Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire dEtat, porte-parole du Gouvernement, à RMC / BFMTV le 4 janvier 2018, sur le projet réprimant les "fake news" et l'agression de policiers à Champigny-sur-Marne.
Benjamin Griveaux (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)
JEAN-JACQUES BOURDINSecrétaire d'Etat auprès du Premier ministre, porte-parole du gouvernement, Benjamin GRIVEAUX est notre invité ce matin, bonjour.BENJAMIN GRIVEAUXBonjour Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. Le président de la République a annoncé un projet de loi pour sanctionner la diffusion de fausses informations, notamment en période électorale, la précision est importante, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que le reste du temps peu importe !!BENJAMIN GRIVEAUXÇa veut d'abord dire qu'il y a beaucoup de fausses informations qui circulent et que avec les réseaux sociaux et la dernière campagne présidentielle en a été particulièrement le théâtre, eh bien beaucoup de fausses informations ont été diffusées. Vos confrères de LIBERATION s'étaient amusés au printemps dernier à relever les 30 informations qui avaient été le plus partagées sur les réseaux sociaux. Sur ces 30 informations plus de 20 étaient fausses. On a pu observer aussi dans le cadre de campagne à l'étranger, dans le cas notamment de la campagne du Brexit, il y a une fake news célèbre qui circulait comme quoi les billets en euros donnaient des maladies aux enfants. Bref, on se rend compte qu'avec ces réseaux sociaux il y a des diffusions de mauvaises informations, d'informations fausses qui peuvent perturber les opérations de vote. Il y a une enquête du Parlement britannique, une enquête du Parlement européen qui ont été ouvertes suite à la diffusion de fausses informations. Pour avoir un débat démocratique serein, sincère il y a évidemment le rôle des journalistes, et vous avez un rôle important sur le fact checking, sur la vérification des informations, sur les sources que vous donnez, les informations que vous partagez ; c'est un rôle important, c'est le rôle de ce 4e pouvoir qu'est la presse, mais il y a un besoin de pouvoir avoir des informations propres, sourcées, fiables. Je crois que c'est l'intérêt à la fois des médias et puis de la démocratie et des électeurs.JEAN-JACQUES BOURDINÇa on est bien d'accord, mais il y a une loi qui existe déjà, la loi de 1881 je crois sur la liberté de la presse, 45 000 euros d''amende en cas de fausses nouvelles. Et les Allemands ont choisi une autre voie, il condamne les hébergeurs.BENJAMIN GRIVEAUXOui. Vous avez la loi de 1881, tout est dit dans la date. On est en 2018. Les médias ont changé. Les diffusions ont changé. Les diffuseurs ont changé. La question est de savoir
.JEAN-JACQUES BOURDINOui. Pourquoi ne pas condamner les hébergeurs avant tout ?BENJAMIN GRIVEAUXLe sujet va s'ouvrir. On a discuté justement des modalités, et ce sera un débat qui va être passionnant, ce sera un débat qui est difficile, parce qu'il va falloir trouver quel est le moyen le plus efficace pour mettre un terme à ces fake news, à ces fausses informations diffusées en période électorale notamment ; et cela se fera dans le cas de la discussion qui va s'ouvrir. Ça peut passer par les hébergeurs, par les diffuseurs, par ceux qui sont les producteurs de ces informations fausses ; et puis vous avez aussi d'autres faits que j'ai déjà eu l'occasion d'ailleurs d'évoquer avec vous, qui sont des médias qui sont là des médias de propagande, non pas de journalisme, on pense à certains médias détenus par des gouvernements étrangers.JEAN-JACQUES BOURDINOui vous parlez des Russes. Qui va décider que telle ou telle information et fausse ? Qui franchement ?BENJAMIN GRIVEAUXVous avez
