Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, avec France Info le 19 octobre 2017, sur la nouvelle adresse de la Direction Régionale de la Police Judiciaire, la police de sécurité du quotidien, l'expulsion des immigrés clandestins, le harcèleme
Gérard Collomb (auteur), Jean-Michel Aphatie (intervenant)
BRUCE TOUSSAINTCe matin c'est vous Gérard COLLOMB qui nous accueillez dans ce nouveau siège de la police judiciaire parisienne, ministre de l'Intérieur bien sûr, vous allez inaugurer ces locaux dans quelques minutes. Jean-Michel APHATIE, nous sommes donc avec le ministre.JEAN-MICHEL APHATIEBonjour Gérard COLLOMB.GERARD COLLOMBBonjour.JEAN-MICHEL APHATIEDonc, c'est toujours le 36, mais c'est 36 rue du Bastion, ce n'est plus 36 Quai des Orfèvres, on imagine que des locaux comme ça, équipés de manière moderne, permettront aux fonctionnaires de police de faire face à tous les défis, toutes les crises, qui sont ceux d'aujourd'hui.GERARD COLLOMBOui, je pense que c'est évidemment un changement d'époque, parce que tous les Français avaient, dans l'imagination, le 36 Quai des Orfèvres, par les films, par ce qu'ils avaient pu voir, et puis tout d'un coup on s'aperçoit qu'on change d'ère, et que d'une police traditionnelle on passe à une police de, je dirais de l'avenir, de technologie, donc c'est un changement d'époque pour la police aussi.JEAN-MICHEL APHATIEImportant. 1700 fonctionnaires ici sur place, qui auront donc à gérer toutes les affaires qui peuvent se produire en France en général, mais aussi, bien entendu, dans la grande métropole parisienne. Le président de la République s'est longuement exprimé hier sur la sécurité, c'était hier après-midi à l'Elysée devant les directeurs départementaux de la police, devant les préfets, il a évoqué notamment on ne comprend pas toujours ce que ça veut dire, mais vous allez nous l'expliquer Gérard COLLOMB la police de sécurité du quotidien. On écoute Emmanuel MACRON.EMMANUEL MACRONIl ne vous aura pas échappé que la réforme que je souhaite porter n'est pas le retour à la police de proximité, même si je ne partage absolument pas le procès qui a parfois été fait à cette dernière. La police de sécurité du quotidien vise à sortir de l'opposition stérile entre police de proximité et police d'intervention.JEAN-MICHEL APHATIEAlors, on ne comprend quand même pas trop ce que c'est la police de sécurité du quotidien. 15 métropoles vont expérimenter, vous allez les choisir d'ici à la fin de l'année, donc l'expérimentation va démarrer l'année prochaine, durant le premier trimestre 2018, mais c'est quoi exactement, comment vous la définiriez la police de sécurité du quotidien ?GERARD COLLOMBD'abord, il vous l'explique bien en disant ce qu'elle n'est pas. Il y avait un modèle qui était le modèle qu'avait expérimenté, dans le temps, JOSPIN, la police de proximité, qui consistait à être au plus près du terrain, on l'avait caractérisée, à un moment donné, comme les policiers qui jouaient avec les gains dans les cités au football. Mais de l'autre côté, après, on est allé à un autre extrême, c'était un peu la police d'intervention, c'est-à-dire qu'on venait en voiture, on contrôlait et on repartait. Et donc, ce qu'on veut faire c'est une police qui soit présente dans les cités, sur le terrain, mais qui, en même temps, remplit son véritable rôle de police. D'ailleurs, ce ne sera pas que pour les métropoles
