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3 octobre 2017 · Gouvernement · discours Discours

Interview de M. Gérard Collomb, ministre de l'intérieur, à France Inter le 3 octobre 2017, sur la découverte d'un engin explosif dans le 16e arrondissement de Paris, l'auteur de l'attentat de Marseille et sur la loi antiterroriste.

Gérard Collomb (auteur), Nicolas Demorand (intervenant)

NICOLAS DEMORANDL'invité de France Inter jusqu'à 09h est le ministre de l'Intérieur. Bonjour Gérard COLLOMB.GÉRARD COLLOMBBonjour.NICOLAS DEMORANDOn a appris au milieu de la nuit qu'un engin explosif a été découvert samedi matin dans le 16ème arrondissement de Paris, visiblement, on est passé à ça de quelque chose de très grave ?GERARD COLLOMBOui, bien sûr. Cela montre que le niveau de la menace en France est extrêmement important et que toutes celles et tous ceux qui pensaient que, finalement, les choses étaient terminées, et qu'il fallait desserrer finalement la capacité de nos services à aller de l'avant, à essayer de regarder, d'avoir des renseignements, eh bien, ils se trompaient, parce que, oui, nous sommes toujours en état de guerre, même si Daesh a connu des défaites militaires.NICOLAS DEMORANDSur cet événement précis de la nuit de samedi, cinq bombonnes de gaz, deux d'entre elles arrosées – quatre bombonnes de gaz, pardon – deux d'entre elles arrosées d'essence, on parle d'un jerrican de 20 litres. Le Point indique que plusieurs tentatives de mise à feu ont eu lieu, est-ce que vous pouvez le confirmer ce matin ?GERARD COLLOMBJe ne peux pas le confirmer, les services donc sont sur l'enquête, ce que je peux vous dire simplement, c'est que parmi les personnes qui ont été arrêtées, l'un était fiché au fichier FSPRT, ça veut dire donc radicalisé.NICOLAS DEMORANDDernière question sur cet événement dans la nuit de samedi à Paris, pourquoi cet immeuble, boulevard Exelmans, enfin, juste à côté, est-ce que vous avez une piste, une idée, un début de réponse ?GERARD COLLOMBJe ne sais pas, est-ce que faire sauter un immeuble dans un quartier chic de Paris, ce n'était pas aussi un signe que personne n'est en tranquillité, et que cela ne se passe pas simplement dans la banlieue, dans les quartiers un peu populaires, mais que cela peut se passer partout en France.NICOLAS DEMORANDComment c'est possible qu'un tel homme soit fiché et pas surveillé, Gérard COLLOMB ?GERARD COLLOMBAh, les personnes sont surveillées, lorsqu'on est fiché au fichier SPRT, on est surveillé, mais effectivement, on peut toujours passer par l'intermédiaire d'amis du réseau justement à l'acte, vous voyez ce qui est difficile aujourd'hui, c'est que vous surveillez quelqu'un, mais autour, il y a une nébuleuse, qui, elle, n'a pas jusqu'à présent émis, on va dire, de propos qui montrent la radicalisation, mais qui en fait sont radicalisés et prêts, effectivement à venir en aide à celui qui est déjà fiché au FSPRT.NICOLAS DEMORANDSur l'attentat de Marseille, comment est-il possible, en 2017, d'avoir autant d'identités différentes, à l'heure des fichiers de police, des bases de données, à l'heure de l'informatique, il a fallu que cet homme tue à Marseille deux personnes pour qu'on s'aperçoive de ce millefeuille de mensonges ?GERARD COLLOMBC'est évidemment la question que je me pose, et sur laquelle j'ai demandé une enquête. En fait, il y a une enquête sur les faits précis, comment a-t-il été possible que cette personne ne soit pas placée en centre de rétention, ça, c'est la première question. La deuxième question, à laquelle il faudra qu'on réponde, c'est de savoir comment effectivement on peut avoir sept identités différentes et donc ne pas, un moment donné, devoir donner des comptes à la police et à la justice. Donc sur ces deux points, je vais, avec mon administration, essayer d'apporter des réponses pour qu'un tel drame ne se reproduise plus, voyez, l'ancien maire de Lyon, c'est une victime lyonnaise, donc ça me touche d'autant plus.NICOLAS DEMORANDIl y a eu dysfonctionnement d'après vous, avant même cette enquête, si vous demandez à ce qu'il y ait enquête, c'est qu'il y a eu visiblement quelque chose qui s'est très mal