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4 janvier 2018 · Gouvernement · France Info · discours Discours

Interview de M. Stéphane Travert, ministre de l'agriculture et de l'alimentation, avec France Info le 4 janvier 2018, sur l'affaire du lait infantile contaminé aux salmonelles, le projet de loi relatif au prix agricole, les relations avec Nicolas Hulot, l

Stéphane Travert (auteur), Yaël Goosz (intervenant)

BRUCE TOUSSAINTEt notre invité ce matin est Stéphane TRAVERT, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.YAËL GOOSZBonjour Bruce, bonjour Monsieur le ministre.STEPHANE TRAVERTBonjour.YAËL GOOSZL'affaire du lait infantile contaminé. Une deuxième plainte déposée, on l'a appris hier, cette fois par l'association de consommateurs UFC Que Choisir, qui veut comprendre, tout simplement, comment on en est arrivé là, c'est-à-dire une trentaine de nourrissons atteints de salmonellose. Question que se pose aussi, vous allez l'entendre, Quentin GUILLEMAIN, qui préside une association de victimes de ce lait contaminé, et qui a porté plainte lui aussi.QUENTIN GUILLEMAIN (HIER SUR RMC)Comment se fait-il qu'au mois d'août LACTALIS découvre la présence de salmonelles sur son site et que rien ne soit fait ? On ne donne l'alerte qu'au mois de décembre. On parle d'une inspection vétérinaire au mois de septembre, du ministère de l'Agriculture, qui passe, ne voit rien, on ne trouve même plus le rapport d'ailleurs, de ces inspecteurs, donc là on est face à une situation extrêmement grave. Qui couvre qui ?YAËL GOOSZQuentin GUILLEMAIN chez nos confrères de RMC, Stéphane TRAVERT, vous lui répondez quoi à Quentin GUILLEMAIN ?STEPHANE TRAVERTD'abord deux choses. Dire d'abord que nos premières pensées vont aux familles qui sont inquiètes, légitimement, de la situation de la santé de leurs enfants qui ont utilisé ce lait infantile. Je pense aussi aux salariés de l'usine, 350 salariés, qui aujourd'hui, parce que l'usine est fermée, aujourd'hui n'ont pas de travail et sont au chômage technique. Et puis rappeler aussi que l'Etat n'a pas été défaillant, il y a eu des contrôles. Mais vous savez, l'usine de Craon, je la connais, c'est un site très important, dans lequel il y a plusieurs usines, et les contrôles qui avaient été mis en place en septembre, un contrôle inopiné, comme cela se fait toujours, par les services vétérinaires, sous l'autorité du préfet - et je rappelle que ces services de contrôle sont sous la double autorité, à la fois du préfet, mais aussi de la DGCCRF et du ministère de l'Agriculture - ont été faits sur un site qui ne correspond pas à l'endroit où est produit le lait infantile, c'est pour ça que nous n'avons rien trouvé.YAËL GOOSZC'est là que LACTALIS n'est pas d'accord avec vous, la direction dit qu'il y a eu des contrôles sur leur site en août STEPHANE TRAVERTAlors, ce sont des autocontrôles.YAËL GOOSZEn août, des autocontrôles, où il y avait des traces de salmonelles, et que ces contrôles-là, leurs résultats sont à votre disposition, les audits sont publiés en permanence.STEPHANE TRAVERTMais bien sûr, il y a les autocontrôles YAËL GOOSZVous ne les avez pas lus alors !STEPHANE TRAVERTLes audits sont disponibles en permanence, vous avez raison, mais sur les contrôles qui ont été faits en septembre, ils n'ont pas été réalisés sur le site qui produit, c'est-à-dire le site de transformation du lait, pour fabriquer du lait infantile, ils ont été mis en place sur un atelier qui fabrique toute autre chose.YAËL GOOSZCe que vous dites c'est que vous ne pouviez pas savoir ?STEPHANE TRAVERTNous ne pouvions pas savoir dès lors où, à partir du moment où on ne trouve rien, eh bien on ne nous alerte sur rien, bien évidemment.BRUCE TOUSSAINTPourquoi ce soupçon ? Qui couvre qui ? demande l'association de victimes. Qui