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4 janvier 2018 · Gouvernement · Emission L'Invité de RTL · discours Discours

Interview de M. Sébastien Lecornu, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, avec RTL le 4 janvier 2018, sur le dérèglement climatique et les tempêtes, l'aéroport Notre-Dame-des-Landes, la fermeture de la centrale nucl

Sébastien Lecornu (auteur), Jérôme Chapuis (intervenant)

JEROME CHAPUISBonjour Sébastien LECORNU.SEBASTIEN LECORNUBonjour Jérôme CHAPUIS.JEROME CHAPUISDeux tempêtes extrêmement violentes en quelques jours sur la quasi-totalité du territoire, des vents qui dépassent en intensité ceux de Xynthia en 2010, ces événements climatiques font partie maintenant de notre quotidien, est-ce qu'il faut s'y habituer et s'y préparer mieux ?SEBASTIEN LECORNUAlors, on ne va pas mélanger météo et climat, mais évidemment, il y a un lien entre les deux, et le dérèglement climatique auquel nous assistons depuis maintenant plusieurs années qui, effectivement, s'est traduit par ces deux phénomènes importants sur la métropole, je rappelle également les phénomènes de Irma et Maria, notamment sur les Outre-mer, je pense très fort à nos concitoyens de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy ou des Antilles qui nous écoutent, sont à prendre extrêmement au sérieux, et sont des effets très concrets du réchauffement de la planète, c'est pour ça aussi que nous prenons les choses en main avant qu'il ne soit trop tard.JEROME CHAPUISEst-ce qu'il faut investir ? Est-ce que les services de l'Etat sont suffisamment dimensionnés aujourd'hui face à cette nouvelle donne climatique?SEBASTIEN LECORNUOui, oui. Alors, ça comprend notamment une partie de ce ministère, la Transition écologique et solidaire, notamment sur la prévention des risques, puisque, bien sûr, il faut traiter le mal d'abord à la racine, ça, c'est la lutte contre le réchauffement climatique, je peux y revenir si vous souhaitez, puis, aussi, le traitement des symptômes, et au quotidien, c'est donc la prévention des risques naturels, submersion, avancée du trait de côte, la manière de construire également aussi les habitations, la prévention contre les incendies, on le voit bien avec l'actualité en Corse. Donc il faut travailler JEROME CHAPUISÇa veut dire plus d'effectifs par exemple pour les services d'urgence ?SEBASTIEN LECORNUNon, ce n'est pas que, un problème d'effectifs, c‘est aussi un problème de procédures, c'est un problème de doctrine d'emploi des moyens, diraient les spécialistes, alors, j'ai présidé un service départemental d'incendie de secours dans l'Eure, donc je connais un peu ces questions-là, la manière aussi d'écrire les documents d'urbanisme, les plans d'occupation des sols, autant de sujets d'ailleurs qui nous préoccupent actuellement avec Julien DENORMANDIE sur la reconstruction de Saint-Martin. Comment reconstruire Saint-Martin en préservant les droits acquis, c'est-à-dire le droit de propriété des Saint-Martinois, mais en même temps, nous ne construisons peut-être pas complètement à l'identique pour éviter aussi de connaître une nouvelle fois des choses très, très graves, comme celles que nous avons pu connaître il y a quelques maintenant quelques semaines.JEROME CHAPUISDonc l'Etat mobilisé aujourd'hui aux côtés des élus locaux sur les différents territoires touchés par ces tempêtes.SEBASTIEN LECORNUOui, oui, en gestion de crise au quotidien, mais également sur le long terme, parce qu'il faut y réfléchir.JEROME CHAPUISAlors, Sébastien LECORNU, le Premier ministre entame demain une consultation avec les élus locaux sur Notre-Dame des Landes, est-ce qu'il s'agit de préparer les esprits ou bien de leur livrer la primeur de la décision qui va être rendue dans quelques semaines ?SEBASTIEN LECORNUAlors, il y a une mission, vous savez, qui a été demandée par le gouvernement au mois de juillet dernier, qui a rendu ses conclusions au mois de décembre, qui prépositionne deux solutions potentielles, soit la plateforme nouvelle aéroportuaire de Notre-Dame-des-Landes soit un agrandissement de l'aéroport de Nantes Atlantique. Bon, la moindre des choses dans une démocratie qui fonctionne bien, c'est de partager les résultats de cette mission avec les élus locaux qui sont décideurs et qui sont des partenaires JEROME CHAPUISÇa, ça fait quelques semaines que c‘est fait déjà, non, ils les connaissent les résultats de la mission ?SEBASTIEN LECORNUNon, parce que oui, mais je pense que