Insécurité
· Clôturée
Joseph Ostermann (auteur)
M. Joseph Ostermann. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'intérieur.
La sécurité est non seulement un droit fondamental de chacun, mais aussi un devoir de l'Etat.
Celui-ci doit en effet assurer la sécurité en veillant, sur l'ensemble du territoire de la République,
au respect des lois, au maintien de la paix et de l'ordre public, à la protection des personnes et
des biens.
Cependant, nombreux sont aujourd'hui les exemples d'insécurité au quotidien.
En effet, une fois de plus, Strasbourg a été le théâtre de violence urbaine dans la nuit de la
Saint-Sylvestre. Ainsi, 57 véhicules ont été incendiés et 75 pour toute l'Alsace - un chiffre
nettement supérieur aux 41 voitures brûlées en 1999 contre 43 en 1998.
De plus, ce phénomène, on le sait, ne se limite pas à la nuit du nouvel an puisque, au total,
1806 véhicules ont été incendiés tout au long de l'année dans l'agglomération, soit 40 % de
plus qu'en 1999.
Dans sa déclaration de politique générale, au mois de juin 1997, M. le Premier ministre avait
placé la sécurité au rang de deuxième priorité du Gouvernement et, lors du colloque de
Villepinte, le Gouvernement s'était montré attaché au développement d'une politique de sécurité
de proximité pour lutter contre l'insécurité au quotidien.
Malheureusement, nous le savons, cette priorité n'a pas été suivie dans les faits puisque, lors
de l'examen du budget pour 2001, nous avons pu regretter l'inadéquation des crédits de la
police face aux multiples défis auxquels celle-ci doit faire face et les graves hypothèques qui
pèsent sur la généralisation de la police de proximité.
De plus, malgré les engagements successifs du Gouvernement, la justice manque cruellement
de moyens supplémentaires pour mener à bien ses missions. Ainsi, le budget pour 2001 ne
permettra pas d'appliquer dans de bonnes conditions les réformes introduites par la loi
renforçant la présomption d'innocence et les droits des victimes.
Quand le Gouvernement compte-t-il mener une véritable politique en matière de sécurité ? En
effet, une véritable politique en matière de sécurité ne se limite pas, monsieur le ministre, à
augmenter les effectifs policiers dans le xviiie arrondissement de Paris ! (Protestations sur les
travées socialistes.)
Mme Hélène Luc. Où cela va se nicher !
M. Joseph Ostermann. En conséquence, quelles mesures d'urgence entendez-vous prendre
pour rompre avec cette situation, inadmissible dans un Etat de droit, dont sont surtout victimes
les personnes les plus fragiles et les moins mobiles ? Nos concitoyens doutent de la capacité
de l'Etat à assumer correctement l'une de ses missions régaliennes ! (Applaudissements sur
les travées du RPR, des Républicains et Indépendants, de l'Union centriste, ainsi que sur
certaines travées du RDSE.)
La source —
senat_questions · nº 1010058:10245eb4383:-1c36
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