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17 février 2020 · Gouvernement · Emission La Tribune Le Point Sud Radio · discours Discours

Interview de Mme Brune Poirson, secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, à Sud Radio le 17 février 2020, sur la candidature d'Agnès Buzyn à la mairie de Paris après le désistement de Benjamin Griveaux.

Brune Poirson (auteur)

CHRISTOPHE BORDET Bonjour Brune POIRSON. BRUNE POIRSON Bonjour à vous. CHRISTOPHE BORDET Merci d'être avec nous sur Sud Radio ce matin. BRUNE POIRSON Merci à vous. CHRISTOPHE BORDET Encore raté ? BRUNE POIRSON Encore raté, vous voulez dire ? CHRISTOPHE BORDET Vous auriez pu être ministre de la Santé, ce n'est pas vous ! BRUNE POIRSON Ah non ! Alors, je vous rassure, ça n'a jamais été dans mes ambitions… CHRISTOPHE BORDET Non ? BRUNE POIRSON Non, mais on a un excellent, je pense, futur, enfin nouveau… CHRISTOPHE BORDET Ça y est, il est nommé ! BRUNE POIRSON Ministre de la Santé, Olivier VERAN, exactement, qui… vous savez que c'est un neurochirurgien, et qui connaît très très bien tous les dossiers liés à la santé, et aussi aux retraites, donc je pense qu'il saura parfaitement prendre les dossiers en main. CHRISTOPHE BORDET Alors, comme il vient de la gauche Olivier VERAN, il est identifié comme tel en tous cas, on peut se dire qu'il va être enfin social avec les urgentistes, parce que ça fait 11 mois que ça dure la grève aux urgences. BRUNE POIRSON Disons que je pense qu'il se battra aussi bien que ce qu'Agnès BUZYN l'a fait. CHRISTOPHE BORDET Aussi bien ? BRUNE POIRSON Aussi bien, oui, parce que c'est un problème, vous savez, qui ne date pas d'hier… CHRISTOPHE BORDET Oui, mais c'est quoi le résultat avec Agnès BUZYN, il n'y a pas de résultat. BRUNE POIRSON Attendez… CHRISTOPHE BORDET Aux urgences. BRUNE POIRSON Un, je ne suis pas un spécialiste des urgences… CHRISTOPHE BORDET Non mais d'accord, vous êtes membre du gouvernement. BRUNE POIRSON Je ne suis pas spécialiste, donc je n'y ai pas passé mes journées, mais ce que je sais c'est que c'est un problème qui ne se résout pas du jour au lendemain comme ça, que c'est quelque chose qui a été construit depuis des années et des années, notamment de sous-investissements dans les urgences, et qu'on est en train de renverser la tendance, et que ce qui est fondamentalement important c'est qu'il y ait au gouvernement, dans le poste de ministre de la Santé, quelqu'un qui connaisse les préoccupations des urgentistes, les préoccupations du personnel hospitalier. Et c'était le cas avec Agnès BUZYN, ça sera à nouveau le cas avec Olivier VERAN. CHRISTOPHE BORDET Mais Agnès BUZYN elle n'a pas un bilan mitigé au niveau de l'hôpital et des urgences ? BRUNE POIRSON Eh bien écoutez, non, je ne pense pas, je crois qu'elle était extrêmement appréciée… CHRISTOPHE BORDET Ce n'est pas ce que disent les urgentistes. BRUNE POIRSON Mais attendez, si vous entendez ceux qui… CHRISTOPHE BORDET Et ce n'est pas ce que disent les médecins. BRUNE POIRSON Ecoutez, on ne voit pas les mêmes, on ne rencontre pas les mêmes… CHRISTOPHE BORDET Des médecins chefs qui ont démissionné, des centaines. BRUNE POIRSON Mais on ne voit pas les mêmes. Il y a une crise qui est bien plus large, je vous le disais, qui date de plusieurs années, de la médecine, et des urgences en particulier. CHRISTOPHE BORDET Dites-moi, BUZYN c'était la seule possible à Paris, c'était la meilleure d'entre nous comme on dit ? BRUNE POIRSON Une chose est sûre c'est que, pour avoir travaillé avec elle, je sais que c'est une femme extrêmement déterminée, qui travaille avec beaucoup de bienveillance, c'est pour ça qu'elle arrive à rassembler autour de projets vraiment transformateurs, réformateurs, pour avancer, c'est ce qu'elle a prouvé… CHRISTOPHE BORDET Qu'est-ce qu'elle a comme qualités