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23 novembre 2016 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de M. Stéphane le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 23 novembre 2016, sur les primaires à droite, la probable candidature de François Hollande à la primaire de ga

Stéphane Le Foll (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINNotre invité est Stéphane LE FOLL, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture. Stéphane LE FOLL, bonjour.STÉPHANE LE FOLLBonjour.JEAN-JACQUES BOURDINLa primaire de la droite et du centre ; les débats semblent se crisper un peu entre François FILLON et Alain JUPPE. Ça vous paraît logique, non ? C'est logique ? Comment les regardez-vous d'ailleurs ces débats ?STÉPHANE LE FOLLC'est deux droites différentes qui sont en train de se diviser. Une droite plutôt chiraquienne, traditionnelle comme on l'a connue avec JUPPE ; JUPPE, c'est cette tradition de la droite qu'on connaît. Et puis, ça m'a frappé hier - et je connais bien François FILLON puisqu'il est de la Sarthe – une droite, lui-même le dit, radicale, une droite radicalisée. Ça, c'est un peu nouveau. C'est ça, le débat.JEAN-JACQUES BOURDINVous voteriez JUPPE si vous aviez à voter ?STÉPHANE LE FOLLOui, mais je n'ai pas à voter donc je ne vais pas m'immiscer.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que vous comprenez d'ailleurs que des électeurs de gauche aillent voter à la primaire de droite ?STÉPHANE LE FOLLC'est ce qui m'a frappé, et je l'ai parfaitement noté puisque je l'ai entendu. Je n'y croyais pas vraiment à ce mouvement de six cent mille électeurs de gauche qui ont été voter à la primaire de droite parce qu'ils avaient intégré ce qui était dit : c'est que le deuxième tour, ce serait Marine LE PEN-Nicolas SARKOZY et qu'il fallait éliminer Nicolas SARKOZY. Il y a donc des gens qui ont été voter. Ils ont été voter et JUPPE et aussi FILLON pour être sûr de ne pas avoir Nicolas SARKOZY.Si c'était la stratégie, maintenant on n'a pas Nicolas SARKOZY. Mais on a un débat à droite entre, je l'ai dit, une droite chiraquienne traditionnelle et une droite qui s'assume comme radicalisée. Ça, c'est la nouveauté et c'est quelque chose qui doit être regardé. Ce débat va avoir lieu jeudi ; il y aura dimanche le candidat de la droite. Laquelle ? On le saura dimanche.JEAN-JACQUES BOURDINStéphane LE FOLL, est-il vrai que François HOLLANDE est revigoré par le succès de François FILLON ?STÉPHANE LE FOLLCe qui est vrai, c'est ce que nous donne à voir la primaire plutôt, en contraste avec toutes les critiques qu'on a eues – toutes les critiques – qui ont été un débat à gauche pour savoir si on était assez à gauche. Avec la primaire de la droite, on voit qu'il y a une droite en France. Que l'alternative en cas d'alternance de droite, c'est un autre projet. Ça donne du relief à ce qui a été fait.JEAN-JACQUES BOURDINÇa, c'est évident. A droite, c'est autre projet, Stéphane LE FOLL.STÉPHANE LE FOLLOui. Mais il y en a qui pensaient que le seul débat qui existait, Jean-Jacques BOURDIN, c'était au sein de la gauche. C'était fallait-il être plus à gauche. On a entendu ça pendant quatre ans. Il y a un rappel avec une lumière qui dit : « la droite existe ».JEAN-JACQUES BOURDINJe vous pose une question : est-ce que François HOLLANDE est revigoré par le succès de François FILLON, qui était loin, loin des deux favoris de cette primaire il y a encore quelques semaines ?STÉPHANE LE FOLLFrançois HOLLANDE est d'abord président