à nouveau c'est la discussion qui va s'engager. Vous avez des informations qui manifestement sont fausses, vous avez des informations qui manifestement sont grossièrement fausses ; il n'est pas question évidemment de mettre un terme à ce qui est la liberté et à la presse d'opinion, c'est ce qui en France fait le sel de nos médias, c'est qu'on a en France une presse d'opinion, où des opinions s'expriment. J'entendais ce matin le débat enflammé vous aviez entre Eric BRUNET et Laurent NEUMANN, évidemment il n'est pas question de faire taire les oppositions, de faire taire les critiques, pas du tout ; mais qu'en revanche on puisse disposer d'informations fiables et sourcées pour avoir un débat serein indispensable.JEAN-JACQUES BOURDINA quand ce projet de loi ?BENJAMIN GRIVEAUXCe sera dans les semaines, dans les mois qui viennent, probablement avant la fin de l'année.JEAN-JACQUES BOURDINBien ! J'ai des questions précises et vous avez des réponses précises à me donner, c'est ça le journalisme aussi, on est bien d'accord.BENJAMIN GRIVEAUXParfaitement. On est d'accord.JEAN-JACQUES BOURDINJe pose des questions, vous répondez, chacun est responsable, de mes questions et vous de vos réponses.BENJAMIN GRIVEAUXVoilà.JEAN-JACQUES BOURDINQuestion précise : les responsables de la soirée à Champigny sur Marne seront-ils poursuivis devant les tribunaux ?BENJAMIN GRIVEAUXAlors vous avez une soirée qui a donné lieu à ce drame qui s'est déroulé le soir de la Saint-Sylvestre et qui a fait que 2 policiers notamment une gardienne de la paix ont été molestés, et lâchement attaqués. La question de la responsabilité de ceux qui organisaient la soirée, qui manifestement n'avaient pas déposé d'autorisation en Préfecture, or quand vous êtes organisateur de soirées, que vous recevez du public vous avez cette obligation qui est faite, et d'assurer les moyens de sécurité pour sécuriser les personnes qui sont présentes à votre soirée, soit il revient aux autorités judiciaires de voir s'il y a matière à enquêter et à poursuivre : de ce que j'ai compris, il n'y avait manifestement pas eu de dépôt à la Préfecture de déclaration de cette soirée, donc c'est une première infraction à la règlement usuelle de ce type d'évènement.JEAN-JACQUES BOURDINL'agression, est-ce que des personnes ont été arrêtées ?BENJAMIN GRIVEAUXA ce stade, je ne le crois pas, l'enquête est en cours, on a une malchance c'est d'avoir eu cette vidéo qui montre l'horreur de la scène. Mais on a une chance incroyable avec cette vidéo c'est que ça permet potentiellement d'identifier les auteurs, d'identifier les auteurs et d'identifier Jean-Jacques BOURDIN ceux aussi qui n'ont rien fait, ceux qui ont été les spectateurs de cette scène ou qui ont aidé. Et ceux qui ont aidé il faudrait les identifier et pouvoir les récompenser. Parce qu'il était sans doute plus facile d'être spectateurs de cette scène que de venir en aide à ces deux gardiens de la paix.JEAN-JACQUES BOURDIN« Sévérité sans faille » a dit le Premier ministre. Mais ça ce sont les mots, et vous savez que les Français en ont assez des mots, vous le savez. Alors ça veut dire quoi « sévérité sans faille » ?BENJAMIN GRIVEAUX« Sévérité sans faille », ça veut dire que vous avez
.JEAN-JACQUES BOURDINPas de prison systématique pour les agresseurs de policiers, de gendarmes, de pompiers ?BENJAMIN GRIVEAUXVous savez j'ai entendu le débat sur les peines planchers, c'est à chaque fois qu'on a un fait on fait une loi. Ca c'était la règle des 15 dernières années qui fait qu'on a eu un nombre de lois invraisemblable sur les questions de sécurité et qu'on voit bien que ça n'a pas d'effet ; que les peines planchers, le Syndicat de la magistrature vous l'explique, ça ne change rien aux attaques sur les policiers. Vous avez déjà des dispositifs dans la loi qui permettent de réprimer plus durement les atteintes pour les personnes qui sont dépositaires de l'autorité publique, en l'occurrence là ces policiers ; et donc il faudra le faire avec sévérité à nouveau l'enquête est en cours - les identifier
.JEAN-JACQUES BOURDINMais ça veut dire quoi avec sévérité ?BENJAMIN GRIVEAUXÇa veut dire que le code pénal aujourd'hui prévoit des sanctions lourdes et qu'elles devront être appliquées par la justice, tout simplement.JEAN-JACQUES BOURDINMais pas de prison systématique donc pour les agresseurs
.BENJAMIN GRIVEAUXÇa n'est pas prévu aujourd'hui dans la loi.JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous ne changerez pas la loi, on est bien d'accord ?BENJAMIN GRIVEAUXÇa n'est pas prévu aujourd'hui dans la loi, la question de la peine plancher vous avez un principe en France, principe du droit français qui est l'individualisation de la peine. Il est important, et il faut faire confiance aux magistrats pour que chacun évalue au cas par cas la peine à appliquer à tel ou tel cas. Vous savez il ne faut pas être
Quand vous êtes de droite vous considérez que les magistrats sont trop laxistes et quand vous êtes de gauche ils sont trop
. Il faut faire confiance aussi à la justice et à nos institutions ; un magistrat il est aussi en capacité d'évaluer la dangerosité d'une situation, la dangerosité d'un individu et d'individualiser la peine. C'est un grand principe du droit français et on y est très attaché.JEAN-JACQUES BOURDINEh bien demain la ministre de la Justice sera là et je lui poserai les questions. Benjamin GRIVEAUX, autre question : le Premier ministre hier a présenté le calendrier des prochains textes, des prochaines réformes du gouvernement, je vais décliner un peu ces réformes : Aéroport Notre-Dame-des-Landes, décision avant la fin janvier, on est bien d'accord
BENJAMIN GRIVEAUXOui.JEAN-JACQUES BOURDINL'évacuation des zadistes sera engagée, quelle que soit la décision ?BENJAMIN GRIVEAUXAvant la fin janvier nous aurons la décision. Il y a 2 options qui sont sur la table, vous les connaissez : soit on fait Notre-Dame-des-Landes et dans cette hypothèse il faudra évacuer la ZAD ; soit ce sera l'extension qui sera retenue de l'aéroport Nantes Atlantique, auquel cas les zadistes n'auront plus aucune raison de rester donc sur la ZAD.JEAN-JACQUES BOURDINSeront aussi évacués ?BENJAMIN GRIVEAUXOui.JEAN-JACQUES BOURDINQuoi qu'il arrive les zadistes seront évacués ?BENJAMIN GRIVEAUXIls n'auront pas vocation à rester quelle que soit l'option qui sera à la fin retenue par le gouvernement.JEAN-JACQUES BOURDINMoi je me souviens de ce que disait Emmanuel MACRON : « le peuple s'est exprimé, je suis pour respecter cette décision », voilà ce qu'il disait.BENJAMIN GRIVEAUXLe peuple s'est exprimé dans un vote où il y avait une hypothèse qui était de dire : est-ce qu'on fait Notre-Dame-des-Landes ou pas ? Il y a un besoin qui a été identifié, c'est un besoin aéroportuaire du grand ouest français. Ça c'est une chose qui n'était pas partagée avant. On a un besoin, c'est-à-dire que quoi qu'il arrive il faut qu'on augmente la capacité aéroportuaire de l'ouest.JEAN-JACQUES BOURDINCe qui veut dire que ce référendum est caduc ?BENJAMIN GRIVEAUXOn a une alternative à Notre-Dame-Des-Landes