JEAN-MICHEL APHATIEMais vous allez ouvrir des locaux dans les cités, vous allez multiplier les points où les policiers seront présents ?GERARD COLLOMBNon, il ne s'agit pas simplement de multiplier les points, parce que ce n'est pas les points qui comptent, c'est le fait que la police soit présente sur le terrain. Voyez, moi, quand, dans mes fonctions anciennes, il m'est arrivé de fermer des locaux de police, tout simplement parce qu'ils ne servaient plus à rien, à la limite les policiers les défendaient plutôt qu'ils ne passaient à l'offensive. Non, il s'agit de faire en sorte que les gens continuent à s'apercevoir que la police est présente et que là où elle ne l'est plus, ils puissent réinvestir, et donc qu'ils voient de la police auprès de chez eux. Et alors, les formes seront différentes, parce que la France est diverse vous parliez tout à l'heure des métropoles mais la police sera différente suivant que l'on sera par exemple dans le quartier un peu paupérisé d'une grande ville, suivant qu'on sera dans la périphérie, ou suivant qu'on sera dans une zone rurale, elle s'adapte à la réalité socioéconomique du terrain.BRUCE TOUSSAINTMais ce n'est pas déjà le cas ? La police n'est pas déjà présente dans tous les lieux de France ?GERARD COLLOMBSi vous interrogez un peu tous les policiers ils vous diront que quelquefois ils ont beaucoup de difficultés et qu'ils aimeraient bien justement être plus sur le terrain. Ils vous diront que, par exemple, en particulier interrogez ici ceux qui font de la police judiciaire, ils vous disent qu'on passe beaucoup de temps à remplir un certain nombre de papiers et qu'eux aimeraient plus être dans la rue, dans l'enquête. Et donc cette police va se doubler d'une réforme de la procédure pénale, qui numérisera, qui oralisera, un certain nombre de procédures, et donc nous sommes déjà en train d'y travailler avec ma collègue ministre de la Justice, et ça sera véritablement un changement d'orientation.JEAN-MICHEL APHATIEDonc, police de sécurité du quotidien, on verra ça au début de l'année prochaine. Il y a deux jours maintenant la police a arrêté une dizaine de personnes dans la mouvance de ce que l'on appelle l'ultra droite, ces arrestations sont consécutives à l'arrestation elle-même d'un jeune homme, à Vitrolles, fin juin. Et ce jeune homme avait le projet de mal abouti visiblement mais peut-être d'attenter à la vie, on n'en sait rien exactement, du porte-parole du gouvernement Christophe CASTANER et aussi du leader de La France Insoumise Jean-Luc MELENCHON, qui en a parlé dans des termes que je voudrais vous faire écouter Gérard COLLOMB, c'était hier à l'Assemblée nationale.JEAN-LUC MELENCHONJe me permets une suggestion, Monsieur le Premier ministre, le ridicule qui comptait nous assaillir a été arrêté le 28 juin, 4 mois plus tard je l'apprends, et j'aurais apprécié d'en être informé pendant les 4 mois pendant lesquels j'ai continué à me transporter en métro et à pied, et ainsi de suite.JEAN-MICHEL APHATIEConvenez-vous que peut-être une information discrète auprès de Jean-Luc MELENCHON aurait été la bienvenue pour qu'il puisse éventuellement prendre des dispositions ?GERARD COLLOMBOui, bien sûr, mais, si vous voulez, en même temps il faut savoir que les services essayent non pas d'arrêter un individu, mais d'arrêter une bande, et donc s'ils informent les personnes, qui elles-mêmes sont protégées durant tout ce laps de temps
JEAN-MICHEL APHATIEOn lui avait refusé une protection qu'il avait demandée, Jean-Luc MELENCHON, pendant les élections législatives.GERARD COLLOMBOui, mais croyez-moi qu'il y a des gens de la DGSI qui devaient le suivre de manière à pouvoir le protéger. Mais on voulait
JEAN-MICHEL APHATIECe n'est pas trop long 4 mois sans donner d'informations ?GERARD COLLOMBOn voulait arrêter toute la bande, et donc repérer, écouter, voir de quoi il s'agissait, et, finalement, quand on a écouté, on s'est aperçu que les cibles n'étaient pas si précises que cela et qu'ils évoquaient toute une série de cibles potentielles, et ce n'était pas, franchement, la bande la plus sérieuse qu'on ait arrêtée au cours des derniers temps.BRUCE TOUSSAINTGérard COLLOMB, vous restez avec nous.(