de la République. Il regarde tout ça avec l'idée toute simple que dans ce débat, il y a suffisamment de propositions du côté de François FILLON qui remettent en cause ce que sont ou ce qu'est la République telle qu'on la conçoit, en particulier sur les grandes questions de laïcité. Il y a des choses qui sont dites dans ce débat qui montrent que la laïcité et l'esprit républicain, les principes républicains, doivent être rappelés et il est là pour le faire. Est-ce qu'il est revigoré ? Il dit simplement qu'il est là pour avoir un débat, des thèmes de débat, il les constate et puis il n'y a pas à être revigoré ou pas : il y a à défendre ce qu'on a fait et ce que l'on pense être juste pour la France.JEAN-JACQUES BOURDINEst-il vrai que François HOLLANDE annoncera sa décision le 10 décembre ?STÉPHANE LE FOLLJ'ai vu ça hier. Je crois que c'est Didier GUILLAUME qui a annoncé ça.JEAN-JACQUES BOURDINOui.STÉPHANE LE FOLLOn dit souvent que je suis bien placé et que j'ai des contacts avec François HOLLANDE.JEAN-JACQUES BOURDINOui. Vous allez me dire : « Je n'en sais rien ».STÉPHANE LE FOLLCe n'est pas ça.JEAN-JACQUES BOURDINNon ? Parce que j'attendais ça.STÉPHANE LE FOLLJe ne pense pas que ce soit une date qui ait été évoquée. Si je vous le dis, Jean-Jacques BOURDIN, c'est que je m'appelle Stéphane LE FOLL, voilà.JEAN-JACQUES BOURDINC'est que ce n'est pas la bonne date.STÉPHANE LE FOLLOn dit souvent « le plus proche ».JEAN-JACQUES BOURDINCe n'est pas faux, ce n'est pas faux. Vous êtes l'un des plus proches de François HOLLANDE, ce n'est pas faux.STÉPHANE LE FOLLCe n'est pas faux mais ce n'est pas que ça non plus, vous êtes d'accord.JEAN-JACQUES BOURDINNon. D'accord mais quand même.STÉPHANE LE FOLLVoilà. Mais je le saurais, c'est ça que vous pouvez dire.JEAN-JACQUES BOURDINAvant le 15 décembre puisque c'est la date limite pour déposer sa candidature.STÉPHANE LE FOLLÇa, ç'a toujours été dit. C'est très clair.JEAN-JACQUES BOURDINSa candidature à la primaire de la gauche.STÉPHANE LE FOLLAbsolument.JEAN-JACQUES BOURDINIl sera candidat ; maintenant, plus personne n'en doute. Vous en doutez vous encore ou pas ?STÉPHANE LE FOLLMoi, je n'en doute pas. C'est lui qui le dira.JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous n'en doutez plus. Vous ne doutez plus de sa candidature.STÉPHANE LE FOLLJe n'en doute pas. En ai-je douté ?JEAN-JACQUES BOURDINNon, non. Là, vous ne doutez plus. C'est donc clair, il sera candidat. Quand ? Nous verrons.STÉPHANE LE FOLLVoilà. C'est lui qui décidera.JEAN-JACQUES BOURDINÇa, la date, c'est lui qui va décider. Ce n'est pas vous.STÉPHANE LE FOLLEt la date et la décision.JEAN-JACQUES BOURDINMais la décision, vous la connaissez : vous venez de me le dire.STÉPHANE LE FOLLVous me posez la question à moi, je vous réponds : « Je n'en ai pas ». C'est moi, c'est moi.JEAN-JACQUES BOURDINVous n'avez pas de doute, donc vous savez. Vous savez.STÉPHANE LE FOLLVous me connaissez.JEAN-JACQUES BOURDINOui, justement. Vous savez. Dites-moi, la Sarthe c'est le centre du monde maintenant.STÉPHANE LE FOLLC'est le centre du monde, oui.JEAN-JACQUES BOURDINC'est incroyable ! Incroyable !STÉPHANE LE FOLLQuel département ! Il faut que vous sachiez qu'en plus c'est non seulement un département mais c'est la Sarthe. En plus, c'est la quatrième circonscription de la Sarthe qui a eu LE THEULE, François FILLON bien sûr ministre, Premier ministre et maintenant probable candidat à la présidence de la République, et puis un ministre – c'est plus modeste – de