couvre qui ?STEPHANE TRAVERTPersonne ne couvre personne. Aujourd'hui il y a une enquête judiciaire qui a été mise en place, il y a une instruction judiciaire, je pense qu'il faut la laisser aller à son terme, il faudra déterminer les responsabilités de chacun. D'abord, moi je voudrais aussi rappeler que la responsabilité de fournir des produits de qualité et de fournir des produits sains incombe d'abord au producteur, et nous nous sommes ici pour faire respecter la loi et respecter la réglementation.YAËL GOOSZMais est-ce qu'il faut revoir, plus généralement, les dispositifs de surveillance dans ces groupes agroalimentaires, surveillance de l'Etat je parle ?STEPHANE TRAVERTBien sûr, mais vous savez que c'est un des sujets sur lesquels nous avons travaillé dans le cadre des états généraux de l'Alimentation, c'est un sujet sur lequel j'ai mis un effort particulier dans la présentation de mon budget pour la loi de Finances 2018, parce que le contrôle sanitaire, la sécurité sanitaire, la sécurité de nos concitoyens, c'est un élément important.YAËL GOOSZEt vous allez en Chine dans 3 jours avec le président, LACTALIS, on le sait, fournit énormément de ses produits, de ses laits infantiles, sur le marché chinois, vous allez dire quoi là-bas, vous allez défendre la firme LACTALIS ?STEPHANE TRAVERTVous savez, les Chinois, là-bas, nous ont dit qu'ils avaient été très, je dirais surpris, de la manière dont nous avons traité ce type de dossier, parce qu'ils considèrent que la France fait particulièrement bien son travail sur la question sanitaire.YAËL GOOSZLa confiance n'est pas cassée ?STEPHANE TRAVERTNon, la confiance n'est pas entamée, et d'ailleurs il y a d'autres entreprises, qui fabriquent du lait infantile, à destination de la Chine aujourd'hui, et la Chine c'est aussi un partenaire, avec qui nous avons de bonnes relations commerciales, et nous allons effectuer ce voyage, avec le président, pour entamer de nouvelles coopérations, de nouveaux engagements bilatéraux entre la France et la Chine.BRUCE TOUSSAINTAutre dossier sur votre bureau, le projet de loi pour un juste prix payé aux agriculteurs.YAËL GOOSZProjet de loi qui rentre dans le fameux grand projet social annoncé dans ses voeux par Emmanuel MACRON dimanche soir, il a fait référence à ce juste prix.EMMANUEL MACRONL'année qui s'ouvre, en effet, est celle de nombreux défis, et nous construisons là une bonne part de notre avenir, pour nos territoires ruraux, pour nos agriculteurs, en leur permettant de vivre dignement du prix payé.YAËL GOOSZDonc le président y tient, ça doit vous faire plaisir, et c'est pour quand, et c'est quoi le juste prix ?STEPHANE TRAVERTLe président y tient, c'est un engagement de campagne, et nous avons fait campagne sur ce sujet, le juste prix, le digne prix pour les agriculteurs, et ce projet de loi sera présenté le 31 janvier prochain en Conseil des ministres, ce projet de loi, qui reprendra un certain nombre d'éléments, pour faire en sorte que tous les maillons de la chaîne soient correctement rémunérés. Par exemple, nous travaillerons sur l'inversion de la construction du prix, c'est-à-dire partir du prix de revient, dans la cour de ferme si j'ose dire, chez le producteur, pour éviter que le producteur ne puisse vendre son produit à perte.YAËL GOOSZCe n'est plus le distributeur qui décide du prix.STEPHANE TRAVERTCe n'est plus le distributeur qui décide du prix. Aujourd'hui, ce que l'on souhaite, c'est que l'ensemble de la chaîne, producteur, transformateur et distributeur, soient correctement rémunérés, mais ça ne peut pas être que le producteur qui paye toujours les pots cassés. Et donc nous devons ramener de la compétitivité dans les exploitations agricoles, faire en sorte que demain, parce que les agriculteurs sauront se regrouper en organisations