passé, notamment, à la préfecture GERARD COLLOMBEh bien, en tout cas, si vous voulez, je ne vois pas comment une personne comme cela, avec, effectivement, sept identités, dont on avait perdu la trace pendant quelque temps, puisqu'il était parti de France, et il vivait en Italie, avec d'ailleurs des papiers italiens, c'est-à-dire qu'autant, il était en situation irrégulière en France, il était en situation régulière donc en Italie, et il venait avec un passeport depuis Carthage, qui était valable.NICOLAS DEMORANDC'est possible encore, aujourd'hui, ça, en 2017 GERARD COLLOMBMais, ça montre, si vous voulez qu'il faut NICOLAS DEMORANDIl faut resserrer la vis, là GERARD COLLOMBÇa montre qu'il faut en tout cas, entre les pays, échanger beaucoup, voyez, on a eu une grande discussion dans la loi que j'ai fait passer la semaine dernière, et qui va être adoptée de manière officielle aujourd'hui, sur ce qu'on appelle le PNR, c'est-à-dire la capacité à pouvoir contrôler l'extérieur de nos frontières et contrôler les voyages. Il y a beaucoup de gens qui s'élèvent contre ces possibilités, qui disent, effectivement, que c'est liberticide de pouvoir contrôler, eh bien, on s'aperçoit que c'est extrêmement utile, et que si on ne le fait pas, on aboutit à des attentats comme celui-là.NICOLAS DEMORANDEt on s'aperçoit aussi que l'Europe reste une passoire après tant d'attentats, Gérard COLLOMB.GERARD COLLOMBOui, bien sûr, parce qu'un certain nombre de pays aujourd'hui n'ont pas les systèmes que nous connaissons en France NICOLAS DEMORANDL'Italie ?GERARD COLLOMBLe niveau de surveillance, et donc on croit avoir finalement fait de l'Europe une Europe forte à ses frontières, mais qu'un certain nombre de pays, à l'intérieur, eh bien, n'ont pas cette organisation que nous pouvons avoir en France.NICOLAS DEMORANDVous confirmez, qu'importe les critiques, Gérard COLLOMB, que l'état d'urgence sera bien levé au 1er novembre prochain ?GERARD COLLOMBOui, il sera levé, mais en même temps, donc, nous allons faire passer la loi sur le renforcement de la sécurité intérieure, et la lutte contre le terrorisme. C'est une loi qui a été âprement débattue, parce qu'un certain nombre de gens disaient : mais il n'y a pas besoin de loi, il n'y a pas besoin de prendre des mesures pour maintenir dans un périmètre limité un certain nombre d'individus, il n'y a pas besoin de faire dessaisir et des visites pour regarder si les gens ne sont pas radicalisés, s'ils n'ont pas d‘armes sur eux, et on s'aperçoit combien c'était utile.NICOLAS DEMORANDGérard COLLOMB, une dernière question avant la revue de presse, et c'est une question qui s'adresse au ministre du maintien de l'ordre, est-ce que la police espagnole a eu la main trop dure pour empêcher le référendum, la tenue du référendum en Catalogne, on a pu voir les coups de matraque, les balles en caoutchouc, c'était trop ?GERARD COLLOMBMoi, je ne veux pas porter de jugement sur des pays étrangers, parce que vous voyez, on travaille en coopération entre les services espagnols et les services français, pour voir les conséquences de l'attentat de Barcelone, voir s'il y a effectivement des connexions avec la France. Donc je suis tenu à un certain devoir de réserve.NICOLAS DEMORANDMais sur le référendum en Catalogne, je vois que vous ne voulez pas répondre ?GERARD COLLOMBEh bien, écoutez, c'est aux Catalans et aux Espagnols de régler ce problème, vous savez, en France NICOLAS DEMORANDMais vous, en tant que spécialiste du maintien de l'ordre, Monsieur le Ministre de l'Intérieur !GERARD COLLOMBEn France, j'ai déjà beaucoup de problèmes, donc je ne vais pas m'occuper des problèmes des autres.NICOLAS DEMORANDDonc surtout, n'en parlons pas, c'est ça ? Il est 08h30, à tout de suite, après la revue de presse, on a pu voir votre sourire, Claude ASKOLOVITCHsource : Service d'information du Gouvernement, le 5 octobre 2017
La source — vie_publique · nº 203752
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/203752-interview-de-m-gerard-collomb-ministre-de-linterieur-france-inter?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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