l'Agriculture, de la forêt, de l'agroalimentaire et porte-parole du gouvernement. Le tout dans le même département et dans la même circonscription. Quel département ! Quelle circonscription !JEAN-JACQUES BOURDINEh bien dites-moi ! Stéphane LE FOLL, les Français même à droite et au centre n'ont plus voulu de Nicolas SARKOZY.STÉPHANE LE FOLLOui. Je vous vois arriver, Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINIls ne veulent plus de François HOLLANDE.STÉPHANE LE FOLLVoyez, ça s'appelle un syllogisme : c'est quand on fait un raisonnement qui raccourcit et qui donne la conclusion.JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous supposez que les Français veulent de François HOLLANDE.STÉPHANE LE FOLLNon, ce n'est pas comme ça. Ce n'est pas si simple. D'abord Nicolas SARKOZY a été président de la République, a perdu une présidentielle et a voulu revenir. C'est ça qui est le fond de la question ; après, il y a plein de choses qui ont joué. Mais je me disais, quand on perd une présidentielle et qu'on veut revenir, au fond les Français de manière assez générale considèrent que si on a perdu, c'est qu'il y avait des raisons et ils ne se déjugent pas cinq ans après.JEAN-JACQUES BOURDINOui.STÉPHANE LE FOLLVoilà, c'est ce que je pense. C'est un peu différent de ce que vous voulez dire. François HOLLANDE est président de la République là, aujourd'hui, je voudrais le rappeler. Il a depuis quatre ans et demi, cinq ans, fait face à des difficultés. On peut avoir des critiques et vous le savez ; je ne vais pas rentrer dans les détails. Ça, je suis capable de le comprendre. Mais en même temps, il y a eu une action qui a été conduite et il y a eu des principes qui ont été affirmés. Il y a eu des grandes valeurs qui ont été défendues. Voilà, c'est tout.JEAN-JACQUES BOURDINVous imaginez François HOLLANDE battu à la primaire de la gauche ?STÉPHANE LE FOLLOh moi je pense que...JEAN-JACQUES BOURDINUn président de la République battu, dans son propre parti, à la primaire de la gauche.STÉPHANE LE FOLLMais on ne va pas anticiper sur ce qui se passerait, je n'en sais rien et on verra au moment où il prendra sa décision.JEAN-JACQUES BOURDINOn verra pendant la campagne, oui.STÉPHANE LE FOLLPour répondre franchement, je ne l'imagine pas.JEAN-JACQUES BOURDINBattu.STÉPHANE LE FOLLVoilà.JEAN-JACQUES BOURDINA la primaire.STÉPHANE LE FOLLS'il se présentait.JEAN-JACQUES BOURDINIl se présentera.STÉPHANE LE FOLLS'il se présentait.JEAN-JACQUES BOURDINVous le savez très bien, vous le savez très bien. 4,2 millions votants à la primaire de la droite, vous espérez beaucoup de votants aussi à la primaire de la gauche, j'imagine.STÉPHANE LE FOLLJe pense, enfin, on va être très francs, parce que je dépense que ce débat...JEAN-JACQUES BOURDINEh bien oui.STÉPHANE LE FOLLIl y en aura moins.JEAN-JACQUES BOURDINIl y en aura moins ?STÉPHANE LE FOLLBien sûr, d'abord parce qu'on n'est pas dans l'opposition, je me souviens de ce qui fait que la volonté d'alternance fait aussi mobiliser tout un camp.JEAN-JACQUES BOURDINMais avec aussi des électeurs venus d'ailleurs, qui pourraient venir pour faire battre François HOLLANDE. Pardon, mais...STÉPHANE LE FOLLÇa c'est un sujet qui est apparu très clairement, là, à cette occasion, où des gens vont voter, signent la charte, en disant, « une fois que c'est signé, je... », avec des stratégies qui peuvent être des stratégies, oui, non pas de désigner un candidat...JEAN-JACQUES BOURDINMais d'en éliminer un.STÉPHANE LE FOLLD'en éliminer un. Ça