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14 décembre 2017 · Gouvernement · La Chaîne Info · discours Discours

nterview de M. Christophe Castaner, secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, à LCi le 14 décembre 2017, sur le cumul de ses fonctions de secrétaire d’État et de délégué général de LREM, la conférence des territoires à Cahors.

Christophe Castaner (auteur)

AUDREY CRESPO-MARABonjour Christophe CASTANER.CHRISTOPHE CASTANERBonjour.AUDREY CRESPO-MARASecrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement, délégué général de la République En Marche, ancien porte-parole du gouvernement. Juste pour savoir, vous avez réussi à rester au gouvernement, mais porte-parole ça ne vous manque pas trop ?CHRISTOPHE CASTANERJ'ai aimé l'exercice, mais maintenant j'ai d'autres fonctions, mais c'est vrai que c'est un exercice passionnant, de rencontres avec les journalistes, de pédagogie du gouvernement. Vous travaillez sur le long terme, la construction d'une communication de long terme, et en même temps il faut toujours réagir à chaud, au moins aujourd'hui je suis préservé de ce second volet.AUDREY CRESPO-MARAAlors, secrétaire d'Etat et délégué général de la République En Marche, vous arrivez à faire rentrer deux vies en une vous, ça ne doit pas être trop prenant secrétaire d'Etat, si on arrive en plus à diriger un mouvement politique.CHRISTOPHE CASTANERDisons que ce sont des temps à organiser. Le temps de sessions du Parlement vous le connaissez, c'est concentré du lundi après-midi, généralement, au jeudi, et donc c'est vrai que c'est quelque chose qui est assez organisé, contrairement à d'autres ministères qui vous obligent à être très présent sur le terrain, ce n'est pas le cas de celui qui s'occupe du Parlement.AUDREY CRESPO-MARAEt donc à partir du jeudi vous vous consacrez à la République En Marche, c'est ça ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais il y a des soirs, il y a des matins, il y a des week-ends, en réalité je devrais avoir trois vies dont une qui serait ma vie privée, aujourd'hui elle n'existe quasiment plus, hélas.AUDREY CRESPO-MARAC'est triste. Vous tenez malgré tout ?CHRISTOPHE CASTANERC'est comme ça. Vous savez, c'est un engagement, c'est un sacerdoce, quand vous faites de la politique, je ne vais pas me plaindre, je l'ai choisi, mais c'est effectivement une énergie constante, il n'y a pas de samedi, il n'y a pas de dimanche, il n'y a pas de soirée.AUDREY CRESPO-MARAEt on tient longtemps sans vie privée comme ça ?CHRISTOPHE CASTANEREcoutez, ce que je fais est passionnant, donc j'ai quand même la chance de faire ce que je fais, donc je ne vais pas me plaindre.AUDREY CRESPO-MARAAlors, si ça se trouve, vous auriez même pu rester porte-parole. Vous aviez réussi à imprimer votre style, comment définissez-vous le style de votre successeur Benjamin GRIVEAUX ?CHRISTOPHE CASTANERBenjamin est très concentré, il travaille énormément, il est sur le fond des dossiers, il a une maîtrise technique que je n'avais pas forcément quelquefois, et puis ensuite nous sommes différents, tant mieux.AUDREY CRESPO-MARAIl a une langue de bois aussi, que vous n'aviez pas.CHRISTOPHE CASTANEROn me reprochait aussi quelquefois d'être langue de bois, la fonction de porte-parole vous obligeait aussi des fois à utiliser certaines métaphores, tout simplement parce que selon ce que vous dites, vous pouvez faire chuter la Bourse, vous pouvez abîmer une entreprise, vous pouvez menacer la vie de vos soldats à l'étranger, donc il faut faire attention à ce que vous dites.AUDREY CRESPO-MARADonc porte-parole oblige à avoir une langue de bois.CHRISTOPHE CASTANERDans certains cas oui.AUDREY CRESPO-MARAEt alors, j'ai un point commun, évidemment, entre Benjamin GRIVEAUX et vous, c'est que vous êtes autant amoureux d'Emmanuel