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31 janvier 2018 · Gouvernement · Emission L'Invité de RTL · discours Discours

Interview de M. Bruno Le Maire, ministre de l'économie et des finances, avec RTL le 31 janvier 2018, sur la politique du gouvernement en faveur du pouvoir d'achat des salariés, les ventes à prix cassés dans la grande distribution, l'industrie française e

Bruno Le Maire (auteur), Elizabeth Martichoux (intervenant)

ELIZABETH MARTICHOUX Bonjour Bruno LE MAIRE. BRUNO LE MAIRE Bonjour Elizabeth MARTICHOUX. ELIZABETH MARTICHOUX Merci beaucoup d'être dans le studio de RTL, ce matin. Avant d'évoquer la croissance, cette fois, oui, ça va mieux, j'aimerais votre commentaire sur l'hystérie qui a gagné des rayons de supermarchés après les ventes cassées, d'abord, le Nutella, hier, des couches culottes Pampers, dans des INTERMARCHE, ce matin, on mobilise des forces de l'ordre pour éviter des nouveaux débordements ; il y a un sérieux problème de pouvoir d'achat en France. BRUNO LE MAIRE Vous savez, où que ce soit, quand vous faites des promotions à 50, 70 %, eh bien, les consommateurs se ruent, c'est vrai pour le Nutella, c'est vrai pour les Pampers, c'est vrai... ELIZABETH MARTICHOUX On ne voit pas ces scènes-là tous les jours, Bruno LE MAIRE BRUNO LE MAIRE On voit aussi ces scènes dans les magasins de luxe, lorsqu'il y a des promotions à 50 ou 70 %, mais au-delà de ça, il y a en France un besoin de mieux récompenser le travail, moi, je veux que le travail paie, c'est notre ligne, et c'est ce qui est le plus important. Baisser les charges sociales, c'est permettre à chaque salarié à la fin de ce mois-ci de voir que son salaire va augmenter, vous gagnez 1.500 euros, en année pleine 2019, ce sera 266 euros de plus dans l'année. Vous gagnez 2.500 euros, ce sera 444 euros de plus dans l'année. Et je pense qu'il faut aller plus loin, il faut vraiment ELIZABETH MARTICHOUX Donc vous dites que vous répondez à ces scènes qui, contrairement à ce que vous dites quand même Monsieur le Ministre, ne sont pas banales BRUNO LE MAIRE Non, elles ne sont pas banales, je ne les banalise pas, Elizabeth MARTICHOUX, je dis simplement que je ne suis pas là pour régler tel problème à tel endroit, à tel instant, je suis là pour faire la transformation de notre pays... ELIZABETH MARTICHOUX Vous dites que c'est localisé, conjoncturel, assez exceptionnel, et finalement, ça ne dit rien de BRUNO LE MAIRE Si, mais ça dit une chose très simple, c'est que les Français ont besoin de mieux gagner leur vie par leur travail, et que c'est ce que nous voulons faire avec le président de la République et avec le Premier ministre ELIZABETH MARTICHOUX Que vous y répondez avec la baisse des cotisations sociales, maladie BRUNO LE MAIRE Mais ce n'est pas la seule réponse parce que ça ne suffira pas, c'est déjà une réponse qui est forte, et les chiffres que je viens de donner montrent que c'est significatif, mais nous souhaitons aussi développer l'intéressement et la participation, l'objectif qui est le mien, c'est 100 % des salariés couverts par un accord d'intéressement et de participation. Je souhaite, au-delà de cela, que nous tenions l'engagement, qui a été pris par le président de la République, d'une exonération de charges sur les heures supplémentaires. Je veux que chaque Française, chaque Français, qui travaille se dit : mon travail, demain, va me rapporter davantage, parce que, au-delà de la vie quotidienne des Françaises et des Français ELIZABETH MARTICHOUX Alors, on entend votre volontarisme, Monsieur le Ministre BRUNO LE MAIRE Je pense que c'est l'équilibre de la société qui est en cause. ELIZABETH MARTICHOUX Je voudrais revenir quand même sur ce phénomène, excusez-moi, mais en ce qui concerne les pratiques commerciales qui sont, là, en question, donc des baisses de 70 %, ce sont des pratiques commerciales saines ? BRUNO LE MAIRE Non. Non, et j'ai reçu le directeur d'INTERMARCHE hier, je lui ai dit que ça ne pouvait pas se renouveler, on n'avait pas à avoir des scènes comme celle-là tous les quatre matins en France. Il y a un accord qui a été signé ELIZABETH MARTICHOUX Vous pense que ça suffit de lui dire ça ? BRUNO LE MAIRE Non, il y a un accord qui a été signé, ça ne suffit pas, je suis lucide