Interview de Mme Jacqueline Gourault, ministre auprès du ministre de l'intérieur, avec Cnews le 9 janvier 2018, sur la collectivité corse, la réduction de la vitesse sur les routes secondaires, la politique d'immigration et sur l'aéroport de Notre-Dame-de
Jacqueline Gourault (auteur), Jean-Pierre Elkabbach (intervenant)
JACQUELINE GOURAULTMerciJEAN-PIERRE ELKABBACHBienvenue Jacqueline GOURAULT.JACQUELINE GOURAULTBonjour Jean-Pierre ELKABBACH.JEAN-PIERRE ELKABBACHBonjour madame Corse. « Madame Corse », c'est le surnom très sympathique que vous ont donné en quelques heures les Corses. Dans le gouvernement, est-ce que vous devenez le porte-parole des Corses ?JACQUELINE GOURAULTNon, je ne suis pas le porte-parole des Corses mais, en tout cas, j'ai été très bien accueillie en Corse. Ils m'ont exposé leurs souhaits, leurs problématiques et je pense qu'on peut dire, et ç'a été écrit dans les journaux, y compris Corse Matin, qu'on a rétabli un dialogue de confiance.JEAN-PIERRE ELKABBACHComment vous les avez trouvés ?JACQUELINE GOURAULTTrès accueillants, très ouverts et aussi très admiratifs du président de la République.JEAN-PIERRE ELKABBACHAh ! Et ils vous l'ont dit ?JACQUELINE GOURAULTIls me l'ont dit. Ils ont une référence et le discours de Furiani que le président de la République avait prononcé quand il était candidat.JEAN-PIERRE ELKABBACHC'est-à-dire que vous avez séduit l'île et les nouveaux dirigeants, Gilles SIMEONI et Jean-Guy TALAMONI. Ils ont trouvé les entretiens avec vous simples, constructifs, libres et riches. C'est un coup de maître. Il n'y a pas un peu d'euphorie exagérée ?JACQUELINE GOURAULTIl ne faut pas parler d'euphorie. Je crois que simplement ils ont vu devant eux une élue qui connaît bien les territoires et la Corse est un territoire qui a son originalité, son identité. Je sais très bien que la France est diverse et la Corse fait partie de cette diversité.JEAN-PIERRE ELKABBACHPour les Corses, vous avez débloqué la question délicate de la constitution. C'est déjà un progrès. Quelles avancées vous leur avez laissé entendre que le gouvernement pourrait accepter ?JACQUELINE GOURAULTLe président de la République veut réviser l'article 72 de la constitution pour donner un droit à la différenciation. Le droit à la différenciation, c'est une idée assez simple. C'est qu'il faut donner la capacité d'adaptation des lois en fonction des territoires.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt ça s'appliquerait à la Corse.JACQUELINE GOURAULTEt ça s'appliquerait à la Corse.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui. Et à d'autres régions aussi ?JACQUELINE GOURAULTBien sûr. On sait très bien que la France est très diverse, comme je viens de le dire, actuellement, qu'il y a des zones de montagne, qu'il y a des zones littorales et qu'il faut donc adapter les choses. Par exemple la loi sur le littoral et la loi sur la montagne s'appliquent toutes les deux sur la Corse puisque c'est une île montagneuse dans la mer et cela a des conséquences, par exemple, sur l'urbanisme qui sont très importantes.JEAN-PIERRE ELKABBACHÇa va au-delà de l'expérimentation, de ce qui convient et d'une adaptation ?JACQUELINE GOURAULTOui, parce que l'expérimentation aujourd'hui dans la constitution
JEAN-PIERRE ELKABBACHÇa dure deux ans, trois ans.JACQUELINE GOURAULTÇa dure trois ans et si vous voulez que ça soit étendu, il faut le faire à l'ensemble de la France entière.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc la différenciation permet de contourner cet argument de la durée. Ces révisions de la constitution, ça peut être prévu pour cet été ?JACQUELINE GOURAULTC'est prévu pour cette année et nous allons commencer les travaux maintenant. Les responsables de la collectivité corse, Gilles SIMEONI et Jean-Guy TALAMONI, seront reçus dès le 22 janvier.