c'est un sujet assez nouveau, parce que dans la primaire de la gauche, que j'ai connue, qui a fait 2,5 millions et 3 millions en tout parce qu'il y a eu 500 000 personnes du premier tour qui ne sont pas revenues au deuxième tour, et 500 000 du deuxième, donc, en gros, 3 millions de personnes, là c'est un vrai succès. Et d'ailleurs, pour ceux qui critiquent le système ou qui font profession politique de critiquer le système, le système quand il s'organise, eh bien il est à la fois démocratique et transparent. Je le dis pour Emmanuel MACRON en particulier.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, je vais en parler d'Emmanuel MACRON.STÉPHANE LE FOLLEn particulier.JEAN-JACQUES BOURDINOui, oui, oui, je vais en parler. C'est-à-dire que vous dites, eh bien parlons-en tout de suite...STÉPHANE LE FOLLEh bien allons-y !JEAN-JACQUES BOURDINVous dites ce matin à Emmanuel MACRON : « Tu dois te présenter à la primaire ».STÉPHANE LE FOLLJe lui dis que quand on se présente comme un candidat antisystème, qui critique, les partis politiques c'est fini, il ne reste plus que des personnalités. Eh bien des partis politiques, et on peut saluer l'organisation de la primaire de la droite, comme on l'avait fait en 2011 pour la primaire de la gauche, des partis politiques, des grands partis politiques, sont capables d'organiser des débats démocratiques qui mobilisent plus de 4 millions de personnes. Si...JEAN-JACQUES BOURDINOn ne peut pas passer à côté de ces débats.STÉPHANE LE FOLLOn ne peut pas dire : « Les partis sont morts, et le système soi-disant, serait mort. Et c'est moi qui incarne un renouveau à moi tout seuls ». Non, à soi tout seul, on n'incarne pas un renouveau. Voilà, c'est ça le message.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, tiens, puisque nous parlons d'Emmanuel MACRON, vous allez lire son livre ? « Révolution », hein, il ne peut pas parler de réforme, parce qu'il pense que c'est un mot un peu désuet, il parle de révolution. Alors, je vois...STÉPHANE LE FOLLAlors, quand on met ce mot-là, il faut qu'il y ait derrière la révolution.JEAN-JACQUES BOURDINRévolution démocratique, de l'école, technologique, écologique, formation professionnelle, domaine de la santé, pratique politique.STÉPHANE LE FOLLBon, alors, une fois qu'on dit : « Révolution pratique, technologique, de la santé, nin nin nin », qu'est-ce que ça veut dire ? La révolution...JEAN-JACQUES BOURDINIl n'y a rien derrière ?STÉPHANE LE FOLLJe ne sais pas, je n'ai pas regardé le livre, je n'ai pas lu le livre, je n'ai pas encore regardé les bonnes pages. Un, COP21, COP22, c'est pas une révolution, c'est une mutation qui est en cours. Il se trompe. Il y a ceux qui pensent qu'on change le réel en deux coups de cuillère à pot parce qu'on est tellement fort, que toute cette réalité...JEAN-JACQUES BOURDINIl est imbu de lui-même un peu ?STÉPHANE LE FOLLToute cette réalité, je vais vous dire ce que je pense au fond de moi. Au fond de moi, les changements ils se font avec méthode, sans brutalité, en faisant en sorte que ce qu'on a comme rêve, comme objectif, pour qu'ils se réalisent, c'est une organisation d'une mutation qu'il faut faire, c'est ma conviction profonde. Ceux qui parlent de rupture, François FILLON, de révolution, utilisent des mots qui consistent à dire « on va tout changer en un quinquennat », je dis « halte au mensonge ».JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais enfin, dites-moi, vous êtes un conservateur, d'après Emmanuel MACRON...STÉPHANE