MACRON, vous vous le disputez un peu parfois.CHRISTOPHE CASTANERJ'espère qu'il l'aime moins que moi . Je blague.AUDREY CRESPO-MARAJ'imagine que vous n'avez pas le temps d'aller à Cahors, où le gouvernement est décentralisé pendant 3 jours, si ?CHRISTOPHE CASTANERIl y a 14 ministres qui accompagnent le Premier ministre, mais moi je reste sur Paris et je serai au Sénat cet après-midi.AUDREY CRESPO-MARALe gouvernement devrait assouplir les obligations de désendettement des collectivités après le tour de vis sur les dépenses de fonctionnement, sur les annulations de certains crédits, la diminution des contrats aidés, la suppression de la taxe d'habitation. C'est mission calinothérapie, c'est ça ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais c'est surtout de la pédagogie de la réalité. Pour la première fois, depuis 2010, l'engagement de l'Etat auprès des collectivités locales ne baisse pas, et on demande un effort seulement aux plus grandes collectivités, de n'augmenter leurs dépenses de fonctionnement que de 1,2 %. Qu'on arrête de dire qu'il y a une baisse de dotations, que tout est terrible, on demande seulement une limitation de l'augmentation de dépenses. On a connu une époque où les collectivités augmentaient leurs dépenses de fonctionnement de 5 % par an, ce n'est pas la vraie vie, et c'est de l'argent public, donc il faut arrêter.AUDREY CRESPO-MARAEt est-ce que vous allez assouplir les obligations de désendettement, pour ces collectivités ?CHRISTOPHE CASTANEROn leur fixe un objectif, il y a un contrat, c'est un peu la philosophie du gouvernement sur tous les sujets, on n'impose, on essaye de réguler par la discussion, par la négociation. Si les collectivités, si certaines collectivités ne respectent pas cette règle du jeu, à ce moment-là il y aura un encadrement plus ferme.AUDREY CRESPO-MARAPlus pénible que votre rythme, une affaire, Thierry SOLERE, ex-Républicain, ex-Constructif, qui vient d'intégrer le mouvement que vous dirigez, est impliqué dans une affaire plus qu'embarrassante, information du Canard Enchaîné confirmée par le Parquet : à la demande de Thierry SOLERE, l'ancien ministre de la Justice, Jean-Jacques URVOAS, lui aurait transmis, via la messagerie cryptée Télégram, une note confidentielle sur l'enquête le visant pour fraude fiscale, blanchiment, trafic d'influence. Thierry SOLERE, nouvel adhérent du mouvement que vous dirigez, devient un adhérent soudainement encombrant, non ?CHRISTOPHE CASTANERD'abord l'affaire elle-même, si elle est confirmée, est extrêmement grave, on ne peut pas accepter ce genre de pratiques, c'est un discrédit sur la fonction même de garde des Sceaux, et le fait d'oser demander au garde des Sceaux des renseignements personnels est un vrai problème. Ensuite, si ces faits sont confirmés, Thierry SOLERE, qui n'a aucune responsabilité au sein du mouvement la République En Marche, n'a pas vocation à en avoir.AUDREY CRESPO-MARAEt vous prévoyez quoi, de l'exclure, si c'est avéré ?CHRISTOPHE CASTANERMoi je ne suis pas dans la chasse aux sorcières, nous verrons si c'est avéré, nous avons une commission d'éthique, elle sera saisie.AUDREY CRESPO-MARAJ'imagine que vous ne pouvez pas garder en votre sein quelqu'un qui a un comportement pareil, vous venez de dire c'est grave.CHRISTOPHE CASTANERC'est grave, mais ce que je vous dis c'est qu'il n'a aucune responsabilité, qu'il n'a pas vocation à en avoir, si les faits sont confirmés. Ensuite, l'adhésion à un mouvement est quelque chose de libre, si vous commentez une faute, on saisit la commission d'éthique, qui va juger la faute, et qui peut dire vous n'avez plus votre place.AUDREY CRESPO-MARAEn tout cas ça donne l'impression d'une caste qui se protège, ça fait un peu vieille politique !CHRISTOPHE CASTANERVous avez raison, c'est totalement inacceptable, ce n'est