de producteurs, qu'ils pourront défendre un projet, défendre une qualité de production, eh bien ils pourront, demain, fixer un niveau de prix en deçà duquel il ne sera pas possible de payer.YAËL GOOSZ31 janvier en Conseil des ministres, pour une adoption par l'Assemblée quand ?STEPHANE TRAVERTEh bien normalement dans le premier trimestre, il y a le débat parlementaire ensuite qui viendra.YAËL GOOSZMais où est la contrainte en fait sur ce prix, on ne comprend pas bien, on a 2 ans d'expérimentation, mais qu'est-ce qui va obliger les distributeurs à suivre votre nouveau schéma ?STEPHANE TRAVERTMais parce qu'ils s'y sont engagés, ils s'y sont engagés à travers une charte que nous avons fait signer YAËL GOOSZUne charte ça engage ?STEPHANE TRAVERTÇa engage monsieur, c'est un engagement politique et c'est un engagement moral, et aujourd'hui nous avons réussi à mettre autour de la table tous les acteurs. Et je peux vous dire que, il y avait 17 % du PIB autour de la table pour signer cette charte, et c'est quand même un élément qui n'est pas anodin. Et chacun a pris conscience qu'il fallait, que pour que nous puissions avoir une agriculture qui soit compétitive et qui réponde aux besoins de nos consommateurs, eh bien que ces agriculteurs puissent vivre dignement de leur métier, qu'ils puissent avoir un revenu, qu'ils puissent investir, et qu'ils puissent s'orienter vers de nouvelles productions.BRUCE TOUSSAINTVous restez avec nous. ( )- L'invité de Franceinfo ce matin est Stéphane TRAVERT, le ministre de l'Agriculture.YAËL GOOSZOui. Stéphane TRAVERT, vous allez entendre que vous avez un gros, gros travail de pédagogie à faire parce que du côté des consommateurs, on est vraiment sceptique sur cette réforme que vous menez, projet de loi le 31 janvier en conseil des ministres. Qui va payer à la fin ce fameux juste prix ? Monique BISSON de l'UFC-Que Choisir sur France 3 Bourgogne.MONIQUE BISSON, PRESIDENTE DE L'UFC-QUE CHOISIR DE BESANÇONCe sont les consommateurs qui, en définitive, seront un peu les dindons de la farce. Les distributeurs garderont dans leur poche cette hausse de 10 % et ne l'appliqueront pas aux agriculteurs. C'est les industriels et la grande distribution qui garderont ce bénéfice supplémentaire.YAËL GOOSZOn vous voit hocher la tête et soupirer. Pourquoi ? Vous n'êtes pas d'accord avec cette grille de lecture-là ?STEPHANE TRAVERTJe ne soupire pas mais c'est un argument que j'ai déjà entendu de la part de l'UFC-Que Choisir et je le respecte totalement. Je ne suis pas d'accord. Je pense que vous avez raison sur un point : il va falloir faire preuve de pédagogie. Il va falloir expliquer le sens de ce que nous faisons et pourquoi nous le faisons. Aujourd'hui, les états généraux doivent contribuer à faire en sorte que les consommateurs puissent trouver une meilleure qualité alimentaire parce qu'on s'est aperçu pendant longtemps que la course au prix le plus bas avait entraîné aussi une alimentation low-cost, une destruction de valeurs. Aujourd'hui, les consommateurs doivent sortir gagnants aussi de cela. Gagnants sur le plan de la qualité mais gagnants aussi sur le plan tarifaire. Parce qu'à partir du moment où nous mettons en oeuvre à la fois l'encadrement des promotions, le seuil de revente à perte, il n'y a pas de raison que les distributeurs comme le dit la personne de l'UFC-Que Choisir YAËL GOOSZMais ce qu'on ne comprend pas, c'est que si une bouteille de Coca est vendue plus chère, en quoi cette bouteille de Coca vendue plus chère sera répercutée positivement dans la poche du producteur ?STEPHANE TRAVERTOn prend toujours cet exemple-là de la bouteille de Cola, mais aujourd'hui sur les produits alimentaires qui viennent directement des exploitations agricoles qui sont transformés dans les entreprises