Interview de M. Benjamin Griveaux, secrétaire dEtat, porte-parole du Gouvernement, à France 2 le 12 décembre 2017, sur les élections territoriales en Corse, le One Planet Summit de Paris et l'expertise concernant l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Benjamin Griveaux (auteur), Caroline Roux (intervenant)
CAROLINE ROUXBonjour Benjamin GRIVEAUX.BENJAMIN GRIVEAUXBonjour.CAROLINE ROUXNous allons parler du climat. Mais un mot d'abord quand même sur les élections en Corse, les indépendantistes l'ont emporté et il y a eu cette phrase de Jean-Guy TALAMONI qui demande maintenant au gouvernement d'ouvrir très rapidement des négociations, ce sont les mots qu'il a utilisés. Est-ce que le gouvernement va négocier avec les indépendantistes corses ?BENJAMIN GRIVEAUXBien, d'abord ce scrutin faisons-en ce qu'il en est à savoir une élection territoriale. Ce n'était pas un scrutin sur l'autonomie, sur l'indépendance, sur référendum, c'était d'abord un scrutin territorial sur l'avenir de la Corse, le développement économique, les transports, l'accès aux soins, bref ce qui fait la vie d'une collectivité. La Corse est devenue une collectivité territoriale unique, ce qui en fait déjà un particularisme, il y avait deux assemblées départementales et une assemblée régionale. Le Premier ministre a eu Gilles SIMEONI le soir de sa victoire, c'est une victoire nette. Et donc les discussions vont s'engager, le dialogue va s'ouvrir une fois que la collectivité territoriale unique et l'exécutif seront installés dès le 1er janvier. Et donc le dialogue va se faire comme il se fait
CAROLINE ROUXC'était une réponse
BENJAMIN GRIVEAUXAvec l'ensemble des exécutifs
CAROLINE ROUXVoilà c'est ça, c'était une réponse très bien élevée pour dire non le gouvernement ne négocie pas avec la Corse sur des sujets qui sont sur la table depuis très longtemps. Co-officialité de la langue corse, statut d'autonomie renforcée pour la Corse, reconnaissance d'un statut de résident, amnistie des prisonniers politiques, sur ces sujets là le gouvernement ne négocie pas avec la Corse ?BENJAMIN GRIVEAUXSur l'amnistie des prisonniers politiques à l'évidence il faut que les lois de la République soient respectées quand il y a eu des crimes, les crimes ont été jugés et les personnes ont été condamnées, la peine doit être réalisée. Après il y a évidemment une particularité de la Corse mais comme il y a des particularités dans d'autres régions sur la langue, la langue de la République c'est le français, et pourtant
CAROLINE ROUXÇa restera le français.BENJAMIN GRIVEAUXEn Bretagne
c'est le français la langue de la République. En Bretagne vous avez des écoles Diwan, aux Pays Basque vous avez des indications sur des panneaux qui sont en langue basque et donc vous avez cette particularité et il y a une particularité en Corse, nul ne le nie ! Les discussions vont s'engager une fois que l'exécutif sera installé, ce sera le cas après le mois de janvier.CAROLINE ROUXDonc j'entends bien que la co-officialité de la langue corse c'est non ?BENJAMIN GRIVEAUXLa langue de la République c'est le français.CAROLINE ROUXTrès bien, c'est clair ! On passe au climat. Deux ans après l'accord de Paris, trois semaines seulement après la Cop 23 à Bonn, le chef de l'Etat organise donc ce matin un grand rendez-vous axé sur le financement de la transition énergétique. Ce qu'on comprend c'est qu'on avance sans TRUMP mais on avance quand même.BENJAMIN GRIVEAUXOn avance rapidement et surtout c'est un sommet avec deux spécificités : d'abord c'est le sommet qui permet à des acteurs non étatiques de s'engager. Des philanthropes, on a vu Michael BLOOMBERG être présent avec de grands donateurs. On a vu des villes et des Etats s'engager, des Etats américains notamment puisque Donald TRUMP est sorti de l'accord de Paris mais ça n'empêche pas les Etats américains, je pense en particulier à la Californie de s'engager. Il y a hier de nombreux chercheurs issus des universités californiennes qui vont être accueillis à Paris pour faire ces recherches-là. Et puis c'est aussi le sommet du concret, des projets très concrets que nous allons conduire et qui vont être ce qui va permettre de donner de la chair et d'incarner les engagements qui ont été pris à Paris il y a deux ans, c'est le sommet de la réalisation.CAROLINE ROUXDonc on n'a pas besoin de Donald TRUMP ?BENJAMIN GRIVEAUXOn a besoin de tout le monde et Donald TRUMP peut-être rouvrira-t-il la porte ? Et peut-être rejoindra-t-il la table ?CAROLINE ROUXVous y croyez vraiment ?BENJAMIN GRIVEAUXCe que je crois profondément c'est que lorsque vous avez la société civile qui s'engage, les villes qui s'engagent, les chercheurs, les universités, les entreprises, cette mobilisation-là elle permettra d'avancer, de trouver des solutions concrètes. Et Paris a une carte à jouer sur la question du financement et notamment du financement de la transition énergétique. On est déjà leader sur la finance dite verte. On est leader sur d'autres modèles financiers, vous savez on moque souvent les financiers, Paris est une vraie signature française, il y a une excellence française là-dessus. Paris peut devenir la capitale mondiale de la finance verte.CAROLINE ROUXIl est vraiment devenu écolo Emmanuel MACRON ?BENJAMIN GRIVEAUXEcoutez ce procès lui a été fait régulièrement lorsqu'il était à Bercy. Il s'est engagé dans la campagne présidentielle sans coup férir. Les personnalités qui l'ont soutenu et qui l'ont rejoint, je pense en particulier à Nicolas HULOT ; Nicolas HULOT n'aurait pas rejoint le gouvernement et ne serait pas engagé aux côtés du Premier ministre et du président de la République s'il avait le moindre doute sur l'engagement environnemental, écologique et pour la transition énergétique du président de la République.CAROLINE ROUXBruno LE MAIRE a évoqué l'idée d'une taxe sur les transactions financières pour financer donc la transition énergétique, le développement, le climat etc., on n'a pas réussi à faire bouger l'Europe sur le Glyphosate et vous pensez vraiment qu'on va y arriver sur la
BENJAMIN GRIVEAUXSur le Glyphosate nous avons fait bouger l'Europe. Si nous n'avions pas agi c'était 10 ans, là c'est 5 ans, nous on voulait 3.CAROLINE ROUXOn voulait 3.BENJAMIN GRIVEAUXOui, mais enfin on a divisé par deux le nombre d'années donc on a fait bouger l'Europe, première chose. Sur la taxe sur les transactions financières
la taxe sur les transactions financières elle peut en partie servir par exemple à financer ces nouveaux modèles de développement et à financer la transition énergétique. Il y a en Europe 11 pays européens qui font partie d'un club qu'on appelle le club des amis de la taxe financière. Il faut convaincre d'autres parce que si on fait ça seulement à quelques-uns, il y aura des effets de bord
CAROLINE ROUXÇa ne marchera pas !BENJAMIN GRIVEAUXEt puis il y aura des effets d'aubaine pour d'autres, donc le but c'est de convaincre qu'il faut d'abord mettre les choses sur la table, avancer, aller convaincre un par un, c'est ce à quoi le gouvernement s'emploie.CAROLINE ROUXAlors un dossier compliqué, qui s'annonce pour le gouvernement, celui de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement va recevoir un rapport sur le sujet, le gouvernement qui avait commandé ce rapport pour se faire un avis clair sur le sujet. Ce dossier symptomatique de l'incapacité de l'Etat a décidé, est-ce que ce qui se joue là c'est justement la crédibilité, l'autorité de l'Etat, sur ce sujet là ?BENJAMIN GRIVEAUXIl y a une décision qui sera prise, le rapport sera remis demain il a été confié à trois experts, des médiateurs, il sera examiné et d'ici quelques semaines une décision définitive sera prise sur ce sujet qui vous l'avez dit projet imaginé il y a 40 ans, relancé il y a 20 ans, indécision constante depuis de très nombreuses années et donc oui ce sujet sera tranché dans les semaines qui viennent. Je pense que c'est nécessaire parce qu'il faut donner de la visibilité et de lisibilité à l'action publique. Oui c'est le sujet de l'autorité de l'Etat, c'est le sujet de la règle de droit et donc il y aura une décision prise.CAROLINE ROUXEst-ce que le risque de départ de Nicolas HULOT pèsera dans cette décision ?BENJAMIN GRIVEAUXVous savez non il n'y a pas de menace ou de marchandage, ce n'est pas comme ça que ça fonctionne. On met les dossiers sur la table, on en discute calmement, de manière apaisée, de manière rationnelle et il n'y a pas de chantage à la démission de qui que ce soit, pas de Nicolas HULOT comme de quiconque d'autre dans ce gouvernement.CAROLINE ROUXY compris sur un sujet aussi symptomatique que Notre-Dame-Des-Landes.BENJAMIN GRIVEAUXY compris sur un sujet sensible.CAROLINE ROUXUn mot sur Laurent WAUQUIEZ, il a pris la tête du parti Les Républicains, est-ce que vous avez donc un nouvel opposant ? Est-ce que c'est le patron désormais de l'opposition, c'est comme ça que vous le voyez ?BENJAMIN GRIVEAUXIl fait partie des opposants au gouvernement, il n'est pas le seul, il fait partie des opposants. Ce qui est évident c'est que Les Républicains ont fait un choix clair mais qu'on peut dire que leur chef est assez peu clair lui dans ses choix.CAROLINE ROUXParce que ?BENJAMIN GRIVEAUXPuis nous allons voir quelle ligne il va prendre. Est-ce que c'est le Laurent WAUQUIEZ d'il y a quelques années, centriste, social démocrate, démocrate chrétien ou est-ce que c'est le Laurent WAUQUIEZ plus récent ? On ne sait ce qu'il veut faire ni avec qui il veut le faire. Donc il va avoir l'option de le clarifier, nous attendons qu'il le clarifie et puis
CAROLINE ROUXVisiblement la ligne est claire.BENJAMIN GRIVEAUXNous aurons une opposition et en tout cas nous aurons des débats constructifs, toujours respectueux de nos oppositions comme nous l'avons été depuis le début.CAROLINE ROUXVisiblement la ligne est claire, Xavier BERTRAND n'a même pas attendu le premier jour de prise de fonction de Laurent WAUQUIEZ pour tourner les talons.BENJAMIN GRIVEAUXXavier BERTRAND a fait le choix de sa région, je crois que ça l'honore et en tout cas il a, je crois, pris la mesure de la responsabilité qu'il assène. Il a été élu dans des circonstances particulières en 2015 face à Marine LE PEN et qu'on se consacre pleinement à son mandat régional lorsqu'on a la responsabilité d'une région aussi importante que les Hauts-de-France c'est tout à son honneur.CAROLINE ROUXMerci, c'est dit !BENJAMIN GRIVEAUXJe vous remercie.Source : Service d'information du Gouvernement, le 13 décembre 2017
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vie_publique · nº 204508
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