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1ᵉʳ février 2019 · Gouvernement · Emission La Tribune Le Point Sud Radio · discours Discours

Interview de Mme Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie et des finances, à Sud Radio le 1er février 2019, sur l'impact économique de la crise des "Gilets jaunes", le pouvoir d'achat et sur la loi alimentation.

Agnès Pannier-Runacher (auteur), Patrick Roger (intervenant)

CECILE DE MENIBUS C'est le petit-déjeuner politique avec ce matin Agnès PANNIER-RUNACHER qui est Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances. PATRICK ROGER Bonjour Patrick ROGER. AGNES PANNIER-RUNACHER, SECRETAIRE D'ETAT AUPRES DU MINISTRE DE L'ECONOMIE ET DES FINANCES Bonjour. PATRICK ROGER On va parler dans un instant des commerçants des petites entreprises notamment touchées par le mouvement des Gilets jaunes. Mais avant ça quand même, l'affaire Benalla, chaque semaine des révélations sur ce feuilleton. Est-ce qu'à un moment donné, le Président lui-même ne devrait pas s'exprimer sur cette affaire pour peut-être couper court à toutes les spéculations ? AGNES PANNIER-RUNACHER Là, monsieur BENALLA s'exprime, il y a aussi ceux qui s'expriment sur ce qu'il aurait dit. Je crois que l'affaire est devant la justice aujourd'hui. Laissons la justice faire son travail. Il y a les faits. Les faits sont simples : monsieur BENALLA a été sanctionné à deux reprises, il a été également mis devant la justice parce qu'il y avait un certain nombre de faits qui ne nous convenaient pas, donc je pense que c'est ça qu'il faut retenir. PATRICK ROGER Oui, qu'il faut retenir. Mais ce qu'on retient quand même, c'est qu'à chaque fois il y a ces petites révélations, ces petites phrases. C'est quand même assez incroyable d'ailleurs. On se dit : « Qui a intérêt à faire filtrer cette petite déclaration, cette conversation téléphonique ? » Vous l'avez entendue vous-même aussi. Forcément tous les ministres l'ont entendue. AGNES PANNIER-RUNACHER Oui, tout à fait. Encore une fois, je pense qu'il faut prendre du recul par rapport au sujet. La chronique aime bien faire l'exégèse des petites phrases. Moi, je pense que les juges ont l'affaire en main. A priori, ils ont du matériel à traiter de ce qu'on comprend. PATRICK ROGER Oui, oui. AGNES PANNIER-RUNACHER Laissons-les faire leur travail. PATRICK ROGER Oui. A propos de petites phrases, Emmanuel MACRON s'est confié hier. Il a reçu quelques journalistes. D'ailleurs il a changé un peu finalement de méthode puisqu'il avait dit en démarrant son quinquennat qu'il n'y aurait plus ces confidences. Là il a dit qu'il devait peut-être arrêter ces petites phrases qui sont mal comprises. « La franchise, ça ne paye pas. » Qu'est-ce que vous en pensez, vous ? AGNES PANNIER-RUNACHER Je pense que l'objectif, c'est de renouer le contact avec les Français. Il faut balayer devant notre porte, c'est ce que nous faisons. Le Grand débat national que nous avons lancé est complètement inédit dans son format, dans sa puissance. On est aujourd'hui à plusieurs milliers de réunions. On est à près de quatre cent mille contributions. Je perds le fil tellement ces contributions augmentent de jour en jour. C'est de ça qu'il est question. PATRICK ROGER Ça, c'est une bonne chose ? Vous, on peut vous qualifier de technocrate parce que vous avez fait l'ENA et cætera. On va en parler dans un instant. Se dire qu'il faut aller au contact, sur le terrain, dialoguer avec des citoyens, c'est une bonne chose ? Emmanuel MACRON d'ailleurs et son équipe auraient dû y penser peut-être un petit peu plus tôt ? AGNES PANNIER-RUNACHER C'est surtout l'ADN du mouvement En Marche. PATRICK ROGER Oui, c'est ça. L'ADN qui avait été perdu en marche. AGNES PANNIER-RUNACHER Moi, j'ai fait la campagne En Marche. J'ai