agroalimentaires, aujourd'hui ce sont sur ces produits que les efforts vont se faire. Il va y avoir un lissage puisque nous aurons une montée en gamme, c'est-à-dire un supplément de qualité sur les productions. Il y a des engagements qui ont été pris. Nous aurons en même temps la capacité, parce qu'il y aura une plus grande diversité de l'offre, un plus grand choix offert aux consommateurs de pouvoir lisser le tout, et il n'y a pas de raison que le consommateur demain puisse payer plus cher. Il pourra payer plus cher au moment où nous aurons à développer des signes supplémentaires de qualité. Les consommateurs sont prêts à le faire dans un certain nombre de cas.YAËL GOOSZIl faut qu'on avance. Il y aura aussi du bio dans votre projet de loi. 50 % de bio dans les cantines d'ici à 2022, bio et produits locaux. Puisqu'on parle cantine, êtes-vous favorable, comme le propose Nicolas HULOT, à ce qu'il y ait une fois par semaine un repas végétarien à la cantine ?STEPHANE TRAVERTLes repas végétariens ne me posent bien évidemment aucune difficulté. Je pense qu'il faut laisser le choix aux enfants pour pouvoir YAËL GOOSZIl semble qu'il y ait un mais dans votre réponse.STEPHANE TRAVERTNon. Il faut laisser le choix. C'est-à-dire que les enfants doivent pouvoir avoir le choix entre consommer un menu avec du poisson, consommer un menu avec de la viande ou un menu végétarien.BRUCE TOUSSAINTDonc il faut deux menus à la cantine ?STEPHANE TRAVERTOn doit pouvoir avoir le choix de manière à ce que, sur une semaine qu'il passe à l'école, que l'équilibre alimentaire soit présent. Vous savez, il y a des enfants BRUCE TOUSSAINTL'équilibre, ça peut être un repas végétarien par semaine.STEPHANE TRAVERTÇa peut être un repas végétarien par semaine, je suis tout à fait d'accord.YAËL GOOSZLes producteurs de viande vont râler ce matin en vous écoutant.STEPHANE TRAVERTPourquoi l'imposer une fois par semaine dès lors qu'on doit laisse le libre choix ? Je suis plutôt sur cette orientation : laisser le libre choix. Vous savez, il y a des enfants qui, si le midi à la cantine BRUCE TOUSSAINTC'est compliqué de faire deux menus. Vous savez comment ça se passe.STEPHANE TRAVERTSouvent vous avez le choix. Je viens du milieu rural. Même dans nos écoles, aujourd'hui il y a un gros travail qui est fait où les élèves ont le choix entre plusieurs plats. Il peut y avoir un choix d'un plat végétarien et un plat avec de la viande ou avec du poisson. Mais ce que je veux dire aussi, c'est que si vous avez des enfants à qui on oblige de consommer un plat végétarien, pourquoi pas, mais regardons bien les choses. Il y a des enfants aujourd'hui qui, s'ils ne consomment pas ni poisson, ni viande le midi, n'en consommeront pas de toute façon chez eux parce que parfois, leurs parents n'ont pas les moyens.YAËL GOOSZDites-le simplement, vous n'êtes pas raccord avec Nicolas HULOT sur ce sujet-là.STEPHANE TRAVERTCe n'est pas question de ne pas être raccord. Je veux qu'il y ait un équilibre alimentaire dans la restauration scolaire, et nous faisons un gros travail pour apporter 50 % de produits bio ou issus de produits sous signe de qualité dans la restauration collective. De la même manière, je souhaite qu'il puisse y avoir le choix. Je suis pour une société du choix.YAËL GOOSZOn a compris. Pourquoi on insiste autant sur Nicolas HULOT ce matin ? Parce que vous avez été un peu rappelé à l'ordre hier dans le séminaire de rentrée du gouvernement à l'Elysée. Edouard PHILIPPE a insisté, il a été très clair sur la nécessité d'un travail harmonieux et en équipe.EDOUARD PHILIPPE, PREMIER MINISTREJe veux que chacun des membres du gouvernement sache ce que font les autres, au rythme où ils vont le faire, pour que nous puissions avoir un travail d'équipe. Sans couac, cohérent, compréhensible et efficace.YAËL