) Point actu.BRUCE TOUSSAINTNous sommes en direct du nouveau siège de la police judiciaire parisienne, dans la salle de crise qui a été créée spécialement dans ce nouveau siège, avec notre invité, le ministre de l'Intérieur Gérard COLLOMB.JEAN-MICHEL APHATIEPour en terminer avec Jean-Luc MELENCHON, il vous a écrit je crois, il souhaiterait que des locaux de l'Action française qui se situent à Marseille, la ville où lui-même a été élu député, soient fermés, parce que, dit-il, les personnes que vous avez arrêtées il y a 2 jours fréquentaient ces locaux de l'Action française. Vous donnerez suite à la demande de Jean-Luc MELENCHON ?GERARD COLLOMBJ'alerterai la police, et donc la police elle-même fera une enquête et la justice tranchera. Nous sommes dans un Etat de droit et nous essayons de nous y conformer, c'est ce qui fait les règles de notre République et qui permet le débat démocratique à l'Assemblée.JEAN-MICHEL APHATIEAprès l'assassinat qui s'est produit à Marseille, encore, c'était le 1er octobre dernier, deux jeunes femmes avaient péri sous les coups d'un homme qui était sur le territoire français en situation irrégulière, des dysfonctionnements avaient été constatés, vous avez limogé le terme est un peu excessif peut-être
GERARD COLLOMBOui, un peu excessif.JEAN-MICHEL APHATIELe préfet du Rhône, en tout cas il a quitté ce poste-là, il est peut-être toujours dans la préfectorale, mais il n'est plus préfet du Rhône, et vous avez pris une circulaire lundi, intimant aux préfets l'ordre d'expulser, davantage qu'ils ne le font, les personnes qui sont en situation irrégulière sur le territoire quand elles commettent un acte délictueux. On avait abandonné de systématiser l'expulsion des personnes en situation irrégulière, il y a eu un déficit d'action sur ce terrain-là Gérard COLLOMB ?GERARD COLLOMBSurtout, si vous voulez, on a changé d'époque. On s'aperçoit qu'il y a encore 7, 8 ans, on ne connaissait pas la menace terroriste que l'on connaît aujourd'hui, on voit bien en ce moment qu'un certain nombre de personnes peuvent se radicaliser assez vite et donc commettre
JEAN-MICHEL APHATIECe n'est pas les clandestins qui sont des terroristes.GERARD COLLOMBComment ?JEAN-MICHEL APHATIEIl n'y a pas de lien entre les personnes en situation irrégulière et le terrorisme. Les terroristes sont aussi des gens qui sont en situation régulière sur le territoire, il n'y a pas de lien.GERARD COLLOMBOui, mais lorsqu'on regarde l'histoire des dernières années, on s'aperçoit, quand même, qu'il y a une continuité dans les gens qui passent à l'acte, et en particulier vous comprenez bien que la personne qui a commis sept vols sous des identités chaque fois différentes, c'est quelqu'un, quand même, qui n'est pas totalement net. Donc, si elle est étrangère en situation irrégulière, on peut tout de même essayer de l'expulser, et donc oui, nous avons pris un certain nombre de mesures où nous avons rappelé aux préfets qu'il convient que la force reste à la loi.BRUCE TOUSSAINTC'est déjà effectif ? Il y a déjà des personnes qui ont été
GERARD COLLOMBEcoutez, hier, pendant que le président préparait son discours, j'ai réuni tous les préfets de région, pendant le discours du président il y avait tous les préfets de département, et moi j'ai rappelé aux préfets de région qu'il y avait un certain nombre de procédures à mettre en place et qu'effectivement les gens devaient être expulsés.JEAN-MICHEL APHATIEC'est quoi les chiffres, on expulse combien de clandestins ?GERARD COLLOMBTrès peu.JEAN-MICHEL APHATIECombien ?GERARD COLLOMBAujourd'hui, si vous voulez, vous avez 13.000 personnes chaque année, expulsées, alors que vous avez 85.000 demandes d'asile, et quand je vous dis 13.000 c'est tout compris, y compris départs volontaires.JEAN-MICHEL APHATIEIl y a un chiffre, il y a un objectif d'expulsions ?GERARD COLLOMBCe n'est pas un objectif, c'est simplement
JEAN-MICHEL APHATIE25.000 ? 30.000 ? Nicolas SARKOZY, quand il était président de la République, avait
GERARD COLLOMBNon mais, si vous voulez, c'est un changement de procédures. Ce qu'a demandé le président de la République, et ce que nous allons mettre en oeuvre avec ma collègue garde des Sceaux, c'est d'essayer de faire en sorte que les procédures d'asile se fassent en 6 mois, ça aura un double avantage. En 6 mois, celles et ceux qui sont réfugiés, qui viennent de terrains de guerre, qui sont des réfugiés politiques, sauront qu'ils peuvent avoir l'asile et commenceront à pouvoir s'intégrer dans la société française, et les autres, qui n'ont pas droit à l'asile, eh bien nous pourrons les expulser.JEAN-MICHEL APHATIEOn les reconduira à la frontière, enfin on les expulsera dans leur pays d'origine, ce sont des opérations difficiles à faire !GERARD COLLOMBNous y travaillons sans arrêt. Voyez, tout à l'heure j'aurai une réunion avec un de mes homologues et on discutera justement expulsions.JEAN-MICHEL APHATIEEt donc, 13.000 pour l'instant, vous pensez que
13.000 expulsions, quand, en 2016, 2017
?GERARD COLLOMB13.000 l'année dernière.JEAN-MICHEL APHATIEDonc 2016. Et vous pensez que le chiffre peut augmenter de manière significative ?GERARD COLLOMBOn s'aperçoit qu'il a déjà augmenté ces derniers temps et qu'en particulier
JEAN-MICHEL APHATIEVous avez des chiffres ?GERARD COLLOMBDans un certain nombre de pays sûrs, où on n'expulsait jamais, cette fois-ci on a d'ailleurs pris des accords avec les gouvernements et on expulse beaucoup.JEAN-MICHEL APHATIESur les six premiers mois de l'année on a des chiffres ?GERARD COLLOMBPar exemple, sur les « Dublinais » nous avions augmenté de 100 % en l'espace de 3 mois.JEAN-MICHEL APHATIEAlors, les « Dublinais » on renverra sur Internet parce que c'est un peu compliqué pour expliquer, c'est une procédure
GERARD COLLOMBCe sont ceux qui ont été déboutés d'un autre pays et qui viennent redemander l'asile chez nous.JEAN-MICHEL APHATIEVoilà, et c'est un accord trouvé à Dublin sur la question, d'où les « Dublinais. » Le harcèlement dont sont victimes les femmes est au coeur des discussions durant ces derniers jours sur le réseau social Twitter BalanceTonPorc, vous avez bien entendu vu tout cela. Emmanuel MACRON a parlé d'une procédure simplifiée pour sanctionner les harcèlements de rue, il en a parlé dimanche soir. Vous pouvez nous en dire plus, qu'est-ce que c'est une procédure simplifiée ?GERARD COLLOMBOui, en fait il faisait référence à la procédure du quotidien, parce que les policiers aujourd'hui
Nous allons faire ce dont bénéficient déjà les gendarmes, leur distribuer des tablettes numériques, à partir desquelles vous allez pouvoir mettre un certain nombre d'amendes immédiatement, prendre évidemment les coordonnées de la personne, regarder s'il a déjà été fiché, et donc, s'il a été fiché, s'il y a répétition de l'agression, évidemment le déférer tout de suite en garde à vue et ensuite introduire une action judiciaire.JEAN-MICHEL APHATIEEn même temps, le harcèlement c'est quelque chose qui se produit dans les bureaux, sur les lieux de travail, ce sont des gestes, s'ils se produisent dans la rue, qui sont très rapides, enfin on imagine que la police est peu adaptée tout de même, pour lutter contre ce genre de choses.GERARD COLLOMBMonsieur APHATIE, j'espère que vous ne harcelez pas tous les jours.JEAN-MICHEL APHATIEAlors, j'allais vous poser des questions de ce registre, mais puisque vous me posez la question, ni tous les jours, ni jamais, mais est-ce qu'il faut dénoncer les harceleurs ?GERARD COLLOMBOui, ça dépend, enfin, je veux dire qu'entre...BRUCE TOUSSAINTComment ça, ça dépend ?GERARD COLLOMBNon mais, entre le fait de pouvoir flirter et le pouvoir harceler, il me semble y avoir des différences. Et quand on voyait le producteur de cinéma, ce n'était pas du flirt, c'était véritablement de l'imposition. Donc, là oui, il y a une barrière à pouvoir mettre, qui doit être mise de manière extrêmement ferme.JEAN-MICHEL APHATIEMais, est-ce qu'il faut les dénoncer ? Vous savez, quand on a été confronté en France avec...GERARD COLLOMBOui, oui, oui, je vous signale que la même question s'est posée vis-à-vis des pédophiles : est-ce qu'il faut dénoncer les pédophiles ? Eh bien, à un moment donné, oui, on le voit que partout il faut dénoncer les pédophiles.JEAN-MICHEL APHATIEQuand l'affaire Dominique STRAUSS-KAHN s'est produite, on a dit « tout le monde savait », comme pour le producteur américain.GERARD COLLOMBEh bien moi, je ne le savais pas.JEAN-MICHEL APHATIEVous ne le saviez pas.GERARD COLLOMBMais peut être que j'étais le dernier de Paris.JEAN-MICHEL APHATIEOn dit qu'il y a souvent, dans les responsables politiques, que ce sont des pratiques qui sont, à défaut d'être usuelles, ça me semble très excessif, mais qui peuvent exister, vous ne connaissez pas...GERARD COLLOMBOui, moi ça fait 40 ans que je fais de la politique, je ne vois pas tout le monde courir après tout le monde.JEAN-MICHEL APHATIEOui, et donc, si vous en connaissiez, bien sûr vous les dénonceriez.GERARD COLLOMBOui.JEAN-MICHEL APHATIEVous n'auriez pas de difficultés à le faire.GERARD COLLOMBOui.JEAN-MICHEL APHATIEDonc, on voit quand même dans cette discussion, que la police, sans doute, ne nous aidera pas beaucoup à résoudre ce problème.GERARD COLLOMBAh si, si si...JEAN-MICHEL APHATIEEt que c'est plus un problème de société.GERARD COLLOMBPar exemple, dans les trains de nuit, qui vont de la banlieue à Paris, c'est vrai que si vous vous souvenez d'actualités relativement récentes, vous avez eu des scènes qui étaient apocalyptiques, et donc pouvoir prendre en charge ce type de problématique, évidemment que ça participe de la sécurité et d'un sentiment plutôt de tranquillité lorsque l'on voyage la nuit.JEAN-MICHEL APHATIEEt puis les femmes concernées disent aussi qu'il n'est pas facile de porter plainte, d'abord parce que c'est un démarche difficile...GERARD COLLOMBOui, bien sûr, je comprends.JEAN-MICHEL APHATIE... et que quelque fois l'accueil dans les commissariats n'est pas non plus très bon, et ça, ça existe toujours.GERARD COLLOMBAlors, en général chez les commissariats, nous avons mis une personne spécialisée pour ce genre de problème, parce que vous savez, le crime aujourd'hui qui donc se produit le plus, c'est les violences intrafamiliales, qui ont monté, alors de manière extraordinaire. Justement, peut-être pas parce qu'il y en a plus que par le passé, mais en tout cas les victimes hésitent moins à pouvoir dénoncer.BRUCE TOUSSAINTGérard COLLOMB, vous restez avec nous, il est 08h50.(
)BRUCE TOUSSAINTGérard COLLOMB est l'invité de France Info en direct du nouveau siège de la Police Judiciaire parisienne au 36 rue du Bastion dans le XVIIème arrondissement.JEAN-MICHEL APHATIEFrançois HOLLANDE ne s'est pas retiré de la vie politique, la preuve mardi depuis Séoul où il donnait une conférence il a critiqué la réduction de l'assiette de l'ISF l'Impôt Sur la Fortune on écoute François HOLLANDE.FRANÇOIS HOLLANDE, LE 16 OCTOBRE A SEOULSi dans un pays l'idée s'installe qu'il y a finalement une fiscalité allégée pour les riches et alourdie pour les plus modestes ou pour les classes moyennes, alors c'est la productivité globale du pays, c'est la capacité qu'il a à se mobiliser pour son avenir qui se trouve mise en cause.JEAN-MICHEL APHATIEQu'est-ce que vous répondez à François HOLLANDE qui dit qu'une fiscalité pour les riches ce n'est pas la meilleure chose à faire ?GERARD COLLOMBD'abord je constate que François HOLLANDE ne renoncera jamais et que dans 20 ans on entendra encore les messages de François HOLLANDE, je ne sais pas quel sera le gouvernement dans 20 ans mais je suis sûr qu'on aura à nouveau François HOLLANDE qui commentera l'actualité. Il avait cinq ans pour agir, pour transformer la France, il aurait du le faire à ce moment-là.JEAN-MICHEL APHATIEEt sur le fond, l'étiquette de gouvernement pour les riches ?BRUCE TOUSSAINTEt sur le fond, moi vous savez les résultats d'une politique je les juge à la transformation de la vie quotidienne des gens, si dans trois quatre ans les gens vivent mieux on dira que cette politique a réussi, était une politique de gauche qui faisait que les gens les plus fragiles, ceux qui socialement étaient le plus en difficulté ont réussi, si on ne le fait alors oui on aura échoué. Donc pour moi ce qui comte c'est que la vie quotidienne réelle des gens se transforme, on verra si elle se transformera, moi je suis plutôt optimiste.BRUCE TOUSSAINTVous répondez avec ironie sur le sujet de François HOLLANDE...GERARD COLLOMBNon, pas avec ironie.BRUCE TOUSSAINTAu sujet de François HOLLANDE, ça ne vous inquiète pas politiquement qu'il devienne comme ça j'allais dire la mouche du coche du président MACRON ?GERARD COLLOMBMais il a toujours été comme ça François HOLLANDE, moi je le connais...BRUCE TOUSSAINTEnfin il était président pendant cinq ans...GERARD COLLOMBMoi je le connais depuis 25 ans, c'est quelqu'un qui ne vit que par la politique, donc il va...JEAN-MICHEL APHATIECe n'est pas le seul, on pourrait dire ça d'autres personnalités ?GERARD COLLOMBAh ! Mais oui, mais je suis d'accord. Non, mais...JEAN-MICHEL APHATIEPeut-être de vous aussi d'ailleurs d'une certaine manière ?GERARD COLLOMBBien sûr. Non, mais ça veut dire que, où qu'il soit, il commente et donc là il est à l'autre bout du monde il pourrait regarder j'entendais votre pub les papillons, tout ça, regardez quel est là-bas la faune, la flore eh bien lui ce qui l'intéresse c'est ce qui se passe à Paris, il est fait comme ça, il est tombé dedans quand il était tout petit.BRUCE TOUSSAINTMais ça ne vous inquiète pas ?JEAN-MICHEL APHATIParce que ça peut devenir un opposant efficace.GERARD COLLOMBCa ne m'inquiète pas fondamentalement.JEAN-MICHEL APHATIED'accord. Sur le fond, pour y revenir, une centaine de parlementaires disent : « on peut voter ou pas cette réforme mais il faudrait qu'on comprenne quel effet elle aura sur les plus hauts patrimoines français », ces parlementaires qui réclament des informations avant de voter pour ou contre ils ont tort ?GERARD COLLOMBVous savez en même temps les gens qui demandent donc sans arrêt, moi je les comprends, moi je suis plutôt, plutôt modeste.JEAN-MICHEL APHATIEDes éléments d'information pour voter ce n'est pas idiot ?GERARD COLLOMBOui. Mais vous voyez en France le véritable problème c'est qu'on veut beaucoup d'usines mais pas de patron, quelque part...JEAN-MICHEL APHATIENon, ce n'est pas ça la question.GERARD COLLOMBSi, si.JEAN-MICHEL APHATIENon, ce n'est pas ça.GERARD COLLOMBQuelque part il y a une contradiction.JEAN-MICHEL APHATIELa question c'est...GERARD COLLOMBMais si, il y a une sorte... Il y a une sorte, si vous me permettez...JEAN-MICHEL APHATIEOui.GERARD COLLOMBDe voyeurisme. Ça veut dire quoi ? Que l'impôt va profiter, la baisse d'impôt va profiter aux plus riches, ça on le sait effectivement...JEAN-MICHEL APHATIEC'est embêtant ?GERARD COLLOMBMais il vaut mieux que ces plus riches-là ils aient des entreprises en France et qu'ils fassent marcher la France parce que c'est comme ça qu'on aura des emplois, à vouloir être égalitaires on est... on a essayé ça, dans ma jeunesse c'était l'URSS, tout le monde au moins était au même niveau, on a vu qu'économiquement ça ne marchait pas très bien.BRUCE TOUSSAINTVous avez entendu le chiffre de Bruno LE MAIRE hier, 400 millions d'euros...GERARD COLLOMBDe ?BRUCE TOUSSAINTQui vont être reversés...JEAN-MICHEL APHATIEAux patrimoines les plus importants.BRUCE TOUSSAINTAux patrimoines les plus importants, ceux qui ne paieront plus...GERARD COLLOMBAh oui ! Ah oui.BRUCE TOUSSAINT400 millions d'euros, on a besoin...GERARD COLLOMBAh oui ! J'ai vu si vous voulez qu'aujourd'hui le gouvernement est obligé de se débrouiller avec une taxe passée qui est l'équivalent de sept milliards, vous savez on avait imposé un impôt exceptionnel et le Conseil constitutionnel a dit : « c'est illégal et donc vous êtes obligés de reverser », alors 400 millions, 7,5 milliards, vous voyez il y a un peu de différence.BRUCE TOUSSAINTÇa n'aura pas de prise dans l'opinion publique vous croyez ces 400 millions, ça va passer comme ça comme une... j'allais dire comme une lettre à la Poste ?GERARD COLLOMBNous ce qui nous embête plutôt c'est d'avoir 7,5 milliards vous voyez qui nous tombent d'un coup sur la tête et auquel on ne s'attendait pas.JEAN-MICHEL APHATIEPour terminer, une dernière question qui va nous amener à votre terre d'origine, c'est Lyon. Il y a un site Internet à Lyon, c'est une ville assez canaille, il y a beaucoup de choses.GERARD COLLOMBOh là là ! Ne m'en parlez pas !JEAN-MICHEL APHATIEUn site Internet qui s'appelle « La salade lyonnaise ».GERARD COLLOMBOui.JEAN-MICHEL APHATIEEt qui a raconté l'histoire suivante. Stéphane BERN, qui a été missionné par le président de la République sur les monuments en péril, a fait un tweet pour féliciter Laurent WAUQUIEZ, qui dirige la région Rhône-Alpes. Et pourquoi aurait-il félicité Laurent WAUQUIEZ ? Parce que, a dit Stéphane BERN, il a sauvé un musée qui est important à Lyon parce qu'il raconte beaucoup de l'histoire économique de Lyon, le musée des Tissus de Lyon. Et alors ce que « La salade lyonnaise », le site Internet, raconte, c'est que du coup vous, ministre de l'Intérieur, vous avez demandé ce qu'il a fait d'ailleurs, ou ce qu'il aurait fait ; vous allez nous le confirmer à Stéphane BERN de passer vous voir dans votre bureau pour lui expliquer que Laurent WAUQUIEZ, il n'a finalement pas fait grand-chose dans cette histoire. C'est vrai que vous avez fait ça ?GERARD COLLOMBOui.JEAN-MICHEL APHATIEAh bon ?GERARD COLLOMBOui, parce que je m'occupe toujours de Lyon et que je pense que le projet de Laurent WAUQUIEZ est un mauvais projet.BRUCE TOUSSAINTAttendez ! Vous avez convoqué Stéphane BERN ?GERARD COLLOMBNon, non.JEAN-MICHEL APHATIEVous lui avez demandé gentiment de passer.GERARD COLLOMBStéphane BERN, je le connais depuis longtemps. Il se trouve que mon successeur avait eu des mots un peu durs sur Stéphane BERN et donc, je voulais le voir pour lui dire : « Non. Tu n'as pas compris ce qu'il souhaitait te dire en réalité, donc je vais t'expliquer pourquoi il a un projet qui est différent. » Je lui ai expliqué le projet et je lui ai dit : « Plutôt que d'avoir soixante mille visiteurs par an, on vous propose un projet où il y en aura neuf cent mille et où les soieries qui sont prestigieuses, qui sont dans ce musée, seront vues par tout le monde. » Vous savez, ce n'est pas parce que je suis ici que finalement ma vile ne m'intéresse plus. Si, elle m'intéresse encore, toujours comme m'intéresse toute la France.JEAN-MICHEL APHATIEStéphane BERN fera sans doute attention à ses prochains tweets.BRUCE TOUSSAINTMerci beaucoup, Gérard COLLOMB. Merci de nous avoir accueillis ici.Source : Service d'information du Gouvernement, le 20 octobre 2017
La source —
vie_publique · nº 203889
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