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21 septembre 2022 · Gouvernement · France 2 · discours Discours

Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, à France 2 le 21 septembre 2022, sur les prix du gaz et de l'électricité, le marché européen de l'énergie, l'inflation et la réforme des

Bruno Le Maire (auteur), Thomas Sotto (intervenant)

THOMAS SOTTOBonjour Bruno LE MAIRE. BRUNO LE MAIREBonjour Thomas SOTTO. THOMAS SOTTOLes Français se posent beaucoup de questions qui impactent leur vie au quotidien. Alors si vous le voulez bien, on va essayer d'être le plus concret possible ce matin. On le sait, le bouclier tarifaire va être modifié à partir de 2023 avec notamment une hausse des prix de l'électricité et du gaz qui va être plafonnée à 15 %. Ce qu'on ne sait pas en revanche, c'est jusqu'à quand ça va durer. Est-ce que c'est un engagement pour toute l'année 2023 ? BRUNO LE MAIRETout dépendra de l'évolution des prix de l'électricité, du gaz. La hausse qui est annoncée, c'est 15 % en janvier, à comparer aux 110-120 % que les Français auraient eu à subir si nous n'avions pas mis en place ce bouclier énergétique. THOMAS SOTTOCe ne sera pas 15 % maximum pour toute l'année. Ça, on ne le sait pas encore. BRUNO LE MAIREOn ne sait pas encore ce que seront les prix. Nous, nous battons pour faire baisser les prix. Aujourd'hui ils explosent. Nous protégeons les Français et nous les protégeons, je le rappelle, depuis maintenant 16 mois avec un bouclier qui a permis de geler les prix du gaz et de plafonner l'augmentation à 4 % pour les prix de l'électricité. THOMAS SOTTOPour les carburants, pour l'essence, on sait qu'il y a une prime en ce moment. C'est 30 centimes par litre à la pompe jusqu'à fin octobre. Au 1er novembre, on passera à 10 centimes. Au 1er janvier, c'est terminé ? Il n'y aura plus d'aide à la pompe ou c'est encore un sujet en réflexion ? BRUNO LE MAIRELà encore, la méthode est toujours la même : protéger nos compatriotes. Protéger face aux prix de l'électricité, face aux prix du gaz et face à l'explosion des prix des carburants. Aujourd'hui les prix des carburants sont à la baisse, le prix du baril est à la baisse. Si les choses continuent comme cela, il n'y a pas de raison d'apporter des aides supplémentaires à partir du 1er janvier. Mais si demain nous avions une perturbation géopolitique majeure, qu'à nouveau les prix du baril devaient flamber et qu'à nouveau vous aviez certains de nos compatriotes qui prennent leur voiture pour aller travailler. Des apprentis qui prennent leur voiture pour aller sur leur lieu de travail et qui ne pourraient plus le faire parce que les prix du carburant auraient explosé. Nous avons à notre disposition un mécanisme de soutien à toutes les personnes qui utilisent… THOMAS SOTTOLa règle, c'est l'agilité en fait. BRUNO LE MAIRELa règle, c'est l'agilité, la réactivité et l'anticipation. THOMAS SOTTOEt ceux qui se chauffent au fuel, ils sont nombreux en France. Ils sont inquiets parce que pour en l'état, il n'y a rien qui a été prévu. Est-il exact que le gouvernement réfléchit à un dispositif pour eux ? BRUNO LE MAIREOui, il y a un dispositif qui est prévu. Il y a 230 millions d'euros qui ont été votés par le projet de loi de finances. Nous sommes en train de regarder comment est-ce que nous mettons cela en place pour que ce soit le plus juste. Nous l'annoncerons dans les prochains jours. THOMAS SOTTOCe sera quoi ? Ce sera 100, 200 euros par foyer ? BRUNO LE MAIREJe ne peux pas vous le dire. Les arbitrages ne sont pas encore rendus. Mais vous voyez bien que ça s'ajoute à la palette des dispositifs qui sont là pour faire un bouclier efficace, durable, ciblé sur ceux qui en ont le plus besoin. THOMAS SOTTOMais sur le fuel, pardon, mais sur le fuel vous souhaitez que ce soit pour tous les foyers ou en fonction des revenus ? BRUNO LE MAIREMais si je le savais, je vous le dirais Thomas SOTTO. THOMAS SOTTOVous êtes ministre de l'Économie, vous le savez mieux que moi. BRUNO LE MAIREOui, mais il faut en discuter avec la ministre de l'Énergie, arbitrer cela avec la Première ministre et sous l'autorité d'Élisabeth BORNE, donc ça prend un peu de temps. THOMAS SOTTOÇa sera pour quand ? C'est quand parce que c'est maintenant qu'on remplit les cuves. BRUNO LE MAIREJe sais que c'est maintenant qu'on remplit les cuves à fuel. J'ai beaucoup de demandes dans ce sens-là, donc on rendra les arbitrages le plus vite possible. THOMAS SOTTOC'est quand le plus vite possible ? BRUNO LE MAIRELe plus vite possible, c'est dans les jours qui viennent. Le budget est présenté la semaine prochaine. Vous voyez, c'est dans pas très longtemps. THOMAS SOTTOEst-ce qu'il est normal, Bruno LE MAIRE, que les prix de l'énergie soient aussi élevés sur le marché européen qui est un marché sur lequel on se fournit ? On entend beaucoup dire que notre production d'électricité coûte moins cher et qu'on achète plus cher ce qu'on produit, nous. BRUNO LE MAIRENon, ce n'est pas normal. THOMAS SOTTOEt alors ? BRUNO LE MAIRECes prix sont totalement anormaux, délirants et dangereux pour notre économie. Et je veux dire avec beaucoup de gravité ce matin, Thomas SOTTO, qu'il y a urgence absolue pour un certain nombre d'entreprises qui sont confrontées à l'explosion de leur facture énergétique. Je pense à celles qui ont une part de l'énergie très importante dans leurs coûts de production. Ça peut être des cartonneries, ça peut être de l'agroalimentaire, ça peut être de l'aluminium, des cristalleries. Et celles qui sont exposées à la concurrence internationale. Parce qu'aux États-Unis, le prix de l'énergie n'est pas aussi élevé et qu'à un moment donné ça va devenir dangereux. THOMAS SOTTOAlors on fait quoi ? BRUNO LE MAIREDonc il y a deux actions que nous menons avec Agnès PANNIER-RUNACHER tous les jours depuis plusieurs semaines maintenant. La première, c'est de se battre pour obtenir une révision du marché européen qui fasse baisser les prix de l'énergie. Ça fait un an que je réclame personnellement qu'il y ait un découplage entre le prix du gaz qui a flambé et le prix de l'électricité qui ne devrait pas flamber autant. Nous avons fait des propositions à Commission européenne. J'ai encore eu la Commissaire européenne hier au téléphone… THOMAS SOTTOElle vous a dit quoi alors ? BRUNO LE MAIRELe ministre de l'Économie allemand pour obtenir ce découplage. Ça progresse mais c'est difficile. Les résistances sont importantes mais c'est le premier objectif : faire baisser les prix de l'électricité. THOMAS SOTTOEst-ce qu'on sortira de ce marché européen de l'énergie ou pas ? Est-ce qu'on pourrait revenir à nos propres stocks et on gère nos petites affaires dans notre coin, comme ça ? BRUNO LE MAIRENon. Parce que je rappelle que nous importons aujourd'hui de l'électricité, qu'il faut remettre en route les réacteurs nucléaires d'EDF qui font l'objet de réparations actuellement. Les douze qui font l'objet de réparations à cause de problèmes de soudure. THOMAS SOTTOIl y en a vingt-six à l'arrêt. BRUNO LE MAIREEt d'autres parce que c'est simplement les révisions qui étaient prévues, donc tout cela va prendre du temps, mais nous avons aussi besoin de ces interconnexions européennes. La première des priorités pour que chacun comprenne bien, faire baisser les prix pour que la facture soit moins élevée. Ça se joue au niveau européen. THOMAS SOTTOÇa se joue à quelle échéance ça ? BRUNO LE MAIREL'échéance, c'est le Conseil européen de début octobre. Au moment où les chefs d'État vont à nouveau se réunir, pour à nouveau regarder la question du marché européen de l'énergie. Le président de la République est totalement mobilisé sur ce sujet, nous en parlons régulièrement ensemble avec le Première ministre Élisabeth BORNE, avec la ministre de l'Énergie Agnès PANNIER-RUNACHER. Nous sommes totalement mobilisés sur ce premier enjeu. Le deuxième sur lequel là pour le coup les choses avancent bien, c'est pouvoir apporter des aides plus rapides et plus importantes à ces entreprises. Je peux vous annoncer que pour les PME, celles qui ont droit à des aides jusqu'à 2 millions d'euros, dès le 1er octobre le dispositif est simplifié si elles ont des pertes sur une durée d'un mois et que l'énergie représente une part importante de leurs coûts de production. Elles ont droit à une aide jusqu'à 2 millions d'euros et même si elles ont oublié de faire la demande en juillet, en août, elles peuvent redemander : elles y ont droit. THOMAS SOTTOÇa peut être rétroactif ? BRUNO LE MAIREÇa peut être rétroactif. THOMAS SOTTOC'est une aide qu'ils ne devront pas rembourser. BRUNO LE MAIREC'est une aide, c'est une subvention. THOMAS SOTTOC'est une subvention. BRUNO LE MAIREDonc c'est maintenant pour les aider. C'est pour des PME ou des TPE. Après, il y a celles qui sont les plus menacées, celles pour lesquelles je dis il y a urgence absolue. Ça peut être ALUMINIUM DUNKERQUE, ça peut être ARC, ça peut être des verreries. Elles, c'est des aides qui sont plafonnées à 25 et 50 millions d'euros. J'ai demandé hier deux choses à la Commission européenne, à Margrethe VESTAGER. La première, doubler le montant de ces aides. Passer à 50 ou 100 millions d'euros. Là, c'est déjà des sommes importantes. Je pense que nous avançons la bonne direction. La deuxième chose qui est la plus importante, c'est que ce cadre européen qui doit être révisé parce que si le cadre européen n'est pas révisé, je ne peux pas donner des aides. Il doit être révisé au 1er janvier 2023. C'est beaucoup trop tard. Vous aurez des entreprises qui seront tombées au tapis si nous attendons le 1er janvier 2023. J'ai demandé à Margrethe VESTAGER que ce nouveau cadre européen soit disponible fin octobre au plus tard, c'est-à-dire dans trois ou quatre semaines au plus tard. THOMAS SOTTOEt elle est d'accord ? BRUNO LE MAIREJe pense que là aussi, nous pouvons gagner ce combat. Tout est un combat mais nous devons gagner ce combat parce qu'il en va de la survie d'entreprises qui sont stratégiques pour la nation française. THOMAS SOTTOEst-ce que vous avez une inquiétude sur le nombre de défaillances d'entreprise à venir ? Est-ce que les chiffres qu'on vous donne aujourd'hui sont inquiétants pour cette année et pour l'année prochaine ? BRUNO LE MAIREIl y aura quand des défaillances si effectivement on laisse le prix flamber et qu'il n'y a pas les aides à des montants suffisants. C'est précisément ce que je veux éviter. Je veux protéger l'outil de production français. C'est des milliers d'emplois qui sont concernés. C'est des sites industriels stratégiques, je le redis : des aluminiums, des forges… THOMAS SOTTOOn l'a entendu, Bruno LE MAIRE. BRUNO LE MAIREDes productions de verre ou d'acier qui sont stratégiques pour le pays. THOMAS SOTTOEst-ce que vous avez entendu ce qu'a dit Marine LE PEN sur toutes ces questions d'énergie ? En gros elle dit "on se tire une balle dans le pied en sanctionnant la Russie. Les sanctions sur l'énergie sont absurdes parce qu'elles ont enrichi la Russie et représentent un risque de paupérisation pour nos peuples." Est-ce que les faits ne lui donnent pas raison ? BRUNO LE MAIREMais Marine LE PEN n'est jamais décevante. Je lui reconnais une véritable constance dans la proximité avec Vladimir POUTINE et avec une nation qui a décidé d'envahir l'Ukraine. La réalité, c'est que comme toujours, je l'ai dit à plusieurs reprises, Marine LE PEN c'est le parti de la capitulation. C'est on se met bien avec ceux qui attaquent un autre pays européen… THOMAS SOTTOLà ce n'est pas ce qu'elle dit. Elle est sur les conséquences économiques de nos décisions. BRUNO LE MAIRECe qu'a dit Marine LE PEN depuis le début, Thomas SOTTO, et je lui reconnais beaucoup de constance, elle essaie de corriger le tir en disant que c'est les sanctions contre l'énergie. Mais ce qu'elle a toujours combattu, c'est les sanctions contre la Russie, contre son banquier, contre son ami Vladimir POUTINE. Et dans le fond, c'est la France de la capitulation qui essaie d'être bien avec les forts même si les forts sont infréquentables parce qu'ils attaquent une nation amie. THOMAS SOTTOMais ce qu'elle dit aussi, pardon… BRUNO LE MAIRENous, Thomas SOTTO, nous avons une autre stratégie… THOMAS SOTTOEst-ce que ces sanctions sont inefficaces ? BRUNO LE MAIREC'est celle de rassembler les forces européennes de façon à s'opposer à Vladimir POUTINE. THOMAS SOTTOEst-ce que les sanctions sont inefficaces concernant l'énergie aujourd'hui ? BRUNO LE MAIRE4 % de récession en Russie, 14 % d'inflation, des chaînes de production qui sont complètement désorganisées, une industrie automobile qui est en train de s'effondrer, une industrie aéronautique qui manque de pièces détachées pour faire voler correctement et en toute sécurité ses avions. Vous trouvez que ce n'est pas efficace ? Moi je pense que les sanctions sont efficaces. Je pense que c'est l'honneur de l'Union européenne, notamment sous l'impulsion du président de la République et de la France, d'avoir porté cette opposition à l'intervention russe en Ukraine, et c'est la honte de Marine LE PEN et la honte du Rassemblement national de faire preuve de tant de faiblesse et tant d'esprit de défaite face à la Russie de Vladimir POUTINE. THOMAS SOTTOOn a encore beaucoup de sujets à aborder, on va parler de l'inflation. 5,9 % sur un an au mois d'août, ça va s'arranger au s'aggraver ? Est-ce que le plus dur est devant ou derrière nous ou est-ce qu'on ne le sait pas aujourd'hui ? BRUNO LE MAIREIl reste des mois difficiles sur l'inflation. Je ne vais pas vous dire le contraire. Tout simplement parce que les prix de l'énergie contre lesquels nous nous battons sont encore très élevés, et puis parce que vous avez une transmission des prix de gros au prix de détail. C'est ce qu'on voit chacun en allant faire nos courses. Chacun voit bien que les prix alimentaires ont fortement augmenté. THOMAS SOTTOEst-ce qu'on peut imaginer un blocage de certains prix alimentaires sur certains produits ? BRUNO LE MAIREJe pense que c'est complètement inefficace. C'est la garantie que vous aurez des rayons vide. Moi je ne veux pas de pénurie pour nos compatriotes. Nous aurons encore quelques mois difficiles, je ne l'ai jamais caché. Ça justifie toutes les aides que nous avons apportées. THOMAS SOTTOJusqu'à quand ? Olivier VERAN avait dit début 2023, le plus dur sera passé. BRUNO LE MAIREDisons le printemps 2023, j'ose espérer que le plus dur sera passé. THOMAS SOTTOOui. BRUNO LE MAIREJ'ose espérer qu'au printemps 2023, le plus dur sera passé et que nous verrons l'inflation progressivement commencer à refluer, mais toute l'action que nous menons pour diversifier nos sources d'approvisionnement dans l'énergie, pour protéger les Français avec nos boucliers énergétiques ou bouclier bancaire ou bouclier assurantiel que nous avons progressivement mis en place, tout ce que nous faisons avec les aides ciblées sur les ménages les plus modestes doivent nous permettre de passer cette période difficile avec le moins de dégâts possible. THOMAS SOTTODans ce contexte de forte inflation de croissance revue à la baisse - vous avez dit 1 % pour l'année prochaine - existe-t-il en France un risque de récession de l'économie française ? BRUNO LE MAIREJe continue à penser que nous aurons une croissance positive en 2023. Je constate qu'en 2022 tout le monde nous disait "jamais vous n'atteindrez 2,3 % de croissance, c'est hors de portée, c'est trop dur, c'est trop difficile." Nous allons faire 2,7. Donc là encore, gardons en nous un esprit de résistance. C'est exactement ce dont font preuve aujourd'hui nos compatriotes. Soyons à la hauteur de cet esprit de résistance des Français. THOMAS SOTTOPour vous, la récession n'est pas un sujet, n'est pas une inquiétude aujourd'hui. BRUNO LE MAIREJe ne vais pas l'écarter d'un revers de main. Si la guerre se poursuit en Ukraine, si nous avons une dégradation des conditions géopolitiques, une récession plus forte que prévu en Allemagne, bien entendu cela impactera la croissance française. Je ne vais pas vous dire "je vous garantis à cent chances contre cent." Je vous garantis que je vais me battre. Je vous garantis qu'on fait le maximum pour créer des emplois et avoir une croissance positive en 2023. Après il peut y avoir des situations et des contextes géopolitiques qui affectent notre croissance bien entendu. THOMAS SOTTOVenons-en la réforme des retraites, Bruno LE MAIRE. On est dans le brouillard disait il y a quelques pour la responsable de la CFTC alors on va essayer de le dissiper, si vous le voulez bien, une fois pour toutes ce brouillard. Cette réforme sera-t-elle votée cet automne ? Le souhaitez-vous oui ou non ? BRUNO LE MAIREMoi je souhaite que cette réforme entre en vigueur, comme le président de la République l'a indiqué, à l'été 2023. THOMAS SOTTOSera-t-elle votée cet automne ? BRUNO LE MAIREÇa peut à l'automne, ça peut être en début d'année 2023. Ce n'est pas à moi d'en décider : c'est au président de la République et à la Première ministre et à la majorité. THOMAS SOTTOLes syndicats, pardon, disent "s'ils font ça, ils marcheront sur la gueule des syndicats." C'est le mot de Laurent BERGER qui n'est pas habitué à ce genre de vocabulaire. Vous êtes prêts à affronter et à assumer un climat social très dégradé pour faire passer cette réforme ? BRUNO LE MAIREMais on ne veut marcher sur la gueule ou sur les pieds de personne bien entendu. Je veux simplement que chacun comprenne pourquoi c'est important cette réforme des retraites, pourquoi je la défends avec autant d'ardeur. Ce n'est pas, une fois encore, pour marcher sur les pieds de qui que ce soit. C'est simplement parce qu'il faut financer notre modèle social et que la seule façon de le financer, c'est soit augmenter les impôts. Personne ne veut cela. Soit que nous acceptions tous de travailler collectivement davantage. On est en train de gagner la bataille sur le travail des jeunes. On a le taux d'emploi le plus élevé de tous les pays depuis cinquante ans. THOMAS SOTTOPardon, Bruno LE MAIRE. Ça, vous l'avez les uns les autres beaucoup expliqué le pourquoi de la réforme. BRUNO LE MAIREOui, mais je pense qu'il faut continuer. On nous reproche, Thomas SOTTO… THOMAS SOTTOOn n'arrive pas à sortir de l'ambiguïté sur la réforme. BRUNO LE MAIREOn nous reproche de ne pas expliquer pourquoi nous voulons cette réforme. Moi quand je vois que vous avez autant de personnes de plus de 55 ans qui ne travaillent pas, c'est un gigantesque gâchis d'expérience, de savoir-faire, la réforme des retraites doit nous permettre tous, collectivement, de travailler davantage pour garantir la prospérité des générations qui viennent et financer notre modèle social. THOMAS SOTTOLe Canard affirme ce matin que le texte prévoira le recul de l'âge légal à 64 ans en 2027 avec un décalage de 4 mois par an à partir du 1er juillet. C'est vrai ou c'est faux ? BRUNO LE MAIRECe n'est pas dans Le Canard que se fait la politique donc c'est la politique de la France… THOMAS SOTTODonc c'est faux. BRUNO LE MAIREEt que se fait la réforme des retraites. C'est faux pour une raison qui est simple : c'est que la réforme des retraites se fait avec les élus du peuple qui sont à l'Assemblée nationale et au Sénat, se fait avec les représentants des salariés, se fait avec les représentants des entreprises dans la discussion et le dialogue. THOMAS SOTTOMais est-ce qu'elle se fera à travers un amendement du projet de loi de finances de la Sécurité, oui ou non Bruno LE MAIRE ? Est-ce que vous, enfin, vous pouvez répondre à cette question ? BRUNO LE MAIRENon, je ne peux pas répondre à votre question. Parce que je décide de ce que je dois décider mais ce dont je ne décide pas, je n'en parle pas. C'est aussi simple que ça. THOMAS SOTTOEt est-ce que vous le souhaitez, ça ? BRUNO LE MAIREMoi je souhaite que quel que soit le moyen employé, législatif et évidemment démocratique, c'est-à-dire dans le dialogue, dans la discussion, en échangeant avec tout le monde et sans marcher sur les pieds de qui que ce soit, nous ayons à l'été prochain une réforme des retraites qui entre en vigueur. Parce que je tiens à mon modèle social, à notre modèle social, que je tiens à la prospérité des Français et je pense que ça s'inscrit dans une réflexion beaucoup plus globale et essentielle au lendemain du Covid sur le travail. Qu'est-ce que nous voulons comme travail ? Comment est-ce qu'on organise le travail ? Comment est-ce qu'on organise le temps de travail de nos compatriotes ? THOMAS SOTTODeux petites questions concrètes, vraiment réponse rapide. Les régimes spéciaux seront-ils concernés par la réforme, oui ou non ? BRUNO LE MAIRELes régimes spéciaux, nous avons déjà réformé celui de la SNCF notamment. Là aussi, je ne peux pas vous le dire. THOMAS SOTTOVous ne pouvez pas nous le dire. BRUNO LE MAIRESi je le savais, si c'était décidé et si tout ça avait fait l'objet de longues discussions d'arbitrage, je vous le dirai mais ce n'est pas le cas. THOMAS SOTTOFin juillet, vous aviez promis une revalorisation des retraites pour le mois de janvier. Est-ce que vous le confirmez ? BRUNO LE MAIREOui, je le confirme. THOMAS SOTTODe combien ? THOMAS SOTTOJe ne peux pas vous donner le chiffre mais il y aura bien une revalorisation. THOMAS SOTTOCombien ? C'était 4 % en juillet, ce sera combien ? BRUNO LE MAIREC'est bien pour ça quand je ne peux pas vous répondre que je ne vous réponds pas. Mais quand je prends un engagement, Thomas SOTTO, je le tiens. J'ai promis en juillet, devant les députés, qu'il y aurait une revalorisation des retraites en janvier : il y aura une revalorisation des pensions de retraite en janvier qui s'ajoutera au 1,4 qui ont déjà été faits, de façon à ce que tous les retraités soient protégés contre l'augmentation des prix. THOMAS SOTTOMerci Bruno LE MAIRE. BRUNO LE MAIREMerci Thomas SOTTO. THOMAS SOTTOOn a ouvert beaucoup de sujets, il faudra revenir pour quelques précisions. BRUNO LE MAIREJe vous promets de revenir dès que nous aurons toutes les précisions. THOMAS SOTTOMerci à vous. Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 septembre 2022
La source — vie_publique · nº 286476
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/286476-bruno-le-maire-21092022-prix-gaz-electricite-inflation-reforme-retraites?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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