LE FOLLMoi... Bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINUn rêveur criminel, un puritain, un utopiste du passé !STÉPHANE LE FOLLUn puritain, oui.JEAN-JACQUES BOURDINIl n'a rien en commun avec vous. Mais rien rien rien ! Il veut vous écarter du jeu.STÉPHANE LE FOLLDonc si je prends à l'envers, il serait ni puritain, ni...JEAN-JACQUES BOURDINJe lis ce qu'il écrit ! Il veut faire tomber toutes les normes, tous les dogmes, voler... ces dogmes qui volent les statuts, qui empêchent l'épanouissement, l'émancipation même des individus, et ça dans tous les secteurs.STÉPHANE LE FOLLMais ça, je vais vous dire ce que c'est, c'est de la littérature.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce qu'il écrit.STÉPHANE LE FOLLBen oui, donc je vous dis, c'est de la littérature.JEAN-JACQUES BOURDINIl veut réconcilier les métropoles avec la France périphérique.STÉPHANE LE FOLLAh, mais ça c'est une grande nouveauté ! Les métropoles avec la France périphérique. On a construit des métropoles, la France périphérique je la connais bien, et moi je suis même de la France périphérique rurale. Je la connais, je sais, ce n'est pas...JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire que lui ne la connait pas, mais pourtant...STÉPHANE LE FOLLQu'est-ce qu'il veut faire ? Il veut révolutionner ?JEAN-JACQUES BOURDINIl veut révolutionner des quantités de choses.STÉPHANE LE FOLLAh ben oui.JEAN-JACQUES BOURDINNon mais ça c'est sûr, mais enfin bon.STÉPHANE LE FOLLLa révolution est en marche.JEAN-JACQUES BOURDINIl veut réconcilier les métropoles avec la France périphérique.STÉPHANE LE FOLLLa révolution est en marche.JEAN-JACQUES BOURDINVoilà ce qu'il décrit encore : « lorsqu'on dit que j'aurais du obéir au président comme une machine, renoncer à mes idées simplement parce qu'il m'avait nommé ministre, que dit-on que l'idée du bien public doit s'effacer devant celle du service rendu ? ».STÉPHANE LE FOLLQue dit-on ? Eh bien on dit des choses très simples. Dans la politique c'est comme dans la vie, on doit et on peut avoir des fidélités, on doit avoir des valeurs, et la loyauté ça fait partie des valeurs. Voilà ! C'est ça qu'on dit. C'est peut-être conservateur mais ceux qui oublient tout ça font peut-être une révolution, mais je sais où elle conduit, voilà, c'est l'idée que ça soit tout seul et que tout seul on peut...JEAN-JACQUES BOURDINMilieu modeste...STÉPHANE LE FOLLMilieu modeste, mais tout le monde est d'un milieu modeste.JEAN-JACQUES BOURDINMilieu modeste, mes grands-parents – il parle de ses grands-parents – enfin bon...STÉPHANE LE FOLLOui, qui fut institutrice, sa grand-mère je crois, c'est ça ?JEAN-JACQUES BOURDINOui, oui, oui.STÉPHANE LE FOLLOui, eh bien mon père était instituteur, secrétaire de mairie, donc voilà... et je n'en fais pas un élément de débat politique, et pourtant j'en suis fier, dans un village de 256 habitants. Je sais ce que c'était instituteur, classe unique, secrétaire de mairie, quand il y avait les paysans qui venaient plus tard quand la mairie était fermée frapper à la porte de la maison et qui rentraient quand on mangeait la soupe...JEAN-JACQUES BOURDINC'est un monsieur people ?STÉPHANE LE FOLLMoi je connais tout ça par coeur.JEAN-JACQUES BOURDINC'est un monsieur people ?STÉPHANE LE FOLLJe ne ferai pas de commentaire particulier sur le sujet, mais moi je veux bien parler de tout ça, moi je n'en fais pas un élément de débat public. Mais chacun a son histoire et son histoire vraie, moi ce que je veux c'est des gens sincères, qui ne racontent pas leur histoire pour se valoriser mais qui ont une histoire, parce qu'une histoire de vie c'est la vie et connaître la vie c'est être capable de parler aux autres.JEAN-JACQUES BOURDINIl y a un autre homme dont on ne parle pas, c'est Manuel VALLS, vous en avez parlé hier dans une interview à Libération, est-ce que vous pensez que Manuel VALLS cherche aujourd'hui à empêcher François HOLLANDE de se présenter à la Présidence de la République franchement ?STÉPHANE LE FOLLManuel VALLS est un Premier ministre et vous le savez pour lequel moi qui ait été ministre avec Jean-Marc AYRAULT, qui n'ait pas été dans ceux qui souhaitaient de changement de Premier ministre, mais qui a vu un Premier ministre qui était effectivement efficace, engagé et toujours très déterminé, je sais que Manuel VALLS a ces qualités-là et il a des qualités. Je l'ai dit, je l'assume et je le respecte, qu'il puisse se préparer en se disant : « moi, s'il faut, je serai là et je peux être candidat », je trouve ça respectable, je ne dis rien là-dessus, j'ai simplement dit après : « on respecte le calendrier du président de la République et on se donne les moyens effectivement d'être en capacité tous de défendre la République et les valeurs que nous avons défendues jusqu'ici » ; et on le voit aujourd'hui...JEAN-JACQUES BOURDINDonc, il doit aujourd'hui défendre le bilan du gouvernement...STÉPHANE LE FOLLIl le fait, il le fait.JEAN-JACQUES BOURDINEt il doit se ranger derrière la candidature de François HOLLANDE ?STÉPHANE LE FOLLVous voyez comment vous avez traduit les choses, je vous ai dit que moi je respectais...JEAN-JACQUES BOURDINEh bien c'est ce que vous dites !STÉPHANE LE FOLLNon, je disais que je respectais le fait que Manuel VALLS considère qu'il a aussi des capacités et que, s'il devait relever ce défi, il pourrait le relever, j'en ai parfaitement conscience et j'ai dit que je respectais ça. En même temps il y a un président de la République et c'est lui qui a été élu en 2012, voilà, c'est tout...JEAN-JACQUES BOURDINDonc, c'est lui qui décide ?STÉPHANE LE FOLLEt c'est lui décidera...JEAN-JACQUES BOURDINLes choses sont claires.STÉPHANE LE FOLLC'est lui qui décidera.JEAN-JACQUES BOURDINOui.STÉPHANE LE FOLLSelon Didier GUILLAUME le 10 décembre.JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, ce n'est pas Didier GUILLAUME, moi je ne connais pas...STÉPHANE LE FOLLOui, oui, je plaisante.JEAN-JACQUES BOURDINVous plaisantez, ça ne sera pas le 10 décembre donc la candidature. La condition animale, est-ce que vous avez vu ce manifeste publié par 26 ONG - il y a la SPA, il y a 30 Millions d'amis, il y a la Fondation Bardot, etc., etc. – qui demandent vraiment beaucoup de choses, vraiment beaucoup de choses à tous les candidats à l'élection présidentielle : interdiction des cages, interdiction de la castration à vif, de l'écornage, du gavage ; elles demandent de rendre systématique l'étourdissement avant toute mise à mort, abolition des corridas, des combats de coqs, des animaux sauvages et domestiques dans les cirques, etc., etc., création d'un secrétariat d'Etat à la condition animale...STÉPHANE LE FOLLDonc vous voyez tout ça c'est toujours le même principe, il y a une société humaine elle a une histoire, elle a des choses qui se sont passées, il y a des valeurs, il y a des dogmes religieux, ce n'est pas nous aujourd'hui qui pouvons juger de ce qui s'est passé il y a 2.000 ans, il y a des choses qui se sont faites. L'histoire de l'humanité, elle ne se prend pas par tranche et on dit : « dans la tranche dans laquelle nous sommes, voilà ce qu'on va faire, et puis on va éliminer tout ce qui s'est passé » ; 2) le bien-être animal est un enjeu, est un enjeu, nos sociétés aujourd'hui le demandent et j'ai dès 2014 sur ce sujet engagé un plan global, donc on doit faire des progrès dans ce domaine - et il y en a besoin – je ne vais pas revenir sur les images, je n'ai pas attendu L214 pour le faire. Mais par contre derrière L214, il y a une autre société, est-ce qu'on considère que manger de la viande et tuer des animaux c'est pour le XXIème siècle on doit le garder ou on doit s'en passer ? Je voyais ce matin...JEAN-JACQUES BOURDINOn doit le garder ?STÉPHANE LE FOLLMais bien sûr. Est-ce que vous savez que les animaux domestiques n'existent – l'élevage n'existe que parce que les hommes ont conçu l'élevage pour pouvoir éviter de chasser et de courir après les animaux. C'est ça qui s'est passé dans l'Histoire. Ils étaient carnivores, chasseurs comme d'autres carnivores, et ils se sont organisés différemment. L'élevage est né ; je pense qu'il est même né un tout petit peu avant l'agriculture en tant que telle. Le pastoralisme a existé avant l'agriculture. On a donc là un sujet majeur et si on ne mangeait plus de viande, il n'y aurait plus aucun animal domestique. C'est une disparition totale. Je voyais ceux qui font sur des cellules souches du steak avec des cellules. Très bien, il n'y a plus de vaches, il n'y a plus de prairies. C'est donc un choix. Moi, j'assume le fait aujourd'hui qu'on ait de l'élevage. C'est une vieille histoire et de la polyculture d'élevage en particulier.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai une dernière question que je pose au porte-parole du gouvernement. Est-ce que l'évacuation de Notre-Dame-des-Landes sera engagée avant la fin de l'année ?STÉPHANE LE FOLLNotre-Dame-des-Landes, j'ai bien connu.JEAN-JACQUES BOURDINOui. Bien connu que vous traînez depuis des mois et des mois.STÉPHANE LE FOLLOui, des mois et des mois. Sujet de tension, de cristallisation qui fait que des gens se mettent dans des ZAD, vont jusqu'à la violence absolue pour refuser un aéroport. J'espère que dans tous ceux qui ont manifesté, il n'y en a pas un qui prend l'avion. Alors qu'on a besoin de temps en temps de se dire : « Est-ce que l'aéroport qui est juste à côté de la ville de Nantes est bien plac ? » Non.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que la zone à défendre sera à évacuer ?STÉPHANE LE FOLLEcoutez, les principes c'est que les règles s'appliqueront. Ç'a été dit par Manuel VALLS.JEAN-JACQUES BOURDINDonc évacuée avant la fin de l'année.STÉPHANE LE FOLLLe Premier ministre s'est exprimé sur ce sujet. Il y a des principes et des règles de droit qui s'appliquent. C'est le respect.JEAN-JACQUES BOURDINDonc évacuation avant la fin de l'année ; c'est ce qu'avait dit le Premier ministre.STÉPHANE LE FOLLMais pourquoi vous me posez la question si le Premier ministre l'a dit ?JEAN-JACQUES BOURDINVous confirmez ?STÉPHANE LE FOLLMais bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Stéphane LE FOLL.STÉPHANE LE FOLLMerci Jean-Jacques BOURDIN.Source : Service d'information du Gouvernement, le 25 novembre 2016
La source — vie_publique · nº 201263
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/201263-interview-de-m-stephane-le-foll-ministre-de-lagriculture-de-lagroal?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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