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt vous serez là à côté. Ils seront reçus par le Premier ministre Edouard PHILIPPE à Matignon. Donc dès l'été, c'est une ouverture constitutionnelle mais elle est acquise ou pas encore acquise ?JACQUELINE GOURAULTSur le principe du droit à la différenciation, c'est acquis.JEAN-PIERRE ELKABBACHLes Corses ont présenté devant vous plusieurs revendications. La langue, la co-officialité de la langue corse : vous leur avez répondu non. Vous leur avez répondu : « La langue de la République, c'est le français. » Donc c'est non, non, non.JACQUELINE GOURAULTC'est écrit dans la constitution. De toute façon, la proposition qu'ils font est inconstitutionnelle, ce qui n'empêche pas à côté de continuer le développement de l'apprentissage de la langue corse qui est déjà soutenu. Chaque année, le ministre de l'Education nationale investit 9 millions d'euros en Corse pour l'enseignement du corse.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc la Corse reste et doit rester dans l'unité de la République.JACQUELINE GOURAULTC'est ce que nous souhaitons, bien sûr, et je crois d'ailleurs, puisque monsieur SIMEONI le dit, que l'autonomie est leur idée mais pas l'indépendance.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui. Jean-Guy TALAMONI pense le contraire.JACQUELINE GOURAULTJean-Guy TALAMONI est un indépendantiste mais il a lui-même déclaré qu'il restait fidèle, en gros, à l'idée de l'indépendance mais repoussée sine die, je dirais.JEAN-PIERRE ELKABBACHSine die. A ce rythme, la Corse sera indépendante dans dix, quinze, vingt ans ?JACQUELINE GOURAULTJe ne sais pas mais nous, nous pensons que la Corse fait partie de la République française, des démocrates. Il y a des nationalistes qui ont été élus dans la collectivité de Corse, nous travaillons avec eux.JEAN-PIERRE ELKABBACHLa Corse a son originalité mais elle est la France.JACQUELINE GOURAULTOui. La Corse c'est la France, bien sûr.JEAN-PIERRE ELKABBACHAutre revendication, le rapprochement des prisonniers corses sur l'île. Est-ce que c'est possible ?JACQUELINE GOURAULTOui, bien sûr, c'est possible. Il y a même une circulaire qui précise ceci, une circulaire de 2012 et il y a déjà des prisonniers corses depuis quelques années qui ont été rapprochés et qui sont dans la prison de Borgo.JEAN-PIERRE ELKABBACHIl en reste combien ?JACQUELINE GOURAULTPas énormément, une dizaine.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt alors, ils pourraient être regroupés à Borgo ? Vous y êtes favorable ?JACQUELINE GOURAULTLa chancellerie étudie au cas par cas la situation de ceux qui sont actuellement emprisonnés sur le continent. En fonction de leur durée de peine, de leur comportement, tout cela est étudié pour un rapprochement éventuel puisque l'idée, c'est le rapprochement avec les familles bien évidemment.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui, et ce serait à Borgo ?JACQUELINE GOURAULTIl n'y a qu'une prison en Corse, c'est Borgo.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui. Et ça serait vite, ça ?JACQUELINE GOURAULTC'est la chancellerie qui décide et qui instruit les dossiers.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui mais vous, vous leur dites : « Il faut aller vite » ? Pour détendre le climat.JACQUELINE GOURAULTBien sûr, à partir du moment où les conditions sont réunies. J'ajoute peut-être un élément : où la sécurité pour ceux qui sont emprisonnés est assurée également.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt vous les appelez des prisonniers politiques, vous ?JACQUELINE GOURAULTNon, je les appelle des prisonniers. S'ils sont en prison, c'est qu'ils ont fait un acte évidemment délictueux, voire même parfois un crime de sang.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt une loi d'amnistie qui vous est demandée, est-ce que c'est oui, c'est non ?JACQUELINE GOURAULTIls ne m'ont pas demandé la loi d'amnistie.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais s'ils la demandaient, vous diriez
?JACQUELINE GOURAULTNous sommes sur le rapprochement des prisonniers politiques en Corse.JEAN-PIERRE ELKABBACHLa métropole, est-ce qu'elle maintiendra l'aide et les subventions qu'elle accorde chaque année à la Corse, c'est-à-dire deux milliards je crois ?JACQUELINE GOURAULTOui.JEAN-PIERRE ELKABBACHEst-ce qu'elle les accordera si elle est autonome et si elle a à se débrouiller dans la gestion de l'intérêt économique de la Corse ?JACQUELINE GOURAULTOui. Tout dépend de ce qu'on entend par autonomie. C'est un sujet justement qui reste à discuter sur
JEAN-PIERRE ELKABBACHCe qu'on met dedans.JACQUELINE GOURAULTOui, ce qu'on met dans l'autonomie. Mais l'autonomie, si la Corse est dans la République et elle le sera, bien évidemment la Corse continuera à bénéficier des aides financières comme vous venez de le dire. Mais également, je crois que ce qui serait très important et je l'ai dit aux dirigeants corses, c'est d'essayer aussi de leur apporter une aide technique d'ingénierie parce que, vous savez, la mise en place de la nouvelle collectivité de Corse, ça n'est pas rien. C'est la fusion, au fond, de ce qui correspond à une région et deux départements.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc l'Etat continuera à s'occuper d'eux, il y a beaucoup à faire dans l'écologie, le numérique, l'école, le tourisme.JACQUELINE GOURAULTBeaucoup.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt qui va s'occuper de lutter contre ce qui reste des mafias ? Est-ce que c'est l'Etat ou c'est aussi la nouvelle collectivité ?JACQUELINE GOURAULTLes deux. En tout cas, j'ai bien noté l'engagement de Gilles SIMEONI et Jean-Guy TALAMONI d'avoir tourné la page avec toutes ces dérives qui ont pu exister en Corse.JEAN-PIERRE ELKABBACHIls lutteront eux-mêmes avec l'Etat contre le banditisme et la délinquance qui y reste. Vous avez dit que le 22 janvier, monsieur le Premier ministre les recevra tous les deux et le 6 février, le président de la République Emmanuel MACRON se rendra en Corse pour les vingt ans de l'assassinat du préfet ERIGNAC. C'est-à-dire que c'est un acte fort, d'autorité pour l'Etat, pour la République et pour son président ; ça commence comme ça.JACQUELINE GOURAULTJe pense que c'est un acte fort effectivement mais qui correspond aussi à ce qu'ont dit les responsables corses. C'est-à-dire mettre un terme définitif à la violence. Ils se sont engagés, c'est quelque chose qui a été très fort dans leur déclaration et leur programme. Et donc aller commémorer l'assassinat du préfet ERIGNAC, c'est qui correspond aussi à la volonté des Corses de tourner la page et vous savez, cet assassinat n'a pas été seulement un grand choc pour la famille d'abord bien sûr et pour les Français, mais aussi pour l'ensemble des Corses qui sont
JEAN-PIERRE ELKABBACHAu passage, il faut dire que Gilles SIMEONI, qui est le président du conseil exécutif de Corse, était l'avocat d'Yvan COLONNA, le présumé assassin qui est condamné à la réclusion à perpétuité.JACQUELINE GOURAULTEnfin les avocats, c'est leur métier.JEAN-PIERRE ELKABBACHOn change de sujet, chère Jacqueline GOURAULT. Cet après-midi à 16 heures, le gouvernement va réunir un conseil interministériel à Matignon. Vous y participez parce que monsieur Gérard COLLOMB est ailleurs et on va annoncer la réduction à 80 kilomètres de la vitesse sur les 400 000 routes secondaires de France. La raison ou le prétexte, c'est de réduire les morts sur les routes. On en est sûr ?JACQUELINE GOURAULTCe n'est pas vraiment un prétexte, si vous me le permettez, monsieur ELKABBACH, parce que c'est une réalité.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonnez des preuves. Parce qu'on dit qu'il y a des rapports qui ne sont pas publiés.JACQUELINE GOURAULTIl y a des études qui ont été faites qui sont sur deux ans, donc on ne publie jamais les études qui sont faites en dessous de cinq ans, mais les chiffres sont là. La mortalité sur les routes réaugmente et 60 % des tués sur les routes sont sur les routes secondaires.JEAN-PIERRE ELKABBACHTrès bien. Mais on dit que ce sont des mesures qui sont peut-être favorables aux citoyens, aux gens des grandes métropoles et des villes mais défavorables aux ruraux. C'est vrai ou c'est faux ça, vous qui êtes spécialiste des territoires ?JACQUELINE GOURAULTJe connais cette argumentation. Dans beaucoup de domaines, elle est utilisée : la ville contre la campagne. Moi, je ne fais jamais ça. C'est un principe chez moi. Quand on a eu les lois d'aménagement du territoire, la loi NOTRe, et cetera, il y avait sans arrêt cette musique de la ville contre la campagne. On ne peut pas vivre sans arrêt sur ce sujet parce que la ville a besoin de la campagne et vice-versa. En tout cas, les morts sur les routes ils sont de partout et on ne va pas se mettre à distinguer. C'est des drames humains et je ne rentrerai pas dans ce sujet-là.JEAN-PIERRE ELKABBACHIl y a cette mesure peut-être impopulaire pour le moment des 80 kilomètres/heure, mais il y aura d'autres mesures.JACQUELINE GOURAULTOui.JEAN-PIERRE ELKABBACHEst-ce que vous pouvez me confirmer que sera supprimé immédiatement le permis de conduire de quelqu'un qui utilisera son portable en conduisant ?JACQUELINE GOURAULTC'est à l'étude. Le Premier ministre va l'annoncer cet après-midi mais l'utilisation du portable au volant est un des points effectivement qui est discuté et qui me semble, en tout cas pour ma part, extrêmement utile de faire.JEAN-PIERRE ELKABBACHVous pensez qu'il faut sévir là-dessus ?JACQUELINE GOURAULTOui, je pense qu'il faut sévir. C'est extrêmement dangereux comme l'alcool et les stupéfiants au volant.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais que l'on conduise en ville ou sur les routes ?JACQUELINE GOURAULTÇa, bien évidemment, on ne va pas faire la différence et, comme je vous l'ai dit, je trouve assez ridicule de comparer la ville et la campagne. Encore une fois, les drames humains, qu'ils soient en ville ou à la campagne, c'est toujours aussi dramatique.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc il faut sévir sur le portable. Il y a d'autres mesures de cette nature ?JACQUELINE GOURAULTIl y a d'autres mesures aussi qui sont des mesures aussi je dirais de prévention, notamment pour les jeunes. Je ne veux pas griller la politesse au Premier ministre, donc je lui laisse annoncer, d'autant plus
JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc il y a un paquet de mesures ou un bouquet.JACQUELINE GOURAULTOui, monsieur ELKABBACH. Et d'autant plus que certaines mesures sont encore en discussion. On verra ça cet après-midi.JEAN-PIERRE ELKABBACHLaquelle ? Laquelle est en discussion ?JACQUELINE GOURAULTOn verra cet après-midi.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui, mystère sans boule de gomme, mais en tout cas pour le portable, on a compris.JACQUELINE GOURAULTEn tout cas, moi je soutiendrai cette position.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt quelle autre mesure vous soutiendrez ?JACQUELINE GOURAULTIl y en a beaucoup que je soutiendrai. Vous verrez ça.JEAN-PIERRE ELKABBACHAvec le ministre de l'Intérieur Gérard COLLOMB, vous préparez aussi la loi sur l'asile et l'immigration. L'OFPRA a fait son job. Sur 100 000 demandes d'asile, 43 000 ont été accordées et l'OFPRA a réduit les délais d'instruction des dossiers de huit mois en 2015 à trois mois cette année et à la fin de l'année 2018 deux mois, comme le président de la République l'avait demandé. Mais les retards sont imputés aux préfectures parce qu'il paraît qu'elles sont saturées. C'est ce que disait hier Pascal BRICE ; écoutez-le.PASCAL BRICE, DIRECTEUR GENERAL DE L'OFPRAToute personne sur le territoire a le droit de demander l'asile, toute personne étrangère. Il se rend ensuite en préfecture et c'est là où aujourd'hui les choses ne fonctionnent pas encore assez bien. Le président de la République l'avait redit, c'était la feuille de route. Nous devons faire en sorte que toute personne sur