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19 décembre 2025 · Gouvernement · RTL · discours Discours

Interview de Mme Maud Bregeon, ministre déléguée, porte-parole du Gouvernement, à RTL le 19 décembre 2025, sur l'accord UE-Mercosur, l'épizootie de dermatose nodulaire contagieuse, la commission mixte paritaire sur le projet de loi de finances pour 2026

Maud Bregeon (auteur), Thomas Sotto (intervenant)

THOMAS SOTTOElle est la porte-parole d'un Gouvernement qui slalome entre les problèmes et les dossiers chauds. Maud BREGEON est donc l'invitée de RTL matin. Bonjour et bienvenue sur RTL Maud BREGEON. MAUD BREGEONBonjour à tous. THOMAS SOTTOLes sujets ne manquent pas. On va les prendre dans l'ordre. Et on commence avec les inquiétudes multiples des agriculteurs. On attaque avec le Mercosur, le traité commercial de libre-échange avec l'Amérique latine, dont la signature est reportée au mois de janvier. Décision des 27 cette nuit, à Bruxelles. "Il faut que le texte change de nature", a dit Emmanuel MACRON cette nuit. Ça veut dire quoi ? MAUD BREGEOND'abord, je voudrais vous dire que les négociations hier ont été très dures et très tendues à Bruxelles. Et pour autant, la France a gagné ce bras de fer. THOMAS SOTTOProvisoirement ? MAUD BREGEONLa France a gagné ce bras de fer. Nous avons demandé le report. Depuis plusieurs semaines maintenant, nous avons exprimé le fait que les conditions n'étaient pas remplies, que le compte n'y était pas. Il reste des combats à mener : sur la question des clauses de sauvegarde, sur le frein, sur la question des mesures miroirs, donc de la réciprocité, sur la question des contrôles, sur la question de la PAC, du revenu des agriculteurs pour les prochaines années. Aujourd'hui, il est prévu 20 % de moins dans la PAC telle qu'elle est en train de négocier. THOMAS SOTTOLe patron de la coordination rurale disait tout à l'heure sur RTL : "Il sera signé. C'est un rideau de fumée". Est-ce que ça ne s'appelle pas reculer pour mieux sauter ? MAUD BREGEONNotre position, elle est constante. Et elle est claire. L'objectif du Président de la République, c'est de protéger les agriculteurs. Et c'est de protéger la sécurité alimentaire des Français. THOMAS SOTTODonc, si on n'est pas content, même en janvier, on ne signera pas ? MAUD BREGEONEt on devrait parler davantage de sécurité alimentaire, parce qu'on ne peut pas accepter que des produits qu'on interdit dans nos champs arrivent dans l'assiette des Français. Donc, notre position, elle ne variera pas. Si nos conditions ne sont pas remplies, nous ne signerons pas ce traité. THOMAS SOTTONi en janvier, ni en février, ni en mars ? MAUD BREGEONMais nous allons nous battre. Nous allons nous battre pour avoir ces avancées. Il y a déjà eu des avancées. Et donc, on continue dans ce sens-là, encore une fois, avec les trois exigences françaises qui sont sur la table depuis longtemps maintenant, et avec cette question, je le redis, de la PAC, qui est absolument centrale, parce que ça concerne le revenu de nos agriculteurs. THOMAS SOTTOEt donc, je vous repose la question, Maud BREGEON : si la France n'obtient pas satisfaction sur ces trois, même ces quatre points-là, elle ne signera pas ? MAUD BREGEONSi les exigences ne sont pas remplies, la France ne signera pas pour une raison simple. Encore une fois, l'objectif de protéger les agriculteurs et de protéger les consommateurs français est absolument primordial et central pour le Président de la République. THOMAS SOTTOAutre volet de la crise agricole : l'épizootie de Dermatose. Combien reste-t-il de foyers de dermatose dans le pays ce matin ? MAUD BREGEONAujourd'hui, il n'y a plus de foyers de dermatose à ma connaissance. THOMAS SOTTOZéro ? MAUD BREGEONCe que je peux vous dire, en revanche, c'est que la stratégie vaccinale qui touche les huit départements au-dessus de l'Espagne, donc en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, avance. Et on a signé la mobilisation générale. On a 100 % des Pyrénées-Orientales, pour vous donner cet exemple, qui a été vaccinée. 60 % de l'Aude qui a été vaccinée, et 30 % de l'Ariège. On a beaucoup parlé ces derniers jours, vous le savez. L'objectif de vacciner tout le département de l'Ariège, tous les bovins du département de l'Ariège, sera tenu avant le 31 décembre. THOMAS SOTTOAvant le 31 décembre ? MAUD BREGEONAvant le 31 décembre. On a déjà réalisé… THOMAS SOTTOEt l'ensemble de la couverture vaccinale, les 750 000 doses, c'est pour avant le 31 décembre aussi ? MAUD BREGEONLes départements avancent et termineront en janvier. THOMAS SOTTOD'accord. MAUD BREGEONVous savez que l'ensemble des doses ont été livrés. Il y a 750 000 bovins à vacciner. THOMAS SOTTOIl y en a assez, des doses ? MAUD BREGEONOn a 900 000 doses sur place. THOMAS SOTTOD'accord. MAUD BREGEONDonc, le compte y est. Les préfets sont largement mobilisés. On a mobilisé les vétérinaires, vous le savez, des vétérinaires de l'armée, des moyens de l'armée pour faire venir les vaccins… THOMAS SOTTOLes conditions de sécurité pour ces vétérinaires qui sont très souvent menacés ? MAUD BREGEONEt donc, à moyen, pardonnez-moi, à situation exceptionnelle, moyens exceptionnels. Et nous protégeons, bien sûr, autant que nécessaire les vétérinaires. Mais enfin, aujourd'hui, il y a un dialogue qui se noue. Et les agriculteurs comprennent bien. C'était d'ailleurs leur demande, que cette vaccination, elle est nécessaire, parce que c'est ce qui permet de protéger leur cheptel. THOMAS SOTTOQuand est-ce qu'on pourra dire du coup : "OK, l'épidémie est derrière nous" ? C'est quoi l'objectif ? MAUD BREGEONLe plus rapidement possible. Nous, on se bat avec deux piliers : la vaccination et l'abattage lorsque c'est nécessaire. Et je rappelle, parce que je sais que la question de l'abattage a créé beaucoup de débats. Ce n'était pas une décision politique. C'est une décision sanitaire. THOMAS SOTTOEt ça reste la doctrine ? MAUD BREGEONOui, parce qu'elle a été validée par ce qu'on appelle ce Parlement sanitaire qui compose des éleveurs, des vétérinaires, l'ANSES, les chambres d'agriculture, les organisations syndicales. L'ennemi, c'est le virus. Voilà. THOMAS SOTTOBon, il y a beaucoup d'inquiétudes autour des points de blocage, parce qu'il y en a encore pas mal, des points de blocage ce matin : sur l'A20, l'A63, l'A89, l'A64, l'A75. Il y a des agriculteurs sont réunis en ce moment devant la maison du couple MACRON, au Touquet. Des tracteurs sur la route des vacances s'interrogent la Dépêche du Midi en une. La colère agricole s'installe dans la durée. Qu'est-ce que vous leur dites ? Il faut partir maintenant, il faut arrêter les blocages ou est-ce qu'il y a toujours une tolérance ? MAUD BREGEONJe leur dis : je sais que les agriculteurs sont conscients que les Français vont partir en vacances. Pour certains, aujourd'hui, ce soir, dans le week-end. Ils vont aller retrouver leur famille pour les fêtes de Noël. Et les Français doivent pouvoir aller retrouver sereinement leur famille. De même que les commerçants, parce qu'on est aussi dans une période où les commerçants travaillent beaucoup, doivent pouvoir faire fonctionner leurs commerces et leurs entreprises. THOMAS SOTTODonc, vous voulez plus de blocages sur les routes pour les départs en vacances ? MAUD BREGEONNous ne tolérerons plus de nouveaux blocages. Et nous ferons tout ce qui est nécessaire. Et je le dis aux gens qui s'apprêtent peut-être à partir, pour que les Françaises et les Français puissent aller retrouver sereinement leur famille. THOMAS SOTTOÀ partir de quand, plus de blocages ? MAUD BREGEONNous le ferons encore une fois avec discernement. Et c'est la consigne qui a été donnée par Laurent NUNEZ aux forces de l'ordre. On ne veut pas opposer les policiers, les gendarmes et les agriculteurs. THOMAS SOTTODiscernement et fermeté, donc. MAUD BREGEONMais pour autant, bien sûr que les Français doivent pouvoir rejoindre leur famille pour ces moments de fête. Ce sont toujours des moments particuliers, importants, familiaux. Donc, voilà. C'est aussi notre responsabilité. THOMAS SOTTOAutre sujet, Maud BREGEON : la recherche d'un budget pour le pays. La commission mixte paritaire va débuter dans moins de deux heures. Autrement dit, 7 députés et 7 sénateurs qui vont s'enfermer pour tenter de surmonter leurs désaccords, qui sont nombreux et souvent profonds, et d'écrire une copie commune qui sera le budget de la France. Maud BREGEON, vous êtes réputée pour ne pas être langue de bois. À combien estimez-vous les chances de succès de cette CMP ? MAUD BREGEONEcoutez. Je n'ai pas de boule de cristal. THOMAS SOTTOVous êtes inquiète ? MAUD BREGEONCe que je peux vous dire, en revanche, c'est que de la capacité des sénateurs et des députés à s'accorder aujourd'hui découle notre capacité commune à avoir un budget. THOMAS SOTTOÇa se joue aujourd'hui ? MAUD BREGEONDit autrement, si les 7 sénateurs et les 7 députés qui vont être réunis dans une même pièce, ce matin, ne s'accordent pas, le budget de l'État ne pourra pas être voté d'ici à la fin de l'année. THOMAS SOTTODonc, s'il n'y a pas d'accord aujourd'hui, on va sur une loi spéciale ? C'est ça ? MAUD BREGEONEt je précise, pardon, un point important. Oui. Et je précise un point important : le Gouvernement n'est pas présent lors de cette instance de discussion. Donc, députés et sénateurs doivent se parler. Et moi, j'appelle vraiment les uns et les autres à faire le pas nécessaire pour aller vers ce compromis. Et j'ajouterais, parce qu'il y a aussi parfois des postures politiques, j'invite les uns et les autres à ne confondre le budget 2026 avec la présidentielle 2027. THOMAS SOTTOQuelle posture ? Vous visez qui ? MAUD BREGEONCe qui se joue là, ce qui se joue là, c'est notre capacité à avoir un budget pour un an. Ça n'embarque pas les positions définitives des potentiels candidats, des partis politiques. Mais on a besoin d'un budget, parce que c'est ce qui permet de faire avancer le pays. THOMAS SOTTOS'il n'y a pas de budget, là, il y aura une loi spéciale. C'est quoi, pour faire simple, une loi spéciale ? MAUD BREGEONUne loi spéciale, c'est ce qui vous permet de faire tourner le pays à minima, de payer vos créanciers, de payer vos fonctionnaires. Donc, moi, je ne suis pas là ce matin… THOMAS SOTTOOn prolonge le budget actuel. C'est ça ? MAUD BREGEONOui. THOMAS SOTTOEt ça coûte cher. MAUD BREGEONGrossièrement, on prolonge le budget, mais on se prive d'un certain nombre d'avancées. C'est pas de postes de policiers supplémentaires, pas de postes de magistrats supplémentaires, pas de moyens supplémentaires pour les armées, par exemple. Et autre précision qui est absolument nécessaire : une loi spéciale, ce n'est pas un budget. THOMAS SOTTOSans ça, le budget, ça reviendrait en janvier. MAUD BREGEONUne loi spéciale, c'est un sparadrap qui vous permet de gagner un peu de temps et de revenir en janvier en reprenant les discussions budgétaires. Mais ce n'est aucunement un budget. Et c'est pour ça que… THOMAS SOTTOIl n'y a toujours pas de 49.3 pour régler tout ça ? MAUD BREGEONNon. THOMAS SOTTONon ? MAUD BREGEONNon. Vous me poserez la question. Vous m'avez déjà posé la question quand je suis venue la dernière fois. THOMAS SOTTOParce que les échéances approchent. MAUD BREGEONOui, mais quand on parle de 49.3, on ne parle pas de la question fondamentale : que mettons-nous dans ce texte ? Au fond, le 49.3, c'est une discussion de procédures. Alors, je ne dis pas qu'elle n'a pas d'importance, mais c'est la façon… THOMAS SOTTOMais ça permettrait d'avoir un budget. MAUD BREGEONOui, mais vous mettez quoi dedans ? Parce que quand monsieur RETAILLEAU, monsieur HOLLANDE ou madame BORNE nous demandent le 49.3, ils ne nous disent pas sur la base de quel budget utiliser ce 49.3. THOMAS SOTTOOn parle d'ordonnances négociées. MAUD BREGEONMais la question est la même. THOMAS SOTTODonc, c'est non aussi ? MAUD BREGEONLa question est la même : sur quel budget les parlementaires doivent s'accorder ? THOMAS SOTTODonc, c'est non aussi les ordonnances ou pas ? Est-ce que vous êtes aussi ferme sur les ordonnances que sur le 49.3 ? MAUD BREGEONLes parlementaires, je dis une chose extrêmement simple, les parlementaires doivent s'accorder sur le budget qu'ils veulent pour la nation. Et nous ne pouvons pas le faire à leur place. Le Gouvernement ne sera pas présent ce matin en commission mixte paritaire. THOMAS SOTTOMaud BREGEON, vous n'avez pas répondu à ma question. Est-ce que vous êtes aussi ferme sur les ordonnances que sur le 49.3 ? MAUD BREGEONÇa n'a pas de sens de parler d'ordonnances ce matin. THOMAS SOTTOÇa n'a pas