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21 janvier 2026 · Gouvernement · CNews · discours Discours

Interview de M. Serge Papin, ministre des PME, du commerce, de l'artisanat, du tourisme et du pouvoir d'achat, à CNews le 21 janvier 2026, sur le budget pour 2026, les droits de douane américains, l'accord avec le Mercosur, les prix dans les supermarchés

Serge Papin (auteur), Sonia Mabrouk (intervenant)

SONIA MABROUKLa grande interview sur Cnews et Europe 1, mon invité ce matin est l'ex-patron de SYSTEME U, aujourd'hui ministre. Il est ministre du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises, du pouvoir d'achat, bref, ministre du quotidien. Bonjour et bienvenue Serge PAPIN, SERGE PAPINBonjour Sonia MABROUK, SONIA MABROUKMerci de votre présence ce matin. De commerce, il en sera question dans cet entretien au sujet bien sûr des menaces américaines. Mais tout d'abord, le Premier ministre a donc actionné le premier 49.3 hier. Il s'apprête à affronter deux motions de censure tout en comptant sur la clémence des socialistes qui ont imposé leurs mesures dans ce budget. Comment vous expliquez cet argument, Serge PAPIN, et comment vous le défendez selon lequel il vaudrait mieux un mauvais budget que pas de budget ? SERGE PAPINÉcoutez, ce n'est pas le budget qu'on aurait voulu, mais en tous les cas, c'est le budget dont on a besoin. Un budget, c'est à la fois un cap et des priorités. Alors le cap, c'est d'être en dessous des 5% par rapport à la dette. Donc, on arrive de 5,8, on est passé à 5,4 et là, on se dirige l'année prochaine sur ce budget à moins de 5%. Donc ça, c'est le cap. Puis après, ce sont des priorités. Moi, je vais vous dire, j'ai une conscience économique de tous les instants à ce poste. Mais en même temps, je ne suis pas mal à l'aise avec ce budget. SONIA MABROUKComment ? Comment c'est possible alors qu'il est bourré de dépenses nouvelles et lardé d'impôts ? SERGE PAPINAttendez, je vais vous dire parce que ce budget, il est tourné vers l'économie de proximité. Il est tourné vers les TPE. Il protège les PME, les commerces. SONIA MABROUKVous n'allez pas me dire qu'il est pro business ce matin, Serge PAPIN. SERGE PAPINNon, mais sur l'économie de proximité, c'est neutre. SONIA MABROUKEt sur le reste ? SERGE PAPINC'est neutre, sur les ménages. SONIA MABROUK10 milliards au bout de prélèvements supplémentaires sur les entreprises. SERGE PAPINIl est tourné vers les jeunes aussi. Alors oui, il y a un effort qui est demandé aux très grandes entreprises, aux 320 à peu près très grandes entreprises. Il y a un effort qui est demandé aussi à l'État. Il y a un effort qui est demandé aux collectivités. Oui, mais en tous les cas, pour ce qui concerne le coeur des actifs et l'économie de proximité, moi, j'y tiens beaucoup parce que c'est 98% des entreprises. C'est le quotidien des Français. Donc moi, je suis assez à l'aise aussi avec ça. SONIA MABROUKMais je vous parle aussi des autres. Ce sont 400 entreprises, vous dites grandes entreprises, mais quand même, derrière chaque entreprise, il y a des salariés. SERGE PAPINBien sûr, je n'ignore pas ça. Mais là, on est dans la continuité. Donc, ce qui a été demandé l'année dernière, donc en 2025, cet effort a été déjà demandé en 2025. Il est donc prolongé en 2026. Moi, je souhaite après, évidemment, qu'il s'arrête à un moment. Et là, il y a un effort. En effet, il y a un effort qui est demandé aux très grandes entreprises. SONIA MABROUKC'est un effort qui vous a été imposé par le Parti socialiste. C'est donc un budget socialiste. SERGE PAPINNon, mais ce que je vous ai dit, ce n'est pas, j'ai commencé par vous dire, ce n'est pas le budget qu'on aurait voulu. Mais en même temps, c'est un budget qui vise à l'intérêt général. Donc, c'est un budget qui a du sens aussi. SONIA MABROUKVraiment, la question est importante parce qu'on a beaucoup d'entrepreneurs. SERGE PAPINIls ne touchent pas les ménages. SONIA MABROUKVous savez, à chaque fois qu'on dit : " Attention, les entreprises ont fait un effort derrière ", ce sont les Français qui font. SERGE PAPINNon, mais il n'y a pas d'augmentation de prélèvements sur les ménages. Bah, écoutez, c'est l'engagement. Ce budget, il est transparent. Il est vérifiable. SONIA MABROUKIl est vérifiable. Donc, les 10 milliards au bas mot de prélèvements supplémentaires. SERGE PAPIN8, chère Sonia MABROUK. Je vous le concède. SONIA MABROUKJe vous le concède, ce n'est déjà pas mal. On s'y perd dans les milliards. Mais ceux qui s'y perdent, honnêtement, là, ce sont les entrepreneurs qui sont découragés et qui ne comprennent pas qu'au départ, il y a un exécutif qui soutienne autant une politique de l'offre et qui l'abandonne aujourd'hui. SERGE PAPINNon, mais attendez. Les entreprises, moi, je discute avec elles chaque jour. Elles ont besoin de stabilité. Elles ont besoin de visibilité. Elles sont dans l'attente de ce budget parce qu'il faut faire redémarrer l'investissement. Il faut faire redémarrer les emplois. Il faut aussi que les ménages soient rassurés parce que, je rappelle qu'on a un taux d'épargne dans ce pays parce qu'on voit bien, les gens sont inquiets. On est à 20% de taux d'épargne. Donc, il faut que les gens remettent aussi dans la consommation. Ce budget va nous amener de la stabilité. J'en suis sûr. SONIA MABROUKC'est le maître mot, stabilité. Et en même temps, nous avons des défaillances. SERGE PAPINVisibilité. SONIA MABROUKVisibilité. Certains disent aussi soumission aux socialistes, mais je vois que vous le contestez. J'aimerais qu'on dise un mot, Serge PAPIN, des défaillances d'entreprises. Là, les chiffres sont inquiétants. Est-ce que vraiment, ça va être difficile, voire impossible d'inverser la courbe ? SERGE PAPINC'est l'objectif, c'est d'inverser la courbe. Alors, ces défaillances, elles ont des explications. D'ailleurs, au passage, il y a plus de créations qu'il y a de défaillances. Alors, on est en fin de traîne du PGE-Covid. Il y a des endroits qui n'étaient pas en forme et qui ont été préservés grâce aux prêts garantis par l'État. Je rappelle aussi que les micro-entreprises, vous savez, c'est très facile, aujourd'hui, de créer. En trois clics, on crée son entreprise. SONIA MABROUKEncore faut-il se maintenir après, c'est ça le plus dur. SERGE PAPINExactement. Et donc, là, on a beaucoup aussi qui arrêtent. Donc, ça fausse les statistiques. Et puis, alors, moi, évidemment, je suis attaché à ce projet de loi qui va arriver et qui va être sur les délais de paiement. Alors, vraiment, moi, je suis en attente de ça. Dès que le budget est passé, on va être sur cette proposition de loi. Et elle va faire quoi, cette proposition de loi ? Elle va déplafonner les sanctions pour les délais de paiement. Et vous savez combien ça concerne d'entreprises ? SONIA MABROUKService minimum, Serge PAPIN. SERGE PAPINÇa concerne, mais oui, mais d'accord. Moi, je suis sur le ballon, comme on dit. SONIA MABROUKOn attend que vous marquiez le but. SERGE PAPINVoilà, c'est 20 000 entreprises qui sont concernées, qui défaillent à cause des problèmes de trésorerie. C'est 15 milliards d'enjeux. Donc, vous vous rendez compte ? Donc, évidemment, ça, ça va nous aider à inverser la tendance. Il faut aussi que les entreprises, vous savez, parfois, c'est les premiers signes. Il faut que ceux qui accompagnent, je pense, aux médiateurs des entreprises, je