c'est bien dans un dossier pour lequel très franchement, cela a trop duré, tout le monde le sait très, très bien, que le chef du gouvernement, Edouard PHILIPPE, prenne ce temps avec les élus régionaux du Conseil régional, les élus départementaux de Loire-Atlantique et limitrophes et les élus municipaux d'avoir un temps d'échange, l'ultime temps d'échange JEROME CHAPUISPardon, mais combien de temps, parce que SEBASTIEN LECORNUL'ultime, alors, je crois que là-dessus, les choses sont claires, le Premier ministre l'a dit, l'a redit encore hier matin, il y aura une décision de prise sur Notre-Dame-des-Landes avant la fin janvier, mais là, vous nous accordez d'être dans la première semaine de janvier, c'est un fait, c'est votre esprit rationnel qui était souligné à l'instant, qui le dit, et donc à partir de demain, vendredi, les élus seront reçus à Matignon jusqu'à la semaine prochaine, décision avant la fin du mois quoi qu'il arrive.JEROME CHAPUISPas de report, parce qu'il y a un mois, Nicolas HULOT avait annoncé une décision avant les fêtes, et les fêtes sont passées !SEBASTIEN LECORNUIl y a un Premier ministre, il s'appelle Edouard PHILIPPE, il a dit : décision avant fin janvier, ça a été redit par le chef de l'Etat également récemment, donc il n'y a pas de sujet là-dessus, je le redis : décision avant fin janvier sur le fond, la décision aéronautique, aéroportuaire, mais également une solution d'ordre public pour évacuer la ZAD, là aussi, je le redis.JEROME CHAPUISAlors, justement, le gouvernement, est-ce qu'il est prêt à une décision impopulaire ?SEBASTIEN LECORNUOui, bien sûr, ce qui serait impopulaire, ce serait de ne pas décider, ce qui serait incompréhensible pour les Français, ça serait de ne pas décider, et d'ailleurs, je crois que décider correspond au caractère du président de la République et de ce que fait ce gouvernement depuis maintenant 7 mois. La plaisanterie n'a vraiment que trop duré, ce n'est d'ailleurs plus drôle du tout comme plaisanterie, c'est-à-dire que, on a une ZAD, on a une entreprise qui est bloquée dans son choix d'investissement, VINCI. On a des élus locaux qui veulent le développement de leur région et du Grand Ouest français, c'est bien naturel JEROME CHAPUISMais, pardon, tout ça est conciliable ?SEBASTIEN LECORNUMais bien sûr, de toute façon, ce qui n'est plus conciliable, ce qui ne permet pas la conciliation JEROME CHAPUISNon, mais il n'y a pas de consensus possible ?SEBASTIEN LECORNUMais de toute façon, par définition, c'est un dossier dans lequel la stratégie de pourrissement, qui a été menée par certains, notamment dans le quinquennat précédent, ne permet pas aujourd'hui de prendre une décision qui forcément contentera tout le monde, et ce n'est plus le sujet JEROME CHAPUISStratégie de pourrissement.SEBASTIEN LECORNUNe pas décider, j'ai été président d'un Conseil départemental sur des dossiers qui sont parfois difficiles, quand vous ne décidez pas, ça entraîne du pourrissement, et donc là, aujourd'hui, effectivement, pour le Premier ministre pour le gouvernement d'Emmanuel MACRON il s'agit de décider, que cela soit populaire ou non, il faut prendre une décision.JEROME CHAPUISDernière question sur ce dossier, quoi qu'il arrive, les 150 à 200 personnes qui vivent sur le site depuis des années seront évacuées ?SEBASTIEN LECORNUSans droit ni titre, donc ne respectant par la loi, donc présentant en plus un danger pour les forces de l'ordre, oui, elles seront évacuées.JEROME CHAPUISAu risque qu'il y ait des blessés ?SEBASTIEN LECORNUC'est le risque à prendre malheureusement, j'étais aussi réserviste dans la gendarmerie nationale, je sais ce que c'est, je penserai aux militaires qui seront engagés sur cette opération, mais il est une évidence que nous ne pouvons pas tolérer cette zone de non-droit davantage.JEROME CHAPUISAlors, autre dossier complexe, Sébastien LECORNU, sur lequel, je crois, que vous allez monter en première ligne, la centrale de Fessenheim, elle doit fermer quand l'EPR de Flamanville entrera en service, c'est-à-dire peut-être d'ici la fin de l'année, comment ça va se passer ?SEBASTIEN LECORNUOui, donc au moment où Flamanville se déclenche, fin de l'année 2018, début de l'année 2019, c'est les derniers dires d'EDF, l'exploitant, la centrale de Fessenheim fermera, c'était dans le projet présidentiel d'Emmanuel MACRON, ça a été redit publiquement par le chef de l'Etat, par Nicolas HULOT, par le chef du gouvernement Edouard Philippe. Je l'ai redis aussi récemment, la nouveauté, c'est qu'on va enfin enclencher la procédure de concertation et de réflexion sur la reconversion du site de Fessenheim, ça veut dire que je me rendrai le 18 janvier prochain, pour 3 jours, je pense que c'est d'ailleurs aussi inédit qu'un membre du gouvernement passe autant de temps consécutif sur place pour la première fois, ce ne sera pas la dernière fois, pour aller à la rencontre non seulement des représentants du personnel, parce que je pense qu'il est important aussi d'écouter les personnes qui travaillent dans l'usine qui peuvent avoir des inquiétudes légitimes sur le sujet. Egalement, les sous-traitants parce qu'une centrale vit dans un univers, un biotope, pardonnez-moi cette expression, dans lequel, il faut se préoccuper des 200 sous-traitants. De la fiscalité locale, parce que beaucoup de collectivités territoriales alsaciennes vivaient de la manne financière ou fiscale nucléaire, à juste titre d'ailleurs, donc il était maintenant logique d'aller les rencontrer pour définir aussi...JEROME CHAPUISQu'est-ce que vous avez à leur proposer ?SEBASTIEN LECORNUAlors, on a plusieurs pistes de travail très, très concrètes sur ce dossier, la gestion du foncier, notamment autour de Fessenheim, nous sommes dans la bande Haut-rhinoise qui est une bande intéressante à aménager en matière de développement économique, il y a des problèmes d'infrastructures qu'il faut aussi traiter, il y a aussi la question de la sécurité énergétique de l'Alsace qui, pour nous, n'est pas un sujet d'inquiétude, mais qui peut légitimement intéresser et inquiéter un certain nombre d'acteurs économiques alsaciens. Donc là aussi, comment on passe du modèle nucléaire en Alsace avec cette centrale assez symbolique, devenue symbolique, de Fessenheim, vers aussi une Alsace qui peut être par exemple une région hyper motrice en matière d'énergies renouvelables, autant de sujets JEROME CHAPUISMais tous ces emplois directs et indirects générés depuis des années par la centrale de Fessenheim, que vont-ils devenir ?SEBASTIEN LECORNUOn doit pouvoir les reconvertir, voilà, et ça, c‘est l'objet de ma première visite à Fessenheim qui sera, je vous le répète, une inauguration d'autres visites, je vais installer un comité de pilotage qui va réunir l'ensemble des élus, des services de l'Etat et du monde économique, je les ai déjà reçus une première fois discrètement, quand je dis discrètement, c'est sans publicité médiatique au ministère, et là, on va enclencher les choses, c'est le moindre des respects aussi que l'on doit aux habitants d'Alsace et aux élus locaux Alsaciens.JEROME CHAPUISEt EDF va mettre de l'argent pour la reconversion du site aussi ?SEBASTIEN LECORNUÇa fait partie des discussions que j'ai actuellement avec Jean-Bernard LEVY.JEROME CHAPUISPas de renoncement de dernière minute, après tout, cette centrale, elle pourrait encore servir ?SEBASTIEN LECORNUJérôme CHAPUIS, je n'ai pas l'impression que depuis 7 mois, il y ait beaucoup de renoncements de la part de ce gouvernement, d'ailleurs, citez-m'en un.JEROME CHAPUISAlors, donc, on verra bien fin 2018 si cette centrale de Fessenheim a bel et bien fermé.SEBASTIEN LECORNUMerci Jérôme CHAPUIS JEROME CHAPUISVoilà. En 2018, les prélèvements dans leur globalité ne baisseront pas ou quasiment pas, et c'est dû essentiellement à la hausse des taxes environnementales, les ménages français – on faisait le calcul – vont payer, de manière indirecte, deux milliards et demi d'impôts en plus pour la défense de l'environnement, disons-le, est-ce que c'est de l'écologie punitive ?SEBASTIEN LECORNUOui, alors là, vous mélangez un peu deux choses, si je puis me permettre. La rentrée de ce mois de janvier 2018 est marquée par une augmentation du pouvoir d'achat des Français, pardon, mais la réforme de la taxe d'habitation pour 80 % des Français, avant 100 % en 2020, j'y viens parce que c‘est important dans le début de votre question JEROME CHAPUISElle est marquée aussi par la hausse des prix du carburant SEBASTIEN LECORNUJe vais y venir, je vais y venir, ne vous inquiétez pas, ne vous inquiétez pas, je vais vous répondre. La baisse des cotisations et suppression des cotisations sociales, l'augmentation d'un certain nombre de minimum, minimum vieillesse, allocation adulte handicapé, bref, je ne peux pas laisser dire que cette année est une année de baisse du pouvoir d'achat pour les Français. En revanche, il y a la fiscalité subie, et il y a la fiscalité choisie par son comportement. Personne ne vous oblige à fumer, personne ne vous oblige à rouler en diesel, mais c'est difficile, c‘est dur JEROME CHAPUISOui, c'est très compliqué et vous le savez pour être vous-même l'élu d'un département rural SEBASTIEN LECORNUExactement. C'est pour cela que, avec le fameux « en même temps », oui, nous assumons une augmentation du diesel pour des raisons de santé publique. 