de sens, bon. MAUD BREGEONÇa n'a pas de sens, parce que vous ne répondez pas à la question centrale : quel budget on veut ? Certains veulent davantage de fiscalité, d'autres ne veulent pas toucher aux impôts, y compris pour les plus grandes entreprises. Il va falloir trouver un point médian entre la position des uns et des autres. THOMAS SOTTOEt on va avoir un budget à 5,3 ou 5,4 de déficit. Vous avez lâcher la bride sur les déficits. MAUD BREGEONAvec un déficit qui doit être inférieur à 5 %. THOMAS SOTTOÇa reste la ligne ? MAUD BREGEONRoland LESCURE a eu l'occasion de le dire cette semaine. Ça n'a pas plu à certains, mais enfin, c'est la vérité. Un déficit à 5,3 % n'est pas acceptable. THOMAS SOTTOLa ligne, c'est 5, toujours ? MAUD BREGEONOn doit ramener cet objectif d'inférieur à 5 %. THOMAS SOTTOInférieur à 5 %. Maud BREGEON, alors que la justice dira aujourd'hui si la plateforme SHEIN sera ou non suspendue pour trois mois pour cause de vente de produits interdits, Libération a découvert, le journal, qu'on pouvait acheter des livres antisémites, racistes, négationnistes, manifeste de terroristes, et cetera, via les sites de la FNAC, d'Amazon ou de Cultura. Est-ce que le Gouvernement va porter plainte là aussi, comme il l'a fait pour SHEIN ? MAUD BREGEONOui. Et Laurent NUNEZ a fait ce qu'on appelle un article 40, donc un signalement au procureur. C'est inexplicable, insupportable et inexcusable. Voilà. Et donc, des poursuites judiciaires doivent évidemment avoir lieu, et les sites en question doivent… THOMAS SOTTOIl faut changer les règles, il faut durcir la loi sur ces plateformes ? MAUD BREGEONAlors, avant de parler de la loi, il y a la responsabilité des entreprises et des plateformes en question, qui ont une responsabilité personnelle. Comment est-ce possible qu'on trouve des produits comme ça sur les sites que vous venez de citer ? C'est incompréhensible. THOMAS SOTTOCultura, la FNAC, Amazon. MAUD BREGEONOui. D'abord, il y a une responsabilité des sites en question. Et ensuite, s'il faut changer la loi, on le fera. Mais il y a une responsabilité. Et c'est à ces sites de donner des explications. Comment cela est-ce possible ? THOMAS SOTTOÀ propos de culture, Maud BREGEON, il y a eu hier des perquisitions au domicile de Rachida DATI, à la mairie du 7e. Rappelons qu'elle est maire de cet arrondissement, au ministère de la Culture. Et ce, dans le cadre d'une enquête pour corruption menée par le parquet national financier. Rachida DATI soupçonnée d'avoir perçu 299 000 euros d'honoraires de GDF Suez, quand elle était eurodéputée, sans en avoir déclaré la provenance. Elle sera aussi jugée en septembre dans une autre affaire : Renault-Nissan. Les affaires s'accumulent. Est-ce qu'il y a un problème DATI au Gouvernement ? MAUD BREGEONNon. THOMAS SOTTONon ? MAUD BREGEONRachida DATI a toujours clamé son innocence. Et Rachida DATI est évidemment présumée innocente. THOMAS SOTTODonc, elle est à sa place au ministère de la Culture ? MAUD BREGEONElle a évidemment toute sa place au Gouvernement. Elle fait un travail remarquable au ministère de la Culture. Et il n'y a donc pas de sujet vis-à-vis de ce que vous venez d'évoquer. THOMAS SOTTOUne dernière question : Emmanuel MACRON a dit qu'il allait redevenir utile de parler avec Vladimir POUTINE. Concrètement, ça veut dire quoi ? Que le chef de l'Etat va décrocher son téléphone pour l'appeler, là ? MAUD BREGEONÇa veut dire que si on veut avancer vers un accord de paix, les différents partis prenantes devront, le moment venu, et lorsqu'ils l'estimeront nécessaire, se parler. Mais je le redis : la paix, ce n'est pas la capitulation de l'Ukraine. THOMAS SOTTOOn ne retourne pas la niche. Ce n'est pas ça ? MAUD BREGEONC'est la position qui a toujours été claire et portée par le Président de la République. Nous voulons des garanties de paix pour l'Ukraine. Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 décembre 2025
La source — vie_publique · nº 301442
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/301442-maud-bregeon-19122025-rtl-accord-ue-mercosur-et-dermatose-nodulaire?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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