pense aux chambres de commerce, etc., il faut aussi que tout le monde soit mobilisé. SONIA MABROUKEt le Gouvernement aussi. Alors, on va passer à l'international. SERGE PAPINEn tout cas, je le suis. SONIA MABROUKOui, j'ai une question un peu politique. Je sais que vous venez de la société civile, mais elle s'impose. On se demande en ce moment, parce qu'on montre beaucoup les muscles, comment on peut montrer les muscles à l'international, sur le commerce, face à Donald TRUMP, quand sur un budget, pardonnez-moi, on est soumis à Olivier FAURE. SERGE PAPINAlors, vous parlez de ce qui se passe, là, sur la menace des droits de douane. SONIA MABROUKOui, effectivement. Est-ce qu'on est vraiment crédibles quand on voit que sur le budget, on n'est pas arrivés à un projet ? SERGE PAPINAlors, je vais vous dire ce qui se passe. Alors là, c'est une situation un peu inédite. C'est au titre de l'intégrité d'un territoire qui fait partie de l'OTAN, donc qui est allié, il y a une menace. Alors, pour l'instant, ça reste une menace. Je pense que le président de la République s'est exprimé. Il a dit qu'il faut à la fois de la fermeté, et puis en même temps, il faut de la cohésion en Europe. Et là, j'y viens. Est-ce qu'on s'en sortira ? Non, mais moi, je pense que l'Europe… SONIA MABROUKPermettez que je parle de la menace, parce que, monsieur le ministre du Commerce, 200 % de taxes éventuelles pour douanières sur nos vins et champagnes, surtaxer les vins demain aux États-Unis, c'est quand même le premier marché export en valeur de nos produits d'appellation. Reconnaissons que ça serait dramatique pour la filière. SERGE PAPINDramatique, bien sûr. Alors, c'est pour ça que la diplomatie est à l'oeuvre. On en est au stade des menaces. Enfin, avec le président TRUMP, c'est difficile de mettre les choses en perspective. Moi, je vais vous dire que le président TRUMP, il n'a pas le monopole du TRUMP. Et on peut faire aussi, en Europe, du TRUMP. Il n'y a pas de raison. L'Europe est le marché le plus important du monde. Et on ne va pas devenir les vassaux des États-Unis. Ce n'est pas possible, ça. Donc, on ne peut pas rester une maison… SONIA MABROUKMais on va être les vassaux de qui ? Parce que hier, on a entendu maintenant que les Chinois investissent. Il faut préférer être les vassaux chinois ? SERGE PAPINNon, il faut être nous-mêmes. Il faut qu'on prenne la mesure de notre puissance aussi. Et c'est en train de monter, ça. Cette perception. Et en effet, la France est aussi le fer de lance de cette volonté-là, de cette énergie-là. SONIA MABROUKLà, je parle vraiment au ministre parce que ceux qui nous regarde et nous écoute sont inquiets. SERGE PAPINOui, je comprends. SONIA MABROUKJe pense que vous n'avez pas doute que les pays qui ne seront pas visés par les surtaxes douanières vont se dire à un moment : " Écoutez, on va appeler au dialogue, à l'esprit de modération ", et vous laissez la France bien seule. SERGE PAPINC'est une menace pour l'instant. On n'en est pas là. Moi, ce que je sais, c'est dans mon modeste couloir de nage, quand on a mobilisé pour se battre contre les plateformes chinoises, et on se bat chaque jour contre les plateformes chinoises, on a mobilisé les volontaires, nous aussi, au niveau de l'Europe, c'est-à-dire 8 pays qui nous suivent. Et on voit bien qu'on commence à faire bouger les lignes. Il y a la taxe douanière sur les colis qui va être mise en oeuvre par l'Europe à partir du mois de juillet. Nous-mêmes, nous avons une taxe petits colis. On va avoir une taxe de 5 euros qui est mise en place. SONIA MABROUKEst-ce qu'on n'est pas petits bras ? SERGE PAPINNon, on n'est pas petits bras. SONIA MABROUKAttendez-moi. Vous