tenir. Donc nous nous mobilisons avec tous les professionnels, je pense évidemment aux directeurs d'établissement, aux professionnels de santé, aux professionnels de ville. J'ai pu les rassembler samedi lors d'une réunion, l'ensemble des acteurs du système de santé pour une mobilisation dans le cadre de cette prévention pour éviter que notre système de santé soit trop en tension. ADRIEN GINDREVous avez entendu des propositions comme celle de Marine Le Pen qui disent : "Il faut un plan climatisation pour la France, en commençant par les écoles et des hôpitaux". Est-ce que vous considérez aujourd'hui que nos hôpitaux sont suffisamment climatisés ? STÉPHANIE RISTÉcoutez, moi je pense que le sujet, il est vraiment important et, de mon point de vue sanitaire, un peu inquiétant pour qu'on fasse un peu de caricature et de simplicité. ADRIEN GINDREUne proposition, là, en l'occurrence. STÉPHANIE RISTÉvidemment, oui, une proposition, permettez-moi, qui n'est pas très cohérente par rapport aux votes passés puisque dans ces cas-là, il faudrait voter pour avoir de l'énergie complètement décarbonée. Donc ce mix énergétique que nous portons, avec notamment les énergies renouvelables. ADRIEN GINDRESur le fond, est-ce qu'il faut, oui ou non plus de climatisation de votre point de vue ? STÉPHANIE RISTNon, mais je pense qu'évidemment, il faut absolument, et on le voit bien, les Français eux-mêmes commencent à le faire à titre individuel. Évidemment, il va falloir climatiser plus, mais surtout rafraîchir. Mais c'est un ensemble de mesures qu'il faut continuer à mettre en place. Il va falloir qu'on s'adapte au changement climatique. Ça veut dire changer des cultures agricoles, mieux isoler. Ce n'est pas simplement que d'annoncer un grand plan de climatisation, c'est ça que je veux dire. ADRIEN GINDREQuand vous entendez de l'autre côté de l'échiquier politique l'écologiste Marine Tondelier dire un congé climatique, quand par exemple, comme aujourd'hui dans certains établissements, l'école de l'enfant ferme et qu'il faut le garder, est-ce que ça, c'est une idée démagogique ou à retenir ? STÉPHANIE RISTNon, mais ce que je dis, moi, je pense qu'il faut qu'on s'adapte. Il faut qu'on s'adapte collectivement et donc qu'on poursuive les plans d'adaptation. On a doublé, je le rappelle, le budget de la mission écologique depuis 2017 où je suis arrivée comme députée. Ce budget a été doublé. Il faut évidemment continuer à collectivement, on s'adapte et aussi individuellement dans nos comportements. Adapter peut-être les horaires de travail, adapter en fonction du travail. Ce n'est pas pareil quand vous travaillez dans un bureau climatisé. Je pense que la solution, encore une fois assez simple, de dire on va faire des congés climatiques, on voit bien que ce n'est pas ça qui va permettre dans le temps, dans le long terme, que notre population s'adapte. Source : Service d'information du Gouvernement, le 23 juin 2026
La source — vie_publique · nº 303785
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/303785-stephanie-rist-22062026-tf1-canicule-surmortalite-prevention?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé