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31 janvier 2024 · Gouvernement · Sud Radio · discours Discours

Interview de M. Marc Fesneau, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire, à Sud Radio le 31 janvier 2024, sur le mouvement de contestation des agriculteurs et la politique agricole.

Marc Fesneau (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINBonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous. Les Français veulent savoir, parlons vrai ce matin avec Marc FESNEAU, ministre de l'Agriculture. Marc FESNEAU, bonjour. MARC FESNEAUBonjour. JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. La colère des agriculteurs ne faiblit pas. Sur l'A6 près de Rungis, ils sont installés à quelques encablures de Rungis. Ils veulent encercler Paris, encercler Lyon. Vous les empêcherez d'entrer dans Paris, d'entrer dans Lyon, d'entrer à Rungis ? MARC FESNEAULes choses ont été très clairement dites par le Premier ministre et par le ministre de l'Intérieur. Il ne peut pas être question, et d'ailleurs la plupart d'entre le disent, de bloquer - ce sont des travailleurs, les exploitants agricoles, et ils savent ce que c'est aussi que d'être travailleur pour les autres Franciliens et pour ceux qui sont à Lyon ou ailleurs - il ne peut pas être question d'avoir un blocus de telle ou telle ville, Paris et les grandes métropoles régionales. Et donc l'objectif, c'est bien d'abord de dialoguer, mais on va y revenir, pour apporter un certain nombre de réponses concrètes. Et puis 2/ de ne pas se retrouver dans une situation qui soit une situation de blocus parce que je pense que c'est mauvais pour tout le monde, ce genre de situation. Je comprends très bien la colère, ce n'est pas le sujet. Je n'élude pas ni la colère, ni les difficultés qu'ils rencontrent, mais les principes ont été posés par le ministre de l'Intérieur de ne pas en arriver à un blocus, un autre blocus de Rungis ou un blocus… JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous empêcherez les agriculteurs d'entrer à Rungis, vous les empêcherez d'entrer dans Paris, vous les empêcherez d'entrer dans Lyon. C'est clair. MARC FESNEAUC'est l'objectif. On a clairement fixé les limites. Mais moi, je voudrais souligner l'esprit de responsabilité de l'immense majorité d'entre eux, qui sont à des points qu'ils ont identifiés et qu'ils ont identifiés en bonne intelligence avec les forces de l'ordre, pour à la fois dire ce qu'ils ont à dire et, en même temps, ne pas entraver à un point tel la liberté de circulation. JEAN-JACQUES BOURDINBien. Ils sont en colère, ils maintiennent leur blocus, ils le renforcent même, ils attendent des réponses. Gabriel ATTAL hier a dit " avec Marc FESNEAU, nous aurons l'occasion d'annoncer des choses très concrètes dans les heures et les jours qui viennent ". Alors ce matin, vous êtes avec nous ; j'attends, moi des annonces très concrètes. MARC FESNEAUAlors d'abord, dire qu'on a fait un certain nombre d'annonces - on rentrera dans le détail, si vous le voulez - vendredi dernier, sur des mesures de simplification qui sont d'un ordre tout à fait inédit : sur les délais, sur le retour au droit commun sur un certain nombre de procédures, parce qu'il y avait une exception agricole qui allait dans le mauvais sens. C'est-à-dire que vous faisiez un bâtiment agricole, le délai pour faire un recours contre une procédure, c'était quatre mois quand le délai commun c'est l'urbanisme. Un certain nombre de simplifications dès vendredi. JEAN-JACQUES BOURDINCe délai passe à deux mois. MARC FESNEAULe délai passe à deux mois. Ça fait 20 ans que ça durait donc on est sur des simplification assez drastique de ce qu'a exprimé le Premier ministre. Sur la question du GNR, c'était une demande très attendue avec dès le mois de février de la trésorerie en avance puisqu'on va rembourser en anticipation une partie du GNR, du remboursement de la taxe qui était prévu. C'est plus de 100 millions d'euros qui sont prévus, plus une mesure de simplification au mois de juin. Deuxième élément, on continue à travailler en continu avec les agriculteurs et leurs représentants. Je vais simplement m'arrêter quelques secondes ou quelques minutes, en particulier sur cette radio, sur les questions viticoles. JEAN-JACQUES BOURDINOui, allez-y. Vous avez des annonces à faire pour les viticulteurs. MARC FESNEAUOn a un sujet viticole qui est très grave. D'abord dire qu'on avait pris la mesure du problème puisqu'il y avait des mesures qui avaient été prises en 2023, donc on ne découvre pas tout à fait, qui étaient des mesures de distillation pour 200 millions d'euros qui est une mesure importante, et puis des mesures de restructuration des prêts au travers du glissement des prêtes garantis par l'Etat en prêts bonifiés. La mesure peut se mettre en place dès le début du mois de février. On va dialoguer avec les banques parce qu'on a besoin de la solidarité et de l'allant des banques sur ce dispositif, parce que c'est dans leurs mains que ce sera mais je rappelle quand même que tout ça a été fait. Et puis j'étais venu au mois de décembre dans l'Hérault déjà pour travailler avec les représentants de la filière viticole, dont je voudrais saluer l'esprit de responsabilité, sur un certain nombre de mesures conjoncturelles et structurelles. Alors mesures conjoncturelles, 80 millions d'euros qui permettront de couvrir les aléas qu'ont rencontrés un certain nombre de régions. Ça couvre l'ensemble des régions viticoles qui sont en crise évidemment. JEAN-JACQUES BOURDINDonc 80 millions d'euros pour les viticulteurs. MARC FESNEAUPour les viticulteurs qui permettront de couvrir des aléas qu'on a pu avoir sur le mildiou comme vous le savez. Et puis des difficultés de trésorerie puisqu'on prendra en charge les intérêts d'emprunt sur l'année 2024, et donc c'est autant de trésorerie qui va être dégagée pour les viticulteurs. JEAN-JACQUES BOURDINL'Etat prendra en charge les intérêts d'emprunt sur l'année 2024. MARC FESNEAUAbsolument. Il faut être très précis, c'est ça. Et puis l'ensemble des aléas ou des crises qu'ils ont traversés, du Bordelais jusqu'à l'Occitanie, parfois un peu en vallée du Rhône, on prendra en charge les difficultés qui sont liées à des difficultés conjoncturelles. La crise mildiou, des affaires de prix et donc soutien à la trésorerie ou soutien à la perte qui est liée à telle ou telle maladie. Ça, c'est 80 millions d'euros. Mais 2, en conscience, quand on est dans une crise comme celle-là, viticole - celle d'aujourd'hui mais la crise viticole qu'on a derrière nous et sans doute devant nous - on a un sujet structurel. C'est-à-dire qu'on a un sujet d'une baisse de consommation de 20 à l'intérieur de nos frontières et à l'extérieur de nos frontières, en Europe et dans le monde. Donc c'est une mesure structurelle de 150 millions d'euros. Cette mesure structurelle, elle visera quoi ? Elle visera à arracher de manière temporaire les vignes le temps de restructurer… JEAN-JACQUES BOURDINDonc une prime à l'arrachage en quelque sorte. MARC FESNEAUOui, absolument. C'est ça. Le temps que la restructuration se fasse et puis pour ceux qui sont avec des dispositions particulières, c'est une prime à l'arrachage qui pourrait être rendue définitive pour motif de diversification agricole. C'est-à-dire que vous retirez du volume provisoirement, vous restructurez, ou vous retirez définitivement pour faire de la diversification agricole. Voilà les deux, les deux… JEAN-JACQUES BOURDIND'accord. C'est-à-dire j'arrache de la vigne pour cultiver autre chose sur mes terres. MARC FESNEAUPour cultiver autre chose. Et donc, on aura besoin… JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous m'aidez financièrement à arracher ma vigne pour planter autre chose. MARC FESNEAUPour planter autre chose, ou vous arrachez temporairement le temps de restructurer y compris qu'est-ce qu'on veut comme cépage – vous voyez, c'est des choses qui ont déjà été… JEAN-JACQUES BOURDINOui, bien sûr. MARC FESNEAUÇa concerne, pour être précis, ça peut concerner jusqu'à 100 000 hectares de vignes. Je rappelle qu'il y a environ 700 000 hectares de vignes en France, donc c'est absolument massif comme plan, parce qu'on a besoin de répondre au conjoncturel mais on sait que le sujet de la consommation, c'est un sujet qui est devant nous et je sais que les professionnels le savent. On a besoin de travailler. Je serai cet après 12-midi à Bruxelles pour entrer dans le détail… JEAN-JACQUES BOURDINJ'allais vous en parler. MARC FESNEAUParce qu'on a besoin… Evidemment la mesure conjoncturelle, 80 millions, c'est à la main de l'Etat dans un cadre réglementaire connu. La mesure à 150 millions maintenant, on la travaille avec Bruxelles. JEAN-JACQUES BOURDINVous avez besoin de l'autorisation pour cela. MARC FESNEAUBien sûr, parce que c'est un dispositif encadré réglementairement. JEAN-JACQUES BOURDINVous allez l'obtenir ? MARC FESNEAUOui. Enfin jusqu'alors, j'ai toujours obtenu ce que j'estimais devoir obtenir à Bruxelles. On y reviendra, par exemple, sur les questions des jachères. Donc qu'il y ait besoin de travail, que nous soyons dans un cadre collectif, parce qu'évidemment il y a les demandes de même nature de nos amis italiens et espagnols. Donc on va faire ce que je fais depuis le début que je suis ministre de l'Agriculture, construire une coalition pour faire en sorte que collectivement, on dise " en conscience on a un sujet structurel ; en conscience il y a des mesures en France, en Italie, en Espagne ". JEAN-JACQUES BOURDINBien. Marc FESNEAU, voilà pour les viticulteurs. D'autres annonces pour d'autres secteurs de l'agriculture, quand ? C'est le Premier ministre qui les fera ? MARC FESNEAUSans doute le Premier ministre s'exprimera parce qu'il y a un moment… JEAN-JACQUES BOURDINAvant la fin de la semaine ? MARC FESNEAUAvant la fin de la semaine et on verra le moment où il s'exprimera. JEAN-JACQUES BOURDINDemain ou après-demain ? MARC FESNEAUIl s'exprimera rapidement parce que nous avons vraiment ardemment travaillé, je crois que tout le monde le reconnaît, pour à la fois se poser des questions de court terme mais aussi se dire " il y a des choses qui traînent depuis trop longtemps, il faut qu'on en finisse avec un certain nombre de difficultés ". Oui, le Premier ministre s'exprimera avant la fin de la semaine pour dire globalement ce qui est la réponse, qui sur des sujets de filières, qui sur des sujets plus généraux. C'est-à-dire qu'est-ce qu'on essaie de faire progresser dans la loi EGalim pour qu'elle marche mieux… JEAN-JACQUES BOURDINJe vais y revenir sur la loi Egalim. MARC FESNEAUQu'est-ce qu'on fait sur les questions européennes. JEAN-JACQUES BOURDINOui, je vais y revenir aussi. MARC FESNEAULe président de la République sera en sommet cette semaine et donc, on pourra en parler avec lui. JEAN-JACQUES BOURDINJustement, je vais vous interrompre, Marc FESNEAU. Vous vous rendez à Bruxelles aujourd'hui. Le président de la République sera demain à Bruxelles, il va rencontrer Ursula VON DER LEYEN demain. Il a des demandes précises à lui faire, j'imagine. Trois axes : les jachères, les importations ukrainiennes de volaille et troisième axe, évidemment le Mercosur. MARC FESNEAUOui. JEAN-JACQUES BOURDINAlors on va détailler. MARC FESNEAUSi vous voulez. JEAN-JACQUES BOURDINLes jachères, le fameux 4% de terres qui doivent être mises en jachère, ça c'est la PAC. MARC FESNEAUÇa c'est la PAC. JEAN-JACQUES BOURDINLà, est-ce qu'on va revenir sur ces 4 % de mise en jachère ? MARC FESNEAUEcoutez, alors d'abord dire que je travaille moi personnellement sur le sujet depuis le mois d'août. Donc parfois, il y a des processus qui sont un peu longs et je pense qu'on a un besoin – ça, c'est dans les années qui viennent - d'avoir quelque chose qui rende les processus plus agiles ou les process plus agiles. Parce que quand il y a des crises, ça ne peut pas être le pas de temps, c'est comme si je venais à votre radio ce matin en vous disant " rendez-vous dans neuf mois, Monsieur BOURDIN "; vous me diriez " c'est curieux quand même en termes d'agilité et d'efficacité de la puissance publique ". Depuis le mois de septembre, nous avons travaillé, j'ai pris le lead d'une coalition de près de 22 pays européens sur 27 - ce qui est quand même, me semble-t-il, assez signifiant - pour dire quoi ? Pour dire : à l'heure où on importe en Europe 40 millions de tonnes de céréales, 40 millions de tonnes pas en France, en France nous sommes exportateurs, mais 40 millions de tonnes. Se dire qu'on consacre l'idée qu'il faudrait qu'il y ait des terres totalement improductives, parce que la jachère c'est totalement improductif, il y a quelque chose qui est curieux. On a fait une proposition à la Commission européenne qui vise à la fois à pouvoir remettre en culture mais dans un cadre environnemental qui soit un cadre respectueux. L'idée, c'est quand même de tenir aussi sur la question de la rotation des cultures, du stockage agricole. JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'on va remettre en culture ces 4% de jachère ? MARC FESNEAUDe ce que j'entends et pour finir, mais je voulais juste vous dire le processus parce que tout ça, ça ne vient jamais de rien, vous voyez. Tout ça, c'est du travail et des choses sérieuses qu'on a… JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai compris Marc FESNEAU. Mais l'agriculteur, lui, il attend la réponse. MARC FESNEAUVous allez avoir la réponse parce que j'ai l'habitude de répondre aux questions. JEAN-JACQUES BOURDINJe le sais, c'est pour ça que je vous les pose. MARC FESNEAULa Commission européenne a dit hier qu'elle allait faire une proposition, on va voir les termes de cette proposition, pour avoir cette dérogation sur la jachère. Donc J'ai très bon espoir, il y aura des expressions. Aujourd'hui, je discuterai avec le commissaire à l'agriculture et avec d'autres ; et demain lors du conseil européen, il y aura des expressions pour donner droit, au fond, à quelque chose qui relève du bon sens. On peut conjuguer environnement, transition et production. JEAN-JACQUES BOURDINEt ne pas mettre des terres en jachère qui pourraient être exploitées. Je me mets à la place de l'agriculteur qui voit ses terres inexploitables. MARC FESNEAUOui, et qui se dit " comment peut-on faire ça… " JEAN-JACQUES BOURDINTout ça parce que l'Europe a décidé qu'on n'allait pas exploiter telle ou telle terre. MARC FESNEAUAlors pardon, Monsieur BOURDIN… JEAN-JACQUES BOURDINCe n'est pas tout à fait ça mais… MARC FESNEAUNon. Ne faisons pas de l'Europe un bouc émissaire non plus, si vous me permettez, mais on a besoin, nous collectivement, de regarder dans ce qui a été ce qu'on appelait le Green Deal. Oui, il y a besoin de réduire les gaz à effet de serre. Oui, il y a besoin des transitions écologiques, mais pas au prix d'une baisse de souveraineté européenne. JEAN-JACQUES BOURDINBien sûr. MARC FESNEAUL'Europe doit avoir sa prise de conscience. On a vu le retard qu'on avait pris sur les questions énergétiques et d'autres, et donc la souveraineté énergétique, c'est important. La souveraineté alimentaire, c'est aussi très important. JEAN-JACQUES BOURDINAlors rétablir des droits de douane sur les produits ukrainiens, oui ou non ? MARC FESNEAUL'objectif, c'est bien ça. Alors on va regarder la proposition. JEAN-JACQUES BOURDINL'objectif, c'est de rétablir des droits de douane ? MARC FESNEAUNon, alors formulez-le… En tout cas, de faire en sorte que les quotas qui avaient été… En fait, on a abaissé complètement les droits de douane sans limite. JEAN-JACQUES BOURDINSans limite. MARC FESNEAULes premiers mois, ça n'a pas posé de problème majeur. Simplement, on a vu que c'est venu déstabiliser un certain nombre de marchés. J'avais été le dire d'ailleurs à mon collègue à Kiev quand j'étais venu à Kiev et à la vice-présidente ukrainienne pour dire " attention, là vous êtes en train d'atteindre les limites de ce qui est acceptable pour la déstabilisation des marchés ". Donc, l'idée, c'est de regarder un quantum qui permettrait de dire au-delà de ce seuil-là, on a forcément… JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire qu'on met des quotas. C'est-à-dire qu'on peut importer sans droits de douane telle quantité de poulets ukrainiens, mais au-delà de cette quantité il y a des droits. MARC FESNEAUÇa relève de cette démarche-là, donc on est en train d'affiner parce qu'après c'est en parlant - je ne veux pas rentrer dans le détail, du coup – mais l'année de référence… Alors c'est volailles, la demande française c'est volailles, céréales, sucre parce qu'on voit bien que ces marchés sont déstabilisés. Alors une partie d'ailleurs des mouvements européens, parce que la crise que nous avons, elle est française mais européenne, notamment sur le flanc est de l'Union européenne. Elle est liée à ce sujet. JEAN-JACQUES BOURDINÇa vient de là, les agriculteurs polonais notamment. MARC FESNEAUElle est liée à ce sujet de déstabilisation. Ce qu'il faut, c'est aider les Ukrainiens à faire ce qu'ils avaient, c'est-à-dire qu'ils sortent les céréales, qu'ils sortent les volailles d'Europe pour qu'ils aillent sur les marchés qui étaient les leurs initialement. JEAN-JACQUES BOURDINBien. Alors maintenant, un point important : le Mercosur. Parce que là, il y a trois jours encore, les négociations se poursuivaient entre les négociateurs sud-américains et les négociateurs européens. Ces négociations ont été suspendues. Vous confirmez ce que je dis ? MARC FESNEAUC'est les informations effectivement que nous avons. JEAN-JACQUES BOURDINBien. Elles ont été suspendues. Maintenant, est-ce que vous vous engagez à abandonner définitivement l'accord Union européenne-Mercosur ? MARC FESNEAUMais, on s'engage à faire en sorte… Pourquoi on refuse ? La France est d'ailleurs assez seule sur cette position au niveau européen, il faut se le dire. JEAN-JACQUES BOURDINOui, elle est seule. MARC FESNEAUCe n'est jamais facile d'être seul dans ce genre de discussions. Mais c'est parce que la France porte dans l'Union européenne et que le président de la République a fait ce choix que pour l'instant, nous n'avons pas l'accord du Mercosur. Pourquoi on bute sur l'accord du Mercosur ? Parce qu'on considère que les pratiques agricoles sur un certain nombre de produits, la trajectoire, y compris en termes de perspectives climatiques, n'est pas la bonne. Donc tant qu'on n'a pas de réponses claires, et tant qu'on n'a pas quelque chose qui évite de livrer nos producteurs français et européens à une concurrence qui soit une concurrence déloyale, il ne peut pas y avoir d'accord de Mercosur. JEAN-JACQUES BOURDINMais si vous avez ces clauses mettant à l'abri les agriculteurs français, vous signerez le Mercosur. MARC FESNEAUNon, je ne dis pas ça. Je dis : on a besoin… JEAN-JACQUES BOURDINNon mais je voudrais savoir. MARC FESNEAUOui, mais je comprends… JEAN-JACQUES BOURDINLà, vous comprenez, il y a deux solutions. La France pourrait demander le retrait du mandat de négociation dont dispose la Commission de l'Union européenne. La France a le droit de faire ça. MARC FESNEAUJe ne crois pas que ce soit dans la procédure. Je pense que c'est un mandat qui a été donné sur lequel il faut revenir à la majorité. Parce qu'il me semble que ce n'est pas la France toute seule qui décide du mandat de négociation de la Commission. On peut toujours penser qu'on n'est pas sur une île déserte… JEAN-JACQUES BOURDINLa France est suffisamment puissante au niveau européen… MARC FESNEAUMonsieur BOURDIN, je vais vous répondre mais d'abord pardon de vous dire : du commerce avec le Brésil, du commerce avec l'Argentine, il existe. JEAN-JACQUES BOURDINMais bien sûr. MARC FESNEAUDes poulets brésiliens, du soja brésilien… JEAN-JACQUES BOURDINIls rentrent déjà. MARC FESNEAUDonc ne faisons pas croire que ces accords viennent entraver déjà ce qui est une liberté de circulation de fait des produits. Donc moi je préfère qu'on travaille sur qu'est-ce qu'on accepte comme produits dans l'Union européenne, et quelles normes ils ont et qu'est-ce qu'ils portent comme charge de carbone par exemple. Qu'est-ce qu'ils portent comme charges, vous voyez ce que je veux dire ? C'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille parce que dire qu'il n'y a pas d'accord de libre-échange, c'est faire accroire qu'il n'y aurait pas un jour du commerce entre nos deux continents. JEAN-JACQUES BOURDINDonc il y aura un jour un Mercosur signé par la France. MARC FESNEAUOn verra, on verra. Pour l'instant, il y a des accords. Vous avez le Mercosur, ça fait quinze ans qu'il traîne, donc on a bien un problème quand même manifestement. Si on n'obtient pas ce que nous voulons, c'est-à-dire des clauses de respect et de réciprocité sur les pratiques agricoles, c'est-à-dire quelque chose qui évite qu'on les livre en pâture, il n'y a pas d'accord du Mercosur. C'est ça la position française et pardon de vous dire, jusqu'alors cette position, elle a été tenue. JEAN-JACQUES BOURDINBien. Les accords entre l'Union européenne et le Chili, entre l'Union européenne et la Nouvelle-Zélande sont en cours de ratification. Est-ce qu'il faut les ratifier ? MARC FESNEAUEcoutez, moi je vais vous dire ce que je pense globalement sur la question des accords de libre-échange. D'abord, on a besoin d'échanges agricoles. On a besoin d'échanges agricoles pour deux raisons. D'abord, tous les pays et tous les Etats ne sont pas capables de subvenir à leurs besoins. Deuxième élément… JEAN-JACQUES BOURDINNous, on n'est pas capables de subvenir à nos besoins agricoles. MARC FESNEAUNon, je ne parle pas des nôtres. JEAN-JACQUES BOURDIND'accord, mais nous déjà. MARC FESNEAUNous sommes sur un certain nombre de productions avec une grande capacité d'exportation. La moitié des céréales françaises sortent des frontières ; 25% des céréales françaises, elles sortent des frontières de l'Union européenne. Le fromage, c'est 3 milliards d'euros d'excédents commerciaux à l'extérieur de nos frontières. Le lait, c'est la moitié des échanges qui se font à l'extérieur de notre territoire. Donc on a une puissance agricole et la France, elle n'est pas une puissance autarcique qui vient juste couvrir ses besoins. Donc on a besoin d'accords, alors que ce soient des accords types ceux que vous évoquez ou d'autres accords. L'accord du CETA qui a été beaucoup vilipendé, il est en cours. Pour la France, c'est 120 millions d'euros de plus d'export vis-à-vis du Canada. Pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé ? On a dit qu'on n'acceptait pas que viennent du Canada des boeufs qui seraient produits dans des conditions qui ne soient pas conformes à celles que nous avions, y compris en termes climatiques. Comme quoi on peut avoir des accords qui soient favorables. On a un accord de libre-échange avec le Japon. Le Japon, c'est plus de 200 millions d'euros d'exportations supplémentaires pour les produits agricoles français. Donc n'essayons pas de… On a besoin d'accords, on a besoin d'accords qui soient équilibrés, c'est-à-dire qui respectent des contraintes environnementales qui soient de même nature que la nôtre et puis qu'on défende en offensive ce que sont nos intérêts. Alors tous les accords ne sont pas équivalents et parfois, on est plus favorisé que dans d'autres accords, reconnaissons-le, et on a besoin aussi d'améliorer la compétitivité de nos filières. Mais pensez - j'entends certains qui disent qu'il faut sortir de tous les accords de libre-échange - c'est immédiatement… JEAN-JACQUES BOURDINNon, on ne sortira pas de tous les accords de libre-échange. MARC FESNEAUMais quand vous avez les chiffres que je vous donne, c'est la mort de l'agriculture française dans ce qu'elle est encore d'exportateur. Et vous aurez remarqué, je ne vous ai pas parlé du vin parce que c'est parfois l'arbre qui cache la forêt. Mais on a besoin d'accords de libre-échange qui soient loyaux, y compris sur la question environnementale. JEAN-JACQUES BOURDINBien. Marc FESNEAU, toutes les aides PAC versées sur les comptes bancaires des exploitants avant le 15 mars, c'est la promesse faite hier par le Premier ministre. Réduction des normes environnementales, vous allez réduire des normes environnementales. On a parlé des jachères tout à l'heure. MARC FESNEAUCe n'est pas une réduction des normes environnementales, les jachères. JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, mais enfin ça peut. MARC FESNEAUCertains l'interprètent comme ça mais pardon… JEAN-JACQUES BOURDINC'est le Green deal. MARC FESNEAUOui, mais si l'environnement c'est la décroissance et la mise sous cloche… JEAN-JACQUES BOURDINC'est un peu de la décroissance mettre des terres en jachère, pardon mais… MARC FESNEAUJe suis d'accord avec vous mais certains disent : le monde irait mieux sans agriculture parce qu'au fond, retour à l'état de nature. On ne va pas retourner à l'état de nature, on n'est plus dans le temps néanderthalien, vous voyez ce que je veux dire. JEAN-JACQUES BOURDINAlors, quelles normes environnementales allez-vous réduire ? MARC FESNEAUAlors, je vais vous donner un exemple très concret. JEAN-JACQUES BOURDINAllez-y. MARC FESNEAUVous avez une réglementation sur la haie, avec douze ou quatorze normes, selon la police ou les organisateurs, comme disait l'autre. L'objectif du gouvernement, c'est qu'on ait plus de haie. La vérité, c'est qu'on a les réglementations les plus sévères du monde et que pour autant les haies disparaissent. D'ailleurs, il n'y a pas que de l'arrachage et ce n'est pas que le monde agricole qui le fait. Donc on a quelque chose qui ne va pas. On a un objectif environnemental, de maintien et de développement des haies, c'est utile pour l'agriculture, c'est utile pour la biodiversité, c'est utile pour l'environnement. Seulement, elles sont tellement contraignantes, qu'à la fin c'est : on n'atteint pas l'objectif. Donc c'est une radicale simplification des normes environnementales. Vous avez parfois des normes environnementales qui sont incohérentes. Dans un cas, on vous dit : il faut débroussailler. Et dans l'autre cas on vous dit : vous ne pouvez pas toucher parce que c'est un habitat qui est protégé. JEAN-JACQUES BOURDINOui. Je vous ai écouté parler de la tortue. MARC FESNEAUMais c'est vrai, c'est une... Ce que je vous dis est une histoire… JEAN-JACQUES BOURDINC'est vrai que la tortue, dans le Var par exemple… MARC FESNEAUMais c'est une ineptie. Quand même. On a construit parfois une réglementation qui dit tout et franchement le contraire de tout. Et la tortue, où le… JEAN-JACQUES BOURDINElle brûle, la tortue. MARC FESNEAUElle brûle si… JEAN-JACQUES BOURDINElle brûle la tortue si ce n'est pas débroussaillé. MARC FESNEAUDonc voilà, c'est là-dessus qu'il faut qu'on travaille. On a besoin aussi, pardon, dans la réduction des délais, on voit bien qu'il y a des gens qui se servent des procédures réglementaires, environnementales pour faire de l'obstruction. Non pas qu'ils veuillent que les gens respectent l'environnement, ils veulent empêcher que les bâtiments d'élevage se construisent parce qu'ils sont contre l'élevage. Ça, on va y mettre un terme. C'est-à-dire qu'il n'y aura pas d'abus de juridique par un certain nombre de gens. JEAN-JACQUES BOURDINMarc FESNEAU, le point peut-être essentiel, c'est le revenu de l'agriculteur. L'agriculteur ne vend pas au bon prix son produit, le produit de son travail. Loi EGalim. Est-ce que, un prix de base, théoriquement, c'est un prix de base la loi Egalim. MARC FESNEAUMais c'est ça que ça vise à construire, puisque c'est le respect de la matière première. JEAN-JACQUES BOURDINEh bien oui, bien sûr. MARC FESNEAUAlors… JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'on ne devrait pas le fixer… MARC FESNEAULe revenu, c'est quoi ? Le revenu c'est l'écart entre le prix vendu et le coût. Mais d'abord, il faut quand même travailler un peu sur les coûts. JEAN-JACQUES BOURDINOui. MARC FESNEAUC'est-à-dire que les normes, parfois, elles viennent renchérir le coût. Donc on a besoin de travailler sur le coût. Le Premier ministre, on y travaille, fera sans doute des propositions… JEAN-JACQUES BOURDINAh bon, sur le coût ? Sur les coûts des… MARC FESNEAUSur la question des coûts. Les coûts, c'est les normes… JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire les charges. MARC FESNEAULes charges. Il y a un certain nombre de sujets, donc on va… JEAN-JACQUES BOURDINVous allez baisser les charges ? Vous allez baisser les charges des agriculteurs ? MARC FESNEAULe Premier ministre, il y a certaines filières dont on sait que le poids des charges, quand vous avez beaucoup de main d'oeuvre, par exemple, ce sont des filières qui peinent beaucoup par rapport à ceux qui sont… JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous allez aider ces filières-là. MARC FESNEAUOn va... On travaille… JEAN-JACQUES BOURDINAlléger les charges de certaines filières. MARC FESNEAUOui, parce qu'on a besoin de renforcer un certain nombre de dispositifs là-dessus. Deuxièmement, sur le prix, on a besoin, d'ailleurs, vous entendez peu de gens, en tout cas, des gens sérieux, qui viennent dire qu'il faut revenir sur EGalim. Les gens, ils nous disent plutôt : il faut plus d'EGalim, il faut mieux d'EGalim. D'abord, on va faire respecter, en renforçant les contrôles, ce que sont les attendus d'EGalim, c'est-à-dire le respect de la matière première agricole, c'est-à-dire… JEAN-JACQUES BOURDINAlors trois industriels accusés, j'ai vu ça, d'enfreindre la loi EGalim. Sanctions très lourdes, c'est-ce que vous avez dit ? Non ? MARC FESNEAUC'est ce qui est prévu. Après… JEAN-JACQUES BOURDINMoi j'ai vu « Pré-injonction », ce n'est pas tout à fait pareil. MARC FESNEAUMais il y a une procédure. La procédure prévoit une première injonction et après des sanctions très lourdes. Et ça dépend de la nature du délit. JEAN-JACQUES BOURDINQui sont ces trois industriels ? MARC FESNEAUJe ne pratique pas ça. JEAN-JACQUES BOURDINAh... non. MARC FESNEAUQuand ça sera… JEAN-JACQUES BOURDINLe name and shame, ça existe. MARC FESNEAUOui, mais là on est dans une procédure de nature juridique. Je ne pratique pas ça. Alors, premier élément. Deuxième élément, on a besoin de travailler avec les industriels et la grande distribution. D'abord, la chaîne alimentaire, si on veut qu'elle soit souveraine, il faut que tout le monde fasse sa part. Donc chacun doit faire des efforts, et l'idée ce n'est pas de chacun de maximiser ses profits, sinon on n'y arrivera pas. Et puis deuxième élément, de regarder dans EGalim ce qui doit être à améliorer. On a un sujet, il y a un certain nombre de filières qui ne sont pas dans EGalim. La filière viticole n'est pas dans EGalim. C'est son choix, ce n'est pas nous qui... La filière fruits et légumes n'est pas dans EGalim. La contractualisation n'a pas assez progressé sur la filière bovine, on n'a que 25% à date de la filière bovine qui est sous forme de contractualisation. La contractualisation, c'est un moyen de forcer à prendre la question du prix, la matière première agricole, pour construire le prix final. Ça il faut qu'on travaille aussi là-dessus et il faut qu'on y enjoigne aussi les opérateurs de la transformation et de la distribution. JEAN-JACQUES BOURDINOui, qui doivent aujourd'hui, les industriels de l'agroalimentaire et la grande distribution, terminer leurs négociations annuelles. MARC FESNEAUOui, c'est aujourd'hui que ça se termine. JEAN-JACQUES BOURDINC'est aujourd'hui que ça se termine. En espérant que ça ne va pas terminer sur le dos des agriculteurs, Marc FESNEAU. MARC FESNEAUAh ça on va veiller à ce que... Mais d'abord, on va vérifier qu'EGalim est opérant. Il faut que par les contrôles on fasse en sorte que ce soit opérant. Et deux, il y a un appel à la responsabilité. Quand vous mettez 20 € des mille litres de plus, c'est 0,02 centimes d'euro sur la brique de lait. Donc il y a quelque chose dans cette bataille mortifère que se mène la grande distribution, qui est toxique à la souveraineté alimentaire. JEAN-JACQUES BOURDINMais oui. MARC FESNEAUDonc c'est un sujet de responsabilité pour eux. Il y aura des réunions d'ailleurs avec la grande distribution. JEAN-JACQUES BOURDINVous allez les convoquer ? MARC FESNEAUOui, enfin, on va les convoquer… JEAN-JACQUES BOURDINConvoquer, si, convoquer. MARC FESNEAUVous savez que je ne suis pas mal à l'aise sur le sujet. J'ai eu plusieurs… JEAN-JACQUES BOURDINJe sais. Vous n'êtes pas très aimé d'ailleurs par la grande distribution, mais… MARC FESNEAUJe ne sais pas si c'est un titre de gloire, mais parfois il y a des désamours qui sont des titres de gloire. JEAN-JACQUES BOURDIND'accord. J'ai une dernière question parce qu'elle revient très souvent, très souvent, vous l'avez entendue : est-ce que vous allez prendre des mesures pour faciliter la transmission des exploitations ? MARC FESNEAUOui. Alors il y avait déjà ce qu'on avait posé sur la table, parce que tout ça, n'est quand même pas ignorant de ce qu'il y avait. Il y avait 400 millions entrepreneurs du vivant qui ont été annoncés par le président de la République, qui étaient pour aider au portage du foncier, pour des jeunes qui arrivent, ils n'ont pas la capacité. 2 milliards d'euros qui étaient prévus aussi de garantie bancaire pour faire en sorte que le jeune qui s'installe, il doit emprunter 500 000 ou 1 million d'euros, le banquier lui dise : non, monsieur, vous n'avez pas la surface. Donc ça, c'était un deuxième élément. Et on est en train de travailler à des mesures avec les jeunes agriculteurs qui sont très mobilisés sur cette question-là, des mesures de nature fiscale, qui sont en train d'être… JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire fiscales ? MARC FESNEAUAu moment de la transmission, comment on favorise, pour le cédant ou pour le repreneur. On peut le prendre par les deux bouts, par des mesures fiscales, le fait qu'ils soient inciter à… JEAN-JACQUES BOURDINPaie moins d'impôts au moment où on transmet. MARC FESNEAUAu moment où se réalise le lien, si je puis dire. JEAN-JACQUES BOURDINAu moment où on réalise le lien, moins d'impôt à payer. MARC FESNEAUVoilà. Et donc c'est un moyen, dès lors qu'on transmet à un jeune. JEAN-JACQUES BOURDINOui, j'imagine. MARC FESNEAUParce que ça ne doit pas aller à l'agrandissement, cette affaire-là. Mais c'est la volonté des jeunes agriculteurs, évidemment, d'installer des jeunes. On a besoin d'installer des jeunes agriculteurs, Donc il y aura des mesures de cette nature là, mais il faut répondre à tout le reste aussi pour les jeunes agriculteurs. La question de la rémunération, la question des normes et la question de la transmission, et ça, ça sera bien dans le paquet de propositions qui seront sur la table. JEAN-JACQUES BOURDINPropositions avant la fin de la semaine. MARC FESNEAUAvant la fin de la semaine. JEAN-JACQUES BOURDINMerci Marc FESNEAU d'être venu nous voir ce matin sur l'antenne de Sud Radio. MARC FESNEAUMerci à vous. Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 février 2024
La source — vie_publique · nº 292888
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/292888-marc-fesneau-31012024-sud-radio-contestation-des-agriculteurs?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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