pour gagner Paris parce que pour l'instant elle ne connaît pas vraiment le programme qui a été mis en place pour Paris etc. ? BRUNE POIRSON Alors, d'abord première chose, Agnès BUZYN… plusieurs choses. Agnès BUZYN c'est quelqu'un qui a vécu à Paris, elle est comme… CHRISTOPHE BORDET Elle est parisienne, oui. BRUNE POIRSON Elle est parisienne, elle a éduqué ses enfants à Paris, elle connaît une partie des difficultés que peuvent rencontrer certains Parisiens. Ensuite, Agnès BUZYN c'est aussi une ministre, vous savez, macroniste, donc ça veut dire qu'il y a moins de 3 ans elle était simple citoyenne parisienne, alors, certes, elle faisait une magnifique carrière, mais enfin elle n'était pas politique, et je pense pas qu'il y ait besoin d'avoir fait 10 ans de politique pour pouvoir parler de Paris et vouloir résoudre des problèmes qui sont très concrets CHRISTOPHE BORDET Justement, c'est intéressant ce que vous dites, parce que je pense qu'elle a compris la politique effectivement, puisqu'elle y va pour gagner, elle y va avec cœur, c'est ce qu'elle a dit hier soir, alors que vendredi elle avait trop de boulot, elle n'avait pas le temps… BRUNE POIRSON Exactement. CHRISTOPHE BORDET La parole politique, toujours aussi crédible ! Tout et son contraire en 48 heures. BRUNE POIRSON C'est exactement le contraire. CHRISTOPHE BORDET Ah bon ? Eh bien on n'a pas bien compris. BRUNE POIRSON Mais bien sûr. Il y a 48 heures, ou il y a… quand on lui demandait potentiellement, ou quand elle se posait la question de savoir si elle pouvait être, et candidate maire d'arrondissement, et ministre de la Santé, la réponse était non, elle l'a dit. Aujourd'hui elle… CHRISTOPHE BORDET Elle avait dit à GRIVEAUX. BRUNE POIRSON Aujourd'hui elle a démissionné de son poste de ministre de la Santé pour se consacrer à temps plein à la campagne de Paris. Donc justement, elle est extrêmement cohérente, elle dit "non, effectivement, je ne peux pas faire les deux". CHRISTOPHE BORDET Donc il y a 48 heures elle ne pouvait pas, et aujourd'hui elle peut, c'est ça qu'on va retenir à la fin. BRUNE POIRSON Mais, il y a 48 heures, elle était ministre… CHRISTOPHE BORDET Mais elle ne voulait pas être candidate à la mairie de Paris, et aujourd'hui elle est candidate à la mairie de Paris. BRUNE POIRSON Attendez, Christophe BORDET… bien sûr, parce qu'il y a 48 heures elle était ministre de la Santé et elle ne voulait pas être ministre de la Santé et candidate, aujourd'hui elle est candidate et plus ministre de la Santé. Et puis, deuxièmement, vous savez, je pense que Paris est une ville qui est fondamentalement importante, mais je pense que les Français ils ont envie peut-être aussi d'entendre parler d'autre chose que Paris. CHRISTOPHE BORDET Mais justement on va en parler, mais on va continuer d'abord sur Agnès BUZYN, encore deux, trois questions. Certains disent… BRUNE POIRSON Décidemment Paris vous passionne. CHRISTOPHE BORDET Absolument. Certains disent "BUZYN à Paris ça a de la gueule", est-ce qu'elle rassurer justement, à droite et à gauche ? BRUNE POIRSON Mais oui, je le pense, parce qu'elle incarne cette volonté de rassembler, elle incarne, quelque part, le macronisme, c'est-à-dire cette volonté de dépasser les clivages pour aller trouver des solutions concrètes, des solutions pragmatiques, et en rassemblement autour de la table, sans avancer avec dogmatisme, avec idéologie, mais au contraire en trouvant des solutions très concrètes. Moi j'ai eu l'occasion de travailler avec elle, moi j'ai eu l'occasion de travailler avec elle sur des dossiers, comme par exemple liés à l'écologie, on a toujours extrêmement bien travaillé ensemble, parce qu'elle posait la question de savoir quels étaient les problèmes, elle se mettait à la place des autres, elle rassemblait, tout l'a dit, un des mots qui ressort, c'est