là-dessus, il y a un accord qui a été signé par INTERMARCHE pour justement, comme tous les autres distributeurs, ne plus faire ce genre de promotions, ils doivent tenir parole, et comme effectivement, il vaut mieux le vérifier ELIZABETH MARTICHOUX Ils ne le font pas, Emmanuel MACRON l'a dit la semaine dernière d'ailleurs, il a eu l'occasion de le dire BRUNO LE MAIRE C'est bien pour ça que j'ai convoqué INTERMARCHE et c'est bien pour cela que la DGCCRF, la Direction générale du contrôle et de la répression des fraudes, a la responsabilité – je lui ai demandé hier – d'aller vérifier chez INTERMARCHE qu'ils tiennent bien leur parole en matière de promotions. ELIZABETH MARTICHOUX Ces pratiques, elles vont être, entre guillemets, réglementées, moralisées ? Il y a un projet de loi ce matin qui est présenté en Conseil des ministres, pour limiter... BRUNO LE MAIRE Je crois assez peu à la moralisation en la matière, je crois davantage aux règles, au respect des règles ELIZABETH MARTICHOUX Alors, elles vont être réglementées BRUNO LE MAIRE Et à la vérification par l'Etat ELIZABETH MARTICHOUX Est-ce que justement, il y a une forme de provocation, pardon, de la grande distribution, d'INTERMARCHE, de faire ces ventes à prix cassés, à 70 %, alors que, précisément le gouvernement, ce matin, souhaite les limiter ; il n'y a pas un peu de provoc ? BRUNO LE MAIRE J'ai convoqué INTERMARCHE, hier ELIZABETH MARTICHOUX Vous leur avez dit ça ? BRUNO LE MAIRE Je leur ai dit très clairement que ça devait cesser, que ELIZABETH MARTICHOUX Ils vous ont dit quoi ? BRUNO LE MAIRE Eh bien écoutez, ils m'ont promis de mettre bon ordre à tout cela, mais la confiance, c'est très bien, le contrôle, c'est encore mieux en la matière, c'est bien pour ça que nous ferons le contrôle nécessaire. ELIZABETH MARTICHOUX Vous croyez assez peu aux engagements, vous croyez beaucoup plus aux mesures de contrainte BRUNO LE MAIRE Je crois à l'autorité de l'Etat, et donc je pense que l'autorité de l'Etat doit s'exercer quand les règles ont été fixées. ELIZABETH MARTICHOUX On verra. ELIZABETH MARTICHOUX Vous savez comment les députés communistes vous ont surnommé hier ? BRUNO LE MAIRE J'ai entendu cela, oui. ELIZABETH MARTICHOUX Le ministre du « Renoncement productif » BRUNO LE MAIRE Oui, il faut dire que le bilan des communistes, en matière économique, leur permet de dire cela. ELIZABETH MARTICHOUX Alors vous me permettez de dire le contexte, ceci, après la décision du repreneur suisse de l'aciérie ASCOVAL de Saint-Saulve, dans le Nord, de ne pas reprendre l'usine. Vous avez BRUNO LE MAIRE Enfin, ce n'est pas tout à fait exact, Elizabeth MARTICHOUX, parce que j'entends beaucoup de choses inexactes sur le sujet. ELIZABETH MARTICHOUX J'ai un peu résumé BRUNO LE MAIRE Il y a une décision du tribunal de grande instance, avec des experts économiques, qui ont jugé les deux offres de reprise d'ASCOMETAL, l'une par LIBERTY, l'autre par l'entreprise Suisse SCHMOLZ. Ils ont estimé qu'elle était plus solide, ils ont regardé ce qu'avait fait cette entreprise en France, elle a repris UGITECH. Elle a redressé cette entreprise. Donc elle a montré des compétences industrielles. Ensuite, il y a des salariés qui sont inquiets à ASCOVAL, à Saint-Saulve, moi, je comprends leur inquiétude ELIZABETH MARTICHOUX A juste titre BRUNO LE MAIRE Et je suis là pour y répondre. Et je l'ai fait rapidement, décision du tribunal lundi, réunion avec les élus locaux, avec la direction de SCHMOLZ, avec la direction de VALLOUREC, qui est aussi concernée, dès le lendemain. Et moi, je suis prêt – je le dis aux salariés qui nous écoutent – d'ici la fin de la semaine, s'ils veulent échanger avec moi et avec le représentant de SCHMOLZ et avec le représentant de VALLOUREC pour voir si l'accord que nous avons trouvé hier, en termes de volume, en terme de prix, en termes de maintien de l'activité ELIZABETH MARTICHOUX Vous n'avez aucune précision, ni sur le volume, ni sur le prix pour l'instant ? BRUNO LE MAIRE Dès que l'accord sera définitivement conclu, nous donnerons les précisions ELIZABETH MARTICHOUX Pour l'instant, vous ne les avez pas, Monsieur le Ministre ? BRUNO LE MAIRE J'ai des précisions, mais tant que l'accord n'est pas conclu, je ne les donnerai pas. Mais hier, nous avons rassemblé les élus locaux, les directions concernées des entreprises, je redis aux salariés s'ils veulent venir me rencontrer au ministère de l'Economie et des Finances d'ici la fin de la semaine, je trouverai évidemment le temps nécessaire, je me battrai pour garder ELIZABETH MARTICHOUX Vous, vous n'y allez pas, mais vous les invitez à venir BRUNO LE MAIRE Je me battrai pour garder le site ouvert. Lorsque dans la Creuse, à GM&S, l'usine d'emboutissage, il y a eu des mêmes difficultés... ELIZABETH MARTICHOUX Elle tourne au ralenti, Monsieur le Ministre BRUNO LE MAIRE Oui, mais elle tourne. ELIZABETH MARTICHOUX Oui, mais elle tourne au ralenti, et les salariés ne sont pas encore totalement rassurés BRUNO LE MAIRE Oui, mais elle tourne, Elizabeth MARTICHOUX, elle tourne, Elizabeth MARTICHOUX. Et tous les donneurs de leçons qui disent que nous renonçons, que nous baissons les bras, quelle solution alternative ils proposent ? Nous, nous nous battons, nous, nous sommes au travail, nous, nous trouverons des solutions, nous, nous passons deux heures, trois heures quand c'est nécessaire, pour dire aux salariés d'ASCOVAL : vous êtes inquiets, je comprends votre inquiétude, vous êtes dans une région où l'emploi est menacé, je comprends parfaitement que pour vous-mêmes, pour vos familles, il y ait une inquiétude réelle, et je vais me battre pour vous, et nous maintiendrons ELIZABETH MARTICHOUX Une inquiétude BRUNO LE MAIRE Et nous maintiendrons l'activité d'ASCOVAL à Saint-Saulve. ELIZABETH MARTICHOUX Pendant un an. BRUNO LE MAIRE Les engagements que prennent les entreprises, c'est sur la base d'un volume, d'un prix, pour un an, c'est ce qui permet à l'entreprise de redémarrer ELIZABETH MARTICHOUX Les salariés disent : c'est flou, on n'a pas de date, on ne sait pas à quel prix on va nous racheter l'acier, on ne sait même pas à quel volume on va faire les commandes BRUNO LE MAIRE Elizabeth MARTICHOUX, mais je donnerai toutes les précisions aux salariés en fin de semaine, s'ils le souhaitent. Est-ce qu'il serait responsable, quand on voit le marché de l'acier dans le monde, de dire, comme ministre de l'Economie : ne vous inquiétez pas, je vous garantis pour les cinq années ou dix années à venir, que tout va bien marcher, ce ne serait pas honnête ELIZABETH MARTICHOUX Vous savez pourquoi il y a de l'inquiétude des salariés, Bruno LE MAIRE, c'est parce que, aussi, Emmanuel MACRON est venu il y a huit jours, et il a dit aux salariés, aux élus : dormez sur vos deux oreilles. La décision du tribunal de grande instance de Strasbourg – excusez-moi, mais – elle le met carrément en porte-à-faux le président avec ces salariés. BRUNO LE MAIRE Le président a pris un engagement vis-à-vis des salariés ELIZABETH MARTICHOUX Ça décrédibilise la parole présidentielle. BRUNO LE MAIRE Moi, je suis le garant de la parole présidentielle, il va de soi que vis-à-vis des salariés, qui sont inquiets, il faut apporter des solutions, nous allons apporter des solutions, et je le redis ELIZABETH MARTICHOUX Il a été imprudent le président d'avoir cette parole aussi affirmative BRUNO LE MAIRE Mais absolument pas, absolument pas. Il a garanti aux salariés la pérennité du site, c'est ce que je m'emploie à faire. Et dans le cadre, je tiens à le dire, pas d'un sauvetage ici ou là, mais d'une vraie stratégie industrielle de long terme, qui repose sur deux piliers essentiels : la formation, vous en avez parlé ce matin – et c'est clef – oui, il faut développer l'apprentissage parce que c'est désespérant de voir que quand on cherche aujourd'hui des soudeurs, des zingueurs, des chaudronniers, on ne les trouve pas alors qu'il y a tant de chômage ELIZABETH MARTICHOUX C'était la chronique de Christian MENANTEAU ce matin, oui BRUNO LE MAIRE Et le deuxième pilier majeur, c'est l'innovation, parce que c'est en innovant et en investissant qu'on préparera l'industrie du futur et qu'on sauvera justement ces emplois. ELIZABETH MARTICHOUX Rapidement, est-ce qu'il y a un deal entre Emmanuel MACRON et Angela MERKEL, qui aurait pour conséquence de sacrifier ce qu'il reste de l'industrie française, c'est Xavier BERTRAND qui l'affirmait, sur la base de dossiers, hier, sur RTL ? BRUNO LE MAIRE Après les caricatures des communistes, maintenant, on a les fantasmes, enfin, sortons de ces querelles politiciennes qui, je crois, ne sont pas à la hauteur des enjeux économiques de notre pays. ELIZABETH MARTICHOUX Propos de politiciens ? BRUNO LE MAIRE Oui, c'est des propos qui ne tiennent pas la route, on ne passe pas de deal avec qui que ce soit, ce que nous faisons avec le président de la République ELIZABETH MARTICHOUX Vous êtes formel ? BRUNO LE MAIRE Mais je suis formel, nous ne passons aucun deal avec qui que ce soit, nous accomplissons, depuis plusieurs mois, et on le voit, le résultat, avec la croissance de 1,92 %, la transformation économique du pays, pas après pas, en prenant les mesures nécessaires, le code du travail, la transformation fiscale pour alléger la fiscalité sur le capital et permettre d'investir, d'innover, de moderniser notre outil productif qui en a bien besoin. Demain, permettre aux PME de grandir pour être des entreprises de taille intermédiaire en modifiant les seuils sociaux et en modifiant les seuils fiscaux. Nous avons une stratégie économique de transformation de notre pays, pour lui permettre de réussir dans la mondialisation et de réussir face aux innovations nouvelles. ELIZABETH MARTICHOUX On ne liquide pas notre industrie au profit de l'Allemagne, qui nous laisserait, nous, la technologie BRUNO LE MAIRE Mais comment est-ce qu'on peut imaginer ça, Elizabeth MARTICHOUX ! Nous avons travaillé avec nos partenaires européens, mais un des pans de notre stratégie, c'est effectivement de travailler main dans la main avec nos partenaires, il y a les Etats-Unis d'un côté, la Chine de l'autre, 1,4 milliard d'habitants, des moyens financiers colossaux, il faut nous rassembler, oui, nous rassemblons ALSTOM et SIEMENS, oui, demain, j'irai avec Florence PARLY, la ministre des Armées, pour poursuivre le rassemblement entre STX et FINCANTIERI et constituer un géant de la construction navale mondiale. Il faut des géants mondiaux, parce que c'est ce qui nous permettra de résister à la concurrence chinoise et à la concurrence américaine. ELIZABETH MARTICHOUX L'économie française décolle, 1,9 % de croissance en 2017, très rapidement, vous aviez tablé dans le budget 2018 sur 1,7 pour cette année, on va frôler les 2 %, c'est envisageable ? BRUNO LE MAIRE 1,92 %, c'est ce que dit l'INSEE. ELIZABETH MARTICHOUX Et pour 2018, qu'est-ce qu'on peut espérer ? BRUNO LE MAIRE Mais j'espère ELIZABETH MARTICHOUX Presque, 1,92 %... BRUNO LE MAIRE J'espère que ELIZABETH MARTICHOUX 2 %, c'est envisageable BRUNO LE MAIRE J'espère que nous renouvellerons cette performance, mais en tout cas ELIZABETH MARTICHOUX C'est une bonne nouvelle BRUNO LE MAIRE Il ne faut pas s'en satisfaire, il faut poursuivre la transformation économique du pays et, surtout, il faut que ça bénéficie à tous les Français, parce que ça, c'est un chiffre, mais ce qui compte pour moi, c'est la vie quotidienne de chaque Français qui doit se dire en se levant le matin : je vais travailler et je vais gagner plus. ELIZABETH MARTICHOUX Gérald DARMANIN, ministre du Budget et des comptes publics, n'est-il pas dans une situation délicate après la plainte et l'ouverture automatique d'une enquête préliminaire pour viol ? BRUNO LE MAIRE Non, je fais confiance à Gérald DARMANIN, l'affaire est traitée par la justice, et je lui fais confiance, je travaille avec lui très bien depuis le premier jour, et je continuerai à travailler très bien avec Gérald DARMANIN au ministère de l'Economie et des finances. ELIZABETH MARTICHOUX Laurent WAUQUIEZ appelle à la démission. BRUNO LE MAIRE Eh bien, je pense que c'est irresponsable et que ce n'est pas à l'honneur des Républicains, heureusement, c'est une voix isolée parmi Les Républicains, car je vois que Eric CIOTTI, Christian JACOB, Eric WOERTH ont, eux, eu une attitude plus responsable et plus digne. ELIZABETH MARTICHOUX Merci beaucoup Bruno LE MAIRE d'avoir été notre invité ce matin sur RTL. Source : Service d'information du Gouvernement, le 1er février 2018
La source — vie_publique · nº 204857
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/204857-interview-de-m-bruno-le-maire-ministre-de-leconomie-et-des-finances?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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