pas moral, ce n'est pas éthique, et c'est une faute de droit, autant d'éléments qui ne sont pas acceptables aujourd'hui.AUDREY CRESPO-MARALa ministre de la Justice, Nicole BELLOUBET, dit que si les faits sont avérés c'est une affaire grave, vous partagez son avis ?CHRISTOPHE CASTANERJe confirme cela, évidemment, et il faudra des sanctions, à commencer par des sanctions judiciaires.AUDREY CRESPO-MARAVous en avez parlé avec Thierry SOLERE depuis hier ?CHRISTOPHE CASTANERNon, je n'ai pas eu de contact avec lui, je ne l'ai pas vu à l'Assemblée hier.AUDREY CRESPO-MARAVous n'avez pas cherché à le joindre CHRISTOPHE CASTANERNon.AUDREY CRESPO-MARAPour lui demander des explications ?CHRISTOPHE CASTANERNon, parce que je pense qu'il doit se défendre, il doit établir la vérité des faits, s'il l'a contesté, mais maintenant c'est une responsabilité qu'il a lui devant la justice, et l'opinion publique.AUDREY CRESPO-MARAEt vous en avez parlé avec Emmanuel MACRON depuis hier ?CHRISTOPHE CASTANERNon plus. Vous savez, la République n'est pas menacée dans son fonctionnement, nous avions un Conseil des ministres AUDREY CRESPO-MARANon, non, mais c'est contraire au comportement que vous prétendez avoir CHRISTOPHE CASTANERVous avez raison, mais il y a 370.000 membres à la République En Marche. Thierry SOLERE n'est pas un membre comme un autre, parce que là je serais langue de bois en vous disant cela, et donc j'aurai l'occasion d'échanger avec lui, je pense qu'il doit préparer ses arguments de défense, nous n'étions pas à quelques heures près, mais je vous le dis, si ces faits sont confirmés il n'a pas sa place, il ne peut pas être un responsable de la République En Marche, et la commission d'éthique sera saisie.AUDREY CRESPO-MARAVous avez un nouveau rival depuis dimanche, Laurent WAUQUIEZ, votre homologue chez Les Républicains. Voici le message de félicitations que l'on trouve sur le compte Twitter de la Team MACRON, on va voir la photo : « Laurent WAUQUIEZ c'est Marine LE PEN. » Ça ne fait pas un peu cour d'école, non ?CHRISTOPHE CASTANERAttendez, la Team MACRON n'est pas un site officiel de la République En Marche, vous auriez pu prendre le message que moi j'ai adressé AUDREY CRESPO-MARAJe l'ai vu.CHRISTOPHE CASTANERA Laurent WAUQUIEZ, qui était un message de respect dans ses fonctions.AUDREY CRESPO-MARADe respect, mais vous dites, nous, nous n'incarnons plus la vieille politique droite et gauche CHRISTOPHE CASTANERNon, mais je le félicite, et je dis que nous, nous ne nous positionnons plus dans ce débat entre droite et gauche et surtout entre droite extrême, gauche et nous.AUDREY CRESPO-MARAVous savez que Laurent WAUQUIEZ envisage d'affronter Emmanuel MACRON pour la prochaine présidentielle en 2022, il est jeune comme lui, surdiplômé comme lui, Emmanuel MACRON ne sous-estime pas cet ambitieux, mais, à l'Elysée, son nom est vite balayé d'un « WAUQUIEZ, son adversaire naturel c'est CASTANER. » Vous vous sentez flatté ou vous vous dites qu'on tente de vous redonner la patate chaude ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais, c'est juste une réalité. Laurent WAUQUIEZ est le chef d'un mouvement politique, il y a la France Insoumise, il y a le Front national, il y a le Parti communiste français, demain peut-être il y aura un ou une chef au Parti socialiste, chacun doit être à sa place. Qu'il y reste, qu'il commence par reconstruire son mouvement, avant de se projeter déjà en 2022. Vous savez, c'est tout le problème de la politique, c'est qu'au fond le seul moteur de beaucoup n'est que son ambition personnelle, ce n'est pas comme ça qu'on sert les Français.AUDREY CRESPO-MARALaurent WAUQUIEZ qui reproche à Emmanuel MACRON d'être complaisant avec le communautarisme, d'être carrément absent sur la question de la laïcité, il est vrai que le président n'a pas