le mot aussi de bienveillance et de rassemblement, mais tout en étant extrêmement déterminée, l'un n'empêche pas l'autre. CHRISTOPHE BORDET DATI/ HIDALGO peuvent avoir peur ? BRUNE POIRSON Ecoutez, moi si j'étais elles, oui. CHRISTOPHE BORDET BUZYN fais-moi peur ? BRUNE POIRSON Mais je ne suis pas… oui, je pense. En tout cas, Agnès BUZYN a absolument tout, je pense, pour gagner cette ville. CHRISTOPHE BORDET Si jamais elle perd, ce sera la faute à qui, est-ce que ça sera la faute… BRUNE POIRSON Christophe BORDET, attendez, moi j'ai passé le week-end… CHRISTOPHE BORDET Répondez à mes questions. BRUNE POIRSON Attendez, moi j'ai passé le week-end dans le Vaucluse… CHRISTOPHE BORDET Oui, dans les machines à laver, c'est le sujet du jour, on va en parler dans un instant… BRUNE POIRSON Oui, mais pas que ça, c'est aussi le reste de la France, Paris c'est bien, mais enfin, vous voyez, il y a un dixième des Français qui habitent à Paris. CHRISTOPHE BORDET Je vous pose une question simple, tout le monde le sait, et on parle de toute la France sur cette antenne, ne vous inquiétez pas. BRUNE POIRSON Oui, mais là on parle beaucoup de Paris. CHRISTOPHE BORDET Moi je vous pose une question simple, si elle perd, ça sera de sa faute ou de la faute de GRIVEAUX ? BRUNE POIRSON Je ne comprends pas la question. CHRISTOPHE BORDET Comme GRIVEAUX était le candidat, qui a tout plombé. BRUNE POIRSON Alors, attendez, plusieurs choses. Un, moi je ne me place pas du tout dans l'optique de Agnès BUZYN, ou Benjamin GRIVEAUX, ou je ne sais pas, je ne fais pas des plans sur la comète, Ok ? Il y a une campagne qui continue, elle est reprise par Agnès BUZYN, et je sais qu'elle se battra jusqu'au bout. Deuxièmement, sur la question de Benjamin GRIVEAUX, on ne va pas non plus retourner les choses, d'accord, ce qui s'est passé c'est extrêmement inquiétant, et là je pense qu'il faut prendre un peu de distance. Vous savez, dans le livre, par exemple, "Mortelle transparence", les auteurs qu'est-ce qu'ils montrent ? Ils montrent que le respect de la vie privée, en fait, c'était exactement ça, c'était un combat, un combat qui a été mené par les Lumières, un combat qui a été mené par les révolutionnaires français, contre l'absolutisme royal… CHRISTOPHE BORDET Donc il n'a pas fait preuve de légèreté GRIVEAUX, dans cette affaire ? BRUNE POIRSON Non, mais vous savez, c'est très inquiétant. Qu'est-ce qui sépare la démocratie d'un régime totalitaire ? C'est le respect de la vie privée. Au moment… c'est encore pire que ça, là on parle de la vie intime de quelqu'un, c'est ce qu'il y a de plus privé, à partir du moment où ça, ça saute, alors on tombe dans un régime qui est totalitaire, et c'est extrêmement grave. Mais, vous savez, ce n'est pas quelque chose qui concerne Benjamin GRIVEAUX, ce n'est pas quelque chose qui concerne la mairie de Paris, c'est quelque chose qui concerne tous les Français, vous, moi, les autres… non, mais Christophe BORDET, je pense que c'est extrêmement important, et c'est ce qui s'est passé là c'est grave, le respect de la vie privée c'est un droit de l'homme fondamental, à partir du moment… CHRISTOPHE BORDET Donc il n'a pas fait preuve de légèreté ? BRUNE POIRSON A partir du moment où ce droit-là tombe, alors nous changeons de régime et on tombe dans le totalitarisme. CHRISTOPHE BORDET 50% des Français ce matin, selon un sondage, sont choqués par la diffusion de la vidéo de GRIVEAUX, ça veut dire que 50% trouvent ça bien que ça ait été diffusé. BRUNE POIRSON Alors moi je ne sais pas, je n'ai pas vu exactement le sondage, je ne pense pas que les gens trouvent ça bien que la vidéo ait été diffusée, et si tel était le cas, je le dirai, et je continue à le dire, je pense que c'est inquiétant. On a tous le droit à une vie intime, à une vie privée. Ça concerne, par