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24 novembre 2021 · Gouvernement · CNews · discours Discours

Interview de Mme Sarah El Haïry, secrétaire d'État chargée de la jeunesse et de l'engagement, à CNews le 24 novembre 2021, sur la situation sanitaire aux Antilles et les actes de violence, les inégalités en Outre-mer et métropole et le service national u

Sarah El Haïry (auteur), Romain Desarbres (intervenant)

ROMAIN DESARBRES On a appris cette nuit qu'un nouveau membre du gouvernement était positif à la Covid-19, Brigitte KLINKERT, votre collègue Sarah EL HAIRY, ministre de l'Insertion. SARAH EL HAIRY On voit de plus en plus de personnes contaminées autour de soi, ça veut dire une chose, ça veut dire qu'on est à plus de 30.000 cas de contamination actuellement dans notre pays, la cinquième vague est là. Il y a une seule manière de s'en prémunir, pour être assez claire, évidemment les gestes barrières, évidemment se vacciner, il y a encore six millions de Français qui ne se sont pas fait vacciner, pour une raison toute simple, quand tu te fais vacciner tu as neuf fois de risques en moins de mourir, c'est ça la réalité, sauf que, sauf que, on a besoin d'une remobilisation générale pour ce vaccin, en même temps la preuve, je crois la plus forte, de l'impact du vaccin sur la situation sanitaire c'est la décorrélation entre aujourd'hui les contaminations et la pression hospitalière. (…) ROMAIN DESARBRES Les Antilles tout d'abord, des tirs à balles réelles, des check points qui ne sont pas détruits par la police, des exceptions pour les soignants en Guadeloupe et en Martinique, qui vont avoir le droit de se vacciner avec des vaccins sans ARN Messager. Il y a un régime spécial aux Antilles, Madame la secrétaire d'Etat, membre du gouvernement ? SARAH EL HAIRY Non, il n'y a pas de régime spécial dans les Antilles, ce qui est certain c'est qu'il est impossible, et il serait inacceptable, de justifier ou d'expliquer des violences. Quand tu tires à balles réelles sur des policiers, sur des gendarmes, ça a des conséquences, et donc s'il y a un appel à faire aujourd'hui c'est évidemment le retour à la raison des plus modérés, mais surtout l'engagement de la responsabilité de ceux qui tirent contre les forces de l'ordre. Et puis, j'ai envie de vous dire, d'où c'est parti ? C'est parti de l'obligation vaccinale, pourquoi il y aurait un régime différent entre les Outre-mer, entre les Antilles, et la métropole ? Il n'y a pas de raison, c'est la France, et ça serait encore plus dingue de moins protéger aujourd'hui les ultramarins, pour une raison ou pour une autre. Aujourd'hui le vaccin protège, le vaccin des soignants est nécessaire, la règle est la même, maintenant, je veux dire, il faut vraiment revenir à la raison, et surtout faire baisser la pression. ROMAIN DESARBRES Sauf qu'on y voit des choses qui se passent nulle part ailleurs en métropole, les CHU bloqués, ce qui est un scandale absolu puisqu'il y a des personnes qui ne peuvent pas se faire soigner. SARAH EL HAIRY Ce n'est pas acceptable. ROMAIN DESARBRES Ce n'est pas acceptable, c'est inacceptable, et les barrages n'ont pas tous sautés et il y a des patients qui ont eu à subir cette situation. (…) FRANCK ALLISIO (…) Il y a le problème du coût de la vie, qui est un problème encore plus prenant dans les Antilles que chez nous, il y a le problème du Covid, il y a un problème qui est évident, enfin comment ça peut se passer en France, le problème de l'eau potable, l'eau potable en Guadeloupe est coupée régulièrement, en pleine période de Covid, et face à tout cela le gouvernement, Madame le ministre, n'a qu'une stratégie, c'est le pourrissement… SARAH EL HAIRY Non. FRANCK ALLISIO N'a qu'une stratégie, c'est le mépris. SARAH EL HAIRY Je ne peux pas vous laisser dire ça. Monsieur ALLISIO… FRANCK ALLISIO Ce dont les Antillais ont besoin c'est avoir confiance dans le gouvernement, ils ne l'ont plus. SARAH EL HAIRY Monsieur ALLISIO, vous êtes en train de justifier des tirs à balles réelles contre les forces de l'ordre. FRANCK ALLISIO Je ne justifie absolument rien, je dis qu'il fallait d'abord rétablir l'ordre, mais il faut aussi comprendre. SARAH EL HAIRY Vous trouvez des explications à une situation qui aujourd'hui sont des actes de violence assumés, des barricades, dans notre pays, et ça, pour le coup jamais… FRANCK ALLISIO Donc tout va bien, c'est des enfants gâtés qui… SARAH EL HAIRY Monsieur ALLISIO, ne caricaturez pas, jamais vous nous trouverez à justifier, ou à tolérer une situation où on tire à balles réelles, ça c'est clair, maintenant que la situation sociale, en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, soit une situation plus tendue, certes… FRANCK ALLISIO Sociale et sanitaire, on parle d'eau potable. SARAH EL HAIRY Mais ça n'expliquera jamais, Monsieur ALLISIO, jamais, et ça ne justifiera jamais, et je ne mettrai jamais de en même temps, dans des actes de violence comme ça. Des manifestations, il peut y en avoir, c'est normal, des contestations sociales, c'est normal, et c'est même, j'ai envie de dire, c'est même le sel de notre pays, c'est comme ça, on aime ça et c'est très bien. La situation aujourd'hui de la chlordécone, la situation de l'accès à l'eau potable, c'est évidemment des investissements qui sont en cours, ça fait des années que… ROMAIN DESARBRES Enfin le chlordécone on ne l'utilise plus depuis 93 ! SARAH EL HAIRY Non, mais il y a des conséquences aujourd'hui, on connaît la corrélation entre la situation sanitaire et l'utilisation de la chlordécone… ROMAIN DESARBRES On a mis du temps à réagir, bien sûr. SARAH EL HAIRY D'ailleurs il y a eu un rapport parlementaire il n'y a même pas un an, à l'Assemblée, mais, attention, jamais de perméabilité entre, je justifie, j'explique ou j'atténue, ça c'est grave, on ne crée pas de barricades… FRANCK ALLISIO Mais vous ne cherchez même pas à comprendre… SARAH EL HAIRY Parce que ça ne s'explique pas. FRANCK ALLISIO …avec les casseurs pendant les manifestations. SARAH EL HAIRY Mais parce que ça ne s'explique pas Monsieur ALLISIO, ça ne se justifie pas. Aujourd'hui, accompagner les… FRANCK ALLISIO Comprenez ce qui se passe dans les Antilles, apportez-leur des réponses, des réponses politiques, concrètes, dans leur quotidien, et au préalable évidemment rétablissez l'ordre, vous avez un ministre de l'Intérieur, qu'il aille y rétablir l'ordre, enfin c'est bien sympa de le dire sur le plateau, le faire sur le terrain c'est mieux. SARAH EL HAIRY Monsieur ALLISIO, qu'est-ce qu'on fait pour lutter contre les inégalités en Outre-mer et en métropole, parce que, en réalité, c'est le même pays. FRANCK ALLISIO Pas grand-chose malheureusement pour l'instant. SARAH EL HAIRY Eh bah si, on dédouble les classes de CP et de CE1, on donne des petits déjeuners à l'école pour que tous nos enfants puissent manger et étudier en même temps, on reconstruit un hôpital qui a pris feu, c'est quand même ça la réalité là-bas, aujourd'hui on rétablit des investissements massifs pour l'accès à l'eau, mais pourquoi ? Parce qu'en fait les tuyaux, c'est les tuyaux, c'est la plomberie qui aujourd'hui est défaillante. On assume et on investit fortement pour lutter contre les sargasses, pour lutter contre la chlordécone, on… en tout cas c'est ce que je fais, on travaille avec les associations pour que les jeunes qui sont là-bas, beaucoup plus loin de l'emploi, eh bien finalement trouvent les formations… FRANCK ALLISIO On pourra toujours faire le catalogue de tout ce qui est fait, ce n'est pas le ressenti sur le terrain, il y a toujours un problème entre le ressenti sur le terrain, et je parle des gens qui souffrent, pas ceux qui cassent dans la rue, des gens qui souffrent. SARAH EL HAIRY Vous savez, il y a un accompagnement… il y a des gens qui souffrent et qui souffrent partout dans notre pays, en Outre-mer et en métropole, sauf que la réalité c'est comment on avance, comment on y répond, comment finalement c'est par l'emploi qu'on s'en sort, mais ce n'est certainement pas en justifiant des violences et en donnant même le début d'une justification de situations comme ça. FRANCK ALLISIO Le début de l'impuissance. ROMAIN DESARBRES Vous parliez de taux de chômage élevé, notamment