prononcé le discours qui était prévu, parce qu'il ne voulait pas, dit-on, rallumer la lumière sur Manuel VALLS. C'est un argument valable ça ?CHRISTOPHE CASTANERNon, c'est d'ailleurs que j'ai lu dans un média, que je n'ai jamais entendu dans la bouche d'Emmanuel MACRON, ni de ses proches, ni du gouvernement AUDREY CRESPO-MARAVous ne me le diriez pas en même temps !CHRISTOPHE CASTANERNon, non, mais je l'ai lu dans le JDD, faisons un peu de pub pour le journal qui a évoqué ça, ce n'est pas le cas. Emmanuel MACRON s'est exprimé à plusieurs reprises sur laïcité, il le fera prochainement.AUDREY CRESPO-MARAProchainement quand ?CHRISTOPHE CASTANERProchainement, je ne tiens pas l'agenda du président de la République, mais il le fera, comme je le ferai ou je l'ai fait, je l'ai fait jeudi dernier, vous voyez, on a assez peu parlé, c'est dommage.AUDREY CRESPO-MARAMais parce que là il laisse un boulevard à Laurent WAUQUIEZ, sur la laïcité, quand même !CHRISTOPHE CASTANERNon, parce que jeudi dernier je m'exprimais sur ce sujet, j'ai mis en place un groupe de travail sur ces questions-là, je pense qu'il faut qu'on ait une vision qui ne soit pas caricaturale, de la laïcité. Certains veulent utiliser la laïcité pour dénoncer une pratique religieuse, ce n'est pas ça la laïcité, la laïcité c'est garantir le droit de croire ou de ne pas croire, et ensuite la République c'est faire en sorte que, certaines pratiques qui, au nom d'une religion, semblent normales, et qui ne le sont pas, notamment sur les sujets d'égalité femme-homme, ne sont pas acceptables et nous devons les condamner.AUDREY CRESPO-MARAC'est ce que dira, en gros, Emmanuel MACRON bientôt, c'est ça ?CHRISTOPHE CASTANERJe ne parle pas au nom d'Emmanuel MACRON, j'ai tenté d'être porte-parole du gouvernement, mais je ne sais pas celui qui traduit les propos d'Emmanuel MACRON, qui ne l'a pas encore dit.AUDREY CRESPO-MARAAujourd'hui sommet européen à Bruxelles. Alors, avant de parler du Brexit, Bruxelles a récemment adressé un avertissement à la France sur son budget 2018, dénonçant un écart important entre le budget que lui avait présenté Emmanuel MACRON, et les perspectives réelles. Emmanuel MACRON ne devait pas incarner le leadership européen ?CHRISTOPHE CASTANERJe crois qu'il incarne, et vous le savez bien, et aujourd'hui on le voit, encore hier au sommet sur les enjeux environnementaux, certains ont même dit qu'il pouvait être un leader mondial sur les combats comme ceux de l'environnement. Et sur le budget, l'avertissement a été donné à un moment où la France venait de voir, devant le Conseil constitutionnel, l'annulation d'une taxe, et donc avait une créance de 10 milliards d'euros, qui n'avait pas été intégrée dans le budget, seulement pour moitié. Depuis on a fait un projet de loi de finances rectificative, on a récupéré de l'équilibre budgétaire de ces 5 milliards d'euros, ça a été présenté à Bruxelles, et je ne suis pas inquiet pour faire en sorte que nous puissions, dès l'année prochaine, sortir de la procédure de déficit excessif dans lequel nous sommes depuis de trop longues années, et nous ne sommes que deux Etats, en Europe, à être dans ces conditions-là.AUDREY CRESPO-MARAMais ce n'est pas faute de payer d'impôts, parce que la France est championne européenne des impôts, derniers chiffres Eurostat publiés la semaine dernière.CHRISTOPHE CASTANERVous avez totalement raison, et c'est pour ça que nous voulons engager une baisse qui sera déjà de 12 milliards l'année prochaine, et à objectif de 20 milliards de baisse d'impôts, parce qu'il y a trop d'impôts et nous sommes, dans ce pays, drogués à la dépense publique.AUDREY CRESPO-MARAEmmanuel MACRON est à Bruxelles, donc pour ce sommet sur le Brexit, on doit évaluer si des progrès suffisants ont été faits pour arriver à la deuxième étape. Le divorce