exemple, les adolescentes qui aujourd'hui, il y en a des scandales dans des écoles, qui aujourd'hui trouvent le début de leur vie intime qui est mis sur la place publique, ça peut concerner aussi vous ou d'autres de vos amis, votre vie privée, votre jardin secret, c'est ce qu'il y a de plus précieux. Ça a été créé, je le dis, au moment des Lumières, pour lutter contre l'absolutisme royal, tant que vous ne bafouez pas le droit, vous avez droit à une vie privée. C'est fondamental, ça veut dire… CHRISTOPHE BORDET Donc vous continuez de soutenir GRIVEAUX même s'il n'est plus là ? BRUNE POIRSON Non mais attendez… CHRISTOPHE BORDET Vous avez échangé avec lui ? BRUNE POIRSON C'est au-delà… bien sûr que je soutiens Benjamin GRIVEAUX, mais ça va au-delà du soutien à Benjamin GRIVEAUX, c'est un soutien pour notre démocratie, je le dis, et je le répète, ce qui nous sépare du totalitarisme c'est le respect du droit privé. CHRISTOPHE BORDET Dites-moi, l'ingérence russe elle est réelle ou pas, à votre avis, dans cette affaire ? BRUNE POIRSON Je ne suis pas spécialiste des services secrets… CHRISTOPHE BORDET C'est ce que dit le président. BRUNE POIRSON Mais je pense, force est de constater, je pense qu'il y a, et qu'on peut s'inquiéter d'une chose, c'est de l'ingérence de nations étrangères dans la politique française, à des fins purement, purement, idéologiques et politiques. C'est ce qui est arrivé au moment de la campagne de 2017, c'est ce qui est arrivé à Hillary CLINTON, là encore on voit qu'il y a une ingérence, donc effectivement je pense qu'il y a de quoi s'inquiéter… CHRISTOPHE BORDET Avec un opposant à POUTINE quand même, c'est lui qui est en garde à vue. Très bizarre. BRUNE POIRSON Ecoutez, je ne suis pas le secret des dossiers judiciaires, mais ce que je sais c'est qu'il y a une volonté de faire ingérence dans la vie politique française. CHRISTOPHE BORDET Alors, vous recevez aujourd'hui Brune POIRSON, dans le cadre de la loi anti gaspillage, les fabricants de machines à laver… BRUNE POIRSON Effectivement. CHRISTOPHE BORDET J'ai envie de vous dire lesquels ? Parce que la plupart des industriels qui fabriquent ces machines aujourd'hui sont à l'étranger, dans ce que j'ai vu, à part BRANDT, qui est quand même désormais algérien, il n'y en n'a pas beaucoup qui continuent de fabriquer en France. BRUNE POIRSON Peut-être, mais une chose est sûre c'est que, tous, et aucun ne pourront nier le constat. Le constat c'est lequel ? le constat c'est que quand on veut lutter contre la pollution plastique il faut qu'on change radicalement aussi certaines de nos technologies, or il se trouve, je ne sais pas si vous savez, mais sur les 9,5 millions de tonnes de plastiques qui se retrouvent chaque année dans l'océan, il y en a entre 15 % et un tiers qui sont des microplastiques, et beaucoup de ces microplastiques-là ils viennent de nos vêtements, parce qu'à chaque fois qu'on fait une lessive, vous, nous tous, à chaque fois qu'on fait une lessive… CHRISTOPHE BORDET Cécile de MENIBUS, oui. BRUNE POIRSON Voilà, exactement, moi-même, chaque français, on en fait cinq par semaines des lessives en moyenne, eh bien il y a des microparticules de plastique, jusqu'à 700.000 par machine, qui se déversent dans les rivières, dans les océans. Pourquoi ? Parce que les stations d'épuration n'ont pas de filtres qui sont capables de filtrer ces microparticules-là et d'arrêter ces microparticules de plastique. C'est pour ça qu'aujourd'hui, suite à la loi qui a été promulguée la semaine dernière, ma loi, la loi anti gaspillage, eh bien nous avons, et il est écrit dans la loi, que d'ici fin 2024 il doit y avoir des filtres sur les machines à laver qui empêchent le relargage de ces microparticules de plastique, c'est une première mondiale. Nous sommes la première nation au monde à nous attaquer à cette question-là… CHRISTOPHE BORDET Donc ça veut dire que les fabricants, qui sont pour la plupart étrangers, vont fabriquer des machines pour la France avec des filtres et puis les autres pays… BRUNE POIRSON Ça veut dire qu'en France, d'ici fin 2024, vous ne pourrez plus commercialiser de machines à laver qui n'aient pas des filtres pour empêcher ces relargages de microplastiques. C'est un immense défi. C'est un immense défi qu'il faut que nous relevions entre maintenant et fin 2024, la bonne nouvelle c'est qu'il y a un bonus écologique dont pourront bénéficier les entreprises qui auront trouvé des solutions avant fin 2024, et l'autre chose aussi c'est que je vais me battre, et continuer de me battre, au niveau européen, notamment dans le cadre du "Green Deal", vous savez, c'est cette grande politique environnementale qui est menée par la Commission européenne, de façon à ce que cette mesure française, qui est une première mondiale, soit aussi adoptée au niveau européen. CHRISTOPHE BORDET Oui, donc là il y a encore du boulot quand même à ce niveau-là ! BRUNE POIRSON Vous savez, la préservation de l'environnement c'est une lutte sans relâche, Christophe BORDET. CHRISTOPHE BORDET En tout cas il y a aussi l'histoire de la réparation des produits ménagers, et là aussi c'est un problème parce que parfois ça coûte plus cher de réparer une machine à laver que de la changer, donc on va faire quoi ? BRUNE POIRSON C'est pour ça qu'on veut inverser la logique. Déjà, première chose, on veut savoir… CHRISTOPHE BORDET On baisse la TVA sur les réparations ? BRUNE POIRSON Non, déjà, première chose, on veut savoir très concrètement si on veut donner au consommateur la possibilité de pouvoir faire des choix au moment de l'achat, et donc on va mettre en place un indice de réparabilité, un indice de durabilité, sur les produits électroniques électroménagers, un peu comme l'étiquette énergie, c'est-à-dire vous pourrez comparer, il y aura une note, sur une base de 10 critères, de 1 à 10, qui va vous permettre de comparer les machines à laver selon, par exemple leur durée de vie, mais pas que les machines à laver, toute une série de produits. On va aussi étendre la durée légale de garantie, pour que vous puissiez… CHRISTOPHE BORDET Brune POIRSON, le temps passe très vite, dernière question. La réforme des retraites à l'Assemblée, 41 000 amendements déposés, dont 23 000 par la seule France Insoumise, LFI empêche le débat serein sur ce sujet ? BRUNE POIRSON Ecoutez, le droit d'amender, c'est un droit… CHRISTOPHE BORDET Ce sont des pyromanes ? BRUNE POIRSON Le droit d'amender c'est un droit qui est constitutionnel, mais faire de l'obstruction c'est totalement irresponsable, c'est Gilles LEGENDRE qui a calculé, qui l'a dit hier, si jamais les députés devaient passer seulement 5 minutes sur les amendements, il y aurait plus de 200 jours de débat, sauf que… CHRISTOPHE BORDET Là il y a 15 jours. BRUNE POIRSON Non, mais vous savez ce que ça fait ? Ça prend en otage tout le débat parlementaire. Il y a un projet par exemple, qui doit arriver, sur le grand âge et la dépendance, sur… CHRISTOPHE BORDET Donc MELENCHON prend en otage le débat parlementaire, c'est ça que vous dites ? BRUNE POIRSON Absolument, je le dis et je l'affirme. Il y a un projet de loi qui doit arriver sur le grand âge et la dépendance, tous les Français connaissent et ont autour d'eux une personne âgée, il faut améliorer leurs conditions de vie. Il y a un projet de loi, par exemple, qui doit arriver, qu'est-ce qu'on dit, on dit aux Français "ah ben non, on ne peut pas avancer sur le grand âge et la dépendance, on ne peut pas améliorer la qualité de vie des personnes âgées parce qu'il y a 17 députés, minoritaires, qui ont décidé, à eux seuls, de capturer tout le débat parlementaires" ? CHRISTOPHE BORDET C'est