fait du porte-à-porte à peu près dans tous les quartiers de Paris en l'occurrence puisque j'habite à Paris. PATRICK ROGER Oui, mais pourquoi ça s'est arrêté quand vous êtes arrivé au pouvoir ? AGNES PANNIER-RUNACHER Je ne crois pas que ça se soit arrêté. Je pense en revanche que lorsque vous êtes dans le calendrier des réformes et que vous enchaînez des projets au Parlement, on ne se rend pas compte en fait de l'intensité que représente le travail ministériel. Je vais vous donner un exemple. Moi, j'ai passé ma soirée jusqu'à minuit et des brouettes au Parlement sur le projet PACTE. J'ai fait la même chose la veille. Effectivement, vous êtes dans un rythme extrêmement continu et même si vous allez sur le terrain, et je le fais par exemple à raison d'une fois par semaine, vous n'êtes pas dans la même capacité à être en contact permanent que lorsque vous êtes dans la vie courante. PATRICK ROGER Non mais c'est vrai. Donc tout ça, les énarques sont plutôt champions en la matière, auraient dû revoir une autre organisation peut-être pour pouvoir fonctionner, justement ne pas perdre cette connexion avec le terrain. Non ? AGNES PANNIER-RUNACHER Là, je pense qu'on est un petit peu dans l'idéologie parce que l'énarchie ou par l'énarchie… Moi en l'occurrence, j'ai passé dix ans dans le privé et j'ai été administratrice du SAMU social de Paris, j'ai travaillé aux hôpitaux de Paris. Je ne sais pas qui est déconnecté de qui. PATRICK ROGER C'est vrai. AGNES PANNIER-RUNACHER Ce qui est important, c'est qu'il faut nouer ce dialogue. Et c'est sûr que des petites phrases qui sont mal interprétées font parfois plus de dégâts que toutes les mesures qu'on a mis en place. Je pense à la loi sur la pauvreté, je pense à la réforme de la santé, je pense aux mesures de BLANQUER. PATRICK ROGER Tout peut être balayé par une petite phrase, c'est ça ? AGNES PANNIER-RUNACHER Parce qu'il y a de la symbolique et parce que ce qui nous est également dit, c'est qu'il y a un besoin de reconnaissance des Français et il y a un sentiment de ne pas être pris en compte. Ce sentiment-là, c'est précisément sur ça qu'on avait construit notre campagne, c'est de dire : « Il y a des gens qui sont délaissés, qui n'ont pas les mêmes opportunités et c'est inadmissible. » On a bâti tout le programme qu'on est en train de livrer sur ça. PATRICK ROGER Oui, sur ça. Venons aussi aux dégâts collatéraux du mouvement des Gilets jaunes qui a touché beaucoup de commerçants qui tirent la langue. Certains bénéficient d'aides et d'autres ne les réclament pas alors qu'ils pourraient avoir des aides. C'est ça ? C'est ce que vous leur dites ce matin ? AGNES PANNIER-RUNACHER Exactement. C'est-à-dire que le Gouvernement s'est mobilisé dès le 26 novembre, donc au tout début du mouvement des Gilets jaunes. D'abord parce qu'il y avait beaucoup de casse donc on voulait mobiliser les assureurs pour que les dossiers soient traités le plus rapidement et que les commerçants puissent travailler dans de bonnes conditions. Réparer leur boutique, récupérer leurs stocks. On a ensuite fait en sorte, parce qu'on savait qu'ils allaient risquer d'avoir des problèmes de trésorerie puisqu'ils n'avaient pas le chiffre d'affaires des grandes journées du samedi qui précèdent Noël, d'avoir des facilités donc on leur a proposé de déplacer des échéances de paiement d'impôt, des échéances de paiement de charges sociales. Ce qu'on observe aujourd'hui, c'est qu'à la fois les fédérations avec lesquelles je suis au contact très, très régulièrement nous disent : « Attention ! Il y a des gros problèmes de trésorerie » et en même temps, je vous donne un exemple. Sur la Gironde, trente-cinq dossiers de demande de déplacement de paiement de charges et d'impôts, quatorze à Bordeaux. C'est un appel qu'on fait aux commerçants. Je pense qu'il y a une petite forme d'autocensure parce que prendre son téléphone pour appeler le fisc… PATRICK ROGER Oui, ils n'osent pas le faire, c'est ça. AGNES PANNIER-RUNACHER Pour leur dire : « Est-ce que vous pouvez me déplacer les échéances ? », ce n'est peut-être pas très habituel comme réflexe, mais faites-le. PATRICK ROGER Donc ce que vous dites, Agnès PANNIER-RUNACHER, ce matin sur Sud Radio, c'est que : petits commerçants, n'hésitez pas à appeler. On appelle qui alors ? AGNES PANNIER-RUNACHER Le plus simple, c'est qu'ils appellent la fédération dont ils sont le plus proche ou la chambre de commerce et d'industrie, ou ils vont sur le site entreprises.gouv.fr et il y a tous les numéros par région de leur correspondant qui fera en sorte de mettre… PATRICK ROGER D'ailleurs on va bien leur répondre ? Parce que souvent l'administration, c'est compliqué. AGNES PANNIER-RUNACHER En tout cas, nous on a passé les consignes pour leur répondre. Et si on ne leur répond pas, ils nous le font savoir parce qu'on repassera les consignes et on doublera les effectifs. PATRICK ROGER Oui. Ça concerne les commerçants… AGNES PANNIER-RUNACHER Les commerçants, les artisans, les routiers. PATRICK ROGER Les artisans également aussi qui peuvent être concernés. AGNES PANNIER-RUNACHER Tout à fait. En fait, c'est toutes les personnes qui ont été impactées par les Gilets jaunes du fait de fermetures ou du fait de violences. PATRICK ROGER Oui, voilà, c'est ça. Qui sont concernés donc. AGNES PANNIER-RUNACHER Ou de blocages. PATRICK ROGER Ou de blocages. Donc qu'ils n'hésitent pas. Est-ce qu'il y a une date limite ou pas ? AGNES PANNIER-RUNACHER Il n'y a pas de date limite. Mais notre argumentation c'est le plus tôt possible parce que c'est beaucoup plus facile de traiter des situations quand elles sont tangentes mais pas au bord du coma dépassé que lorsqu'elles sont en coma dépassé. PATRICK ROGER Et est-ce qu'on a une idée précisément de l'impact que ça a sur la croissance - en chiffres, c'est peut-être un petit peu compliqué - ou de la perte ? Parce qu'à un moment donné, on avait parlé d'emploi, d'un certain nombre d'emplois. AGNES PANNIER-RUNACHER Aujourd'hui ce qu'on sait, c'est qu'on finance des mesures de chômage partiel et ça concerne soixante-six mille personnes. Ça, ça donne une première idée. Ces soixante-six mille personnes ne sont pas au chômage mais simplement ça veut dire qu'on est obligé de tenir la tête hors de l'eau des entreprises en question pour qu'elles ne passent pas au chômage. La deuxième chose, c'est qu'on a un impact sur le PIB au mois de décembre qui est mesuré à peu près à 0,1 %, 0,1 % sur toute l'année, ce qui fait un peu plus de deux milliards d'euros. Ça, c'est des chiffres qui sont à ce stade. On n'a pas aujourd'hui une vue complète de l'impact du mouvement des Gilets jaunes mais il est probablement plus important. PATRICK ROGER Oui. Alors vous avez vu qu'aujourd'hui entre en application la loi Alimentation. A priori c'est pour aider les agriculteurs mais on sait aussi qu'évidemment certains prix vont augmenter, des prix de produits courants quotidiens. Vous redoutez justement un impact sur le pouvoir d'achat et sur le panier de la ménagère ? AGNES PANNIER-RUNACHER D'abord je veux rappeler que le pouvoir d'achat a augmenté pour les Français et notamment à la faveur des mesures. Ça, c'est ce que nous donne l'INSEE très clairement. PATRICK ROGER Oui. Mais ç'a été contesté, vous l'avez vu, par l'UFC-Que Choisir et puis 60 Millions de consommateurs qui ont fait un autre calcul, parce que tout n'est pas pris en compte quand même. AGNES PANNIER-RUNACHER Je ne partage pas totalement ce point de vue et j'ai tendance à faire confiance aux économistes que sont l'INSEE. PATRICK ROGER Oui. Mais vous savez que les loyers, et cætera, ne sont pas pris en compte par l'INSEE. Donc évidemment, c'est un panier qui est faussé. AGNES PANNIER-RUNACHER En fait, vous avez plusieurs paniers qui sont calculés par l'INSEE. PATRICK ROGER Bien oui. AGNES PANNIER-RUNACHER Et vous avez une prise en compte qui est assez… Mais on ne va pas rentrer dans le débat d'experts, je pense que ce n'est pas le sujet. PATRICK ROGER Non. AGNES PANNIER-RUNACHER Le sujet de la loi EGalim, c'est de faire en sorte que des agriculteurs – il y en a 30 % par exemple qui vivent aujourd'hui avec moins de trois cent cinquante euros par mois. Pardonnez-moi, mais à un moment où on est en train de parler de la nécessité absolue d'augmenter le SMIC qui est à mille deux cents euros, de quoi parle-t-on ? Les agriculteurs, il faut les accompagner. Je pense que tous les Français sont d'accord pour dire ça. PATRICK ROGER Ça, c'est vrai. AGNES PANNIER-RUNACHER Tous les Français sont d'accord. Donc maintenant, il faut être cohérent. Comment on les accompagne ? On sait aujourd'hui qu'on leur achète par exemple le prix du litre de lait qu'ils produisent pour 0,39 euro leur est acheté à 0,30 euro. Ils vendent à perte. C'est inadmissible. Quel est l'enjeu ? PATRICK ROGER Ça, on l'a compris pour les agriculteurs mais l'effet collatéral, c'est sur les autres produits. AGNES PANNIER-RUNACHER Laissez-moi aller jusqu'au bout. Le fameux prix du litre qui est à 0,30 euro pour l'agriculteur, il est vendu 1 euro à 1,30 euro dans les grandes surfaces. PATRICK ROGER Bien sûr, on ne découvre pas la Lune. Ça fait des années effectivement. AGNES PANNIER-RUNACHER On est d'accord. PATRICK ROGER Bien sûr. AGNES PANNIER-RUNACHER Donc tout ce qu'on est en train de dire, c'est qu'il y a de la marge et que cette marge doit être mieux répartie. Donc c'est ça l'enjeu : c'est de mieux répartir la marge et de faire en sorte que les agriculteurs soient correctement rémunérés, suffisamment rémunérés d'ailleurs pour pouvoir partir sur des productions qui soient plus raisonnées, plus bio et qui leur permettent d'avoir de meilleurs prix et qu'il nous semble que cette répartition de la marge peut être obtenue de la part des magasins de grande distribution et qu'ils peuvent faire un effort. PATRICK ROGER Oui. Agnès PANNIER-RUNACHER, un dernier mot sur le pouvoir d'achat. Aujourd'hui aussi il y a l'augmentation du prix des péages. Au moment où vous discutez de la loi PACTE justement sur les privatisations telle que AEROPORTS DE PARIS. Est-ce qu'il faut ne faudrait pas suspendre un petit peu cette opération, notamment pour AEROPORTS DE PARIS ? Parce qu'on voit derrière l'impact qu'il peut y avoir. AGNES PANNIER-RUNACHER Juste préciser une chose. Si vous voulez chaque année être augmenté en tant que salarié, à un moment il faut que ce soit répercuté sur les prix. C'est d'ailleurs en fait le principe de l'économie. PATRICK ROGER 30 % quand même depuis 2011 pour les péages d'autoroutes. AGNES PANNIER-RUNACHER Oui. Ça fait donc huit ans, monsieur. PATRICK ROGER C'est beaucoup. Oui mais, je n'ai pas l'impression que le pouvoir d'achat a augmenté de 30 % par ailleurs depuis huit ans. AGNES PANNIER-RUNACHER Alors je vais quand même préciser certaines choses. Madame BORNE, la ministre des Transports, ce qu'on oublie de dire c'est qu'elle vient de négocier une réduction de 30 % précisément pour les personnes qui font des trajets… PATRICK ROGER Des trajets courts, on est d'accord. AGNES PANNIER-RUNACHER Des trajets réguliers surtout à raison de dix fois par semaine et ils ont 30 % de moins sur les péages. Donc tout ça, je pense, plaide pour montrer que le système fonctionne. S'agissant d'AEROPORTS DE PARIS, il s'agit d'un organisme qui gère d'une part tout ce qui est aéroports mais surtout des boutiques