est en bonne voie ?CHRISTOPHE CASTANEROui, mais peut-être que les Anglais auraient aimé apprendre que cela allait leur coûter 50 milliards d'euros, auraient aimé savoir comment on organise une frontière avec l'Irlande, plutôt que d'être emportés par des populistes qui ont voulu dénoncer l'Europe sans faire beaucoup de propositions, et on voit aujourd'hui la fragilité politique dans laquelle Theresa LAY est, et la fragilité politique dans laquelle est l'Angleterre, la Grande Bretagne.AUDREY CRESPO-MARALa vraie bonne nouvelle pour l'Union européenne c'est que Londres n'a pas réussi à désunir les 27 finalement.CHRISTOPHE CASTANERNon, il y a effectivement une ambition européenne sur ce sujet-là, et en même temps il y a une concurrence entre certains pays, et je peux me féliciter aussi de voir que la France, aujourd'hui, est bien placée pour récupérer une série d'institutions et de grandes banques, notamment sur la place parisienne, parce qu'on sait l'enjeu en matière d'emplois que cela représente.AUDREY CRESPO-MARAAlors, on parle d'Europe. Vos alliances, en vue des Européennes, vous cherchez, parait-il, des figures à droite et à gauche, à droite Alain JUPPE semble plutôt favorable, à gauche, qui ? On parle beaucoup de Bertrand DELANOË, est-ce que vous aimeriez qu'il vous rejoigne ?CHRISTOPHE CASTANERD'abord, Bertrand DELANOË est quelqu'un avec qui nous discutons et avec qui je discute assez régulièrement, parce que c'est quelqu'un qui a une influence dans ma pensée, et je l'assume, et je le dis. Ensuite, s'il voulait nous rejoindre, mais je crois que ce n'est pas d'actualité, s'il voulait nous rejoindre, il aurait toute sa place à nos côtés, pour ce qu'il incarne, notamment une position constante à gauche. Mais, en même temps, à l'époque on expliquait qu'au Parti socialiste il était l'aile droite du Parti socialiste, donc vous voyez comme quoi les choses sont relatives, mais s'il voulait nous rejoindre il a toute sa place, mais ce n'est pas d'actualité, ni pour les européennes, ni même dans un engagement à mes côtés dans la République En Marche. Il y a d'autres personnalités, Daniel COHN-BENDIT aussi, et ce qui compte, au-delà des personnes, c'est cette ambition portée par Alain JUPPE ou par Daniel COHN-BENDIT, que nous voulons représenter, de dépasser les clivages, de dépasser les oppositions, les enjeux de personnes, pour porter un vrai projet européen et transformer cette Europe.AUDREY CRESPO-MARADaniel COHN-BENDIT, en revanche, vous vous appuierez sur lui pour les européennes à venir.CHRISTOPHE CASTANERS'il me le propose, ce n'est pas le cas, je le ferai bien volontiers parce que son expérience me serait essentielle.AUDREY CRESPO-MARABertrand DELANOË, vous n'êtes pas un peu trop à droite pour lui ?CHRISTOPHE CASTANERPour ce qui me concerne je ne crois pas, j'ai des liens personnels avec lui, mais je AUDREY CRESPO-MARALe République En Marche ce n'est pas trop à droite ?CHRISTOPHE CASTANERJe le sais critique, et personne n'enlèvera jamais à Bertrand DELANOË sa capacité d'être critique.AUDREY CRESPO-MARAHier, un énième rapport sur Notre-Dame-des-Landes a été remis à Edouard PHILIPPE. Pendant la campagne présidentielle Emmanuel MACRON avait dit qu'il respecterait le référendum de juin 2016, l'aéroport serait construit. Ne me dites pas qu'il est du genre à ne pas tenir ses promesses et à dire l'inverse de ce qu'il a dit six mois avant, non ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais, d'abord, de façon générale Emmanuel MACRON a déjà assumé de pouvoir changer d'avis quand il y a des éléments nouveaux, il est même arrivé, et je m'en souviens, qu'il puisse s'excuser parce qu'il avait dit telle ou telle chose, bon, mais ça n'est pas le sujet sur Notre-Dame-des-Lande. Il avait pris un autre engagement, celui de confier à une mission