GOOSZQuand on entend le mot « couac » dans la bouche d'Edouard PHILIPPE, on pense forcément ce qui s'est passé juste avant Noël : ce boycott par Nicolas HULOT des états généraux de l'alimentation et ces divergences que vous avez sur pas mal de sujets lui et vous. Ça va mieux ? Vous vous êtes parlé depuis Noël ?STEPHANE TRAVERTÇa, c'est une interprétation que vous faites et vous êtes totalement libre de ce commentaire. Hier, il n'y a pas eu de rappel à l'ordre. Il y a juste eu la parole d'un Premier ministre qui anime une équipe.YAËL GOOSZIl n'y a pas eu beaucoup de couacs dans l'histoire du gouvernement Philippe sauf entre vous et Nicolas HULOT.STEPHANE TRAVERTLe Premier ministre anime une équipe et le Premier ministre s'est qualifié comme ça lui-même et il a tout à fait raison : c'est un chef d'orchestre. Chacun joue sa partition. Le rôle du chef d'orchestre, c'est de faire en sorte qu'il y ait l'harmonie.YAËL GOOSZIl y en a qui disent que vous êtes l'armoire normande et qu'en face il y a Nicolas HULOT, un caractériel affectif.STEPHANE TRAVERTJe suis Normand, vous l'avez remarqué.YAËL GOOSZVous validez cette grille de lecture ?STEPHANE TRAVERTNon. Je ne suis pas dans ces analyses comme celle-là.BRUCE TOUSSAINTVous avez des intérêts divergents. Après tout, ce n'est pas non plus STEPHANE TRAVERTMais nous n'avons aucun intérêt, monsieur.BRUCE TOUSSAINTForcément, puisque vous défendez chacun des domaines qui évidemment ne sont pas forcément toujours compatibles. Après tout, tout le monde peut le comprendre.STEPHANE TRAVERTOn a toujours voulu opposer environnement, et ça c'est très vieux. Pour en parler avec d'anciens ministres de l'Agriculture ou d'anciens ministres de l'Environnement, on a toujours voulu opposer agriculture et environnement ou environnement et industrie. Je sais que nous avons un travail, nous avons une feuille de route. Cette feuille de route a été donnée par le Premier ministre à la clôture des états généraux. C'est ma seule boussole, c'est ma seule feuille de route. Je n'ai pas d'intérêts particuliers et d'intérêts spécifiques à défendre.YAËL GOOSZSur le glyphosate, vous ne défendiez pas les mêmes choses. Et même avec Emmanuel MACRON : vous prôniez cinq ans avant l'interdiction et c'est revenu à trois ans. Vous n'étiez pas sur la même position qu'Emmanuel MACRON.STEPHANE TRAVERTMais c'est une question de trajectoire, monsieur. L'objectif que nous poursuivons est le même, c'est celui de faire en sorte que demain nous ayons une agriculture plus durable. Ensuite, il y a un Premier ministre et un président de la République qui tranchent.BRUCE TOUSSAINTC'est un bon ministre Nicolas HULOT ?STEPHANE TRAVERTBien sûr. Il joue tout son rôle aujourd'hui dans ce gouvernement. C'est quelqu'un qui est connu et reconnu pour son action.BRUCE TOUSSAINTNotre-Dame-des-Landes ?YAËL GOOSZOui, puisqu'Edouard PHILIPPE commence demain les consultations avec les acteurs locaux pour décider avant la fin du mois. Vous, vous êtes pour quoi ? L'aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou l'extension de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique ?STEPHANE TRAVERTJe ne rentre pas dans ce décompte où on va cocher des cases en disant : « Lui est pour et lui est contre ».YAËL GOOSZAutre question : est-ce que les agriculteurs sur place peuvent vous aider à gagner la bataille de la ZAD ?STEPHANE TRAVERTCe n'est plus un sujet agricole.BRUCE TOUSSAINTVous n'avez pas d'avis sur la question ?STEPHANE TRAVERTJe ne dis pas que je n'ai pas d'avis, monsieur. J'ai toujours un avis sur quelque chose.YAËL GOOSZVous ne voulez pas le donner ce matin.STEPHANE TRAVERTCe qui m'importe aujourd'hui, c'est que demain le Premier ministre commence la concertation. Il y a eu un vote, le gouvernement aura à prendre une décision et cette