parlez d'unités européennes. Normalement, c'est très intéressant. Elle était où, cette unité, quand elle s'est adressée face à l'accord du Mercosur, quand l'Allemagne a dit que c'était un traité historique alors que nos paysans se font, en partie, j'essaye d'être nuancée, saignés. Elle est où ? SERGE PAPINÉcoutez, nous, on défend nos intérêts dans cette affaire. Nous n'avons pas signé l'accord. Nous sommes en train toujours de discuter. On a saisi la commission. Nous discutons sur ce qu'on appelle les clauses miroirs, pourquoi ? C'est la réciprocité, il ne peut pas y avoir deux poids, deux mesures. SONIA MABROUKTout le monde dit qu'elles sont extrêmement difficiles à appliquer. Mais l'ex-commissaire Thierry BRETON… SERGE PAPINJe vous signale, Sonia MABROUK, qu'on a pris un arrêté avec ma collègue Annie GENNEVARD sur des pesticides scientifiquement avérés comme dangereux. Cinq. On l'a fait, on a pris l'arrêté. Et vous savez ce qu'il se passe ? L'Europe nous a suivis et en a aussi interdit trois. Donc, vous voyez, quand on est capable aussi de s'engager sur un terrain, on montre un exemple. SONIA MABROUKOn va voir les eurodéputés, y compris Macroniste, puisqu'il va y avoir un révélateur avec ce vote. Attendez, j'explique, pardonnez-moi. Il est important ce vote. C'est-à-dire qu'on peut ajourner, si je puis dire, l'accord ou la signature du Mercosur en saisissant la cour de justice européenne. Donc, il n'y a pas de sujet. Les eurodéputés du camp de l'exécutif vont tous voter comme un seul homme ou une seule femme. SERGE PAPINÉcoutez, on va voir. Je ne suis pas une boule de cristal. Moi, je suis pour. C'est-à-dire que, bien sûr, le Gouvernement s'est exprimé, le président de la République, le Premier ministre. On est contre cet accord à date. SONIA MABROUKJe voudrais à présent évoquer avec vous, Serge PAPIN, un sujet que vous connaissez bien. Je le disais en tant qu'ex-patron de SYSTEME U à l'époque, où vous discutiez d'ailleurs âprement les prix. Aujourd'hui, vous êtes au Gouvernement, donc vous appréhendez depuis ce poste les relations entre distributeurs industriels. C'est un sujet vraiment du quotidien pour ceux qui nous écoutent et nous regardent. C'est important. En jeu, ce sont les prix affichés dans les rayons des supermarchés. Ce sont souvent des négociations qui virent au psychodrame. À quoi on peut s'attendre aujourd'hui, surtout dans nos rayons et dans notre panier ? SERGE PAPINOn a signé une charte de bonne conduite. J'étais en réunion du comité de suivi des négociations il y a deux jours. On peut s'attendre à une stabilité. Je suis quand même assez content parce qu'il y a des rapports qui sont apaisés. On va faire le bilan à la fin. Les PME, auxquelles je tiens beaucoup, sont, comment dirais-je, traitées un peu différemment des grands groupes. Il y a beaucoup plus de bienveillance. Aujourd'hui, on ne va pas se battre sur les chiffres, mais il y a 40% des accords qui sont signés avec les PME. Il y a l'accord, ils sont signés. Et il y a, à peu près, 70 à 80% d'accords établis. SONIA MABROUKMoi, j'ai entendu une stabilité. Je suppose, pour parler concrètement de notre panier, on va voir, il y a des prix qui vont augmenter. En moyenne. J'ai vu hier, simplement, les viandes hachées ont augmenté, les surgelés, les desserts pâtes surgelés, les biscuits pâtisseries ont augmenté. D'autres baissent. SERGE PAPIND'autres, par exemple, tous les produits à base de blé baissent. SONIA MABROUKVous allez me dire, dans un contexte d'inflation métrique. SERGE PAPINOui, parce que la France est quand même le pays d'Europe qui a le moins d'inflation. SONIA MABROUKIl y a le ressenti, la réalité. Chaque fois qu'on