le territoire soit dûment informée de cela. Nous savons qu'il y a des situations sur le territoire national, à Calais, dans les Alpes du Sud, mais aussi en région parisienne où le délai d'accès à la procédure d'asile dans les préfectures est beaucoup trop long. Il y a manque de moyens de manière à ce qu'elles puissent conduire cet accueil dans les meilleures conditions possibles.JEAN-PIERRE ELKABBACHQuels moyens supplémentaires, Jacqueline GOURAULT, allez-vous donner aux préfets ?JACQUELINE GOURAULTOn va créer des postes supplémentaires, 350 postes dans les préfectures. On va en créer aussi à l'OFPRA et à l'OFII et puis il va y avoir un redéploiement à l'intérieur des préfectures de certains postes puisque, par exemple, tout ce qui est carte d'identité, permis de conduire, carte grise, sont passés maintenant en téléprocédure. Donc on va redéployer pour effectivement faire face à l'afflux de migrants.JEAN-PIERRE ELKABBACHLes déboutés du droit d'asile, ils sont combien dans la clandestinité ? Vous le savez ?JACQUELINE GOURAULTNon. Puisqu'ils sont dans la clandestinité, on ne connaît pas le chiffre.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais c'est des centaines de milliers ?JACQUELINE GOURAULTLes déboutés du droit d'asile, oui
Enfin, on sait qu'en Allemagne par exemple, puisqu'il y a eu un afflux majeur, qu'il y a eu des procédures, il y a 300 000 déboutés du droit d'asile. Ce qui fait que, c'est ce qu'on appelle les Dublinés
JEAN-PIERRE ELKABBACHD'accord, il y en a qui circulent.JACQUELINE GOURAULTVoilà.JEAN-PIERRE ELKABBACHIl y a ceux que vous allez reconduire, d'abord tenir dans des centres de rétention puis ensuite vous les reconduisez. Comment ? Comment vous allez faire ?JACQUELINE GOURAULTC'est là où nous avons aussi des progrès à faire parce que sur les déboutés, il y en a une minorité qui sont reconduits.JEAN-PIERRE ELKABBACHPourquoi une minorité ? C'est ce que vous reproche l'opposition.JACQUELINE GOURAULTOui, je le dis. Il faut améliorer le fait de reconduire à la frontière ceux qui sont déboutés.JEAN-PIERRE ELKABBACHComment ? Comment ?JACQUELINE GOURAULTMais l'opposition, quand elle était au gouvernement, elle avait le même problème. Donc il faut essayer de réduire les délais d'instruction, c'est la première chose, parce que ce qui est dramatique à la fois pour les migrants et pour l'autorité publique, c'est les gens qui sont là dans le vide juridique.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui, très bien. Mais comment vous les reconduisez hors des frontières ? Par exemple, les pilotes des compagnies aériennes nationales des pays d'origine ne veulent pas assurer le transfert. Les pilotes par exemple d'AIR FRANCE peuvent refuser aussi de prendre à leur bord. Comment vous faites ? Est-ce que c'est manu militari ? Vous les ficelez comme des paquets et vous les mettez dehors ? On les accompagne ? On ne les accompagne pas ?JACQUELINE GOURAULTHumanité, efficacité. C'est les deux piliers de notre politique et on ne met pas les gens dans des sacs pour les mettre dans les avions. On les accompagne, on les monte dans l'avion. Une fois qu'ils sont dans l'avion, ils sont récupérés - et c'est ça qu'il faut améliorer dans le pays où ils retournent.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais souvent, il y a de la résistance dans le pays et vous le savez. Donc il y a des négociations.JACQUELINE GOURAULTIl y a des négociations qui doivent être faites comme le ministre de l'Intérieur, Gérard COLLOMB, est allé en Albanie, puisque c'est le premier pays.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui. Comme le disait Pascal BRICE hier. La décision approche pour Notre-Dame-des-Landes ou pour l'extension de l'aéroport Nantes-Atlantique. En même temps aura lieu l'évacuation de la ZAD. Je ne vous demande pas les détails ni la date, mais l'évacuation sera-t-elle longue ou brève à votre avis ?JACQUELINE GOURAULTJe ne peux pas savoir. Ce que je peux vous dire, c'est que la décision va être prise avant la fin du mois de janvier enfin, pour la fin du mois de janvier et qu'en fonction de la décision, on imagine bien sûr que l'évacuation de la ZAD sera plus compliquée, si je puis dire, si l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes est maintenu, que si c'est l'autre.JEAN-PIERRE ELKABBACHMais de toute façon, vous prévoyez une opération d'ampleur donc de quelques jours ou de quelques semaines ?JACQUELINE GOURAULTJe ne peux pas répondre à cette question. Ce que je peux vous dire, c'est que la ZAD de Notre-Dame-des-Landes est une zone de non-droit avec des gens qui se sont installés, qui ont mis des pièges, voire qui ont des armes et des explosifs, donc il faut arrêter ça. On ne peut pas supporter dans la République qu'il y ait des zones de non-droit.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc il y aura des considérables forces de sécurité
JACQUELINE GOURAULTIl y aura des considérables forces de sécurité.JEAN-PIERRE ELKABBACHPour réussir l'opération.JACQUELINE GOURAULTOui.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt vous dites que le plan est prêt.JACQUELINE GOURAULTOui.JEAN-PIERRE ELKABBACHUn plan d'ampleur.JACQUELINE GOURAULTIl y a un plan qui est prêt pour évacuer Notre-Dame-des-Landes.JEAN-PIERRE ELKABBACHDernière question, Calais. Le président de la République doit s'y rendre avant le 18 janvier. Quand ? Le 12, le 15, le 16 ?JACQUELINE GOURAULTLà, je ne connais pas la date exacte.JEAN-PIERRE ELKABBACHVous connaissez Calais, vous ?JACQUELINE GOURAULTJe connais.JEAN-PIERRE ELKABBACHVous y êtes allée quelques fois. Actuellement, il y aurait 500 migrants nouveaux - certains viennent d'Allemagne dispersés à travers toute la ville. On accuse les CRS de violence pour éviter de nouvelles fixations et de nouvelles jungles. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce qu'il y a des brutalités policières ? Est-ce que vous enquêtez ou est-ce que vous les dénoncez ici ?JACQUELINE GOURAULTS'il y a des brutalités policières, elles sont ou elles seront dénoncées. Je peux même vous dire qu'un policier qui avait giflé un migrant a été jugé et a été condamné à six mois de prison ferme.JEAN-PIERRE ELKABBACHDonc vous dites : « Ce n'est pas vrai mais si c'était vrai, on ferait une enquête et des sanctions. »JACQUELINE GOURAULTOui, mais il y a eu des enquêtes de faites. Il y en a une qui a été publiée au mois d'octobre, qui a été faite par l'IGN, qui a été faite par la gendarmerie, la police et l'administration, et qui a conclu que tout ce qui a été raconté sur les gaz poivre, et cetera, n'était pas vrai.JEAN-PIERRE ELKABBACHOui. Mais enfin s'il y avait, il y aurait enquête.JACQUELINE GOURAULTS'il y avait, il y aurait enquête.JEAN-PIERRE ELKABBACHEt il y aurait punition. Vous êtes ministre centriste, vous êtes une des plus fidèles de François BAYROU. Vous êtes bien là où vous êtes ? C'est bien d'être ministre ?JACQUELINE GOURAULTC'est très bien.JEAN-PIERRE ELKABBACHVous avez été longtemps sénatrice, on se connaît depuis cette époque.JACQUELINE GOURAULTAbsolument. Je suis très contente d'être auprès de Gérard COLLOMB que je connaissais bien. Nous n'avons pas eu à faire connaissance puisque nous étions sénateurs ensemble et à la commission des lois ensemble. J'apprécie beaucoup le travail que je fais et la confiance qu'il m'accorde et je suis très contente de pouvoir continuer à m'occuper de ce qui m'a toujours passionné, notamment les collectivités territoriales.JEAN-PIERRE ELKABBACHLes territoires. Vous resterez madame Corse, vous allez continuer à vous occuper de la Corse.JACQUELINE GOURAULTJe vais continuer à m'occuper de la Corse.JEAN-PIERRE ELKABBACHBonne journée et merci d'être venue, Jacqueline GOURAULT.Source : Service d'information du Gouvernement, le 10 janvier 2018
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vie_publique · nº 204695
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