d'experts, en 6 mois, l'élaboration d'un rapport pour une photographie claire. La photographie dit qu'il y a deux possibilités, et que, une, depuis des années a été cachée. Donc aujourd'hui il faut rouvrir cette discussion, ça va prendre quelques semaines AUDREY CRESPO-MARAC'est la modernisation de l'aéroport de Nantes, qui est remise en jeu.CHRISTOPHE CASTANERVous avez raison de préciser ; et donc, d'ici la fin du mois de janvier, c'est dans quelques semaines, sur un projet qui a commencé dans les années 60, je pense qu'on peut prendre ces semaines-là pour avoir une consultation, notamment des élus locaux, sur cette deuxième hypothèse, le gouvernement prendra une position, soyez assurés que nous prendrons une position qui ira AUDREY CRESPO-MARAIl n'y a pas grand mystère, parce que Nicolas HULOT a dit que c'était la condition pour rester au gouvernement, il a dit récemment qu'il restait au gouvernement, donc on peut en déduire que le gouvernement renoncera à la construction de l'aéroport, non ?CHRISTOPHE CASTANERNe déduisez pas ça, parce que, pour en avoir discuté avec le Premier ministre, le président, ces jours derniers, il n'y a pas de position arrêtée du gouvernement aujourd'hui.AUDREY CRESPO-MARATous les matins je pose une question récurrente, la question off, mais devant les caméras. C'est off, entre nous CHRISTOPHE CASTANERBien sûr.AUDREY CRESPO-MARAOn dit que vous aimez particulièrement Marseille, où on vous verrait beaucoup en ce moment, c'est pour le plaisir ou c'est un repérage pour 2020 ?CHRISTOPHE CASTANEREcoutez, je me suis rendu à Marseille une fois ces trois derniers mois, et habitant dans les Alpes-de-Haute-Provence j'aurai pu y aller plus souvent. Non, je sais la rumeur qui me prête la possibilité d'être candidat à la mairie de Marseille, ce n'est absolument pas mon actualité.AUDREY CRESPO-MARAÇa pourrait l'être, ça pourrait être votre avenir, si ce n'est pas votre actualité.CHRISTOPHE CASTANERJe ne crois pas.AUDREY CRESPO-MARANon ?CHRISTOPHE CASTANERNon, je vous réponds franchement, je ne crois pas. Aujourd'hui, vous savez, je suis un élu des Alpes-de-Haute-Provence, j'apprécie qu'on prête des ambitions, qu'il y ait des envies n'est pour moi de Marseille exprimées par d'autres, mais n'écoutez pas trop ce que certains journalistes écrivent, ce n'est pas mon actualité.AUDREY CRESPO-MARAForcalquier c'est à 1 heure 30 de Marseille, c'est pratique.CHRISTOPHE CASTANEROui, et puis c'est deux communes de taille presque aussi importante Forcalquier et Marseille.AUDREY CRESPO-MARADonc vous ne voulez pas achever Jean-Luc MELENCHON ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais je ne crois pas que Jean-Luc MELENCHON soit candidat à la mairie de Marseille, même s'il a décidé de faire de Marseille un laboratoire des idées de la France Insoumise, je crois que le laboratoire va vite faire pschitt.AUDREY CRESPO-MARAMarseille ça ne vous tente pas, vraiment ?CHRISTOPHE CASTANERNon, mais Marseille est une ville passionnante, qui doit tenter n'importe quel homme politique qui aime la Provence, qui aime Marseille, mais, je vous le dire, ce n'est pas dans mon logiciel de me projeter toujours dans le coup d'après, d'être candidat à des élections les unes après les autres, j'ai une nouvelle mission, celle de délégué général en Marche, je vous promets, pour la vivre au quotidien, que c'est beaucoup de travail, je m'y consacre.AUDREY CRESPO-MARAMerci beaucoup Christophe CASTANER.CHRISTOPHE CASTANERMerci à vous.Source : Service d'information du Gouvernement, le 15 décembre 2017
La source — vie_publique · nº 204513
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/204513-nterview-de-m-christophe-castaner-secretaire-detat-aux-relations-avec?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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