Interview de Mme Elisabeth Borne, ministre des transports, à France Info le 18 janvier 2018, sur le choix de l'agrandissement de l'aéroport de Nantes-Atlantique, les péages urbains et la situation de la SNCF.
Élisabeth Borne (auteur), Jean-Michel Aphatie (intervenant)
JEROME CADETBonjour à tous, merci d'être avec nous. Ce matin, sur France Info, notre invitée jusqu'à 09h00, Elisabeth BORNE. Bonjour.ELISABETH BORNEBonjour.JEROME CADETMinistre des Transports, en ce jour important pour les transports français, Jean-Michel APHATIE.JEAN-MICHEL APHATIEComme vous dites, Jérôme. Bonjour Elisabeth BORNE.ELISABETH BORNEBonjour.JEAN-MICHEL APHATIEIl n'y aura donc pas d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Ecoutons le Premier ministre, il l'a dit hier soir sur TF1.EDOUARD PHILIPPE, PREMIER MINISTRE TF1J'ai pris la décision d'arrêter ce projet. Mon objectif, ça a été de sortir d'une situation de blocage et d'indécision, qui a dressé des Français contre d'autres Français, et dont personne ne voyait comment on pouvait en sortir.JEAN-MICHEL APHATIEVous êtes ministre des Transports, Elisabeth BORNE, dans la discussion collective au sein du gouvernement, vous étiez pour ou contre l'aéroport ?ELISABETH BORNEJe pense que la question ne se pose pas dans ces termes, je pense que...JEAN-MICHEL APHATIEJe ne sais pas si la question se pose dans ces termes, c'est la question que je vous pose ce matin.ELISABETH BORNED'accord, et donc je ne vous répondrai pas.JEAN-MICHEL APHATIED'accord.ELISABETH BORNEJe pense sue ce qui est important c'est que, après des années, on pourrait dire, de tergiversations, une décision a été prise, et s'il y a bien une chose qui fait l'unanimité, je pense, parmi les Français, c'est qu'il fallait décider. Et puis il y a une deuxième attente, qui est largement partagée, c'est qu'il faut maintenant le retour à l'état de droit. Donc la décision...JEAN-MICHEL APHATIESur la zone, le retour à l'état de droit sur la zone.ELISABETH BORNEAbsolument, le retour à l'état de droit sur la zone.JEAN-MICHEL APHATIED'accord.ELISABETH BORNEEt donc voilà, le retour à la normale de ce qu'on appelle la ZAD.JEAN-MICHEL APHATIEEt puis bien sûr il y a le problème, toujours posé, de l'extension des moyens offerts à ceux qui veulent prendre l'avion dans le Grand Ouest, et donc l'agrandissement de l'aéroport de Nantes, mais nous allons en parler. Donc la décision a été prise par le président de la République, par le Premier ministre, de ne pas faire l'aéroport à Notre-Dame-des-Landes, on ne saura pas, vous, quelle était votre opinion, mais il y a quelques mois, ce n'est pas très vieux, il y a moins d'un an, c'était le 9 février 2017, le candidat Emmanuel MACRON expliquait lors d'une interview accordée à l'Association environnementale WWF, qu'il y avait une chose qu'il était impossible de faire, c'était de renoncer à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, et Emmanuel MACRON expliquait pourquoi. On l'écoute.EMMANUEL MACRON 9 FEVRIER 2017Il y a eu une consultation publique, de type référendaire, qu'elle s'est exprimée et qu'elle a dit oui au projet. Donc, je ne peux pas, aujourd'hui, être dans une situation où je déchire, j'arrive et je dis : « Avec moi, il n'y aura pas Notre-Dame-des-Landes ». Parce qu'à la fin des fins, ça envoie deux messages qui sont très négatifs. Le premier, on ne respecte pas les consultations publiques quand elles ne nous arrangent pas, ça ne va pas, et le deuxième, ça veut dire que l'on ne peut plus avoir quelques projets que ce soit dans le pays, parce que vouloir le bloquer, en quelque sorte, suffit à tout empêcher de manière durable.JEAN-MICHEL APHATIEA la fin des fins, vous envoyez deux messages négatifs, vous ne respectez pas la volonté populaire et vous encouragez une forme de violence ou de défi, voire de déni de l'état de droit, c'est ce qui se passe avec les zadistes. C'est quand même terrible comme constat, et c'est Emmanuel MACRON qui le dresse, d'une certaine façon.ELISABETH BORNEAlors, Emmanuel MACRON, il a également