de luxe et de souvenirs… PATRICK ROGER Donc il y aura privatisation ? AGNES PANNIER-RUNACHER Oui, bien sûr. En tout cas, c'est notre volonté qu'il y ait une privatisation et c'est une volonté qui permet de dégager des financements pour financer des innovations de recherche. C'est extrêmement important. PATRICK ROGER Oui. Le mot de la fin, Agnès PANNIER-RUNACHER, avec Cécile de MENIBUS. CECILE DE MENIBUS A Noël, vous invitiez les Français à ne pas faire leurs achats sur Internet et à aller plutôt vers les petits commerces. Est-ce qu'avec cette loi Alimentation vous n'avez pas peur que les gens aillent acheter leur Nutella, leur Coca justement sur Internet ce qui dévierait un peu cette loi ? AGNES PANNIER-RUNACHER Alors la loi sur l'alimentation, elle s'applique à tous les canaux de distribution, qu'ils soient en ligne ou qu'ils soient dans les magasins. Donc ça, c'est le premier point. CECILE DE MENIBUS Ça dépend où vous achetez, sur quel site. AGNES PANNIER-RUNACHER Alors, ça dépend si vous achetez sur des sites qui vendent depuis l'étranger, mais vous avez quand même des frais aussi de transport qui, je pense, sont largement supérieurs au petit pourcentage qu'on demande de rendre aux distributeurs pour payer les agriculteurs. Je rappelle tous les dispositifs. Donc non, je crois que sur l'alimentation, je n'ai pas cette crainte et je crois que l'enjeu c'est surtout d'avoir des contrats de moyen terme. C'est en train de se mettre en place aujourd'hui. Il y a BEL qui a conclu un contrat de façon à rémunérer à moyen terme et avec des prix acceptables les agriculteurs. Pour faire ça, il faut faire une grosse pression à un moment ; c'est l'enjeu. Et dernier point, cette loi EGalim, c'est dix-huit mois de concertation avec les distributeurs, les industries agroalimentaires et les agriculteurs. Je pense que certains ont la mémoire courte. CECILE DE MENIBUS Et vous avez un invité surprise. IMITATION DE JOEYSTARR Oui, bonjour Agnès PANNIER-RUNACHER. Là, c'est JS, Joeystarr, quoi. Je voulais dire, quoi, j'ai entendu que le Gouvernement va lancer des enchères pour la 5G cet automne. Moi dans ma cité, je faisais déjà des enchères en vendant du 5G voire du 10G, voire du 15G, du 15 grammes de « teuchi » quoi, tu vois. Alors la 5G, il paraît que ça fait des trous irréversibles dans le cerveau pire que la beuh, alors voici ma question : qu'est-ce qui est prioritaire en 2019 ? Déployer la 5G en France ou préserver le QI des Français, quoi ? AGNES PANNIER-RUNACHER Alors ce qui est prioritaire… IMITATION DE JOEYSTARR Qu'est-ce qui est important quoi ? AGNES PANNIER-RUNACHER Je comprends bien. Ce qui est prioritaire en 2019 en fait, ce n'est pas la 5G parce que la 5G, c'est un travail qui est plutôt sur l'industrie du futur, la santé, les robots chirurgicaux à distance et cætera. C'est la 4G et c'est le très haut débit pour tous. C'est-à-dire que l'ensemble de la France soit couverte par des réseaux de façon à ce qu'il n'y ait pas de trous et de déconnexion des territoires. PATRICK ROGER Oui. 2020 ? AGNES PANNIER-RUNACHER Alors 2020 pour le plan 4G, 2022 pour le très haut débit. Ça veut dire que la France sera le pays qui conjuguera le meilleur taux de couverture et les prix les plus bas sur le mobile et sur le fixe. Je le rappelle. PATRICK ROGER Merci. Agnès PANNIER-RUNACHER, Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances était l'invitée ce matin de Sud Radio. AGNES PANNIER-RUNACHER Merci beaucoup. Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 février 2019
La source — vie_publique · nº 269529
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/269529-agnes-pannier-runacher-01022019-politique-economique?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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