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8 janvier 2026 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de M. Philippe Tabarot, ministre des transports, à France 2 le 8 janvier 2026, sur les conséquences en matière de transport de la contestation des agriculteurs et des intempéries.

Philippe Tabarot (auteur), Gilles Bornstein (intervenant)

GILLES BORNSTEINBonjour à tous, bonjour. Philippe TABAROT. PHILIPPE TABAROTBonjour. GILLES BORNSTEINCe matin ce n'est pas la neige qui bloque mais les tracteurs. L'A13, l'autoroute de l'Ouest, est fermée en direction de Paris ? PHILIPPE TABAROTOui, l'A13 est fermée depuis ce matin et notamment les deux tunnels qui permettent l'accès à Paris, le tunnel Ambroise-Paré et le tunnel de Saint-Cloud par rapport à l'action des agriculteurs. Déjà un bouchon d'environ 150 kilomètres s'est constitué. GILLES BORNSTEINC'est un axe essentiel pour de nombreux Franciliens. Pour aller travailler, est-ce que vous demandez aux forces de l'ordre de dégager la voie ? PHILIPPE TABAROTÉcoutez, je regrette cette situation puisque, comme vous le savez, nous sortons de trois journées particulièrement compliquées en matière de mobilité et de déplacement dans la France entière, mais plus particulièrement en Île-de-France par rapport à la situation météorologique et à cette neige et ce verglas. Les usagers des transports en général, que ce soit en commun ou de véhicules légers, ont payé un tribut important avec cette situation et les conséquences de ces situations météorologiques et de voir aujourd'hui encore qu'ils avaient des difficultés pour venir tout simplement travailler fait que le ministère de l'Intérieur a souhaité empêcher un maximum de tracteurs de pouvoir rentrer dans la capitale. Quelques-uns sont arrivés à leurs fins et malheureusement cela va causer un certain nombre de problèmes tout au long de la journée de mobilité en dehors de la question agricole bien sûr mais l'idée c'était non plus de ne pas aller à l'affrontement parce que les agriculteurs ne sont pas les ennemis du pays, bien au contraire, et que nous sommes en convergence sur un certain nombre de sujets malgré ce qui peut se dire, que ce soit sur la Politique Agricole Commune, que ce soit sur la vaccination, que ce soit sur l'opposition au Mercosur… GILLES BORNSTEINOn vous sent quand même un petit peu embêté entre les usagers qui sont gênés par ces manifestations ? PHILIPPE TABAROTMoi, en tant que ministre des Transports, je le suis vraiment parce que je sais ce que les Français et les Franciliens ont vécu ces trois derniers jours parce que je sais également qu'il y a des agents, et je tiens à leur rendre hommage du service public parce qu'ils sont quelquefois critiqués, 7 500 pour les agents des routes dans notre pays, 600 en Île-de-France qui ont travaillé jour et nuit depuis dimanche pour pouvoir permettre de circuler dans les meilleures conditions possibles et qui sont encore mobilisés sur nos routes nationales, sur nos autoroutes, ou les agents des départements… GILLES BORNSTEINSur l'A13, vous ne m'avez pas répondu. Est-ce que vous demandez à votre collègue Laurent NUNEZ de tout faire pour que la voie soit dégagée le plus rapidement possible ? PHILIPPE TABAROTVous savez, pendant ces trois jours, j'ai eu une obsession, c'est l'obsession de la sécurité. Bien sûr que la question de la fluidité était importante pour moi, mais je ne souhaitais pas de blocage, je ne souhaitais pas de voir des scènes comme on a pu en connaître en 2018 ou en 2024 de personnes qui dormaient dans leur véhicule la nuit parce qu'ils ne pouvaient pas rentrer chez eux. GILLES BORNSTEINTout le monde a dormi chez soi cette fois-ci ? PHILIPPE TABAROTExactement, et c'est quelque part la meilleure des nouvelles, même si je reconnais qu'il y a eu des ralentissements dits record parce que nous avons dû prendre des décisions fortes et qu'on pèse à chaque fois. Vous savez, c'est facile de dire depuis son bureau qu'on va limiter la vitesse à 70 km/h, on va interdire à tous les poids lourds de circuler, on va conseiller aux personnes de rester à domicile et d'être en télétravail. Certains ne peuvent pas le faire. Les travailleurs, comme on les a appelés pendant le Covid, de première ligne, dont la présence est indispensable. Mais ces décisions, quand on a eu à les prendre avec le préfet de police et les différents préfets, ce sont des décisions qu'on a prises pour des questions uniquement de sécurité et même quelquefois contre la fluidité du trafic. GILLES BORNSTEINMais vous comprenez que des tracteurs aient pu rentrer dans Paris ? PHILIPPE TABAROTÉcoutez, le ministre de l'Intérieur aura à s'expliquer sur ces questions. Beaucoup de tracteurs ne sont pas rentrés dans Paris, ils sont tout autour de Paris. GILLES BORNSTEINAucun ne devait rentrer ? PHILIPPE TABAROTÉcoutez, en tout cas, il est clair que les scènes d'affrontement avec les agriculteurs sont des scènes que nous ne voulons pas voir. Et comme je l'ai dit, les agriculteurs ne sont pas nos adversaires, ne sont pas des délinquants. GILLES BORNSTEINMieux vaut quelques tracteurs dans Paris que des scènes d'affrontement ? PHILIPPE TABAROTMieux vaut le dialogue, c'est ce qu'a fait le président de la République en les recevant régulièrement, c'est ce qu'a fait le Premier ministre, c'est ce que fait ma collègue Annie GENEVARD à l'Agriculture et j'espère que tout le monde reviendra à la raison après cet épisode un peu difficile de ce matin. En tant que ministre des Transports que je suis, je ne vous le cache pas. GILLES BORNSTEINJe précise que ce que l'on voit, ce sont des images en direct des tracteurs, donc à l'Arc de Triomphe comme vous le voyez, la tempête Goretti s'annonce dans l'Ouest. Quelles conséquences, tous les trains arrêtés en Normandie ? PHILIPPE TABAROTCe sont les régions qui vont décider, ça a été dit. Dans la région des Hauts-de-France, des décisions ont été prises. Dans la région Bretagne également, en Pays de la Loire, puisque les régions ont la responsabilité des TER. Mais c'est particulièrement dans la région de Normandie et dans la Manche que la situation est la plus difficile probablement à vivre. Ça a été très justement dit, probablement des vents de 150 km/h et avec un département, la Manche, qui n'est pas qu'en vigilance orange mais qui est passé en vigilance rouge dans la nuit. Donc vraiment, je dis à toutes les personnes qui sont concernées par cette trentaine de départements de faire très attention au niveau de leur déplacement. Et bien sûr que la SNCF, en lien avec les régions autorités organisatrices de mobilité, va s'adapter à ces situations et va mettre surtout le cas échéant. Le personnel de SNCF Réseau à disposition toute la nuit pour rétablir le trafic s'il y avait, à cause de ces vents, des dégradations. GILLES BORNSTEINAlors vous avez commencé à tirer un bilan de cet épisode. Vous vous réjouissez qu'il n'y a pas eu de naufragés de la route ? PHILIPPE TABAROTJe ne peux pas me réjouir de tout ce qui s'est passé bien sûr, comprenez. Mais que tout le monde ait pu rentrer à son domicile et qu'on n'ait plus pas les images de 2018 et de 2024, c'est quelque part une satisfaction parce que ce n'était pas parti pour. Et je me suis clairement inquiété pour le bien-être des automobilistes. GILLES BORNSTEINAlors il y en a dont le bien-être est tout à fait relatif, ce sont les routiers qui estiment avoir été maltraités. Ça va très vite. Écoutez. INTERVENANTLe problème aussi c'est qu'ils arrêtent les camions n'importe où quoi. Sans sanitaires, sans moyen de se restaurer, on n'est pas des chiens. PHILIPPE TABAROTLes routiers ont l'habitude de ces situations, notamment aux frontières, dans un certain nombre de pays. Ils sont censés être équipés. Je peux dire que dans les départements où cette décision a été prise, les préfectures sont venues les visiter. Alors peut-être pas ce routier, mais en général c'est le cas. Et on l'a fait également, je vous l'ai dit, par mesure de sécurité, parce qu'on s'est aperçu que dans les endroits où on a eu les plus graves accidents, que ce soit dans les Landes, que ce soit sur l'autoroute A8 hier matin, c'était des endroits où la circulation des poids lourds était permise. Et dès qu'il y a un accident, le poids lourd se met en portefeuille et bloque totalement toute la circulation, avec les conséquences que ça a, et les milliers de kilomètres de bouchons. Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 janvier 2026
La source — vie_publique · nº 301625
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/301625-philippe-tabarot-08012026-france-2-politique-des-transports?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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