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6 décembre 2018 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, à BFMTV le 6 décembre 2018, sur le gouvernement face à la contestation des "Gilets jaunes".

Jacqueline Gourault (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDIN Jacqueline GOURAULT, bonjour. JACQUELINE GOURAULT, MINISTRE DE LA COHESION DES TERRITOIRES ET DES RELATIONS AVEC LES COLLECTIVITES TERRITORIALES Bonjour Monsieur BOURDIN. JEAN-JACQUES BOURDIN Ministre de la Cohésion des territoires. Vous êtes au coeur de ce qui va se passer dans quelques jours. A partir du 15 décembre, des discussions, des négociations, des concertations vont être ouvertes partout, partout en France. Vous allez nous dire dans quelles conditions mais auparavant, je voudrais vous poser une question toute simple : est-ce que samedi ça risque de mal finir ? JACQUELINE GOURAULT En tout cas, il y a des risques effectivement que cela se passe mal. C'est la raison pour laquelle le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur ont appelé les gens qui n'ont pas d'obligation à sortir ou à venir à Paris à rester chez eux, parce que nous savons – nous savons, nous sommes informés – qu'il y a au-delà des Gilets jaunes des groupes, disons des groupuscules qui veulent en découdre et qui veulent que la violence s'installe dans notre pays. JEAN-JACQUES BOURDIN Je m'arrête là. Vous savez, vous avez des informations. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN L'Elysée a publié un communiqué ou fait savoir qu'un noyau dur de plusieurs milliers de personnes viendrait à Paris pour casser et pour tuer. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN Je dis bien pour tuer. Le mot a été employé, Jacqueline GOURAULT. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN Pour tuer. Pour tuer qui, comment et qui sont ces milliers de personnes ? JACQUELINE GOURAULT Ecoutez, Monsieur BOURDIN, je suis allée dimanche dernier au Puy-en-Velay, dans un département, la Haute-Loire, qui n'est pas particulièrement reconnu pour sa violence. J'ai vu les dégâts faits par les Gilets jaunes et les factieux – appelons-les comme ça – violents qui voulaient et qui ont mis le feu à la préfecture et, ce qui est absolument insensé, mais qui voulaient en fait aussi tuer puisque quelqu'un m'a raconté – la sous-préfète qui était de garde là-bas – que les cris c'était : « On va vous griller comme des poulets. » Donc il y a des gens extrêmement violents dans tout cela et il faut que les Français le sachent. JEAN-JACQUES BOURDIN Et selon vos informations, ces gens extrêmement violents sont prêts à venir à Paris samedi et à tuer à Paris samedi. Parce qu'attention à ce que dit l'Elysée, à ce que vous dites. Attention à ce que vous dites. JACQUELINE GOURAULT Je pèse mes mots. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous aussi, c'est votre responsabilité quand vous dites cela. Moi, je me demande si vous ne dites pas cela pour déconsidérer aussi le mouvement des Gilets jaunes. Je vous pose la question. JACQUELINE GOURAULT Monsieur BOURDIN, il y a des éléments violents qui veulent que la France soit entraînée vers le chaos. Donc il faut que les gens raisonnables, démocrates, républicains entendent cela et qu'ils sachent de quel côté ils sont. S'ils sont du côté des institutions, de la République, de la démocratie et pas du désordre et du chaos. JEAN-JACQUES BOURDIN La République est menacée ? JACQUELINE GOURAULT Quand on entend un porte-parole des Gilets jaunes – je crois qu'il y en a au plusieurs successivement – qui dit qu'il veut entrer à l'Elysée, qu'est-ce que c'est sinon l'attaque du symbole de la République ? Ce sont des gens qui veulent le chaos, il y a des gens. Alors, je ne dis pas que c'est la majorité des Gilets jaunes mais il y a des gens dans ce pays qui veulent en découdre avec la démocratie et la République. JEAN-JACQUES BOURDIN Et pendant ce temps-là, Emmanuel MACRON ne dit rien. Alors que la République est menacée ; alors qu'il y a, comme vous le dites à l'Elysée, comme vous le dites, des hommes et des femmes, des hommes, plusieurs milliers de personnes qui viendraient à Paris pour tuer, le Président de la République, lui, ne dit rien devant tout cela. JACQUELINE GOURAULT Monsieur BOURDIN, je pense que le président de la République va devoir s'exprimer. JEAN-JACQUES BOURDIN Quand ? Quand va-t-il s'exprimer ? JACQUELINE GOURAULT Je suis personnellement persuadée qu'il y a deux choses aujourd'hui dans le pays, à la fois une demande de justice sociale plus grande et, deuxièmement, je suis persuadée qu'il y a aussi un besoin d'ordre et de respect des institutions. JEAN-JACQUES BOURDIN Alors il va parler d'ordre, le Président de la République, dans les heures qui viennent ? JACQUELINE GOURAULT Ecoutez, je ne suis pas le Président de la République. JEAN-JACQUES BOURDIN Non, mais vous le savez, Jacqueline GOURAULT. Vous le savez. JACQUELINE GOURAULT Je ne sais pas tout mais JEAN-JACQUES BOURDIN Mais vous savez beaucoup. JACQUELINE GOURAULT En tout cas, moi je sais que le Président de la République va devoir s'exprimer et c'est lui qui va JEAN-JACQUES BOURDIN Et il va s'exprimer là dans les jours qui viennent ? JACQUELINE GOURAULT Il va décider, lui, quand il le fait. Je ne doute pas qu'il le fasse au bon moment. JEAN-JACQUES BOURDIN Dans les jours qui viennent, peut-être samedi. JACQUELINE GOURAULT Peut-être. JEAN-JACQUES BOURDIN Ou vendredi soir. JACQUELINE GOURAULT Peut-être. JEAN-JACQUES BOURDIN Peut-être Jacqueline GOURAULT. Mais vous savez. JACQUELINE GOURAULT Non, je ne le sais pas. Monsieur BOURDIN, je vous le dirais si je le savais. JEAN-JACQUES BOURDIN Bon, d'accord. C'est vrai ? JACQUELINE GOURAULT C'est vrai. JEAN-JACQUES BOURDIN Bon, d'accord. Jacqueline MOURAUD (sic), regardons ce qui a été décidé. GOURAULT, pardon ! JACQUELINE GOURAULT [rires] Je vous reprends discrètement ! JEAN-JACQUES BOURDIN Vous n'avez pas de gilet jaune ? JACQUELINE GOURAULT Non. JEAN-JACQUES BOURDIN Pardonnez-moi. Jacqueline GOURAULT, regardons ce qui a été décidé. Le Premier ministre nous parle de moratoire sur les taxes et sur les carburants, et puis voilà que quelques jours plus tard l'Elysée nous dit : « Non, non, non ! Pas de moratoire. Non, non, non, suppression des taxes pour 2019 sur les carburants. » Déjà, un problème de communication entre les deux mais ce n'est pas le plus important. Le plus important, c'est qu'il y a une suppression de ces taxes, on est bien d'accord. JACQUELINE GOURAULT Absolument. JEAN-JACQUES BOURDIN Suppression de ces taxes pour 2019. JACQUELINE GOURAULT Absolument. JEAN-JACQUES BOURDIN On est bien d'accord. Première mesure. Deuxième mesure, le Président de la République l'a précisé aussi, pas de retour de l'ISF. JACQUELINE GOURAULT Absolument, il l'a dit aussi. JEAN-JACQUES BOURDIN On est bien d'accord. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN Troisième mesure qui m'intéresse beaucoup, c'est l'idée défendue par Xavier BERTRAND. C'était mardi dernier ici-même à votre place, Jacqueline GOURAULT. Xavier BERTRAND proposait la mise en place d'une prime, une prime pouvoir d'achat sans charges sociales et défiscalisée. Est-ce que vous êtes favorable à cette prime ? JACQUELINE GOURAULT J'ai vu d'ailleurs que ce matin, effectivement, Xavier BERTRAND avait réitéré ceci. Comme je viens de le dire, il y a un besoin de justice sociale et c'est une des propositions qui me semblent effectivement intéressantes. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous la reprenez ? Le Gouvernement la reprend ? JACQUELINE GOURAULT Le Gouvernement ne la reprend pas. Je ne suis pas le Gouvernement dans son ensemble. JEAN-JACQUES BOURDIN Edouard PHILIPPE a dit qu'elle l'intéressait hier dans son discours. JACQUELINE GOURAULT Hier le Premier ministre, comme vous le dites vous-même, a effectivement dit que c'était une proposition intéressante. JEAN-JACQUES BOURDIN Donc elle sera contenue dans les discussions à partir du 15 décembre. JACQUELINE GOURAULT Oui, absolument. On sent bien qu'il faut faire quelque chose sur le pouvoir d'achat, c'est évident. Il faut être Je crois que le Premier ministre l'a dit lui-même : il faudrait être aveugle ou sourd pour ne pas le comprendre. JEAN-JACQUES BOURDIN Pour ne pas le comprendre. Donc ce sera repris dans les discussions à partir du 15 décembre. JACQUELINE GOURAULT Absolument. JEAN-JACQUES BOURDIN Bien, discussions à partir du 15 décembre. Au passage, avant que vous me parliez de ces discussions, de l'organisation : le prélèvement à la source, reporté ou pas ? JACQUELINE GOURAULT Au moment où je vous parle, il n'est pas reporté. Vous savez bien que la discussion a eu lieu longuement, que cette décision - je vous rappelle de l'ancien gouvernement, mais tout le monde, je pense, le sait - il a été décidé effectivement de l'appliquer. Alors il y a une affaire psychologique derrière cela. Effectivement, à partir du moment où on fait le prélèvement à la source, on prélève l'impôt mensuellement. Je pense que les gens qui étaient déjà à la mensualisation comprennent ça très bien. Les autres, il faut faire, effectivement bien expliquer qu'il n'y aura pas de baisse de salaire. C'est simplement l'impôt qui est prélevé mensuellement. JEAN-JACQUES BOURDIN Mais dites-moi, ça risque de se télescoper, non, avec la situation actuelle, Jacqueline GOURAULT ? Vous êtes inquiète franchement ? JACQUELINE GOURAULT Non, c'est un JEAN-JACQUES BOURDIN Parce que ce que j'aime bien chez vous, c'est que vous êtes franche. Vous dites ce que vous pensez. JACQUELINE GOURAULT C'est un des éléments dont il faudra effectivement parler et expliquer. Parce qu'autrement, il y a toujours en plus des gens qui sont bien intentionnés pour en rajouter et qui vont mal expliquer ou mettre la confusion. Donc je pense qu'il faudra bien expliquer à nouveau. JEAN-JACQUES BOURDIN Autre chose, les ordonnances loi Alimentation qui sont reportées. JACQUELINE GOURAULT Oui parce qu'hier, effectivement, on devait passer cela au Conseil des ministres mais, comme vous l'imaginez, il y avait des choses plus urgentes. Je connais bien Christiane LAMBERT avec qui j'ai échangé JEAN-JACQUES BOURDIN Qui était avec nous tout à l'heure sur RMC, RMC Découverte. JACQUELINE GOURAULT Très bien. Je ne l'ai pas entendue. Christiane LAMBERT sait très bien, c'est une femme sensée Alors, elle a ses préoccupations vis-à-vis des agriculteurs, elle sait très bien que ce sera fait au mois de janvier. Le ministre de l'Agriculture, je crois, a dit janvier ou février. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui. Il vaut mieux avant fin février parce que les négociations commerciales se terminent en février. Vous le savez Jacqueline GOURAULT. JEAN-JACQUES BOURDIN Je le sais. C'est un engagement du ministre de l'Agriculture et du Gouvernement que ce soit fait en janvier ou février. JEAN-JACQUES BOURDIN Bon. Donc on est rassuré, les agriculteurs sont rassurés. Avant d'ouvrir encore une fois le volet de ces négociations, au coeur des discussions il y aura les dépenses contraintes des Français. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN Il va bien falloir trouver des solutions. Dépenses contraintes, c'est quoi ? C'est les frais bancaires, les assurances, les mutuelles et cætera et cætera, qui augmentent régulièrement. JACQUELINE GOURAULT Oui. Là encore, le Premier ministre l'a évoqué hier dans son discours à l'Assemblée nationale et donc il va falloir aussi que tout le monde se sente concerné, c'est-à-dire pas seulement le Gouvernement mais les banques, les organismes parapublics. Il faut effectivement changer de méthode pour tout ce qui est fiscalité et imposition. JEAN-JACQUES BOURDIN Changer de méthode ça veut dire quoi ? Qu'est-ce que vous nous annoncez ? JACQUELINE GOURAULT Non, je n'annonce rien. Je donne mon avis. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, mais Jacqueline GOURAULT, vous êtes membre du Gouvernement. JACQUELINE GOURAULT Il faut bien prendre les choses, il faut les prendre plus globalement pour le citoyen. Il faut partir du citoyen. Le citoyen, quand il paye, tout s'ajoute. Et donc il faut qu'il y ait une meilleure vision des décisions qui sont prises par les uns et les autres. JEAN-JACQUES BOURDIN Ce sont des mots mais ça veut dire quoi ? Parce que je ne comprends pas très bien, Jacqueline GOURAULT. JACQUELINE GOURAULT Si, vous comprenez bien. JEAN-JACQUES BOURDIN Ça veut dire quoi « meilleures décisions » ? JACQUELINE GOURAULT Si, vous comprenez bien. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, mais j'ai besoin toujours de précisions. JACQUELINE GOURAULT Il faut que quand vous avez Moi-même, je regarde mon relevé bancaire, je vois un truc qui s'appelle on ne sait pas quoi parce qu'on ne sait pas ce que ça veut dire JEAN-JACQUES BOURDIN Les frais bancaires, ça c'est sûr qu'on ne comprend rien. JACQUELINE GOURAULT Avec un mot, et cætera, et on vous dit moins deux euros, moins huit euros, et cætera. Il faut que tout cela soit plus transparent, plus explicite et tout le monde doit faire en sorte que la justice sociale soit plus grande dans notre pays. JEAN-JACQUES BOURDIN Voilà à quoi vont servir ces concertations. JACQUELINE GOURAULT Oui. Les concertations vont servir à cela. Ça va être, avec bien sûr les partenaires sociaux JEAN-JACQUES BOURDIN Alors qui ? Avec qui ? JACQUELINE GOURAULT Les syndicats, les partenaires sociaux, les élus. Moi je suis, au fond, la ministre des Collectivités territoriales et des élus. JEAN-JACQUES BOURDIN Souvent méprisés, ignorés eux, Jacqueline GOURAULT. JACQUELINE GOURAULT Je suis au contact des élus en permanence. JEAN-JACQUES BOURDIN Jacqueline GOURAULT, souvent ignorés. Ne me dites pas le contraire. JACQUELINE GOURAULT Je vous dis que je suis au contact des élus en permanence. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous ? JACQUELINE GOURAULT Oui. Je suis ministre JEAN-JACQUES BOURDIN Peut-être pas l'Etat trop centralisé ? JACQUELINE GOURAULT Je suis ministre depuis assez peu de temps, Monsieur BOURDIN, comme vous le savez. Mais en tout cas, je peux vous dire par exemple quelque chose de concret : demain, vendredi, je reçois l'ensemble des responsables des associations d'élus que ce soient les régions, les départements JEAN-JACQUES BOURDIN Que le Président de la République devait recevoir et qu'il n'a pas reçus d'ailleurs. JACQUELINE GOURAULT Non mais, vous voyez bien que les circonstances étaient particulières. JEAN-JACQUES BOURDIN Bon. JACQUELINE GOURAULT Moi, je les reçois demain après-midi dans leur ensemble et je pense que c'est très important d'associer les collectivités territoriales. Non seulement il y à la justice sociale mais aussi il y a un sujet qui les concerne particulièrement : c'est justement les déplacements. C'est bien sûr la transition écologique parce que ce sont eux qui sont au coeur des déplacements de nos concitoyens. JEAN-JACQUES BOURDIN Est-ce que des Gilets jaunes participeront à ces concertations ? JACQUELINE GOURAULT Bien sûr s'ils le veulent. Oui bien sûr. JEAN-JACQUES BOURDIN Mais comment allez-vous les choisir, les désigner ? Comment ? Ce n'est pas vous qui allez les choisir d'ailleurs, je vous le dis tout de suite. JACQUELINE GOURAULT Ce n'est pas nous qui allons les choisir. JEAN-JACQUES BOURDIN Non, ce sont les Gilets jaunes. Vous demandez aux Gilets jaunes de choisir des représentants ? JACQUELINE GOURAULT Nous demandons aux citoyens JEAN-JACQUES BOURDIN Aux citoyens, oui. JACQUELINE GOURAULT De venir participer à ces rencontres qui se feront sur les territoires. JEAN-JACQUES BOURDIN Où ? JACQUELINE GOURAULT Sur les territoires. JEAN-JACQUES BOURDIN C'est-à-dire ? JACQUELINE GOURAULT Où ? Bien où cela s'organisera, parce qu'il n'y a rien de plus terrible que de plaquer des décisions. JEAN-JACQUES BOURDIN Alors qui va organiser cela ? JACQUELINE GOURAULT Comme vous l'avez vu, il y a eu une annonce faite par le Premier ministre comme quoi l'ensemble allait être géré par la Commission nationale, voilà que j'ai oublié le titre exact JEAN-JACQUES BOURDIN Peu importe. JACQUELINE GOURAULT Donc Chantal JOUANNO est à la tête du débat public. Excusez-moi de ce trou de mémoire passager. Et puis bien sûr, il faut que les élus locaux soient les relais. Il faut que les associations JEAN-JACQUES BOURDIN Donc dans les villes, dans les départements JACQUELINE GOURAULT Dans les villes. Alors moi, je crois qu'il faut aller au plus près du citoyen. JEAN-JACQUES BOURDIN Bien sûr. JACQUELINE GOURAULT Que l'arrondissement JEAN-JACQUES BOURDIN Quelle est la maison du citoyen ? C'est la mairie ? JACQUELINE GOURAULT C'est la mairie au plus près. JEAN-JACQUES BOURDIN Bien sûr. JACQUELINE GOURAULT Et donc, on sera dans une salle de mairie qui voudra bien nous prêter une salle. Mais il y aura les organismes, les chambres de commerce seront invités à participer. JEAN-JACQUES BOURDIN Ça va durer trois mois ? JACQUELINE GOURAULT Ça va durer trois mois et il faut mettre tout sur la table. JEAN-JACQUES BOURDIN Et au bout de trois mois. Des états généraux en quelque sorte, ce sont des états généraux. JACQUELINE GOURAULT Décentralisés. JEAN-JACQUES BOURDIN On peut appeler ça décentralisés, oui. JACQUELINE GOURAULT Décentralisés. Je cite quelque chose que je trouve JEAN-JACQUES BOURDIN Mais qui décidera au bout ? Qui décidera au bout des mesures prises ? JACQUELINE GOURAULT Nous sommes dans un pays démocratique avec des institutions. Il faut respecter les institutions et ceux qui décideront, ce seront JEAN-JACQUES BOURDIN Ce seront les députés ? JACQUELINE GOURAULT Ce sont les députés, ce sont les responsables élus qui décideront. Députés et sénateurs, Monsieur BOURDIN. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, députés et sénateurs. JACQUELINE GOURAULT Vous savez d'où je viens. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, je sais d'où vous venez. D'ailleurs sur les barrages ou blocages de Gilets jaunes, on demande la suppression du Sénat souvent. JACQUELINE GOURAULT Oui. JEAN-JACQUES BOURDIN On demande beaucoup de choses, dissolution de l'Assemblée nationale par exemple aussi. JACQUELINE GOURAULT Oui, absolument. Ce qui montre aussi qu'il y a dans ce pays - ça n'est pas original à notre pays - mais que le vent d'antiparlementarisme est aussi présent. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, ce qui fait partie de la colère. JACQUELINE GOURAULT Oui, mais vous savez à quoi ça a mené dans d'autres pays européens, ces mouvements. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous pensez qu'il y a un début de volonté d'instaurer une forme de dictature dans ce pays ? JACQUELINE GOURAULT Je ne parle pas du tout ça, Monsieur BOURDIN. JEAN-JACQUES BOURDIN Non, mais vous y pensez. JACQUELINE GOURAULT Mais il y a des mouvements qui surfent assez facilement sur l'antiparlementarisme. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui. Antiparlementarisme, ça veut dire quoi ? Ça veut dire dictature, pardon. JACQUELINE GOURAULT Ça veut dire Oui, c'est-à-dire Enfin, non, je ne vais pas prononcer le mot, c'est vous qui le dites. JEAN-JACQUES BOURDIN Mais moi, je le prononce. JACQUELINE GOURAULT Ça veut dire qu'on ne sait pas exactement d'où vient le pouvoir, n'est-ce pas. On ne sait pas par quel moyen et ça c'est très inquiétant. Je voulais vous dire, parce que je ne veux pas oublier de vous le dire JEAN-JACQUES BOURDIN Allez-y. JACQUELINE GOURAULT Sur le territoire, il y a un truc qui a été fait et qui est très important : l'Association des maires ruraux présidée par Vanik BERBERIAN, qui est maire dans l'Indre a pris une initiative que je trouve très intéressante – et une autre association le fait – c'est l'Association des petites villes de France. Ils ont décidé samedi d'ouvrir leur mairie et de s'adresser à leurs concitoyens en leur disant : « Venez dans nos mairies, venez discuter. On va même ouvrir et délivrer des cahiers », des cahiers de doléances on peut dire. Je trouve que c'est une démarche citoyenne intéressante et républicaine. Je voulais les saluer. JEAN-JACQUES BOURDIN Puisque vous parlez de doléances, il y a une idée qui est portée par les élus locaux que vous connaissez beaucoup mieux que moi, mais tout de même : le moratoire sur la fermeture des services publics dans tous les territoires et pour tout type de service. C'est demandé par les élus locaux, vous le savez Jacqueline GOURAULT. JACQUELINE GOURAULT Mais moi, je vais vous dire, je crois que les Français sont assez grands aussi pour comprendre que parfois, quand il n'y a plus d'enfants dans le village ou dans la petite ville, on est obligé de fermer une classe s'il n'y a plus d'enfants. Vous savez, et c'est un problème d'ailleurs, on pourrait en parler de la baisse démographique en France, c'est un vrai sujet. C'est un vrai sujet. JEAN-JACQUES BOURDIN De toute façon, l'aménagement du territoire a été abandonné, tellement centralisé par Paris qu'il a été abandonné pendant des années, Jacqueline GOURAULT. Vous n'allez pas de me dire le contraire. JACQUELINE GOURAULT Je ne vais pas vous dire le contraire. Je voudrais vous dire que vous avez raison et ça vient de loin. JEAN-JACQUES BOURDIN Et ça vient de loin. Mais enfin, tout de même, santé, éducation, police, gendarmerie, trésorerie. Il y a des fermetures de services publics. JACQUELINE GOURAULT Oui, trésoreries, ce n'est pas ce que je mettrais tout de suite en avant parce que trésoreries, qui va à ce qu'on appelait autrefois JEAN-JACQUES BOURDIN Non, j'oublie. Santé, éducation, police, le quotidien. Le quotidien. JACQUELINE GOURAULT Police, parlons-en. Vous savez que Gérard COLLOMB, ministre de l'Intérieur JEAN-JACQUES BOURDIN C'était un bon ministre de l'Intérieur, Gérard COLLOMB ? JACQUELINE GOURAULT Oui, c'était un bon ministre de l'Intérieur. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous le regrettez ? JACQUELINE GOURAULT Je ne le regrette pas, il a pris sa décision de retourner à Lyon. JEAN-JACQUES BOURDIN Il était mieux que CASTANER, non ? JACQUELINE GOURAULT Ça, Monsieur BOURDIN JEAN-JACQUES BOURDIN Non mais je vous pose la question. Je vous le demande, je vous le demande. JACQUELINE GOURAULT Je dis que Gérard COLLOMB était un bon ministre de l'Intérieur. Il a décidé JEAN-JACQUES BOURDIN Christophe CASTANER, parce que je n'aime pas prononcer les noms seuls. JACQUELINE GOURAULT Il est reparti à Lyon parce qu'il l'a souhaité, mais il a remis en place où il a mis en place, pardon, la police de sécurité du quotidien. Il a remis les policiers et les gendarmes sur les territoires et il y aura dix mille créations de postes de gendarmes et de policiers pendant le quinquennat, mais c'est important de le dire. Dans les zones rurales mais aussi dans les quartiers qu'il a appelés lui-même de reconquête républicaine. JEAN-JACQUES BOURDIN J'ai deux dernières questions. Les 80 kilomètres/heure, on ne revient pas là-dessus. JACQUELINE GOURAULT Non. JEAN-JACQUES BOURDIN Parce que ça, ça a cristallisé la colère aussi dans les territoires, vous le savez bien. Oui ? JACQUELINE GOURAULT Je sais que ça a provoqué un mécontentement. JEAN-JACQUES BOURDIN Oui, oui. Vous n'auriez pas pris cette décision. JACQUELINE GOURAULT Monsieur BOURDIN, moi je suis dans un département où j'habite, le Loir-et-Cher, où il y a beaucoup d'accidents de la route et beaucoup de morts, en particulier sur les petites routes de campagne. Donc, je sais que ça n'était pas bien vécu mais il faut réfléchir aussi à un certain nombre de priorités pour la population elle-même. JEAN-JACQUES BOURDIN Une dernière chose, la réforme des institutions. JACQUELINE GOURAULT Oui, Monsieur BOURDIN. JEAN-JACQUES BOURDIN Vous en êtes où ? Ça a totalement disparu de la circulation, cette affaire. JACQUELINE GOURAULT C'est-à-dire que l'actualité effectivement masque le reste. En janvier, la réforme JEAN-JACQUES BOURDIN Des députés élus à la proportionnelle, ce n'est pas mal, non ? JACQUELINE GOURAULT Moi, je suis pour. JEAN-JACQUES BOURDIN Mais je sais, c'est pour ça. JACQUELINE GOURAULT Une part de proportionnelle bien évidemment et j'espère que nous arriverons à avoir un dialogue et un débat serein au Parlement sur ce sujet. JEAN-JACQUES BOURDIN Quand ? JACQUELINE GOURAULT En janvier. JEAN-JACQUES BOURDIN Sûr ? JACQUELINE GOURAULT Si le programme est maintenu. JEAN-JACQUES BOURDIN Merci Jacqueline GOURAULT d'être venue nous voir. Source : Service d'information du Gouvernement, le 7 décembre 2018
La source — vie_publique · nº 207440
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/207440-jacqueline-gourault-06122018-gouvernement-et-contestation-gilets-jaunes?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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