. Vous savez souvent le problème d'un référendum c'est parfois que vous n'avez pas la totalité des options sur la table.JEAN-JACQUES BOURDINDonc il est caduc ce référendum ?BENJAMIN GRIVEAUXJe ne suis pas en train de vous dire qu'il est caduc, je suis en train de vous dire tout simplement que quand vous posez une question aux gens, démocratiquement il est utile de pouvoir leur dire « il y a une alternative nouvelle à la situation sur laquelle vous vous êtes exprimés dans le cadre de ce référendum ».JEAN-JACQUES BOURDINLe 9 janvier conseil interministériel de sécurité routière qui annoncera la baisse à 80 kilomètres/heure sur les routes, hors autoroutes et routes à deux voies. C'est la semaine prochaine.BENJAMIN GRIVEAUXCe sera le 9 janvier, nous verrons si cette proposition sera retenue. Il y en aura d'autres, ce n'est pas uniquement la question.JEAN-JACQUES BOURDINMais elle sera retenue ?BENJAMIN GRIVEAUXJ'ai bien compris quelque chose d'assez emblématique, vous avez eu 3.469 tués sur les routes de France l'an dernier, plus de 70.000 blessés parce qu'on parle beaucoup des morts mais on oublie souvent les blessés, qui parfois ont des séquelles physiques, des séquelles psychologiques très lourdes, la semaine de Noël vous avez eu 63 morts sur les routes de France.JEAN-JACQUES BOURDINDonc nous passerons à 80 kms/h.BENJAMIN GRIVEAUXL'abaissement de 10 kms/h, d'après les études dont nous disposons, permet, permettrait d'éviter 3 à 400 personnes qui perdraient la vie sur les routes de France chaque année, je crois que ça mérite qu'on s'y penche avec attention.JEAN-JACQUES BOURDINOui avec attention, ça veut dire que ça mérite qu'on passe à 80 kms/h, que les choses soient claires.BENJAMIN GRIVEAUXÇa mérite qu'on s'y penche avec attention, Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINNous avons tous compris, vous ne le dites pas parce que le Premier ministre doit l'annoncer mardi prochain, mais nous avons tous compris, Benjamin GRIVEAUX.BENJAMIN GRIVEAUXJe vois que vous n'avez pas perdu de votre sagacité pendant cette période de vacances.JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, pas du tout, non, non, je suis en pleine forme, croyez moi je suis en pleine forme.BENJAMIN GRIVEAUXJe vois ça.JEAN-JACQUES BOURDINLe contrôle des chômeurs, tiens, ça m'intéresse beaucoup, est-ce que l'allocation chômage sera réduite de moitié en cas de recherche d'emploi insuffisante, d'un refus de formation, de 2 offres jugées raisonnables, oui ou non ?BENJAMIN GRIVEAUXVous savez qu'il y a déjà des dispositifs qui existent, qu'il y a 200 personnes à Pôle emploi qui sont chargées de faire ces contrôles, pourquoi ? Parce que quand vous avez des droits, il est légitime de bénéficier d'une allocation chômage et que les choses soient claires, pour moi les chômeurs ne sont pas tous des fraudeurs en puissance, que les choses soient très claires.JEAN-JACQUES BOURDINOn dit toujours
BENJAMIN GRIVEAUXOui mais c'est important de le rappeler, pourquoi ? Parce que ça n'est pas quelque chose qui tombe du ciel, vous avez cotisé pour ça, vous avez une assurance contre un risque, qui est la perte d'emploi, et il est légitime quand vous avez cotisé à une assurance, quand le risque se réalise que vous puissiez bénéficier de la protection de cette assurance. Qu'en revanche face à ces droits, il y ait des devoirs et qu'on puisse éviter les situations où vous avez des personnes qui, parce qu'elles connaissent bien la pratique administrative eh bien échappent au contrôle, utilisent le système parce que ça c'est insupportable pour tous ceux qui respectent les règles et qui ne bénéficient
enfin qui en tout cas n'abusent pas du système.JEAN-JACQUES BOURDINOn est entièrement d'accord. Est-ce que l'allocation chômage sera réduite de moitié dans certains cas ?BENJAMIN GRIVEAUXElle pourra être réduite mais, c'est déjà le cas.JEAN-JACQUES BOURDINDe moitié.BENJAMIN GRIVEAUXElle peut être suspendue pendant des périodes différentes en fonction de la gravité de l'infraction, ça peut aller de quelques semaines à plusieurs mois et donc oui, il est normal qu'on puisse avoir quand on a des droits, des devoirs et quand les devoirs ne sont pas respectés qu'on puisse avoir des sanctions.JEAN-JACQUES BOURDINVoilà réduite de moitié l'allocation.BENJAMIN GRIVEAUXOui, suspendue pour un temps, vous l'avez compris.JEAN-JACQUES BOURDINEt pas réduite de moitié
BENJAMIN GRIVEAUXCe sera à nouveau les discussions qui s'engagent, elles s'engagent le 11 janvier.JEAN-JACQUES BOURDINBenjamin GRIVEAUX, ne commencez pas comme porte-parole à ne jamais me répondre.BENJAMIN GRIVEAUXMais Jean-Jacques BOURDIN, ce n'est pas que je ne vous réponds pas, vous avez des discussions qui vont s'engager entre les partenaires sociaux et le
JEAN-JACQUES BOURDINElles ne sont pas finies ?BENJAMIN GRIVEAUXLe 11 janvier jusqu'à mi-février.JEAN-JACQUES BOURDINElles vont s'engager. Oui mais les décisions, la décision n'est pas prise, pourtant j'avais cru entendre le président de la République
BENJAMIN GRIVEAUXLe 11 janvier jusqu'à mi-février. Vous savez, on a pris une mauvaise habitude dans ce gouvernement, c'est qu'avant de prendre des décisions tout seul dans son coin, on en parle avec les gens qui sont compétents et avec les gens qui animent aujourd'hui l'assurance chômage, l'UNEDIC et donc les partenaires sociaux, qui ont tout leur rôle dans cette mission.JEAN-JACQUES BOURDINVous connaissez Emilie KONIG ?BENJAMIN GRIVEAUXOui.JEAN-JACQUES BOURDINEnfin vous connaissez, vous ne connaissez pas, mais enfin vous en avez entendu parler.BENJAMIN GRIVEAUXJe connais
JEAN-JACQUES BOURDINNous avons donné l'information les premiers sur RMC mardi, elle a été arrêtée, elle est là-bas, elle n'est pas seule, avec d'autres djihadistes françaises, seront-elles jugées en France ou au Kurdistan syrien ?BENJAMIN GRIVEAUXAlors vous avez un principe qui est d'abord le respect des droits de la défense et qu'elles puissent être jugées dans un Etat qui garantisse
JEAN-JACQUES BOURDIND'abord vous confirmez qu'elles ont été arrêtées.BENJAMIN GRIVEAUXC'est les informations à l'heure actuelle dont on dispose, qu'elles ont été arrêtées et a priori qu'elles ont été arrêtées, qu'elles ne se sont pas rendues d'elles-mêmes, qu'elles ont été arrêtées en combattant. La question de savoir si elles doivent être jugées en France, c'est surtout la question de savoir si aujourd'hui dans la partie kurde de la Syrie, dans le Kurdistan syrien, il y a aujourd'hui des institutions judiciaires qui sont à même eh bien d'avoir un jugement qui soit respectueux des droits de la défense.JEAN-JACQUES BOURDINElles existent.BENJAMIN GRIVEAUXIl faut en avoir l'assurance parce que, vous comme moi, nous sommes très attachés aux droits de la défense et quel que soit le crime qui ait été commis, y compris le plus abject, il faut que la défense puisse être assurée, pour les ressortissants français à l'étranger. S'il y a des institutions judiciaires qui sont aujourd'hui en capacité d'assurer un procès équitable, avec des droits de la défense
JEAN-JACQUES BOURDINElles seront jugées là-bas.BENJAMIN GRIVEAUXElles seront jugées là-bas.JEAN-JACQUES BOURDINVous préféreriez qu'elles soient jugées là-bas ? Si les droits de la défense sont retenus, vous préféreriez qu'elles soient jugées là-bas, j'ai bien compris ?BENJAMIN GRIVEAUXOui.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai bien compris. Deux mots, tiens la réforme de l'ISF, pas mal pour Muriel PENICAUD, vous avez vu, ça lui permet de faire 62.000 euros d'économies grâce à la réforme de l'ISF, vous avez vu ça ?BENJAMIN GRIVEAUXMuriel PENICAUD a une carrière longue dans le privé, elle a occupé des postes à très grandes responsabilités, dans des très grands groupes, dont je ne donnerai pas le nom pour ne pas faire de publicité, elle a donc eu des revenus qui sont relatifs et qui sont corrélés, eh bien en responsabilité
JEAN-JACQUES BOURDINSon imposition sur la fortune passe de 62.000 à 0.BENJAMIN GRIVEAUX
dans les groupes
à partir du moment où ce que vous avez gagné comme argent, vous le réinvestissez dans l'économie française par des véhicules qui sont des produits d'épargne qui permettent de réinvestir votre argent dans l'économie française, dans des emplois en France, dans l'appareil productif et donc dans la croissance, il n'est pas illégitime que l'impôt sur la fortune soit supprimé. Qu'en revanche quand c'est sur le capital plus improductif et notamment immobilier, c'est tout le sens de l'impôt sur la fortune immobilière, vous soyez taxé, c'est le cas, je rappelle que l'ISF est supprimé, mais qu'est créé l'impôt sur la fortune immobilière. Ce gouvernement ne fait pas des cadeaux aux riches, ce gouvernement permet de mettre l'argent dans nos entreprises pour y créer des emplois.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai deux questions encore, LACTALIS d'abord parce que ça inquiète beaucoup de Français. D'abord le silence de LACTALIS, ce goût du secret, j'imagine que ça vous insupporte aussi, le gouvernement, ce goût du secret ?BENJAMIN GRIVEAUXJe veux d'abord moi saluer, un : La rapidité d'exécution d'un service que j'ai bien connu quand j'étais à Bercy, qui est la direction générale de la concurrence, la consommation, la répression des fraudes
JEAN-JACQUES BOURDINC'est pour ça que je vous en parle.BENJAMIN GRIVEAUXQui le 10 décembre a fait ce signalement et qui aujourd'hui il y a une enquête qui est confiée au parquet de Paris, je n'ai pas pour habitude de m'exprimer sur les enquêtes qui sont en cours
JEAN-JACQUES BOURDINNon, mais d'accord, ce n'est pas une question, est-ce que LACTALIS avait notifié cette contamination aux autorités sanitaires ?BENJAMIN GRIVEAUXJe ne dispose pas de cette information, mais ce que je sais c'est que la direction de la concurrence qui est chargée de la protection des consommateurs en France a agi avec diligence et que le parquet de Paris est saisi pour enquête et que l'enquête va suivre son cours, à nouveau je n'ai pas vocation à m'exprimer sur une enquête en cours.JEAN-JACQUES BOURDINSondage paru hier dans La Croix, sur, vous avez vu les questions de société, des questions sur lesquelles le gouvernement s'est peu exprimé jusque-là, peut-être un peu vite pour Marlène SCHIAPPA lorsqu'elle était venue ici, mais à propos de la PMA, 60 % des Français sont favorables à la PMA pour les couples de femmes homosexuelles, vous aussi ?BENJAMIN GRIVEAUXOui, j'y suis favorable.JEAN-JACQUES BOURDINVous y êtes favorable. Est-ce que la PMA pour toutes les femmes sera proposée au Parlement avant la fin de l'année 2018 ?BENJAMIN GRIVEAUXEcoutez, c'était un des engagements qui avait été fait pendant la campagne et on a à nouveau, une habitude nouvelle, c'est qu'on tient les engagements que nous avions pris pendant la campagne et que nous appliquons le projet sur lequel Emmanuel MACRON a été élu président de la République.JEAN-JACQUES BOURDINAvant la fin de l'année.BENJAMIN GRIVEAUXSur le calendrier, je ne dispose pas d'information, mais ce n'est pas inimaginable.JEAN-JACQUES BOURDINCe n'est pas inimaginable. Et puis je voulais aussi terminer sur ce qu'a fait l'Islande qui contraint les entreprises de plus de 25 salariés à appliquer une parité salariale totale entre les femmes et les hommes, vous avez vu ça ?BENJAMIN GRIVEAUXOui.JEAN-JACQUES BOURDINDepuis lundi, est-ce qu'on pourrait faire la même chose en France ? La population n'est pas la même évidemment mais