dit ça, on vous dit : " Monsieur le ministre, regardez ce qu'elle a fait ". SERGE PAPINC'est le ressenti, mais ça va être stabilité. Vraiment. Ce qui correspond, en effet, à l'inflation. SONIA MABROUKUne petite parenthèse, je pense à nos confrères du magazine 60 millions de consommateurs, où vraiment, on a des enquêtes formidables. On peut lire les comparaisons sur les prix et les différents produits. Ce magazine, il est menacé. Est-ce qu'on peut… SERGE PAPINÉcoutez, moi, évidemment, je suis attentif à 60 millions de consommateurs. Pour l'instant, ce qui a été voté, c'est le budget des recettes. Je n'ai pas encore les arbitrages du budget des dépenses dont fera partie 60 millions de consommateurs, mais j'y suis attentif. SONIA MABROUKVous êtes attentif à cela, vous êtes attentif aux produits made in France, accessibles. Alors là, vous êtes le promoteur du made in France accessible. C'est un nouveau monde bourg. SERGE PAPINOui, peut-être. SONIA MABROUKLa comparaison est flatteuse ou elle ne vous convient pas ? SERGE PAPINOui, ça me convient, parce que... Alors, moi, je suis... Parce qu'on est... Si on veut être une vraie alternative aux produits d'importation, il faut qu'on ait, dans notre quotidien, des produits fabriqués en France et qu'ils ne soient pas des produits de niche, qu'ils soient des produits de masse et qu'ils correspondent au quotidien des Français. Et j'ai un petit exemple, un petit clin d'oeil. Alors, je… SONIA MABROUKDans votre poche, oui. SERGE PAPINDans ma poche, je vous ai amené, parce que j'étais... SONIA MABROUKAh, une brosse à dents. SERGE PAPINLa stratégie de la brosse à dents. Vous savez, cette entreprise qui s'appelle la brosserie française, elle faisait des brosses à dents un peu haut de gamme, etc. Elle n'en vendait pas beaucoup. Voilà, je vous l'offre. Et en fait, elle s'est dit : «" Pourquoi pas, je vais essayer de faire un produit accessible en prix qui va se mettre dans les besoins quotidiens des Français ". Elle a fait ce pari. Cette brosse à dents-là, elle vaut 90 centimes d'euro, moins chère que les brosses à dents chinoises qui sont faites par des entreprises américaines. Si vous l'achetez par carte, elle vaut 75 centimes d'euro. Voilà. Et c'est symbolique pour moi. Et vous savez ce qui se passe ? C'est que ce sont des machines-outils qui font ça. Et ces machines-outils, elles ont une forme qui permet de faire ces brosses à dents. Et ces formes-là, qui est le coeur du savoir-faire, c'est fait à côté de l'usine par des jeunes ingénieurs. C'est comme... En fait, on fonctionne comme les Chinois. Et ça, c'est fantastique. Et c'est ça, c'est symbolique. SONIA MABROUKPardonnez-moi, on se prend dans les dents aussi le manque de pouvoir d'achat qui est en baisse. Et vous êtes aussi le ministre qui veut doper la consommation. Je rappelle, vous aviez proposé que les salariés gagnants moins de deux SMIC puissent débloquer sans fiscalité 2 000 euros de leur plan d'épargne d'entreprise. Vous parlez, vous avez dit, Serge PAPIN, d'un surplus de pouvoir d'achat. C'est aussi de l'argent qui nous appartient. SERGE PAPINAlors, non, mais alors... D'abord, sur le pouvoir d'achat au budget, quand même, je réitère que la prime d'activité va être augmentée pour les salaires entre un SMIC et 1,4 SMIC de 600 euros par an en moyenne. Donc ça, c'est une mesure pouvoir d'achat concrète tout de suite. Après, moi, je suis pour la liberté. Et je veux donner la liberté, parce que je vous ai dit tout à l'heure, on a trop d'épargne dans ce pays. Et il faut que les gens qui ont des épargnes salariales, ils puissent, en cash, comme on dit, les mettre dans leur consommation. Et j'ai eu beaucoup de demandes de ce côté-là. SONIA MABROUKEncore faut-il qu'il y ait la confiance, encore faut-il qu'il y ait la stabilité que vous prenez, que vous promettez. SERGE PAPINOn se reverra. Vous allez voir qu'après ce budget, il va y avoir, on va retrouver de la stabilité. SONIA MABROUKSauf que, Serge PAPIN, vous avez les mains, si je puis dire, les mains liées. Difficile de porter quand même de grandes ambitions sur le pouvoir d'achat, quand les caisses sont vides et les poches sont trouées. Vous le reconnaissez ? SERGE PAPINNon. Qu'est-ce que... Les poches sont trouées de… SONIA MABROUKDe l'État. SERGE PAPINL'État fait des économies. Non mais attendez, l'État fait des économies. SONIA MABROUKElles sont rikiki. SERGE PAPINAh non. On a fait des économies sur les ministères. J'en sais quelque chose. Eh bien, il y a des véritables économies qui sont faites au niveau de l'État, au niveau des collectivités territoriales, au niveau de ce qu'on appelle des agences aussi de l'État, des opérateurs de l'État. Donc là, il y a une économie qui est au total de la moitié des 40 milliards. Donc ce n'est quand même pas rien. SONIA MABROUKUne question plus personnelle, si vous permettez, Serge PAPIN. Beaucoup de téléspectateurs et auditeurs, ce matin, vous connaisse en tant, vraiment que l'ancien patron emblématique de SYSTEME U. Vous êtes un enfant d'ailleurs de la grande distribution. SERGE PAPINJe crois même que... Je suis tombé dans la marmite quand j'étais petit, comme disait mon président. Mon père a démarré sa carrière comme épicier, avec une enseigne que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître qui s'appelait CODEC. SONIA MABROUKDonc je la connais, oui, si vous rappelez l'âge. Et vous faites partie, comme on dit, de la société civile. Ce qui est à la fois fascinant et qui peut nous interjouer, c'est que vous entrez dans un Gouvernement dans un moment difficile. Moi, je voudrais vous demander comment on décide de monter dans le Titanic au moment où on se cogne l'iceberg. SERGE PAPINÉcoutez, moi, je n'ai rien à perdre, je n'ai rien à gagner. Je veux simplement aider. Et je trouve, au moment où j'en suis, dans ma vie, dans ma carrière, que servir l'intérêt général, c'est une dimension qui est intéressante. Je suis vraiment content d'être aux côtés du Premier ministre. SONIA MABROUKOn peut vraiment avoir la liberté de le faire dans un moment aussi compliqué ? On parlait d'un budget, des malaisances liées, d'une situation financière catastrophique. SERGE PAPINNon, mais le Premier ministre est en train de trouver, par son rôle de médiateur, des compromis. SONIA MABROUKDes compromissions ou des compromis ? SERGE PAPINNon, des vrais compromis. Vraiment. Et moi, je le soutiens et je l'aide. Je suis venu, pour modestement, contribuer à amener un peu de sérénité dans ce chaos. Alors, je ne sais pas si je réussirai tout. SONIA MABROUKVous l'avez dit ce matin, c'est une voix différente des politiques que nous comprenons habituellement. SERGE PAPINBon, écoutez, en tous les cas, je suis confiant. Et puis, si on peut être là, un petit moment, à pouvoir gérer autre chose que le budget et passer aux ambitions du Made in France accessible, au moins, j'aurais eu le sentiment d'avoir été utile. SONIA MABROUKAvec ces produits ou d'autres. SERGE PAPINOu d'autres, il y en a plein d'autres. On n'a pas le temps d'en parler, mais il y en a plein d'autres. Source : Service d'information du Gouvernement, le 22 janvier 2026
La source — vie_publique · nº 301749
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/301749-serge-papin-21012026-cnews-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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