geheim.land Recherche Politique
12 décembre 2018 · Gouvernement · CNews · discours Discours

Interview de M. Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'action et des comptes publics, avec Cnews le 12 décembre 2018, sur l'attentat terroriste à Strasbourg et sur les mesures du gouvernement en faveur du pouvoir d'achat.

Olivier Dussopt (auteur), Jean-Pierre Elkabbach (intervenant)

JEAN-PIERRE ELKABBACHBienvenue Olivier DUSSOPT, bonjour merci d'être avec nous.OLIVIER DUSSOPTBonjour.JEAN-PIERRE ELKABBACHVous êtes ministre chargé de la réforme de l'Etat, de la Fonction publique etc. On va parler des conséquences des décisions du président de la République. Mais d'abord vous venez d'entendre le ministre de l'Intérieur, Christophe CASTANER, et Fabienne KELLER, la France en urgence attentat et en même temps Vigipirate renforcé. Quel geste de popularité et surtout de solidarité vous attendez, j'ai envie de dire de tous les Français et des gilets jaunes ce matin ?OLIVIER DUSSOPTOn attend de tout le monde la plus grande précaution et la plus grande prudence. A l'heure où nous parlons il y a des victimes, des familles qui sont endeuillées. Des victimes qui sont blessées gravement. Chacun doit se mobiliser et la police en premier, ce qu'elle fait pour attraper et incarcérer, mettre hors d'état de nuire celui qui a commis ces actes.JEAN-PIERRE ELKABBACHQu'est-ce qu'il faut faire pour répondre à cette menace, renouveler à la sécurité publique, à la sécurité de chacun des Français ?OLIVIER DUSSOPTIl faut d'une part et dans un premier temps attendre de connaître exactement les circonstances pour ne pas céder à la panique et la deuxième chose, mais les Français ils sont malheureusement habitués depuis maintenant plusieurs années, c'est de redoubler de vigilance, c'est de faire attention, c'est de signaler quand on a un doute sur un comportement, sur l'activité de tel ou tel. Faire en sorte que nous soyons les uns et les autres protégés.JEAN-PIERRE ELKABBACHEric WOERTH ici hier, Laurent WAUQUIEZ et d'autres ont demandé déjà avant l'attentat aux gilets jaunes de ne pas manifester à Paris dans différentes villes de France, est-ce que vous le dites aussi ce matin ?OLIVIER DUSSOPTJe le dis ce matin mais je le disais hier, je le disais aussi avant l'attentat, les gilets jaunes décideront et ils feront ce qui leur paraît le meilleur. Mais avant que se produise ce drame je pense qu'il est temps de se mettre autour de la table des discussions, de participer au débat public, au débat national plutôt que de multiplier les manifestations.JEAN-PIERRE ELKABBACHNon mais est-ce que ça veut dire que vous pouvez leur demander de poursuivre leur mouvement politique en jaune comme ils veulent et de cesser les blocages. Est-ce que vous leur demandez de cesser les blocages et puis ne venez pas distraire les forces de sécurité qui sont engagées ailleurs ?OLIVIER DUSSOPTNous le demandions avant l'attentat, donc nous le demandons encore plus aujourd'hui.JEAN-PIERRE ELKABBACHLà vous le dites ce matin.OLIVIER DUSSOPTEt nous l'avons dit avant.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui.OLIVIER DUSSOPTNous l'avons dit avant JEAN-PIERRE ELKABBACHD'accord vous l'avez dit avant mais maintenant vous le dites davantage ou pas ?OLIVIER DUSSOPTExactement, on le dit davantage si vous voulez qu'on le dise davantage mais l'essentiel c'est de s'inscrire dans le débat indépendamment de ce drame.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais est-ce que ça veut dire que dans le gouvernement vous avez peur qu'on dise ça tombe bien pour une manipulation de plus comme on le lit dans les réseaux sociaux.OLIVIER DUSSOPTOn sait d'ores et déjà qu'il y a des lectures complotistes de tout cela, malheureusement le complotisme est répandu, souvent sur les réseaux sociaux, c'est un drame. Et toutes celles et ceux qui instrumentalisent un drame, toutes celles et ceux qui diffusent une information pour récupérer ou donner une traduction à tel ou tel drame ne font pas de la politique, c'est assez écoeurant même.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais vous préféreriez qu'il n'y ait pas de manif à Strasbourg, Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux.OLIVIER DUSSOPTJe le répète avant cette attaque, avant ce drame nous souhaitions que les manifestations s'arrêtent et que le débat commence.JEAN-PIERRE ELKABBACHAlors c'est une course de vitesse pour appliquer les décisions du président de la République. Maintenant on va entrer avec vous dans la phase concrète pour ce qui vous concerne. Pour la fonction publique, la prime d'activité c'est quand ?OLIVIER DUSSOPTC'est quand ? C'est déjà tout de suite ? Parce que la prime d'activité est déjà ouverte aux fonctionnaires dans les mêmes conditions que les salariés du privé, c'est-à-dire pour une personne seule, jusqu'à un salaire d'environ 1.500 euros par mois, très peu de fonctionnaires, par rapport aux salariés du secteur privé JEAN-PIERRE ELKABBACHEt le Sénat OLIVIER DUSSOPTFont valoir ce droit. Le Sénat nous a aidés sur un point qui concerne les agents publics et les salariés privés, c'est-à-dire que dans la loi, la date de mise en oeuvre des nouvelles modalités de la prime d'activité était fixée au 1er avril et le Sénat a accepté de voter un amendement en urgence hier pour que ce soit au 1er janvier de manière à ce que nous puissions traduire les décisions du président de la République dès le mois de janvier.JEAN-PIERRE ELKABBACHEn janvier. Les heures supplémentaires défiscalisées c'est pour quand ?OLIVIER DUSSOPTDès que le texte sera voté, nous avons un petit travail législatif, nous écrivons les amendements, nous préparons cela. Et je le précise parce que c'est une question importante la défiscalisation des heures supplémentaires concernera le secteur privé et le secteur public. Et il y a énormément d'agents publics qui font déjà des heures supplémentaires. Nous estimons que chaque année il y a à peu près 1,5 million heures supplémentaires qui sont réalisées et à peu près un agent public sur deux qui peut faire des heures supplémentaires, beaucoup dans l'enseignement notamment.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt une décision pour les salaires dans la fonction publique c'est pour quand ?OLIVIER DUSSOPTNous avons dit le 22 octobre dernier que nous ne toucherions pas au point d'indice pour une raison, lorsque vous augmentez le point d'indice cela coûte extrêmement cher. Si vous l'augmentez de 1 % JEAN-PIERRE ELKABBACHMais alors ils n'ont droit à rien ?OLIVIER DUSSOPTAttendez, je vais compléter, si vous l'augmentez de 1 % ça coûte deux milliards d'euros et pour un agent public qui gagne 2.000 euros c'est un gain de 15 euros et celui qui en gagne 1.000 c'est un gain de 7 euros. Nous avons pris d'autres décisions, nous appliquons le protocole carrière-rémunération. Nous avons revalorisé un certain nombre de primes pour des métiers particuliers comme dans la gérontologie. Nous revoyons un système de remboursement. En 2019, cela représente un effort d'un milliard d'euros à destination des agents publics.JEAN-PIERRE ELKABBACHPour 2019.OLIVIER DUSSOPTEn 2019. Ça avait été annoncé le 22 octobre et vient s'ajouter à cela, parce que ça n'était pas prévu à cette date la défiscalisation des heures supplémentaires.JEAN-PIERRE ELKABBACHCes mesures vous les expliquez maintenant, est-ce que vous