BENJAMIN GRIVEAUXL'égalité entre
non vous savez parfois les principes doivent pouvoir s'appliquer quelle que soit la population. Moi, je suis d'une génération qui considère que l'égalité entre les femmes et les hommes va de soi parce que dans les responsabilités que j'ai pu exercer dans des entreprises, eh bien il y avait autant de femmes que d'hommes à des postes de responsabilité. Et qu'on puisse progresser sur la question des salaires me parait être essentiel parce qu'on peut clamer tous les principes d'égalité qu'on veut, à partir du moment où il n'y a pas une égalité salariale stricte
JEAN-JACQUES BOURDINIl faut une loi ?BENJAMIN GRIVEAUXOui, il faut une loi, mais vous savez, on ne va pas changer tous les comportements que par la loi. Regardez, on a fait une loi sur la parité, il y a 20 ans, on a eu un mal de chien, je pèse mes mots à obtenir cette parité à l'Assemblée nationale et pourtant on avait la loi, c'était inscrit dans la loi. C'est aussi les comportements, c'est aussi une bataille culturelle, c'est ce que porte Marlène SCHIAPPA, c'est ce que porte le président de la République en ayant fait une grande cause nationale sur la question de l'égalité entre les femmes et les hommes et c'est aussi la responsabilité des entreprises de se dire que quand on a des femmes dans des postes de responsabilité équivalents à ceux des hommes, elles soient payées la même chose.JEAN-JACQUES BOURDINBien, je terminerais sur ces lois parce que je regardais le programme, effectivement vous allez avoir du pain sur la planche.BENJAMIN GRIVEAUXChargé.JEAN-JACQUES BOURDINJe crois que vous allez partir d'ailleurs à travers la France, vous l'aviez déjà fait dans les préfectures, vous allez répondre aux Français.BENJAMIN GRIVEAUXJe serais bientôt, ce mois-ci je serais à Lyon, je serais à Toulouse.JEAN-JACQUES BOURDINAlors les Français vont vous poser comme moi des quantités de questions évidemment, mais beaucoup de projets de loi en préparation, énormément de lois, très bien, faire voter des lois c'est très bien mais encore faut-il les appliquer ces lois.BENJAMIN GRIVEAUXJe vous confirme.JEAN-JACQUES BOURDINEt les décrets d'application, est-ce que tout ça suit, je vous dis ça parce que nous allons vérifier, Benjamin GRIVEAUX.BENJAMIN GRIVEAUXUn : Vous auriez tort de ne pas le faire, vous êtes parfaitement dans votre rôle.JEAN-JACQUES BOURDINC'est notre métier de journaliste.BENJAMIN GRIVEAUXSachez une chose, la loi Macron quand il était ministre de l'Economie et des Finances a été la loi dont les décrets d'application ont été pris le plus rapidement de l'histoire de la Vème République, parce que je crois qu'on était à un taux d'application de plus de 95 %, moins de 8 mois après la promulgation de la loi. Donc sachez que un : On est très attentif à l'exécution parce qu'une décision annoncée, c'est formidable, mais c'est encore plus formidable quand elle est appliquée et c'est comme ça que nous changerons la vie des gens et si nous voulons changer la vie des Français, eh bien ce sont les décrets d'application qui permettront de le faire.JEAN-JACQUES BOURDINEt nous resterons attentifs, merci Benjamin GRIVEAUX.Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 janvier 2018
La source —
vie_publique · nº 204669
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé