Interview de Mme Florence Parly, ministre des armées, avec BFMTV et RMC le 30 novembre 2017, sur l'arme nucléaire en Corée du Nord, l'industrie d'armement, l'intervention militaire au Mali, la lutte contre le terrorisme et sur la mise place d'un service n
Jean-Jacques Bourdin (auteur)
JEAN-JACQUES BOURDINNotre invitée ce matin, Florence PARLY, ministre des Armées. Bonjour.FLORENCE PARLYBonjour.JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. C'est une première depuis que vous êtes ministre des Armées, j'en suis très heureux, d'autant plus que l'actualité mérite d'être commentée, plus que commentée. Le missile nord-coréen, qui a été tiré, le dernier missile, est-ce que c'est une menace, est-il une menace réelle ou un outil de dissuasion ?FLORENCE PARLYCe tir est une expression de plus, voire une provocation de plus du régime nord-coréen, après des tirs balistiques qui avaient déjà survolé l'île du Japon, l'île d'Hokkaido, après des tirs qui avaient testé les têtes nucléaires, donc on voit bien que ces opérations sont à la fois des opérations de démonstration, et en même temps, de démonstration d'une capacité à monter en puissance, puisque, au fond à chaque fois, nous sommes surpris par les capacités dont font preuve les nouveaux tirs.JEAN-JACQUES BOURDINOui, la Corée du Nord progresse.FLORENCE PARLYLa Corée du Nord progresse, et progresse vite. Cet été, on pensait encore être à l'abri, de ne pas être à la portée en ce qui concerne l'Europe ou les Etats-Unis, ce tir, manifestement, montre que peu de villes occidentales échapperaient
JEAN-JACQUES BOURDINLa France serait à la portée de ces missiles nord-coréens ?FLORENCE PARLYPersonne ne peut dire que nous ne serions pas à la portée. L'Europe, comme les Etats-Unis sont certainement à la portée de ces tirs. Ce que l'histoire ne dit pas, c'est si ce tir disposait d'une tête chargée ou pas. Donc ce qui est important maintenant, c'est de poursuivre dans la voie qui a été initiée il y a déjà plusieurs semaines de cela, c'est-à-dire la voie des sanctions
JEAN-JACQUES BOURDINEt je vais y revenir
FLORENCE PARLYParce que ces sanctions sont indispensables
JEAN-JACQUES BOURDINJe vais y revenir, je vais revenir sur ce qu'a décidé, sur ce qui a été dit au Conseil de sécurité de l'ONU. Florence PARLY, je vous pose une question directe, est-ce que vous êtes inquiète ?FLORENCE PARLYComment ne pas être inquiète dans le monde dans lequel nous vivons, Monsieur BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINLa menace est mondiale, là ?FLORENCE PARLYLa revue stratégique que nous avons menée, il y a quelques semaines, sous l'autorité d'Arnaud DANJEAN, dresse une analyse assez lucide, et sans tabou, du contexte stratégique dans lequel nous sommes, qui est caractérisé par des menaces qui se sont exprimées beaucoup plus vite et beaucoup plus forts que ce à quoi on pouvait s'attendre il y a encore cinq ans, qu'il s'agisse du terrorisme djihadiste, qu'il s'agisse de l'affirmation de stratégie de puissance de la part d'un certain nombre d'Etats, nous venons de parler de la Corée du Nord, de l'Asie, qu'il s'agisse également de la montée en puissance d'un certain nombre de technologies, qui vont probablement changer la donne également dans la manière de mener un certain nombre de combats, il n'y a qu'à voir ce que les attaques informatiques sont capables de faire sur des systèmes civils, puisqu'ils peuvent neutraliser des gares, des réseaux de chemins de fer, des aéroports. Et bien évidemment, la question, c'est de savoir ce que de telles attaques pourraient produire si elles se ciblaient sur des systèmes de défense, de protection et de sécurité.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, Florence PARLY, revenons à ce que disait le Conseil de sécurité des Nations-Unies, à ce que disaient les Nations-Unis, des sanctions, que faire, des sanctions pour l'instant, ça n'a pas l'air de très bien marcher avec la Corée du Nord, franchement. Les Etats-Unis veulent aller plus loin, et appellent tous les pays à couper leurs relations diplomatiques et commerciales avec la Corée du Nord. Est-ce que la France va suivre ?FLORENCE PARLYNous n'avons pas de relations diplomatiques avec la Corée du Nord.JEAN-JACQUES BOURDINEt commerciales ?FLORENCE PARLYJe ne crois pas que nous ayons des relations commerciales. Donc pour ce qui nous concerne
JEAN-JACQUES BOURDINÇa s'adresse à la Chine et à la Russie, entre autres ?FLORENCE PARLYPour ce qui nous concerne, je crois que, non seulement, nous avons toujours appelé à la plus grande fermeté, mais que nous appliquons les sanctions qui ont été décidées, et nous avons même plaidé auprès des Européens pour que des sanctions plus lourdes soient décrétées par l'Union européenne, après celles qui avaient été précédemment décidées par l'ONU. Donc je crois qu'il n'y a pas d'ambigüité, aucune, de la part de la position française. Et en revanche, ce qui est tout à fait décisif, c'est qu'en effet, tout le monde applique ces sanctions, sans faille.JEAN-JACQUES BOURDINDont la Chine ?FLORENCE PARLYDont la Chine, bien sûr
JEAN-JACQUES BOURDINEt la Russie.FLORENCE PARLYEt dont la Russie, naturellement.JEAN-JACQUES BOURDINFrontières communes avec la Corée du Nord. On le rappelle.FLORENCE PARLYTout à fait. Et au-delà, pourquoi est-ce que, au fond, on cherche à prendre des sanctions, c'est parce que nous sommes persuadés que l'issue de cette situation de tensions extrêmes ne peut être que diplomatique, et donc avant de parvenir à nouer un dialogue avec la Corée du Nord, il faut créer un rapport de force.JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais la Chine souhaite le gel des exercices militaires conjoints entre Washington et Séoul, et en contrepartie, le gel des programmes militaires nord-coréens, voilà ce que demande la Chine, un équilibre pour ouvrir des négociations.FLORENCE PARLYC'est ce qu'on appelle une position de départ dans une négociation, cette position
JEAN-JACQUES BOURDINLa France n'est pas sur cette position ?FLORENCE PARLYLa France n'est pas sur cette position, la France est favorable à l'exécution et la mise en oeuvre sans faille des sanctions qui ont été décidées.JEAN-JACQUES BOURDINNotre monde est dangereux, dites-vous, la France est devenue le troisième exportateur d'armement au monde, en 2017, derrière les Etats-Unis et la Russie. Faut-il s'en réjouir ?FLORENCE PARLYJe pense que ceci est le reflet du fait que le monde est dangereux, comme vous l'avez dit, mais aussi le reflet de l'excellence technologique française dans ses industries de défense
JEAN-JACQUES BOURDINVous vous en réjouissez ?FLORENCE PARLYJe me réjouis du fait que nous avons exporté 14 milliards d'euros de matériels de ce type. Ceci contribue fortement à rééquilibrer une balance commerciale qui n'est pas équilibrée en France. Et ceci contribue aussi à un tissu industriel, à des emplois en nombre en France.JEAN-JACQUES BOURDINEt à nourrir des foyers de guerres.FLORENCE PARLYA permettre à un certain nombre d'Etats de se protéger et de se défendre dans un contexte dangereux. Mais je voudrais tout de même insister sur un élément, parce que, évidemment, c'est un sujet qui peut être présenté de façon très polémique, mais la réalité, c'est que nous avons 4.000 PME en France qui travaillent dans ce secteur, et que c'est un secteur qui représente 200.000 emplois. Et c'est aussi une des dimensions sur laquelle je voudrais insister, si vous m'y autorisez, Jean-Jacques BOURDIN, de ce ministère des Armées
JEAN-JACQUES BOURDINAllez-y, allez-y, allez-y
FLORENCE PARLYCe ministère des Armées, il a évidemment une dimension profondément régalienne, il est là pour assurer la protection et la sécurité des Français, et c'est ce qu'il fait en menant des opérations à l'extérieur, comme au Mali ou au Levant ou bien encore sur le territoire national, avec Sentinelle. Mais ce ministère, c'est aussi un ministère qui est en lien profond avec la vie et le quotidien des Français. Nous recrutons chaque année 27.000 jeunes, dans un contexte où la réduction du chômage est un objectif, c'est important. Nous contribuons par l'innovation, nous contribuons à faire croître, émerger des start-up, des PME. Donc nous contribuons au tissu économique français. Et nous sommes aussi dans la formation, puisque nous avons des écoles, bref, nous sommes un ministère qui est au coeur des préoccupations des Français, et c'est aussi cela que je voudrais partager avec vos auditeurs, parce que, parfois, et j'ai pu le constater moi-même, lorsque j'ai pris mes fonctions, c'est un ministère assez intimidant, intimidant parce que les militaires sont des gens qui sont engagés, engagés au service de la France
JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes intimidée, ils vous intimident ?FLORENCE PARLYIls ne m'intimident plus, mais j'ai
JEAN-JACQUES BOURDINVous les admirez ?FLORENCE PARLYMais j'ai été très, très impressionnée au départ lorsque j'ai pris mes fonctions, parce que ce sont des gens pour qui le terme « engagement » veut dire beaucoup. Puisque c'est un engagement qui comprend y compris le prix de sa propre vie. Et je voudrais que les Français aient une vision ouverte, et pas intimidante, précisément, et qu'ils sachent que c'est un ministère qui est au plus près de leurs préoccupations, et que par exemple, pour des jeunes, c'est aussi une opportunité de carrière
JEAN-JACQUES BOURDINOui, je sais que vous êtes en campagne de recrutement, je vais y revenir, Florence PARLY
FLORENCE PARLYAbsolument
JEAN-JACQUES BOURDINMais j'ai deux questions encore sur les ventes d'armes, la France va vendre des armes au Qatar, prochainement, 12 Rafale supplémentaires, vous confirmez, c'est en négociation, je sais ?FLORENCE PARLYOh, c'est un sujet qui est en négociation depuis de longs mois. Le président de la République
JEAN-JACQUES BOURDIN300 véhicules blindés aussi
FLORENCE PARLYDes véhicules blindés, en grand nombre
JEAN-JACQUES BOURDINC'est vrai ou faux ?FLORENCE PARLYC'est aussi une négociation qui a lieu depuis de longs mois, et dont on espère qu'elle pourra se concrétiser lorsque le président de la République ira au Qatar début décembre.JEAN-JACQUES BOURDINVous avez bon espoir ?FLORENCE PARLYJe suis toujours confiante, et je ne lâche rien.JEAN-JACQUES BOURDIND'accord, bon. Un mot quand même sur Donald TRUMP, est-il vrai qu'il est sous surveillance ? Vous avez entendu parler de ça ? Est-il vrai que les hauts gradés, les militaires américains, ont placé Donald TRUMP sous surveillance ?FLORENCE PARLYJe crois qu'il faut arrêter les fantasmes. Donc je pense qu'il faut surtout avoir à coeur de travailler en confiance avec l'administration américaine. Et moi, c'est ce que je m'emploie à faire avec mon homologue Jim MATTIS.JEAN-JACQUES BOURDINIl ne vous inquiète pas, Donald TRUMP dans ses réactions, dans son comportement ?FLORENCE PARLYJe suis en très grande confiance avec mon homologue, Jim MATTIS.JEAN-JACQUES BOURDINAvec lui ?FLORENCE PARLYAvec lui.JEAN-JACQUES BOURDINPlus qu'avec Donald TRUMP ?FLORENCE PARLYAh, mais je n'ai pas de relation directe avec Donald TRUMP
JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, non, mais vous faites confiance aux militaires américains.FLORENCE PARLYJe fais très confiance au Pentagone, et nous avons, je crois, des relations de confiance réciproque. Et lorsque je suis allée à Washington récemment, j'ai pu aussi constater combien la présence des militaires français sur un certain nombre de théâtres, qu'il s'agisse du Levant, comme du Mali, combien cette intervention était appréciée, y compris par les armées américaines
JEAN-JACQUES BOURDINLe Mali, 4.000 soldats déployés, jusqu'à quand, Florence PARLY ?FLORENCE PARLYAutant que nécessaire, et donc la question que nous nous posons et sur laquelle nous travaillons en ce moment, est de faire monter en puissance la capacité des Africains eux-mêmes à gérer les questions qui touchent à leur propre sécurité. Je suis allée au Forum de Dakar, il y a quelques semaines, et ce que j'ai entendu, c'est que les Africains souhaitaient prendre en charge de plus en plus ces questions ; ce sont eux qui le disent. Et donc que faisons-nous, nous agissons pour que, dans cette région du monde, le Sahel, eh bien, les cinq pays qui sont principalement concernés par le terrorisme ambiant, puissent constituer une force conjointe qu'on appelle la force conjointe du G5 Sahel, qui a besoin non seulement d'être soutenue, formée, ce que Barkhane fait, mais qui a aussi besoin d'être équipée, qui a besoin de contributions financières, et donc il y a eu une première réunion où on appelle les bailleurs de fonds, pour obtenir des contributions de tous les Etats qui sont volontaires pour cela, et nous allons recommencer très prochainement, parce que pour l'instant, le compte n'y est pas tout à fait. Donc c'est très important
JEAN-JACQUES BOURDINLe compte n'y est pas.FLORENCE PARLYC'est très important de poursuivre dans cette voie.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, il va falloir aussi trouver de l'argent pour la fameuse Task Force évoquée hier, annoncée hier par le président de la République en Côte d'Ivoire. L'Union européenne, l'Union africaine, l'ONU vont participer à cette Task Force, pour démanteler les réseaux, en Libye. Avec, qui, comment, des militaires, des policiers, comment ?FLORENCE PARLYAlors, ça fait partie des choses qui devront être réglées dans les tous prochains jours, bien sûr
JEAN-JACQUES BOURDINDes interventions militaires ? Une intervention militaire, non des actions de police sur place ?FLORENCE PARLYNaturellement, ce sont Les forces de sécurité qui devront intervenir. Mais il y a aussi la mobilisation de l'ensemble des services de renseignements, pour faciliter ces opérations.JEAN-JACQUES BOURDINDonc les soldats français iront intervenir ou des policiers français iront intervenir en Libye, pour justement démanteler ces réseaux ?FLORENCE PARLYA ce stade, je ne pense pas que les choses soient conçues comme cela. Mais nous allons y travailler avec l'ensemble de nos partenaires, parce que, ce qui est important
JEAN-JACQUES BOURDINA terme, c'est ce qui se passera ?FLORENCE PARLYCe qui est important, encore une fois
JEAN-JACQUES BOURDINUne force européenne par exemple, d'intervention ?FLORENCE PARLYMais vous allez très vite, très vite en besogne
JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, mais je veux savoir, parce qu'on veut savoir ! Les Français veulent savoir, Florence PARLY !FLORENCE PARLYCe que le président MACRON souhaite, c'est que, en Libye, il soit mis un terme à cette situation qui est humanitairement inacceptable, et que l'on puisse aussi permettre aux Africains de vivre dans leur pays, dans des conditions décentes. Donc c'est à la fois une action permettant de sauver, en quelque sorte, des personnes qui se trouvent dans une situation inacceptable au regard du droit humanitaire, et puis, d'autre part, créer les conditions d'un développement économique en Afrique, qui est un continent qui est plein d'atouts, plein de ressources, avec une jeunesse extraordinaire, mais dont il faut parvenir à tirer le meilleur, afin que les Africains puissent vivre, se développer sur leur propre continent. Et je crois que c'est le sens des discussions qui ont eu lieu à Abidjan hier.JEAN-JACQUES BOURDINLes Djihadistes français en Irak et en Syrie, je me souviens de ce que vous aviez dit : si des djihadistes périssent en Syrie, tant mieux. Avez-vous tout fait jusqu'à l'élimination physique pour empêcher des djihadistes de revenir en France ?FLORENCE PARLYNotre pays est engagé dans une lutte sans merci contre Daesh. Nous y sommes engagés en coalition, aux côtés des Américains et de bien d'autres nations en Irak et en Syrie. Nous y sommes engagés également au Sahel, et cette lutte, elle avance, elle progresse, puisque vous avez vu qu'au Levant, Daesh recule sur tous les fronts, 95 % des territoires qui étaient occupés par Daesh ont été libérés au cours des dernières semaines. Donc c'est une lutte qui, je crois, est efficace. Maintenant, c'est une lutte qui doit être poursuivie, pourquoi, parce que, il reste évidemment des djihadistes
JEAN-JACQUES BOURDINEt pourquoi pas des éliminations sur place, de Français ou d'autres d'ailleurs !FLORENCE PARLYCe combat doit être poursuivi jusqu'à son terme. Pourquoi ? Parce que
JEAN-JACQUES BOURDINSans état d'âme.FLORENCE PARLYSans état d'âme, ces djihadistes n'ont pas eu d'état d'âme lorsqu'il s'est agi de frapper la France, de frapper des spectateurs qui étaient à un concert au Bataclan, donc c'est une lutte, oui, qui est sans pitié.JEAN-JACQUES BOURDINSans pitié ?FLORENCE PARLYSans pitié.JEAN-JACQUES BOURDINFlorence PARLY, Raqqa libérée, des convois ont ou quitter la ville, après la libération de Raqqa, des convois où se trouvaient des djihadistes, dans lesquels se trouvaient des djihadistes, des djihadistes français, où sont-ils ?FLORENCE PARLYD'abord, je voudrais rappeler que c'est un accord qui a été passé par les forces locales, la coalition n'était absolument pas impliquée dans cet accord. Ce sont des choses qui arrivent, il faut le dire aussi.JEAN-JACQUES BOURDINLa coalition savait que ces convois allaient quitter la ville de Raqqa.FLORENCE PARLYCet accord a été négocié sans la coalition.JEAN-JACQUES BOURDINVous saviez, vos services d'information sont suffisamment efficaces quand même, non ?FLORENCE PARLYLa raison de cet accord, nous la connaissons, il s'agissait de protéger des populations civiles, qui avaient été utilisées comme des boucliers humains, et donc entre le risque de voir plus de 3000 civils anéantis, et celui de laisser partir un certain nombre de djihadistes, ces forces locales qui ont négocié l'accord ont préféré la deuxième solution. Ce qui ne signifie pas que la lutte est terminée, ces djihadistes continuent
JEAN-JACQUES BOURDINIl y avait des djihadistes dans ces convois, tout le monde le sait.FLORENCE PARLYCes djihadistes continuent d'être poursuivis
JEAN-JACQUES BOURDINEt donc des Français, ils sont passés où, vous savez ?FLORENCE PARLYCes djihadistes continuent d'être poursuivis partout où ils se sont enfuis
JEAN-JACQUES BOURDINVous les avez identifiés ?FLORENCE PARLYEt ceci quelle que soit leur nationalité.JEAN-JACQUES BOURDINQuelle que soit leur nationalité, Français ou pas, on est bien d'accord, Florence PARLY ?FLORENCE PARLYOn est bien d'accord.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai une dernière question, dernier sujet. Le service national d'1 mois obligatoire, c'était la promesse d'Emmanuel MACRON, où est-ce qu'on en est ?FLORENCE PARLYAlors, c'est un magnifique projet, c'est un projet républicain, c'est un projet dont l'objectif est de permettre de créer ce lien, dont je vous parlais tout à l'heure, entre les armées et la Nation, c'est une autre façon de créer du lien. Nous allons y travailler parce que, pendant ces six premiers mois, passés au ministère des Armées, j'ai beaucoup travaillé sur un certain nombre de sujets, le budget 2018, qui est un budget de remontée en puissance, nous avons évoqué la revue stratégique, pour éclairer quoi ? La préparation de la prochaine Loi de Programmation Militaire. Nous avons aussi révisé le dispositif Sentinelle, et au moment où les fêtes de Noël approchent, c'est important que ce dispositif ait été encore renforcé en termes d'efficacité. Donc, maintenant, nous allons nous consacrer à ce projet de service national, qui est un projet qui, au fond, cherche à créer
JEAN-JACQUES BOURDINVous allez lancer ce projet. Vous le lancez d'ailleurs ce matin, allez ! Quand ?FLORENCE PARLYJe ne suis pas seule sur ce projet.JEAN-JACQUES BOURDINNon, vous n'êtes pas seule, mais quand, quand va-t-il être lancé ?FLORENCE PARLYC'est un projet sur lequel nous allons travailler dans les prochains mois et dans les prochains mois.JEAN-JACQUES BOURDINDonc dès 2018 vous lancez le processus ?FLORENCE PARLYC'est un projet qui sera travaillé avec de nombreux collègues du gouvernement, parce qu'il implique beaucoup de monde. Prenons un exemple. Moi ce que j'aimerais, si je peux m'exprimer à titre libre, parce qu'aucune décision n'a encore été prise
.JEAN-JACQUES BOURDINJe sais, mais à titre libre, allez-y.FLORENCE PARLYMoi, j'aimerais que ce service national, par exemple, il permette d'apprendre tous les gestes qui sauvent, parce que réfléchissons une seconde. Savons-nous combien de personnes, de victimes du Bataclan, ont pu être sauvées simplement par ces premiers gestes qui ont été dispensés par des personnes qui se trouvaient là et qui savaient les administrer ? Eh bien cela je pense que ce serait une très bonne façon de permettre, non seulement aux Français de se protéger eux-mêmes, mais aussi d'être au service des autres.JEAN-JACQUES BOURDINSix cent mille jeunes par an, on est bien d'accord, c'est le projet du président de la République
FLORENCE PARLYC'est une génération.JEAN-JACQUES BOURDINUne génération, hommes et femmes. Combien de temps, 1 mois ?FLORENCE PARLYC'est la durée qui a été envisagée.JEAN-JACQUES BOURDINUn mois, dans les 3 ans suivant le 18e anniversaire.FLORENCE PARLYTout ceci, Jean-Jacques BOURDIN, nous allons y travailler, donc vous êtes, comme on dit, un peu en avance de phase.JEAN-JACQUES BOURDINNon, et vous assumerez le coût, c'est ce qu'a dit le président de la République.FLORENCE PARLYLa collectivité assumera le coût.JEAN-JACQUES BOURDINDonc, mise en place, vous commencez à en discuter, mise en place quand ? Après les discussions, quand, 2018, 2019 ?FLORENCE PARLYLa mise en place dépendra des modalités de ce service national, pour l'instant les contours n'en sont pas encore totalement définis, comme vous l'avez compris.JEAN-JACQUES BOURDINOui, ça j'ai compris, mais il sera effectif quand, franchement ?FLORENCE PARLYLe plus rapidement possible.JEAN-JACQUES BOURDINÇa veut dire quoi ? Vous n'allez pas me faire le fût du canon, quand même, Florence PARLY ?FLORENCE PARLYC'est un projet pour le quinquennat. C'est un projet pour le quinquennat.JEAN-JACQUES BOURDINDonc on peut penser qu'en 2019 ce sera en place ?FLORENCE PARLYOn peut penser qu'il y aura peut-être, en effet, des premières expérimentations, ça je ne peux pas encore vous le dire. Laissez-moi travailler Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Florence PARLY d'être venue nous voir ce matin.FLORENCE PARLYMerci.Source : Service d'information du Gouvernement, le 4 décembre 2017
La source —
vie_publique · nº 204368
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