50.000 morts prématurées par an, Jérôme CHAPUIS, liées au diesel, et en même temps, nous menons et nous mettons en place des mesures de transition, c'est la fameuse prime à la casse, prime de conversion qui permet de changer son véhicule, là aussi, nous l'avons étendue de manire universelle, 2.000 euros pour les Français non imposables. 1.000 euros pour les Français qui sont imposables, c'est une nouveauté, également pour les véhicules qui sont des véhicules d'occasion. Donc, oui, nous augmentons le diesel pour des raisons de santé publique, c'est bon pour la planète, c'est bon pour la santé des Français, mais en même temps, nous donnons des moyens financiers de manière universelle à tous les Français qui souhaitent changer de véhicule, c'est le fameux « en même temps », ce n'est pas toujours très populaire, mais une fois de plus, il faut être cohérent avec votre première question également sur le réchauffement climatique.JEROME CHAPUISAlors mardi prochain, il y a un Conseil interministériel sur la sécurité routière, Sébastien LECORNU, Conseil qui pourrait entériner l'abaissement de la vitesse sur les routes secondaires à 80 km/h. Est-ce que vous aussi, vous y êtes favorable, à titre personnel ?SEBASTIEN LECORNUOui, alors, c'est un sujet sur lequel je suis assez sensible pour des raisons personnelles justement liées à l'accidentologie routière, j'ai été amené, moi, certaines nuits, en tant qu'officier de gendarmerie, à aller sur des accidents de la route très, très graves pour lesquels je garde un souvenir qui m'a beaucoup heurté. 80 km/h, c'est l'assurance d'avoir des distances de freinage qui sont beaucoup plus courtes, et mine de rien, ces distances de freinage beaucoup plus courtes sont un moyen de sécuriser davantage notre réseau de routes départementales. Donc moi, à titre personnel, j'y suis favorable, même si je sais que ce n'est pas populaire, mais, je pense que l'augmentation du nombre de tués et blessés sur les routes de France est quelque chose qui doit tous nous interpeller. Je crois que la seule semaine qui a précédé Noël, nous avons enregistré le triste record de 60 morts, très franchement, je ne veux pas annoncer à des parents la perte de leur enfant dans un accident de voiture, je pense qu'il faut avoir le courage de prendre les bonnes mesures.JEROME CHAPUISIl y a votre position personnelle, il y a la position personnelle du Premier ministre qui va dans le même sens, donc quand plusieurs membres du gouvernement ont le même avis personnel, ça commence à ressembler à une position officielle.SEBASTIEN LECORNUOui, alors, le comité interministériel, il est là pour en discuter. Et puis, il faut consulter les associations qui traitent de ces sujets, la Prévention routière, les Conseils départementaux qui, bien souvent, entretiennent les choses JEROME CHAPUISNon, mais ça veut dire, à vous écouter, que la semaine prochaine, il faut voilà, on serait surpris que cette annonce ne soit pas faite SEBASTIEN LECORNUJe crois que le Premier ministre a dit qu'il y aurait une décision, moi, je ne peux pas de manière prématurée la donner, en tout cas, à titre personnel, je suis favorable aux 80 km/h, même si, une fois de plus, ce n'est pas populaire.JEROME CHAPUISMerci beaucoup, Sébastien LECORNU, d'avoir été notre invité ce matin SEBASTIEN LECORNUMerci Jérôme CHAPUIS.JEROME CHAPUISEt nous retenons notamment votre visite dans quelques jours, le 18 janvier, je crois, pour 3 jours SEBASTIEN LECORNUEn Alsace JEROME CHAPUISAuprès de la centrale de Fessenheim pour la reconversion du site, notamment, vous nous annoncez, avec certitude, la fermeture de cette centrale d'ici la fin de l'année. Merci à vous.SEBASTIEN LECORNUMerci. Belle année à vous.Source : Service d'information du Gouvernement, le 5 janvier 2018
La source — vie_publique · nº 204667
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/204667-interview-de-m-sebastien-lecornu-secretaire-detat-aupres-du-ministre?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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