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12 janvier 2022 · Gouvernement · discours Discours

Interview de Mme Emmanuelle Wargon, ministre déléguée chargée du logement, à RMC le 12 janvier 2022, sur la lutte contre les squatteurs et le traitement des dossiers MaPrimeRénov'.

Emmanuelle Wargon (auteur)

APOLLINE DE MALHERBELa Ministre du Logement est avec nous. Emmanuelle WARGON, bonjour. EMMANUELLE WARGONBonjour Apolline. APOLLINE DE MALHERBEMerci d'être dans ce studio. On va parler dans un instant de MaPrimeRénov, mais d'abord une question sur les squats. Les squats, on a l'impression que c'est récurrent. Depuis que vous êtes au gouvernement, on en a parlé beaucoup. On en parle d'abord dans les faits divers et puis vous avez mis en place une nouvelle proposition, des nouvelles dispositions qui ont certes réglé un certain nombre de points mais ce matin, le journal Le Figaro en fait sa Une et consacre vraiment dans le détail certains dossiers. Je voudrais savoir ce que vous répondez par exemple à Youssef, Youssef dont le journal dit ce matin qu'il assiste simplement à Bobigny au saccage de sa maison. Un jour il revient des courses et voilà ce qui se passe : il y a dans son salon deux hommes, deux femmes, un pitbull qui ont jeté ses vêtements à la cave, qui se sont installés. La police vient pour les déloger et ils reviennent quelques jours plus tard. Aujourd'hui il est réfugié chez sa compagne – c'était la maison de sa mère – et il n'arrive toujours pas à les déloger. Comment c'est possible ? EMMANUELLE WARGONYoussef, il a le droit à l'aide de la police et du préfet. On a changé la loi précisément pour aider ce genre de situation parce qu'évidemment il faut protéger les propriétaires et sortir les squatters. La loi, le droit, l'État, on est du côté des propriétaires. APOLLINE DE MALHERBELa police est intervenue deux fois chez Youssef. EMMANUELLE WARGONAlors après, ça devient effectivement une question de police de savoir comment est-ce qu'on peut à la fois expulser et faire en sorte que les malfrats, les criminels qui reviennent, on arrive à les arrêter, les déférer devant un juge et les mettre hors d'état de nuire. Mais la procédure que j'ai souhaitée, qui a été votée il y a un an et qui est appliquée, on a à peu près deux cents dossiers. En tout cas, on a eu deux cents dossiers l'année dernière par an. Ce n'est pas énorme non plus. APOLLINE DE MALHERBEÇa ne paraît pas énorme mais derrière, c'est des situations humaines qui sont extrêmement douloureuses. EMMANUELLE WARGONVous avez raison. Chaque situation, c'est absolument un scandale. APOLLINE DE MALHERBEEn fait, on ne peut pas comprendre. C'est inenvisageable. EMMANUELLE WARGONMais du coup, vous l'avez dit, la police est venue deux fois à sa demande. S'il faut qu'elle revienne trois fois, quatre fois, cinq fois, elle le fera. Et surtout après, ça devient un sujet de lutte contre la criminalité pour mettre ces malfrats hors d'état de nuire. APOLLINE DE MALHERBERegardez le cas de Sophie. Sophie, elle est en Seine-Saint-Denis. Les squatters se relaient chez elle. C'est-à-dire qu'elle est propriétaire, il y avait un locataire, le locataire a commencé à ne plus payer puis finalement, en fait, il a refilé le trois pièces à des squatters qui se suivent. Il y a quand même ce détail que donne le journal ce matin Le Figaro sur la boîte aux lettres qui a donc un nouveau nom, sur une Mini Cooper haut de gamme qui est placée sur la place de parking avec ce panneau à l'adresse de tous les autres habitants de l'immeuble : "Ne vous garez à ma place sinon je casse et je fracture votre voiture." Ça, c'est un sentiment d'impunité incroyable ! EMMANUELLE WARGONMoi ce que je peux vous dire, c'est que sur les deux cents cas qui ont été signalés l'année dernière, tous ceux qui rentraient dans le cadre de la nouvelle procédure, c'est-à-dire on est chez quelqu'un et ce n'est pas un conflit entre propriétaire et locataire parce que quand c'est un conflit entre propriétaire et locataire, c'est une autre histoire, on est chez quelqu'un et c'est un squat, on a sorti les squatters, y compris des cas très médiatisés. On avait eu des cas à Toulouse, on a eu un qu'à Marseille avec un propriétaire qui d'ailleurs n'était pas Marseillais, qui n'avait