étiez au courant avant que le président l'annonce ? Le Premier ministre, pas vous seul, mais le Premier ministre.OLIVIER DUSSOPTLe président de la République a beaucoup consulté et à un moment il a pris des arbitrages. Et le rôle JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc vous ne connaissiez pas ?OLIVIER DUSSOPTLe rôle du gouvernement c'est d'appliquer les décisions du président de la République.JEAN-PIERRE ELKABBACHD'accord mais vous ne saviez pas ce qu'il allait annoncer ?OLIVIER DUSSOPTTout le monde ne savait pas ce qu'il allait annoncer et c'est sa décision de répondre à une crise à un moment politique et je le répète notre responsabilité c'est de mettre en oeuvre le cap.JEAN-PIERRE ELKABBACHLe SMIC, c'est pour quand ?OLIVIER DUSSOPTL'augmentation des rémunérations au niveau du SMIC, ce sera essentiellement liée à l'augmentation de la prime d'activité et nous travaillons pour qu'un maximum de salariés puisse en bénéficier.JEAN-PIERRE ELKABBACHPour quel type de fonctionnaire et de salaire ?OLIVIER DUSSOPTCa n'est pas une question de type de métier, c'est une question de rémunération. Les conditions d'accès à la prime d'activité sont connues, il y a des niveaux de salaires, selon qu'on soit seul, selon qu'on soit en couple, nous travaillons pour l'élargir et nous travaillons aussi pour qu'il y ait un effet en cascade notamment par les accords de branche.JEAN-PIERRE ELKABBACHD'accord vous dites l'élargir, ça veut dire que dans un couple si l'un est au SMIC et l'autre a un salaire au-dessus du SMIC, qu'est-ce qui se passe ?OLIVIER DUSSOPTCela dépend s'ils ont JEAN-PIERRE ELKABBACHC'est familiarisé.OLIVIER DUSSOPTC'est familiarisé, cela dépend aussi s'ils ont des enfants. Il y a des barèmes qui existent, qui sont en place, et nous regardons comment les actualiser, comment faire en sorte que les modalités soient les plus efficaces possibles, puisque hier soir le président de la République l'a dit à la fois au gouvernement et aux parlementaires de la majorité, il a annoncé des mesures, il faut qu'elles soient effectives, qu'elles soient complètes, qu'elles soient rapides, c'est 100 euros net en plus de la revalorisation du SMIC prévue au 1er janvier.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt il y a toute une polémique autour du SMIC, on le verra tout au long de la journée. Cet après-midi le président de la République reçoit avec le Premier ministre les grands patrons, est-ce que, vous voulez des gestes de solidarité significatifs et que ça ne soit pas seulement à votre bon coeur messieurs-dames, non ?OLIVIER DUSSOPTNous leur demandons de jouer le jeu, nous leur demandons aux chefs d'entreprise qui le peuvent de verser des primes que nous allons défiscaliser et exonérer de cotisations. Nous demandons aussi à un certain nombre d'acteurs de faire des efforts. Cet après-midi le président de la République reçoit des organisations patronales, hier il a reçu le secteur bancaire. Et le secteur bancaire s'est engagé d'une part à ne pas augmenter les tarifs bancaires pour 2019 contrairement à ce qui était prévu. Et d'autre part à limiter les frais pour incidents de paiement pour faire en sorte que ces frais bancaires ne pèsent pas trop sur les ménages.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc et ça c'est important OLIVIER DUSSOPTTrès important au quotidien.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt aux patrons pour qu'ils versent des primes à la fin de l'année OLIVIER DUSSOPTPour toutes celles et ceux qui le peuvent.JEAN-PIERRE ELKABBACHIl y a déjà toute une liste qui commence à s'allonger, je note TOTAL, ORANGE, PUBLICIS, Xavier NIEL, le groupe ADVENS Abbas JABER qui vient de racheter d'après ce que j'ai vu les Grands Moulins de Strasbourg, justement et de sauver 350 emplois, la liste doit s'allonger.OLIVIER DUSSOPTLa liste doit s'allonger, Muriel PENICAUD, la ministre du Travail leur a aussi demandé d'ouvrir des négociations salariales. J'ajoute parce que vous avez cité des grandes entreprises que dans la loi de finances qui est en cours d'examen, nous avons des dispositions pour faire en sorte que les entreprises de moins de 250 salariés qui mettent en place des accords d'intéressement pour faire en sorte de mieux partager la richesse avec les salariés soient exonérées de forfait social et faciliter ces intéressements.JEAN-PIERRE ELKABBACHLa question lancinante, combien ça va coûter ? On dit 10 milliards peut-être plus, peut-être plus ?OLIVIER DUSSOPTC'est une dizaine de milliards d'euros et nous travaillons avec Gérald DARMANIN à la fois au financement de ces mesures et la maîtrise du total des dépenses.JEAN-PIERRE ELKABBACHEn 2019, on est en train de dire et de répéter qu'il faut s'attendre à une nouvelle tranche d'impôt sur les hauts revenus, vous confirmez ?OLIVIER DUSSOPTÇa fait partie des suggestions, des propositions qu'un certain nombre d'acteurs politiques JEAN-PIERRE ELKABBACHMais c'est possible qu'il y ait une nouvelle tranche pour les hauts revenus ?OLIVIER DUSSOPTTout sera versé à la discussion, aujourd'hui il n'y a pas d'arbitrage, de décision prise en ce sens JEAN-PIERRE ELKABBACHMais ce n'est pas exclu vous dites ?OLIVIER DUSSOPTMais ça fait partie des sujets, ça fait partie des propositions de beaucoup de responsables politiques.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt les 3 %, on dit que vous allez atteindre 3 % et peut-être même 3,4 % de déficit et j'ai noté ce matin que dans Le Parisien, Pierre MOSCOVICI dit que dépasser la limite de 3 % et si on ne le fait pas pendant 2 ans, c'est envisageable.OLIVIER DUSSOPTNous avons des discussions avec la Commission européenne évidemment nous aurons une petite remontée du déficit mais il faut avoir un point qui est important, un point en tête, un peu technique mais important. Nous avons une prévision de déficit aujourd'hui à 2,8 % donc sous la barre des 3 mais avec dans ces 2,8, 0,9 point qui ne sont valables que pour 2019 parce que c'est la transformation du CICE en allégements de charges.JEAN-PIERRE ELKABBACHÇa fait 40 milliards, est-ce que vous pouvez utiliser ces 20 milliards, au moins 10 milliards de ces 20 milliards ?OLIVIER DUSSOPTC'est une somme qui est due par l'Etat au titre du crédit d'impôts pour 2018 et nous sommes en train de regarder, d'abord de faire valoir auprès de la Commission européenne l'aspect ponctuel et comme vous l'avez dit tout à l'heure le président de la République discute avec l'ensemble des acteurs.JEAN-PIERRE ELKABBACHD'accord vous avez là une mine comme dit l'économiste Daniel COHEN.OLIVIER DUSSOPTNon je ne crois pas que ce soit une mine mais je pense que quand on est dans une situation politique comme celle que nous connaissons, il faut répondre et président de la République a répondu.JEAN-PIERRE ELKABBACHMerci Olivier DUSSOPT.OLIVIER DUSSOPTMerci.JEAN-PIERRE ELKABBACHD'avoir répondu sur les questions de sécurité mais c'est l'actualité et en même temps sur ce qui va se passer OLIVIER DUSSOPTExactement actualité dramatique.JEAN-PIERRE ELKABBACHEn matière d'application des décisions d'Emmanuel MACRON.Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 décembre 2018
La source — vie_publique · nº 207526
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/207526-interview-de-m-olivier-dussopt-secretaire-detat-aupres-du-ministre-de?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé