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· Clôturée
Roland Muzeau (auteur)
M. Roland Muzeau. Ma question s'adresse à M. le ministre de l'économie, des finances et de
l'industrie.
Monsieur le ministre, la vigueur du débat sur la répartition des fruits de la croissance se fonde
sur une réalité chiffrée : les profits réalisés par les quatre-vingts plus grandes sociétés non
financières s'élèveraient à près de 500 milliards de francs durant l'année 2000. Les revenus
spéculatifs se chiffrent par centaines de milliards de francs. Par ailleurs, sur un an, les salaires
n'ont progressé que de 1,9 % et les prix, eux, ont crû de 2,1 %. Tous les sondages l'attestent,
nos concitoyens exigent une augmentation des salaires. Notre pays et la gauche plurielle au
pouvoir ne peuvent laisser perdurer une augmentation des inégalités qui est bien réelle.
Or nous avons appris ce matin que le Gouvernement avait opté pour un système de crédit
d'impôt, appelé « prime pour l'emploi ». Je tiens à le dire clairement, nous désapprouvons cette
solution (Exclamations sur les travées du RPR, des Républicains et Indépendants et de l'Union
centriste), qui fait suite à la décision inacceptable d'un Conseil constitutionnel se comportant
de plus en plus comme le dernier rempart face au changement voulu par notre peuple !
(Protestations sur les mêmes travées.)
M. Jean Chérioux. On ne peut pas laisser dire cela !
M. Roland Muzeau. Cette mesure - qui n'a pas d'effet immédiat puisqu'elle ne sera applicable
qu'au mois de septembre - dédouane les entreprises de leur responsabilité essentielle dans la
politique salariale du pays.
M. Guy Fischer. Eh oui !
M. Roland Muzeau. Cette mesure, soutenue bec et ongles par la droite et le patronat, est
libérale par essence, puisqu'elle tend - qui peut le contester ? - à limiter, voire à réduire les
salaires.
M. Henri de Raincourt. Ah !
M. Roland Muzeau. Cette mesure est, par là même, contraire à une politique de croissance
durable.
Est-il vrai, monsieur le ministre, que l'augmentation du SMIC aurait été recalée au nom d'un
risque d'inflation revendicative ? Nous l'affirmons fortement, la gauche n'a rien à craindre de la
montée des exigences sociales. Bien au contraire, c'est la garantie de ses succès futurs !
(Sourires sur les travées du RPR, des Républicains et indépendants et de l'Union centriste.)
Ma question, monsieur le ministre, est la suivante : entendez-vous favoriser une augmentation
des salaires prise en charge par les entreprises ? Quand allez-vous appuyer une augmentation
du SMIC d'au moins 3,2 % ? Quelles mesures d'augmentation des minima sociaux
envisagez-vous - je pense aux retraites également - avant la grande manifestation unitaire du 25
janvier ?
Enfin, que répondez-vous à notre proposition de revoir la CSG, en l'allégeant pour les bas
salaires et en la renforçant pour les revenus du capital, par le biais d'un collectif budgétaire ?
(Applaudissements sur les travées du groupe communiste républicain et citoyen.)
La source —
senat_questions · nº 1010058:10245eb4383:-1c3a
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