pas trouvé la bonne procédure, finalement on l'a aidé. Donc on sort toujours les squatters, on a vraiment changé la loi. APOLLINE DE MALHERBEDonc on va encore réduire ces deux cents cas. EMMANUELLE WARGONAprès, moi je ne peux pas garantir qu'il ne va pas y avoir toujours des gens qui viennent squatter, même si je suis convaincue que maintenant qu'on a tout resserré et maintenant qu'il ne s'agit plus juste de sortir un abonnement EDF bidon pour se créer des droits, les malfrats vont finir par comprendre que ce n'est plus un filon et qu'il faut passer à autre chose et j'espère à rien du tout. Donc on est vraiment en train de resserrer les mailles du filet. À chaque fois qu'on a un cas, on agit et, du coup, sur ces cas-là en Seine-Saint-Denis comme ailleurs, c'est pareil. C'est des cas qui sont signalés, on agit quand les cas sont médiatisés mais on agit dans tous les cas. C'est-à-dire heureusement, il n'y a pas besoin de médiatiser pour avoir l'appui de la préfecture. Et je voudrais vraiment dire ça aux propriétaires : vous avez un problème, vous saisissez la préfecture, la préfecture va vous aider. APOLLINE DE MALHERBEEmmanuelle WARGON, Marie DUPIN nous a rejoints. Le dossier MaPrimeRénov', la dernière fois que vous êtes venue dans ce studio, vous aviez pris l'engagement que les dossiers qui posaient problème seraient débloqués avant la fin de l'année 2021, on en est où ? EMMANUELLE WARGONAlors, d'abord je voudrais dire que MaPrimeRénov' c'est 670 000 dossiers déposés, pardon, 770 000, pardon, je me perds dans mes propres chiffres, 770 000 dossiers déposés, 680 000 dossiers validés et 380 000 dossiers payés, en 2021, 380 000 ménages qui sont allés au bout, qui ont fait leurs travaux et qui ont reçu MaPrimeRénov. Après, on en avait parlé la dernière fois, on avait des dossiers en difficulté, pour plein de raisons, notamment des bugs informatiques, on en avait identifiés, quand j'étais venue vous voir, à peu près 3000, on en a réglés 2575 exactement, on les suit semaine par semaine, et donc lundi, hier, le dernier point qu'on fait toutes les semaines, 2575 dossiers réglés. Il en reste donc encore quelques centaines qui sont difficiles à régler, soit parce qu'on n'arrive pas à joindre les propriétaires, soit parce que du côté des équipes de l'ANAH on a aussi eu un peu de désorganisation parce qu'on a eu du Covid, comme partout, et donc qui vont être réglés dans les deux à trois semaines qui viennent. APOLLINE DE MALHERBE425 donc, qui restent en suspens. EMMANUELLE WARGONVoilà, on est au bout du règlement des dossiers en difficulté. APOLLINE DE MALHERBEMarie DUPIN, qu'est-ce qui bloque ? MARIE DUPINAlors en fait nous, c'est vrai que vous avancez ce chiffre de 475 dossiers encore bloqués, nous ce qu'on a constaté c'est que sur la page Facebook intitulée "Ma Prime Rénov' : le parcours du combattant !" il y a chaque jour de nouvelles personnes qui viennent se plaindre, ils étaient 17 000 abonnés hier soir, contre 16 000 début novembre, et ce qu'on a découvert aussi c'est que l'État, donc vous, l'ANAH, l'Agence publique de l'État, de l'Habitat, délègue la gestion de MaPrimeRénov' à une entreprise privée, une filiale de LA POSTE, qui s'appelle DOCAPOSTE, et on a réussi à joindre une salariée, une ancienne salariée de DOCAPOSTE, qui témoigne, et ce qu'elle décrit c'est une usine à gaz. UNE ANCIENNE EMPLOYEE DE DOCAPOSTE, CHARGEE DE L'INSTRUCTION DES DOSSIERS MAPRIMERENOV'Je regardais si tous les documents étaient corrects, mais je n'avais pas de suite en fait, moi sur les dossiers, ce n'est jamais la même personne. Moi je valide le dossier, derrière c'est envoyé à un autre DOCAPOSTE pour l'instruction, si lui validait derrière ça repartait encore dans un autre DOCAPOSTE pour le paiement. MARIE DUPINDonc il n'y a pas de suivi réel des dossiers par une personne ? L'EMPLOYEENon, la plupart du temps les gens appelaient, derrière, pour savoir où ça en était, et ce n'était pas mon service non plus. Il y avait ceux qui prenaient les appels par téléphone et moi j'étais sur la cellule où on traitait les dossiers, les deux équipes n'avaient pas le droit de communiquer ensemble. MARIE DUPINVous aviez interdiction de communiquer entre vous ? L'EMPLOYEEC'est ça. MARIE DUPINDu coup ça compliquait le