chez les jeunes, il y a de la délinquance, le service militaire, Michel BARNIER l'a proposé, c'était dimanche soir sur CNews et sur Europe 1 lors du débat des Républicains, qu'est-ce que vous en pensez Sarah EL HAIRY et Franck ALLISIO, le service militaire, bonne chose ou pas, le retour du service militaire ? Il propose six mois Michel BARNIER, six mois, on peut remettre quelqu'un d'équerre, d'aplomb, en six mois. SARAH EL HAIRY Vous savez, moi je suis assez effarée par la capacité un peu amnésique de Michel BARNIER, mais plus largement chez les Républicains aujourd'hui, de faire et de défaire. On a un projet qui est en cours depuis 2019, qui s'appelle le Service National Universel, qui n'est pas le service militaire… ROMAIN DESARBRES Qui n'est pas obligatoire. SARAH EL HAIRY Qui n'est pour le moment pas obligatoire, c'est l'objectif… ROMAIN DESARBRES Ça peut le devenir ? SARAH EL HAIRY Bien sûr, c'est même l'objectif initial du président de la République, aujourd'hui on est à 50.000 cette année, c'est-à-dire une sorte de, on va dire… ROMAIN DESARBRES Sur une tranche d'âge, c'est quoi, c'est 800.000 personnes ? SARAH EL HAIRY 700.000, 700.000 jeunes entre 15 et 17 ans, où on va chercher les objectifs initiaux du service militaire, qui est la mixité, qui est le fait d'identifier ceux qui sont les plus fragiles, de faire rencontrer des jeunes qui ne se seraient jamais croisés, de faire vivre les valeurs de la République, de créer un sentiment de cohésion nationale, de lever un drapeau ensemble… ROMAIN DESARBRES Mais on n'apprend pas à défendre le pays. SARAH EL HAIRY On apprend à l'aimer, on apprend à le défendre, parce qu'on augmente la résilience, mais il n'y a pas de maniement aux armes, nous n'en n'avons plus besoin. ROMAIN DESARBRES Donc pas de retour de service militaire, ça sert à rien, mais le SNU le remplace. SARAH EL HAIRY Bien sûr. (…) SARAH EL HAIRY Vous savez ce que je pense, pour le coup, l'école ne peut pas tout, l'école fait beaucoup déjà, mais là où je veux être devant l'essentiel… FRANCK ALLISIO Là on lui demande l'essentiel à l'école. SARAH EL HAIRY Et les parents, est-ce qu'ils ont appris à vos petits neveux « La Marseillaise » ? Je pense que oui, je l'espère, je l'espère, mais il y a un moment l'éducation c'est quand même aujourd'hui la famille, eh bien oui, la famille, l'école, et évidemment les associations… ROMAIN DESARBRES Sauf que quand on dit ça, dans les familles à problèmes on dit souvent, ce n'est pas possible, on ne peut pas demander aux parents… SARAH EL HAIRY Non, non, mais, vous savez, je crois que chacun a sa responsabilité, quand on est parent, quand on a des enfants, on a une responsabilité vis-à-vis d'eux, et le Service National Universel permet de chanter « La Marseillaise » tous les matins. ROMAIN DESARBRES Et sur le chant malien, c'est vrai que c'est étonnant, je vous crois sur parole. FRANCK ALLISIO …l'Ecole déconstruit ce qu'ont fait les parents SARAH EL HAIRY Ça n'a pas vocation à être… FRANCK ALLISIO L'école déconstruit… SARAH EL HAIRY Jean-Michel BLANQUER a toujours été extrêmement clair sur le sujet, on revient à des fondamentaux… FRANCK ALLISIO Justement non, Jean-Michel BLANQUER a un discours sur les plateaux, et il y a une réalité sur le terrain, je viens de vous la décrire par un exemple, qui malheureusement en dit beaucoup. SARAH EL HAIRY Non, vous avez donné un exemple qui dit on a appris un chant avant un autre… FRANCK ALLISIO Non, pas avant un autre, « La Marseillaise » ils ne l'ont toujours pas appris. SARAH EL HAIRY J'espère, très sincèrement, que vos petits neveux, mais comme tous les Français, aujourd'hui, eh bien chantent « La Marseillaise » au stade, à la maison, quand on voit une manifestation, quand on est touché ou quand on perd un soldat, ou simplement quand on gagne au rugby, parce que ça fait du bien… mais oui, c'est aussi ça « La Marseillaise », c'est des moments où on se retrouve, où on le fête, et finalement c'est cet amour un peu de notre histoire, de nos symboles, de notre patrie, qui est aussi vécu pendant le Service National Universel, et c'est pour ça que ce goût du faire ensemble il faut du bien, il fait du bien parce qu'on n'est jamais plus fort que quand on se connaît. FRANCK ALLISIO Encore faut-il l'appliquer. ROMAIN DESARBRES Franck ALLISIO, Sarah EL HAIRY, merci beaucoup à tous les deux, vice-président du groupe RN à la région PACA, conseiller de Marine LE PEN, et évidemment secrétaire d'Etat à la Jeunesse et à l'Engagement, merci à tous les deux d'être venus ce matin sur le plateau de la matinale de CNews. On a parlé des Antilles, on a parlé du service militaire, on aurait pu parler du Covid, pourquoi est-ce qu'on ne va pas tout de suite sur la dose de rappel pour tous, on aurait pu parler également de ce règlement de compte dans une école maternelle, école maternelle, à Montpellier, quatre individus sont rentrés dans une école maternelle pour aller chercher un animateur, ça semble être un règlement de compte, un nouveau pas est franchi, je dis on n'a pas eu le temps d'en parler, on va le prendre le temps, Sarah EL HAIRY, un commentaire, je vous vois effondrée. SARAH EL HAIRY Pareil, zéro explication, il faudra trouver qui sont ces personnes, parce que, avoir des actes de violence autour de l'école, dans l'école ou à l'intérieur d'un établissement, c'est juste lunaire. Ça montre une chose, ça montre une chose, protéger les alentours de l'école et avoir les outils de vidéosurveillance pour comprendre tout ce qui se passe autour est nécessaire, donc Etat, collectivités. ROMAIN DESARBRES Ça montre aussi que certains n'ont aucun frein et vont devant des gamins… SARAH EL HAIRY Mais ça, pour le coup, il y a une montée de violence. ROMAIN DESARBRES Et après parlent de respect et tout ça, et qu'on va devant les enfants. FRANCK ALLISIO On est quand même dans une école, je vais citer… ROMAIN DESARBRES Maternelle, même au lycée ça ne se fait pas, mais… FRANCK ALLISIO Maternelle ; François BAYROU, que vous connaissez bien, avait parlé de « sanctuaire de la République » pour l'école, là, au coeur de l'école, il y a l'insécurité, il y a la criminalité, on est dans une situation complètement hallucinante. Tout à l'heure vous parliez d'ordre, eh bien commencez à l'établir dans l'école maternelle l'ordre. SARAH EL HAIRY Non, là, très sincèrement, ne mélangez pas tout Monsieur ALLISIO, soyez un peu honnête… FRANCK ALLISIO Vous… les gros bras sur la Guadeloupe, là on est dans une école maternelle… SARAH EL HAIRY Monsieur ALLISIO, soyez honnête. FRANCK ALLISIO Et il y a des règlements de compte, à l'école, chez les enfants. SARAH EL HAIRY Là, il s'est passé quoi ? Des hommes sont rentrés, ils ont utilisé une barre de fer, et d'ailleurs tout à l'heure je réunis, aujourd'hui, le monde de l'animation, donc les médiateurs, les animateurs, parce qu'on en a besoin pour accompagner nos enfants… ROMAIN DESARBRES Ils vont vous en parler, oui. SARAH EL HAIRY Evidemment… FRANCK ALLISIO Mais comme les agressions dans les hôpitaux ça, à Nice, c'est votre ami Christian ESTROSI qui a divisé par 20 la police municipale, maintenant il y a des agressions dans les CHU, Philippe VARDON et nos élus là-bas l'ont dénoncé, comment faites-vous de telles choses, pourquoi ? SARAH EL HAIRY D'où la nécessité d'un retour du respect d'autrui, du respect de tous ceux qui… de toutes les autorités, qu'elles soient enseignantes, qu'elles soient soignantes, qu'elles soient policiers ou gendarmes, partout. FRANCK ALLISIO Le retour de l'ordre, la fin du laxisme, que vous laissez s'installer depuis 30 ans. SARAH EL HAIRY Ça c'est un élément de langage… FRANCK ALLISIO Ce n'est pas un élément de langage malheureusement. ROMAIN DESARBRES Merci à tous les deux, c'est le coup de sifflet final cette fois, je ne remettrai pas une pièce dans la machine comme on dit, merci beaucoup à tous les deux. Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 novembre 2021
La source — vie_publique · nº 283069
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/283069-sarah-el-hairy-24112021-situation-sanitaire-antilles-violence-inegalite?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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