la démocratie aussi, c'est l'opposition, c'est la démocratie parlementaire, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ! BRUNE POIRSON Justement, non, la démocratie parlementaire c'est le débat, ce n'est pas l'irresponsabilité. CECILE DE MENIBUS On parle souvent d'énergie fossile comme principal pollueur, et assez peu finalement de l'industrie textile, qui reste l'un des pollueurs majeurs et qui exploite en plus la misère sociale. Au G7, 37 groupes s'étaient engagés à signer le Fashion Pact écologique, est-ce qu'il faut aujourd'hui taxer lourdement la fast fashion en France ? BRUNE POIRSON Alors, je pense qu'il y a des solutions qui vont au-delà de la taxation, et c'est pour ça que, par exemple dans la loi économie circulaire, dans ma loi, une des choses qu'on a décidé de faire, c'est de mettre en place un affichage environnemental, déjà pour que vous, quand vous êtes consommateur, vous puissiez savoir très clairement quel est l'impact environnemental des produits que vous consommez, il y a une première mesure qui est celle-là. Une deuxième aussi, elle est d'encourager le recyclage, la réutilisation des vêtements, parce qu'au-delà de la taxation, ça, ça permet d'utiliser déjà du textile qui est sur le marché pour pouvoir le recycler… CECILE DE MENIBUS Ça veut dire qu'il faut que nous on s'autorégule déjà ? BRUNE POIRSON Et ensuite, effectivement, il y a des changements de comportement à avoir, de se poser la question est-ce qu'on a vraiment besoin d'acheter tel tee-shirt, d'acheter tel jeans. Donc tout ça, ça procède d'un tout, et il faut transformer cette industrie de la mode, c'est à ça qu'on s'attaque, et on est les premiers, dans le monde, à s'attaquer aussi clairement, et à mettre dans la loi des mesures sur cette industrie qui, comme vous le disiez Cécile de MENIBUS, est la deuxième industrie la plus polluante au monde, après l'industrie pétrolière, elle pollue plus que l'industrie maritime, enfin que les transports maritimes et aériens réunis. Donc, effectivement, il faut prendre le problème à bras-le-corps et c'est ce qu'on fait. CHRISTOPHE BORDET Dernière chose, une petite question encore. La semaine dernière QUATENNENS vous a répondu, puisque vous aviez attaqué la France Insoumise, il vous a dit "tiens, au lieu de faire des polémiques…" BRUNE POIRSON Attaqué, j'ai juste fait un constat ! CHRISTOPHE BORDET Oui, "enfin au lieu de faire des polémiques, elle ferait mieux de venir débattre avec nous", vous lui dites quoi, chiche, un débat avec QUATENNENS et les 17 députés de la France Insoumise ? BRUNE POIRSON Moi j'appelle à la cohérence, on ne peut pas le matin appeler au débat et le soir ne pas condamner les violences politiques, donc premièrement, cohérence. Deuxièmement, moi je veux bien aussi débattre avec la France Insoumise de mes sujets, mais là aussi je leur demande un minimum de cohérence, on ne peut avoir, et vouloir, et prétendre être pro-environnement d'un côté, et puis de l'autre, par exemple, voter contre l'interdiction de destruction des stocks d'invendus, voter contre l'allongement de la durée de garantie, la lutte contre l'obsolescence programmée, voter contre la suppression des plastiques à usage unique, bref, je peux vous faire toute une liste… CHRISTOPHE BORDET Donc c'est le double jeu de la France Insoumise. BRUNE POIRSON Non, mais c'est une question de cohérence, et là je crois qu'on nage en pleine incohérence. CHRISTOPHE BORDET Merci Brune POIRSON. BRUNE POIRSON Merci à vous. Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 février 2020
La source — vie_publique · nº 273496
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/273496-brune-poirson-17022020-buzyn-mairie-paris-griveaux-vie-privee-internet?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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