dit, et il l'a dit à WWF, qu'il allait nommer une mission pour étudier toutes les alternatives, et force est de constater que depuis des décennies que l'on parle de ce projet, il restait un doute sur : est-ce que toutes les alternatives avaient bien été étudiées ? Donc il y a eu un élément nouveau, je pense que personne ne peut nier que la mission qui a été conduite pendant six mois, elle a apporté un élément nouveau, qui est une alternative. Le gouvernement prend totalement en compte les attentes des acteurs économiques du Grand Ouest, des élus du Grand Ouest, leur demande d'être bien connectés, à tous les territoires en France, et aux grandes villes européennes. Et donc il y a une solution alternative, qui est le développement de Nantes Atlantique, et c'est ce que nous allons faire.JEAN-MICHEL APHATIEC'est miraculeux que cette solution apparaisse après 20 ans de regard de beaucoup d'experts sur la situation, c'est quand même miraculeux que tout à coup on dise : eh bien au fait, on n'y avait pas pensé, il y a une solution alternative.ELISABETH BORNEAlors, ça interroge forcément, et il va falloir que l'on en tire aussi toutes les conséquences, sur ces projets, que l'on mène pendant des décennies. Vous voyez, forcément...JEAN-MICHEL APHATIE... rétablissement de l'autorité de l'Etat dans tout ça, parce que, même ce que vous dites « ça interroge », ça veut dire que tout a mal fonctionné, les déclarations ou les enquêtes pardon d'utilité publique, tout a mal fonctionné, c'est épouvantable comme constat.ELISABETH BORNECe que vous dites, ça n'est pas l'autorité de l'Etat, et l'autorité de l'Etat, elle va s'exprimer à Notre-Dame-des-Landes, et on reviendra à l'état de droit dans la ZAD. Mais il faut tirer les leçons aussi de ce projet, de l'impasse dans laquelle on était depuis des décennies sur ce projet, et ça nous interroge forcément sur le fait que l'on peut avoir des projets, que l'on mène, comme ça, pendant des décennies. Forcément l'environnement a changé. Alors, je dis l'environnement, je parle de l'environnement en général mais aussi des enjeux environnementaux, la prise en compte de ces enjeux, eh bien ce n'était pas forcément la même chose il y a 50 ans, et puis le monde du transport aérien a changé, et c'est aussi ce qui a pu être mis en évidence dans le cadre de la mission, les avions ne sont plus les mêmes, les emports des avions ne sont plus les mêmes, et on a des solutions aujourd'hui qui n'existaient pas il y a 20 ans. Donc ça montre toute la difficulté de mener des projets pendant 50 ans, voilà, qui ne débouchent pas, qui étaient dans l'impasse, et effectivement, on souhaite sortir de l'impasse, donc cette décision, c'est aussi sortir de l'impasse.JEROME CADETElisabeth BORNE, le groupe VINCI devait construire cet aéroport à Notre-Dame-des-Landes, que va-t-il se passer pour le contrat avec VINCI, est-ce que vous allez tenter de casser ce contrat ?ELISABETH BORNEAlors, le groupe VINCI avait été effectivement choisi comme concessionnaire pour construire cet aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il est aussi le concessionnaire qui exploite aujourd'hui l'aéroport de Nantes Atlantique et de Nantes Saint-Nazaire, donc, évidemment, des discussions vont s'engager, sans délai, avec VINCI, pour tirer toutes les conséquences de la nouvelle situation. Donc, ces discussions, elles vont être menées évidemment en respectant le droit, en défendant des intérêts de l'Etat, et je suis confiance sur le fait qu'on trouvera une bonne solution pour l'Etat.JEAN-MICHEL APHATIEQuestion simple, parce qu'on manque beaucoup de transparence dans ce dossier, voire de franchise : il y aura une indemnisation pour VINCI ?ELISABETH BORNELa transparence, on l'aura à la fin de la discussion. On ne va pas mener la discussion...JEAN-MICHEL APHATIEQuand on aura tout oublié.ELISABETH BORNEAttendez, on ne va pas mener...JEAN-MICHEL APHATIEEst-ce qu'il y aura une indemnisation pour VINCI ?ELISABETH BORNEOn verra comment on va engager des discussions avec VINCI, on respectera le droit, et on vous dira à la fin et en toute transparence...JEAN-MICHEL APHATIEDans 15 ans.ELISABETH BORNENon, pas dans 15 ans, non non, pas dans 15 ans, parce que...JEAN-MICHEL APHATIEVous respecterez le droit...ELISABETH BORNEAttendez, pas dans 15 ans, parce qu'il va falloir avancer et il va falloir réaliser l'aménagement de l'aéroport Nantes Atlantique.JEAN-MICHEL APHATIECe sont les dirigeants de VINCI qui le disent le PDG de VINCI a présenté des voeux à la Presse et en marge de ses voeux à la Presse, il l'a redit « il y a des clauses d'indemnisation dans le contrat », donc il y aura une indemnisation pour VINCI.ELISABETH BORNEOn va discuter avec VINCI des bonnes clauses à appliquer, et de la meilleure façon d'avancer sur ce projet. Le droit sera respecté, les intérêts de l'Etat seront défendus et je suis confiante sur le fait que l'on trouvera une bonne solution.JEAN-MICHEL APHATIE179 décisions de justice favorables à Notre-Dame-des-Landes, et là, le droit n'a pas été respecté, et il le sera avec VINCI.ELISABETH BORNE179 décisions de justice...JEAN-MICHEL APHATIEFavorables à la construction de l'aéroport.ELISABETH BORNE... confirmant que le projet était légal, ce que personne n'a jamais mis en cause.JEAN-MICHEL APHATIEDonc le droit n'a pas été respecté, d'une certaine manière.ELISABETH BORNENe réglant pas le problème de l'aéroport, voyez, on peut s'entêter encore pendant quelques décennies, le droit avait effectivement été respecté et personne ne contestait la légalité du projet, pour autant ça n'a pas permis de sortir de l'impasse.JEROME CADETD'autres questions à vous poser, Elisabeth BORNE, ministre des Transports, notre invitée ce matin sur France Info.///JEAN-MICHEL APHATIEAlors on va se tourner maintenant vers le futur, faire respecter l'état de droit dans la ZAD, il serait temps selon le gouvernement, mais on constate que les Zadistes, eux-mêmes, n'ont pas tout à fait la même vision. Ecoutez l'une d'entre elles, elle entend bien rester là où elle est.INTERVENANTEC'est chez moi en fait, c'est ma maison, c'est mes amis, c'est mes voisins, mes voisine, j'habite ici et j'ai envie de construire des choses ici. On s'est battu pour garder cet endroit donc voilà, pour nous on a construit quelque chose ici et à partir du moment où voilà, on a défendu ce territoire, on fait partie de ce territoire, en fait.JEAN-MICHEL APHATIEEt alors ?ELISABETH BORNEEh bien, donc on n'est pas d'accord avec les Zadistes, très clairement les routes doivent être libérées dans les prochains jours, ensuite les occupants illégaux sont invités à quitter les lieux et si à la fin de la trêve hivernale, ils ne l'ont pas fait, alors on lancera les expulsions.JEAN-MICHEL APHATIEL'engagement est pris et nous verrons évidemment ce qu'il en est. Maintenant, il faut se tourner vers l'aéroport de Nantes, donc l'agrandissement de l'aéroport de Nantes, ça promet là aussi une belle bataille juridique, je vous propose d'écouter le maire de Saint-Aignan-Grandlieu, il n'est pas tout à fait d'accord.JEAN-CLAUDE MASSONMoi, je vous dis que cette extension n'aura pas lieu, parce qu'on fera tout pour que cette extension n'ait pas lieu. On se battra jusqu'au bout, il est hors de question de se laisser marcher dessus.JEAN-MICHEL APHATIECa aussi c'est radicale, ce n'est pas gagné.JEROME CADETCommune qui est toute proche de l'actuel aéroport de Nantes.JEAN-MICHEL APHATIEC'est la principale commune impactée par les vols et notamment au niveau des nuisances sonores, on va en reparler, quand vous entendez le maire, ce n'est pas gagné.ELISABETH BORNEMa responsabilité maintenant, c'est d'apporter des réponses en termes de transport, de mobilité, les réponses qui sont attendues par les acteurs économiques et par les élus et ça passe effectivement par l'aménagement, le développement de Nantes Atlantique. Alors moi je rencontrerai bien sûr, le maire de Saint-Aignan, je pense que tout le monde n'a pas forcément compris les propositions qui figuraient dans le rapport de la mission, avec un allongement de la piste. Je crois que certains habitants à Saint-Aignan ont l'impression que les vols vont décoller plus près du village, ceux qui n'est pas le cas.JEAN-MICHEL APHATIELe maire a dû lire le rapport avec attention.ELISABETH BORNEEcoutez
JEAN-MICHEL APHATIEJ'imagine.ELISABETH BORNEOn va pouvoir le rexpliquer.JEROME CADETMais la durée sera bien rallongée Elisabeth BORNE ?ELISABETH BORNELa piste sera rallongée, donc je redis, répondre aux besoins du Grand-ouest, ça veut dire développer des liaisons à partir de Nantes Atlantique avec toute l'Europe, ça veut dire aussi développer l'aéroport de Rennes, dont le développement a été un peu bloqué, on va dire avec la perspective de Notre-Dame-Des-Landes et cet aéroport, il est important pour la métropole de Rennes, c'est important aussi que les habitants de la métropole puissent avoir des connexions avec l'Europe et donc on a proposé à la région de les accompagner pour développer l'aéroport de Rennes. Je n'oublie pas l'aéroport de Brest, qui est un aéroport très important, donc c'est vraiment l'idée de faire fonctionner en réseau ces aéroports pour que le Grand-ouest ait une bonne connexion avec l'ensemble de l'Europe à la hauteur du dynamisme économique de cette région.JEAN-MICHEL APHATIEMais comment passer outre, la résistance là, de ces élus locaux, de ces populations qui sont encouragés par ce qui s'est passé à Notre-Dame-Des-Landes, ils disent à Notre-Dame-Des-Landes ils n'en ont pas voulu, nous non plus, on n'en veut pas.ELISABETH BORNEL'allongement de la piste, il a pour objectif de permettre aux avions d'être plus haut quand ils survolent Nantes, et donc c'est pour les vols qui survolent Nantes, qu'ils puissent se poser plus loin sur la piste. Mais pour autant ils ne décolleront pas plus loin et donc ils ne passeront pas plus bas sur Saint-Aignan. Donc on va l'expliquer au maire de Saint-Aignan, aux habitants de Saint-Aignan et le Premier ministre l'a dit, on fera tout pour limiter les nuisances sonores pour les habitants de Saint-Aignan et si la situation n'est pas satisfaisante, alors des compensations exceptionnelles seront prévues pour les habitants de Saint-Aignan.JEROME CADETMais demain 70.000 habitants de Nantes et de sa région vont souffrir de ces nuisances sonores, c'est ce que nous disait Johanna ROLLAND ce matin, la maire de Nantes, vous pourrez compenser pour 70.000 habitants ?ELISABETH BORNEOn pourra également discuter avec Johanna ROLLAND, les hypothèses qui avaient été avancées sur l'évolution des nuisances sonores au-dessus de Nantes ne sont pas confirmées. Et c'est ça aussi qu'il faut qu'on regarde avec les élus. Evidemment toutes les hypothèses sur les nuisances sonores avaient été faites sur des avions d'il y a 20 ans, ou d'il y a 10 ans, avaient été faites aussi sur des hypothèses de nombre de mouvements, beaucoup plus importants, que ce qui sera le cas demain, parce que le transport aérien a changé. Donc les nuisances sonores n'augmenteront pas sur Nantes, du fait d'une part de l'évolution des avions et puis aussi de ce rallongement qui permettra de survoler plus haut Nantes, dans pour autant survoler plus bas Saint-Aignan.JEAN-MICHEL APHATIEAlors les opposants, ils sont nombreux dans le coin, à l'extension, disent il y a aussi un problème d'environnement. Il y a trois zones Natura 2000, et allonger la piste, allonger le nombre de vols, porte atteinte à ces zones-là, et ils disent même je ne suis pas juriste que des directives européennes rendront très difficile l'aménagement et l'agrandissement de l'aéroport de Nantes pour cette raison. Il faudra faire une entorse au droit européen pour procéder à cet aménagement. Est-ce que vous avez, vous, un point de vue sur ce sujet ?ELISABETH BORNEVous imaginez que le sujet a été regardé, une médiation, une mission a eu lieu pendant 6 mois, le Muséum d'Histoire Naturelle a été consulté pour voir s'il y avait des problèmes de nuisances sur le lac de Grand-Lieu, et le Muséum a confirmé qu'on n'augmenterait pas les nuisances sur le lac de Grand-Lieu, donc on est dans le respect des directives européennes.JEAN-MICHEL APHATIEC'est aussi simple que ça ?ELISABETH BORNEJe ne dis pas que c'est simple, je dis que le sujet a été étudié et que les conclusions sont celles que j'ai évoquées.JEAN-MICHEL APHATIESi on veut éviter les erreurs de Notre-Dame-des-Landes, les approximations, l'espèce d'opacité qui a entouré la gestion de ce dossier, est-ce que vous pouvez nous dire, Elisabeth BORNE, ce matin, quelle est l'enveloppe financière nécessaire pour aménager l'aéroport de Nantes ?ELISABETH BORNEAlors, les enveloppes elles ont été indiquées par la mission, on ne va pas aujourd'hui rentrer dans les débats, donc
la mission a montré que le coût de l'aménagement de Nantes Atlantique, et je crois que c'est juste une question de bon sens, aménager un aéroport à une piste coûte moins cher que de créer un aéroport à deux pistes, c'est tout simplement du bon sens.JEAN-MICHEL APHATIEMais vos services ont dû expertiser, parce que le rapport c'est le rapport, c'est trois personnes, sans les moyens de l'Administration, qui ont travaillé, qui doivent être moins précises que vos services quant à l'évaluation du coût d'agrandissement de l'aéroport de Nantes.ELISABETH BORNEOui, bien sûr, les services ont expertisé
JEAN-MICHEL APHATIEQuel est votre chiffre à vous Elisabeth BORNE ?ELISABETH BORNEL'ordre de grandeur c'est de l'ordre de 450 millions d'euros, y compris l'amélioration de la desserte de Nantes Atlantique. Je rappelle qu'on est dans le cadre d'une concession, donc les investissements ils ont d'abord vocation à être financés par le trafic aérien, donc c'est pour ça que je pense que ces débats sur les chiffres, ils sont intéressants, mais, à la fin, c'est une concession, et donc ce sont les compagnies aériennes, sur cet aéroport comme ailleurs, qui ont vocation à payer les coûts d'investissement.JEROME CADETAutre annonce qui a été faite hier Elisabeth BORNE, l'amélioration de la desserte ferroviaire entre Nantes et les autres grandes villes du Grand Ouest, mais aussi vers les aéroports parisiens. Est-ce que c'est logique d'envoyer des habitants du Grand Ouest prendre l'avion autour de Paris, que ce soit à Roissy ou à Orly ?ELISABETH BORNEAlors, il faut être précis. Clairement, les habitants du Grand Ouest ont besoin d'avoir des connexions directes avec la France, et avec les capitales européennes. Quand les habitants du Grand Ouest, comme ceux du Grand Est, comme ceux du Sud, veulent prendre un vol intercontinental, alors ces vols ils les trouvent dans les plateformes parisiennes. Dès aujourd'hui il y a des liaisons directes en TGV, entre Rennes, Nantes et Charles de Gaulle, ces liaisons on peut peut-être souligner qu'elles ont été largement améliorées avec la mise en service, à l'été dernier
JEROME CADETTrois heures entre Nantes et Charles de Gaulle aujourd'hui.ELISABETH BORNEVoilà, à l'été dernier, il faut rappeler qu'on a mis en service la ligne nouvelle Bretagne-Pays-de-Loire, et donc qui a permis d'améliorer considérablement le temps de parcours, de le réduire considérablement, avec Paris
JEROME CADETOn peut encore le réduire ?ELISABETH BORNEOn peut fluidifier ces dessertes, très certainement, mais ces dessertes elles existent aujourd'hui, ce matin, par exemple, il y a 4 TGV qui relient Nantes à Charles de Gaulle, il y a 4 TGV, dont un OUIGO, qui relient Rennes à CDG, et ces dessertes elles peuvent être améliorées. Les habitants du Grand Ouest auront des dessertes aériennes, avec l'ensemble de l'Europe, dans les plateformes du Grand Ouest, et, comme les autres habitants, ils auront une connexion avec les hubs parisiens pour les vols qui les relient à l'Asie, qui les relient aux Etats-Unis.JEROME CADETD'autres questions pour vous Elisabeth BORNE, ministre des Transports, notre invitée ce matin sur France Info, juste après l'info.///JEROME CADETAvec nous, jusqu'à 09h, Elisabeth BORNE, ministre des Transports. Jean-Michel APHATIE.JEAN-MICHEL APHATIEAlors, nous avons peut-être fait le tour du dossier Notre-Dame-des-Landes, agrandissement de l'aéroport de Nantes, il y a d'autres sujets que l'on voulait voir avec vous, Elisabeth BORNE, vous avez expliqué, il y a deux jours, que vous envisagiez des péages urbains, c'est-à-dire faire payer, si on comprend bien, l'accès des villes ou des centres-villes à ceux qui ont une automobile, vous pouvez nous expliquer quel est votre projet ?ELISABETH BORNEAlors, je n'ai pas dit que j'envisageais de mettre en place des péages urbains, parce que ça n'est pas l'Etat qui met en place des péages urbains
JEAN-MICHEL APHATIEVous voulez autoriser les collectivités territoriales à mettre en place des péages urbains
ELISABETH BORNEEt je voudrais aussi rappeler que dès aujourd'hui, depuis le Grenelle de l'Environnement, la loi permet aux collectivités qui le souhaitent, de mettre en place des péages urbains. Le dispositif, il s'avère aujourd'hui inadapté, trop compliqué, et donc les collectivités le demandent, certaines collectivités le demandent, et l'idée, c'est effectivement de permettre aux collectivités qui le souhaitent de mettre en place des péages urbains, il faut voir de quoi on parle, c'est des outils importants pour améliorer la mobilité du quotidien, qui est la priorité du gouvernement, en réduisant les embouteillages et la pollution, par exemple en encourageant le covoiturage, en encourageant l'utilisation des transports en commun, et je voudrais aussi préciser que ce n'est pas forcément payer en plus, par exemple, Lille, qui a un projet et qui attend qu'on actualise les dispositions qui existent aujourd'hui dans la loi, a l'idée au contraire d'une incitation financière qui pourrait être donnée aux automobilistes qui acceptent de décaler leurs trajets, voilà, donc c'est
JEAN-MICHEL APHATIEC'est complexe ça à imaginer, mais, je ne sais pas comment
ELISABETH BORNEJe pense qu'il faut faire preuve d'innovation et d'imagination
JEROME CADETConcrètement, comment ça peut se mettre en place, Elisabeth BORNE ?JEAN-MICHEL APHATIEOui, on ne voit pas bien concrètement, oui
ELISABETH BORNEEh bien, vous voyez, si vous avez des automobilistes, ça existe par exemple aussi à Singapour pour l'utilisation des transports en commun, quand vous acceptez de ne pas voyager à l'heure de pointe, vous avez un bonus. Lille souhaite mettre en place un système où les automobilistes qui acceptent de décaler leurs trajets auront, là aussi, une incitation financière. De façon générale
JEAN-MICHEL APHATIELe but, c'est de décourager les gens d'employer leur voiture, le but, c'est ça ?ELISABETH BORNELe but, c'est
JEAN-MICHEL APHATIEEst-ce qu'à la place où vous êtes, vous réfléchissez à l'avenir de l'industrie automobile, qui, à force de rencontrer beaucoup d'obstacles, dans l'utilisation par les particuliers des voitures automobiles, risque de rencontrer des problèmes importants, c'est une industrie qui, en termes d'emplois, pèse lourd dans l'économie, comment vous conciliez tout ça, Elisabeth BORNE ?ELISABETH BORNEMais je ne mène absolument pas une politique anti-voitures, je suis parfaitement conscience que beaucoup de Français sont dépendants de la voiture pour se déplacer. Quand on est dans une petite ville, quand on est dans le monde rural, on est dépendant de la voiture pour se déplacer. Il faut qu'on aide les Français à mieux utiliser les voitures, ça veut dire les partager davantage, c'est tout le développement du covoiturage que l'on va soutenir, il faut aussi les aider à avoir des voitures plus propres, et c'est toutes les aides que l'on met en place pour la conversion des véhicules, vers des véhicules plus propres, et moi je suis très sensible aussi aux besoins de se déplacer en voiture, c'est bien pour ça que dès cette année je vais dégager 100 millions d'euros supplémentaires pour entretenir les routes. Donc, soyons clairs, on en mène pas une politique anti-voitures, il faut qu'il y a des réponses adaptées. Et dans les centres-viles...JEAN-MICHEL APHATIEPéages urbains, c'est anti-voitures.ELISABETH BORNE... et dans les centres-villes, c'est bien de faire preuve d'imagination et d'innovation, pour développer des solutions pour répondre aux problèmes de congestion et de pollution.JEROME CADETQuelles villes sont aujourd'hui intéressées, Elisabeth BORNE ? Parce que vous venez de nous dire que plusieurs collectivités vous avaient sollicitées.ELISABETH BORNEEh bien je vous ai cité le cas de Lille, qui clairement l'a dit, qui souhaite mettre en place ce péage inversé...JEROME CADETQui d'autre ?ELISABETH BORNEIl y a d'autres collectivités qui y réfléchissent, je ne vais pas vous les citer, elles le feront elles-mêmes, et de toute façon c'est des décisions qui sont prises par les collectivités, qui en rendent compte à leurs électeurs.JEAN-MICHEL APHATIEMais il s'agit d'améliorer le cadre législatif, pour leur permettre de le faire, le gouvernement...ELISABETH BORNEIl s'agit par exemple...JEAN-MICHEL APHATIELe gouvernement a ses responsabilités, ce n'est pas que les collectivités territoriales.ELISABETH BORNELe gouvernement a une responsabilité d'améliorer la mobilité des Français, en donnant des outils aux collectivités. Vous venez d'évoquer le péage urbain, je pourrais aussi évoquer la possibilité d'avoir des voies dédiées pour les transports publics, dans les arrivées des grandes villes, pour le covoiturage, donc il faut qu'on donne des outils aux collectivités pour améliorer la mobilité au quotidien des Français.JEAN-MICHEL APHATIEVous attendez, Elisabeth BORNE, un rapport sur la SNCF, que vous avez confié à l'ancien PDG d'AIR FRANCE, Jean-Cyril SPINETTA, est-ce que Guillaume PEPY, qui dirige la SNCF depuis dix ans est selon vous toujours l'homme de la situation pour faire face aux nombreux défis qui attendent la SNCF et la situation à la SNCF est aussi difficile avec une dette notamment qui est très importante ?ELISABETH BORNEAlors, le sujet de la SNCF, c'est un sujet très important, moi je crois au transport ferroviaire, mais il faut constater que le transport ferroviaire a des difficultés. D'abord il a une dette de 50 milliards d'euros cette année qui ne cesse de croitre.JEAN-MICHEL APHATIE50 milliards.ELISABETH BORNE50 milliards d'euros, une dette qui augmente de 3 milliards d'euros par an. On pourrait aussi dire que...JEAN-MICHEL APHATIEQui met l'entreprise en danger.ELISABETH BORNEMais, évidemment qu'on est en danger quand on a une dette qui augmente de 3 milliards d'euros par an. Donc, la réflexion qui a été confiée à Jean-Cyril SPINETTA, elle vise à ce que l'Etat se dote enfin d'une stratégie d'ensemble pour le ferroviaire, de dire : qu'est-ce qu'on veut faire de nos trains, de remettre sur pied le modèle économique, et puis également un sujet important, de préparer l'ouverture à la concurrence du transport voyageurs.JEAN-MICHEL APHATIEEt Guillaume PEPY est l'homme de la situation ou pas ?ELISABETH BORNEMais Guillaume PEPY partage ces orientations et donc les mettra en oeuvre.JEAN-MICHEL APHATIEVous lui avez renouvelé votre confiance ?ELISABETH BORNEJe pense que le Premier ministre lui-même a expliqué que si Guillaume PEPY est à la tête de la SNCF, c'est qu'il a la confiance du gouvernement.JEAN-MICHEL APHATIETrès bien. Eh bien donc ce rapport de Jean-Cyril SPINETTA est attendu à la fin du mois, c'est ça ?ELISABETH BORNECe rapport sera effectivement rendu dans les tous prochains jours maintenant et c'est un débat important, on a besoin de plus de ferroviaire, nos concitoyens qui vivent les embouteillages dans les métropoles, le voient bien, on a besoin de plus de ferroviaire, on a besoin de mieux entretenir le réseau, 5 300 km de voies dans notre pays font l'objet de ralentissements. C'est insupportable pour ceux qui utilisent les TER au quotidien.JEROME CADETMerci à vous, Elisabeth BORNE, ministre des Transports, d'avoir répondu à nos questions ce matin. Merci Jean-Michel APHATIE. Bonne journée.Source : Service d'information du Gouvernement, le 19 janvier 2018
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vie_publique · nº 204882
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