traitement des dossiers. L'EMPLOYEETout à fait. APOLLINE DE MALHERBEC'est peut-être ça qui bloque, non ? EMMANUELLE WARGOND'abord on peut toujours améliorer notre système de gestion, c'est piloté par une agence publique, après c'est un prestataire qui est effectivement une filiale de LA POSTE, et à moyen terme notre objectif c'est bien d'avoir un outil qui permet à chaque personne qui intervient sur le dossier d'avoir une visibilité totale, mais c'est un service de masse, c'est un service qui concerne plusieurs centaines de milliers de personnes, et donc vous avez les cas normaux dans lesquels vous faites un dossier et puis c'est le délai de traitement, on traite entre 15 jours et 3 semaines, en moyenne, pour valider, quand on demande l'aide, et ensuite pour payer quand les pièces sont complètes, et puis après vous avez des dossiers qui sont en difficulté, et finalement chaque semaine, sur la masse, forcément vous allez avoir quelques dossiers qui vont générer un nouveau problème. Donc, nous on travaille dans deux directions, aider les personnes en difficulté, on appelle maintenant tout le monde, il y a plus de 3000 coups de fil qui ont été passés sur ces dossiers en difficulté, on va y arriver, et ensuite ne pas générer de nouveaux dossiers en difficulté, c'est-à-dire avoir un taux de traitement… APOLLINE DE MALHERBERégler ceux qui bloquent encore… EMMANUELLE WARGONRégler ceux qui bloquent encore et ne pas produire de nouveaux dossiers qui bloquent. APOLLINE DE MALHERBEDonc ceux qui nous écoutent ils peuvent continuer à croire en MaPrimeRénov' ? EMMANUELLE WARGONMais, encore une fois, 370 000 dossiers payés, donc ça ce n'est pas une question de croire, c'est de l'argent qui est vraiment arrivé sur les comptes bancaires des Français qui ont fait des travaux, donc la très très très grande majorité des dossiers… APOLLINE DE MALHERBE370 000 ou 380 000 ? EMMANUELLE WARGON380 000… MARIE DUPINSur 675 000… EMMANUELLE WARGONOui, et ça c'est normal puisque les dossiers sont acceptés d'abord, et puis ensuite il faut faire les travaux, donc il y a toujours un délai entre le moment où les dossiers sont acceptés et ensuite les personnes font les travaux, il faut trouver un artisan, parfois les délais s'allongent un peu en ce moment, et ensuite vous déposez les factures et vous êtes payé. APOLLINE DE MALHERBEIl y a un point qui concerne aussi tous ceux qui ont un logement, c'est la question du prix de l'électricité, on avait promis, le gouvernement avait promis qu'il n'y aurait pas plus de 4% de hausse du prix, est-ce que la promesse est toujours tenable ? EMMANUELLE WARGONOui, la promesse est toujours tenable, c'est un engagement fort qu'a pris le gouvernement, le président de la République, le Premier ministre, et donc nous sommes en train de trouver les mécanismes pour tenir cette promesse, mais cet engagement sera tenu, nous plafonnons l'augmentation de l'électricité à 4%. APOLLINE DE MALHERBEMerci beaucoup Emmanuelle WARGON d'avoir répondu… EMMANUELLE WARGONMerci, et merci pour France Rénov', parce qu'on n'en n'a pas parlé, mais on lance ce service public de la rénovation énergétique aujourd'hui, je serai à Montreuil ce matin… APOLLINE DE MALHERBEJe vous avoue qu'on s'y perd un peu, entre MaPrime, France Rénov'. EMMANUELLE WARGONEn fait MaPrime c'est l'aide et France Rénov' c'est les guichets, et aujourd'hui il y a plein d'endroits où demander des conseils, et on unifie tout ça sous une très belle marque, qui s'appelle France Rénov', et donc je dis aux Français allez voir les guichets France Rénov', vous saurez tout sur l'aide et sur les conseils. APOLLINE DE MALHERBEDonc ça sera plus simple, et si jamais ça reste compliqué… EMMANUELLE WARGONJe reviendrai vous voir. APOLLINE DE MALHERBEVous pouvez toujours appeler Marie DUPIN et vous répondrez à nouveau aux questions, merci beaucoup d'être venue dans ce studio Madame la ministre du Logement. EMMANUELLE WARGONMerci à vous. Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 janvier 2022
La source — vie_publique · nº 283336
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/283336-emmanuelle-wargon-12012022-squatteurs-maprimerenov?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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