décision s'imposera à tous, à moi y compris.BRUCE TOUSSAINTDonc la bonne décision, ce sera la décision du Premier ministre.Stéphane TRAVERTLa bonne décision, ce sera la décision d Premier ministre comme toujours.BRUCE TOUSSAINTMême si vous n'êtes pas d'accord. Ça s'appelle la discipline.STEPHANE TRAVERTMais je n'ai pas de raison de ne pas être d'accord avec la décision du Premier ministre.BRUCE TOUSSAINTVous avez un avis aujourd'hui ?STEPHANE TRAVERTOui, j'ai un avis aujourd'hui, bien sûr.BRUCE TOUSSAINTCe ne sera pas forcément le même.STEPHANE TRAVERTJ'ai un avis aujourd'hui dont tout le monde se fiche, je puis vous le dire.BRUCE TOUSSAINTMais pas nous !YAËL GOOSZC'est la preuve qu'il n'y a pas de soliste dans l'orchestre. C'est la preuve.STEPHANE TRAVERTJe respecte cette solidarité gouvernementale. Il y a un travail, un travail d'équipe autour de cette question. Ce n'est plus un problème agricole depuis longtemps puisque les terres ont été expropriées depuis très longtemps. C'est un sujet d'aménagement du territoire et de transport.YAËL GOOSZDonc Gérard COLLOMB a tort de dire qu'il faudrait s'appuyer sur les agriculteurs là-bas pour STEPHANE TRAVERTMais aujourd'hui, je crois dans les gens qui sont sur place, il y a trois ou quatre agriculteurs qui ne veulent pas partir mais les autres, les solutions ont été trouvées depuis très longtemps.BRUCE TOUSSAINTVous restez avec nous, Stéphane TRAVERT. ( )YAËL GOOSZAncien député socialiste, vous l'avez été dans une vie antérieure, la carte au PS vous l'avez rendue, c'est terminé ?STEPHANE TRAVERTEh bien elle s'est éteinte au 31 décembre 2017.YAËL GOOSZVous avez cotisé jusqu'au 31 décembre, maintenant c'est fini.STEPHANE TRAVERTJ'étais à jour des mes cotisations, voilà, pour l'année 2017, je m'étais mis à jour en 2016 bien évidemment, et voilà. Mais je n'ai pas repris ma cotisation, je ne la reprendrai pas bien sûr.YAËL GOOSZPourquoi cette question, même si ça ne vous concerne plus directement, on a appris hier le renoncement de votre ex camarade Najat VALLAUD-BELKACEM qui pouvait briguer la tête du PS pour le congrès du printemps, et puis qui finalement renonce, et qui dit ceci à nos confrère de l'Obs : « l'avenir de la gauche dépasse de très loin la question de l'appareil socialiste, je sais qu'il y a d'autres façons de se rendre utile ». C'est comme une figure, première femme à 40 ans ministre de l'Education nationale, elle incarnait la relève du PS, qu'est-ce que ça dit de l'état du PS si même elle Najat VALLAUD-BELKACEM ne veut pas briguer cette présidence du parti ?STEPHANE TRAVERTJe dis qu'il y a un message à reconstruire, clairement, et un message et une force à reconstituer. Mais aujourd'hui nous sommes passés dans un paradigme un peu différent. Aujourd'hui l'élection d'Emmanuel MACRON a changé la donne, a changé les choses, a changé les choses, a changé le regard des gens sur la politique. Et je crois que aujourd'hui à la fois le Parti socialiste se cherche un leader, et c'est bien normal, il leur appartiendra de le trouver parmi celles et ceux qui peuvent y prétendre.YAËL GOOSZC'est vraiment la cata votre ancien parti non ?STEPHANE TRAVERTAujourd'hui le Parti socialiste a connu un échec cuisant. Tout ce qui avait été construit depuis 1977, tout a été détruit et anéanti pendant les cinq années du mandat précédent.BRUCE TOUSSAINTVous souhaitez qu'il survive le PS ou qu'il meure ?STEPHANE TRAVERTMoi je n'ai pas de souhait comme celui-là, moi je pense que Vous savez le PS, qu'est-ce qu'il doit vivre ? Ce sont les valeurs, celle de la solidarité, celle du progrès, celle de la justice sociale. Mais je crois que ces valeurs elles peuvent s'incarner ailleurs qu'au Parti socialiste YAËL GOOSZAu sein de La République en Marche ?STEPHANE TRAVERTEt elles peuvent s'incarner particulièrement au sein de La République en Marche. Et d'ailleurs vous avez remarqué que nous sommes aussi quand même un certain nombre d'anciens socialistes à avoir rejoint Emmanuel MACRON YAËL GOOSZEt être au gouvernement.STEPHANE TRAVERTPour pouvoir mener aussi ces combats au nom de ces valeurs que nous avons en partage.YAËL GOOSZEst-ce que vous vous organisez ? Parce qu'on sait qu'à un moment donné à l'automne vous organisiez des diners avec Gérard COLLOMB, avec d'autres socialistes, Jean-Yves LE DRIAN pour essayer de fédérer un petit peu cette sensibilité de gauche au sein de La République en Marche, est-ce que ça continue, est-ce qu'il y aura un groupe, est-ce que c'est informel, est-ce que c'est .STEPHANE TRAVERTNon, il n'y a pas lieu d'avoir de groupe, aujourd'hui vous savez la République en Marche est un mouvement politique avec à sa tête Christophe CASTANER, et aujourd'hui il s'agit de travailler pour préparer l'action du gouvernement, travailler pour les prochaines échéances, notamment les Européennes.YAËL GOOSZOn rappelle d'où vous venez quand même, parce que les gens ont oublié, vous avez voté non au traité européen en 2005, vous avez soutenu Martine AUBRY en 2008 STEPHANE TRAVERTNon.YAËL GOOSZBenoit HAMON puis Martine AUBRY.STEPHANE TRAVERTNon. Je n'ai pas soutenu YAËL GOOSZVous avez soutenu qui alors ?STEPHANE TRAVERTJe sais qui j'ai soutenu. Il faut revoir vos fiches.BRUCE TOUSSAINTSégolène ROYAL ?STEPHANE TRAVERTNon plus. Non non. Moi au congrès de 2008, congrès de Reims, j'avais soutenu Benoît HAMON, effectivement au premier tour, mais vous l'avez dit, et je m'étais abstenu au second tour.YAËL GOOSZEt vous étiez proche de Benoit HAMON et des frondeurs au début du quinquennat HOLLANDE, en 2014 vous n'avez même pas voté la confiance à Manuel VALLS, est-ce qu'aujourd'hui vous êtes capable d'assimiler tous ces projets qui arrivent et qui sont félicités par la droite, je pense au projet de loi asile-immigration ; le diptyque macronien c'est fermeté pour les migrants économiques, accueil et humanisme pour les demandeurs d'asile. Ecoutez ce que dit le chercheur Patrick WEIL, spécialiste de l'immigration, c'était sur Europe 1 : « Emmanuel MACRON fait du SARKOZY à l'envers ». Ecoutez.ExtraitYAËL GOOSZSi on l'applique à la loi asile-immigration, est-ce que vous êtes à l'aise comme ancien socialiste sur ce qui se profile ?STEPHANE TRAVERTParfaitement à l'aise parce que nous sommes aujourd'hui dans une situation où nous devons à la fois transformer notre pays, le préparer pour les années futures ; et sur cette question d'immigration aujourd'hui et sur la question du droit d'asile Emmanuel MACRON a toujours rappelé quelle était sa position : Humanité mais aussi efficacité, veiller à réduire les temps d'attente pour que les gens soient en situation d'être régularisés ou pas. Et puis traiter la question du droit d'asile .YAËL GOOSZOn a compris que vous étiez d'accord, mais vous êtes de sensibilité de gauche. L'assurance-chômage, contrôler plus fortement les chômeurs, là vous êtes à l'aise ?STEPHANE TRAVERTMoi ça ne me pose aucun problème parce qu'il y a des droits qui doivent être mis en place et aujourd'hui la principale préoccupation qui doit être la notre c'est de faire en sorte que celles et ceux qui au chômage puissent en sortir le plus rapidement possible à travers une formation qualifiante.BRUCE TOUSSAINTMerci beaucoup Stéphane TRAVERT, bonne journée à vous.STEPHANE TRAVERTBonne journée.Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 janvier 2018
La source — vie_publique · nº 204678
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/204678-interview-de-m-stephane-travert-ministre-de-lagriculture-et-de-lalim?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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