Interview de Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes à BFM Télé le 21 novembre 2014, sur la lutte contre la toxicomanie et les addictions.
Marisol Touraine (auteur)
JEAN-JACQUES BOURDINMarisol TOURAINE, ministre de la Santé, est avec nous ce matin, bonjour.MARISOL TOURAINEBonjour.JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. On ne va pas commencer avec la santé, on va commencer avec la une de VOICI, qui nous montre
MARISOL TOURAINEAh !JEAN-JACQUES BOURDINMais oui Marisol TOURAINE, parce que c'est l'actualité, qui nous montre le président de la République et Julie GAYET dans l'enceinte même de l'Elysée. Je vous pose une question toute simple : est-ce que le président de la République doit clarifier sa situation personnelle ?MARISOL TOURAINEJe ne sais pas comment vit le président de la République et c'est à lui de prendre cette décision, voilà. Moi je n'ai pas de commentaire à faire sur la vie privée du président de la République, franchement
JEAN-JACQUES BOURDINJe ne veux pas faire de commentaire, je ne veux pas qu'on fasse de commentaire sur la photo en elle-même
MARISOL TOURAINENon mais je comprends bien
JEAN-JACQUES BOURDINMais je vous demande généralement s'il doit clarifier sa situation personnelle ?MARISOL TOURAINEC'est à lui de décider s'il veut indiquer ce qu'est sa vie privée aujourd'hui, je ne connais pas le contenu de sa vie privée
JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'il
est-ce que ça serait bien
je me mets à la place des Français, est-ce que ce serait bien que les Français sachent quelle est sa vie personnelle.MARISOL TOURAINEEncore une fois, c'est une décision qui relève de lui, et donc
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais d'accord, non mais d'accord Marisol TOURAINE
MARISOL TOURAINEEcoutez ! Je comprends
les images de VOICI montrent qu'on a envie de savoir, et moi je regrette je le dis franchement ce principe des
JEAN-JACQUES BOURDINQu'est-ce que vous regrettez ?MARISOL TOURAINELes photos volées, des photos qui sont publiées à la une des journaux et qui viennent empiéter sur la vie du président de la République
JEAN-JACQUES BOURDINMais si le président de la République nous parlait franchement de sa vie personnelle, il n'y aurait plus besoin de photos volées.MARISOL TOURAINEMais si le président de la République souhaite le faire, il le fera.JEAN-JACQUES BOURDINVous pensez que ça serait bon pour lui qu'il le fasse ?MARISOL TOURAINEC'est à lui de décider
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais
MARISOL TOURAINENon, je ne suis pas là pour dire au président de la République
JEAN-JACQUES BOURDINNon, Marisol TOURAINE, Marisol TOURAINE, dites franchement
MARISOL TOURAINE« Parlez de votre vie privée ou pas ».JEAN-JACQUES BOURDINDites franchement ce que vous pensez, parce que je sais que vous ne pensez pas ça.MARISOL TOURAINESi le président de la République veut dire ce qu'est sa vie privée, moi je ne sais pas ce qu'est sa vie privée
JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que ce serait bon pour lui, est-ce que ce serait bien pour lui ?MARISOL TOURAINEJe ne sais pas ce qui en est de ces photos.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que ce serait bien pour lui
alors je vais élargir la question, est-ce que ce serait bien
MARISOL TOURAINEVous savez
JEAN-JACQUES BOURDINMarisol TOURAINE, est-ce que ce serait bien pour lui sur le plan
et pour les Français qu'on sache ?MARISOL TOURAINEMoi je ne sais pas s'il faut savoir ou pas savoir, je souhaite au président de la République d'être heureux évidemment
JEAN-JACQUES BOURDINÇa évidemment.MARISOL TOURAINEEt franchement, je crois que les Français aujourd'hui n'ont pas forcément envie, passé le moment de curiosité, on va voir un journal, on a envie de savoir. Au fond les Français, ils veulent qu'on se concentre sur le travail qu'on fait pour eux
JEAN-JACQUES BOURDINMais ça, on est bien d'accord.MARISOL TOURAINEEt donc parlons de cela Jean-Jacques BOURDIN, parce que
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais on va en parler Marisol TOURAINE, on va en parler, mais on parlerait moins de la vie privée du président de la République si on la connaissait mieux, non ?MARISOL TOURAINEEcoutez ! C'est à lui de décider s'il veut qu'on la connaisse ou pas, franchement.JEAN-JACQUES BOURDINIl est quand même président de la République.MARISOL TOURAINEOui, il est président de la République
JEAN-JACQUES BOURDINC'est ni vous ni moi.MARISOL TOURAINEOui mais vous voyez bien que le paradoxe
JEAN-JACQUES BOURDINOui, je vois quoi ?MARISOL TOURAINEC'est que nous parlons de quelque chose que nous ne savons pas. Donc pourquoi voulez-vous que je dise qu'il faut que le président de la République officialise une relation
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais parce que je sais que vous pensez qu'il devrait
je sais que vous pensez Marisol TOURAINE
MARISOL TOURAINEEcoutez ! Nous ne savons pas ce qu'est sa vie privée.JEAN-JACQUES BOURDINBon ! Je ne vais pas aller plus loin mais soyons clairs, il faut assumer, il faut assumer, je vous le dis, il faut assumer.MARISOL TOURAINESi le président
je ne connais pas la vie privée du président de la République
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais d'accord, d'accord mais
MARISOL TOURAINEDonc je ne vais pas dire
JEAN-JACQUES BOURDINMarisol TOURAINE, ça serait bien qu'il nous dise la vérité.MARISOL TOURAINEMais c'est quoi, il ne va pas arriver à la télévision pour dire
JEAN-JACQUES BOURDINPas arriver à la télévision, vous savez par un communiqué, il a malheureusement une habitude.MARISOL TOURAINEMais qu'est-ce que vous savez de sa vie privée, c'est ça la question
JEAN-JACQUES BOURDINJustement, on aimerait bien en savoir peut-être un peu plus
MARISOL TOURAINEEt donc dire
JEAN-JACQUES BOURDINÇa serait simple
MARISOL TOURAINEArriver
vous savez, contrairement à ce qu'il y a
JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai une relation, voilà.MARISOL TOURAINEOu dire le contraire !JEAN-JACQUES BOURDINBon. Alors la lutte contre la drogue Marisol TOURAINE, les deux rapporteurs du Comité d'évaluation et de contrôle des politiques publiques, deux députés, l'une est députée socialiste de l'Hérault ; et l'autre est député UMP de Corse du Sud, Ajaccio, le maire d'Ajaccio, ils proposent de transformer le délit d'usage de cannabis en simple contravention
enfin simple, contravention niveau 3, c'est-à-dire 450 maximum d'amende. Ça veut dire quoi, ça veut dire que celui qui dans la rue est arrêté par la police, parce qu'il consomme un joint, ne risquerait pas la prison. Vous, vous êtes favorable ou pas ?MARISOL TOURAINEJe ne suis pas favorable à ce qu'on mette ce débat sur la table aujourd'hui. Moi je crois que nous avons besoin de stabilité, de cohérence et je suis engagée dans un projet de loi sur la santé qui fait de la prévention une de ses orientations fortes. Je veux lutter contre le tabagisme, je veux lutter contre l'alcoolisation des jeunes par exemple, je lutte contre toutes les addictions. Et parmi ces addictions, il y a l'addiction des jeunes et des moins jeunes d'ailleurs au cannabis. Et donc il ne me semble pas judicieux comme message à envoyer, comme signal à envoyer de dire « au fond le cannabis, ça n'est pas si grave que cela, ça n'est pas si sérieux que cela »
JEAN-JACQUES BOURDINMais vous savez que ça occupe
MARISOL TOURAINEMoi, je lutte contre toutes les addictions et comme ministre en charge de la Santé, je reste ferme
JEAN-JACQUES BOURDINVous dites non donc
MARISOL TOURAINEJe le dis, le cannabis a un impact sur la santé, peut-être moins important
évidemment moins important que d'autres drogues, des drogues dures, il n'y a pas de doute sur la question, mais je ne crois pas qu'il faille banaliser la consommation de cannabis.JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous dites non à la transformation du délit, l'usage de cannabis, vous dites non, pas une simple amende, vous dites non ?MARISOL TOURAINEFranchement, le débat aujourd'hui n'est pas à envoyer des messages
JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous dites non !MARISOL TOURAINEDe tolérance.JEAN-JACQUES BOURDINVous dites non !MARISOL TOURAINEJe dis maintenons le droit tel qu'il est, faisons en sorte
JEAN-JACQUES BOURDINNe changeons rien.MARISOL TOURAINEFaisons en sorte que les jeunes
JEAN-JACQUES BOURDINUn an de prison
MARISOL TOURAINEOui mais ça n'est pas appliqué, donc faisons en sorte
JEAN-JACQUES BOURDINMais alors c'est incroyable, c'est-à-dire que vous avez une loi que vous défendez mais qui n'est pas appliquée
MARISOL TOURAINESauf qu'elle est
JEAN-JACQUES BOURDINPardon Marisol TOURAINE.MARISOL TOURAINENon, elle est appliquée dans des cas extrêmes et ça marque un cadre
JEAN-JACQUES BOURDINOui, et ça occupe 18 % du travail ou 15 % du travail des policiers et gendarmes ?MARISOL TOURAINENon, non, franchement
JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que disent les deux rapporteurs.MARISOL TOURAINEOui, enfin franchement, et vous dites quoi ? Vous dites : sous prétexte qu'il y a des gendarmes qui se préoccupent d'empêcher que des gens prennent du cannabis, il faut laisser filer, il faudra autant de gendarmes pour une amende que pour autre chose. Franchement avec ce type de raisonnement Jean-Jacques BOURDIN, dire qu'il y a des gendarmes qui sont occupés, à ce moment-là on dirait « on va laisser les gens boire autant qu'ils veulent avant de monter dans une voiture, parce que ça occupe des gendarmes pour s'assurer qu'ils ne prennent pas la route » ; ou on va dépénaliser les cambriolages parce que ça occupe des gendarmes pour
JEAN-JACQUES BOURDINAlors j'ai vu que la députée socialiste, coauteur du rapport, propose
va plus loin, la légalisation de l'usage du cannabis pour un usage privé, elle va beaucoup plus loin.MARISOL TOURAINEOui mais ça, je suis totalement opposée à cela, je le redis, moi je suis opposée à ce qui vient banaliser les addictions, parce qu'il y a des gens qui fument une cigarette de temps en temps, il y a des gens qui après ne peuvent plus s'en passer et c'est mauvais pour la santé.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que l'ouverture de salles de shoot, ça banalise la consommation ?MARISOL TOURAINENon, ça ne banalise pas, ça guérit, ça essaie de guérir, soyons plus prudent, ça essaie de guérir. C'est quoi les salles à consommation réduites ou encadrées ? Ce sont des gens qui sont très éloignés du système de santé, qui sont parfois d'ailleurs livrés à eux-mêmes, qui consomment de la drogue n'importe où, y compris dans les parcs publics, je l'ai dit, on a retrouvé des seringues dans des bacs à sable. Ce n'est quand même extrêmement satisfaisant d'imaginer que des enfants vont aller jouer dans des bacs à sable, au risque de tomber sur des seringues peut-être contaminées. Il s'agit donc d'accompagner ces personnes pour progressivement essayer de les amener à se soigner, et en tout cas à ne pas mettre en danger leur vie. C'est une logique de soins.JEAN-JACQUES BOURDINPremière salle de shoot quand, première expérimentation où et quand ?MARISOL TOURAINELa ville de Paris a indiqué qu'elle était favorable à ce que
JEAN-JACQUES BOURDINOui, favorable c'est une chose mais quand et où ?MARISOL TOURAINEIl faut que la loi soit votée, donc la loi de santé
JEAN-JACQUES BOURDINElle sera votée quand ?MARISOL TOURAINEElle sera votée au premier semestre de l'année prochaine, il faut le temps d'aller à l'Assemblée et au Sénat. Et à partir de là, à partir du moment où la loi sera votée, les villes qui souhaitent réaliser ces expérimentations
JEAN-JACQUES BOURDINIl y en a plusieurs, il y en a plusieurs qui souhaitent
MARISOL TOURAINEEn tout cas aujourd'hui, la ville de Paris a fait part depuis longtemps
JEAN-JACQUES BOURDINC'est la seule ?MARISOL TOURAINEPour le moment Paris
JEAN-JACQUES BOURDINOn dit Bordeaux aussi.MARISOL TOURAINED'autres villes ont indiqué leur intérêt pour ce type de démarche, mais je n'ai pas
JEAN-JACQUES BOURDINBordeaux, Alain JUPPE a indiqué son intérêt ?MARISOL TOURAINEJe n'ai pas de demandes formelles aujourd'hui, lorsque la loi sera votée, nous verrons bien s'il y a d'autres villes qui se portent candidates.JEAN-JACQUES BOURDINBien. Les 35 h 00 Marisol TOURAINE, vous avez vu les déclarations d'Emmanuel MACRON
MARISOL TOURAINEOui, oui.JEAN-JACQUES BOURDINNouvelle déclaration, décidément il a vraiment envie de rendre ces 35 h 00 un peu plus souples et un peu plus flexibles le ministre MACRON
MARISOL TOURAINEOui mais aujourd'hui, aujourd'hui les 35 h 00 c'est une référence, c'est quoi ? 35 h 00 ça veut dire que si vous travaillez plus que 35 h 00, vous allez avoir des heures supplémentaires. Donc c'est quand même utile d'avoir
JEAN-JACQUES BOURDINFiscaliser.MARISOL TOURAINEDes références, parce que sinon s'il n'y a plus de références, au fond quelle que soit la quantité de travail que vous faites, vous êtes payé la même chose. Mais vous savez pour beaucoup de Français, l'objectif ce serait de pouvoir travailler 35 h 00, parce qu'un jeune, un moins jeune aussi mais souvent les jeunes, on ne leur propose même pas de contrat à 35 h 00, on leur propose des contrats à 20 h 00
JEAN-JACQUES BOURDINJe ne les mets pas
MARISOL TOURAINE24 h 00, et donc au fond ils ont envie de ça. Ce que je dis, c'est que j'entends beaucoup les entreprises demander plus de souplesse, plus de flexibilité
JEAN-JACQUES BOURDINOui, oui.MARISOL TOURAINEPlus de capacité à aménager les choses, j'entends cela et moi je ne suis pas contre la souplesse, mais je voudrais bien entendre les entreprises aussi s'engager pour de la sécurité, 35 h 00 comme contrat pour leurs salariés, apporter des garanties à leurs salariés. Alors moi je crois au dialogue social, les possibilités d'aménager elles existent
JEAN-JACQUES BOURDINJe ne les mets pas sur un piédestal, dit Emmanuel MACRON, vous non plus ?MARISOL TOURAINEIl n'y a pas de piédestal pour une durée du travail, mais franchement pensons à tous ceux qui ont envie de travailler 35 h 00.JEAN-JACQUES BOURDINVous comprenez ce qu'il a dit ou
MARISOL TOURAINEIl dit qu'il faut
JEAN-JACQUES BOURDINVous partagez ?MARISOL TOURAINEIl faut plus de souplesse, fort bien mais moi je dis : soyons aussi attentif à ce qu'il y ait plus de sécurité et de garanties apportées aux salariés.JEAN-JACQUES BOURDINBon, c'est-à-dire que vous ne partagez que moyennement ses propos.MARISOL TOURAINEOccupons-nous aussi des salariés et voyons que tous ces salariés qui veulent travailler 35 h 00 et qui n'arrivent pas à travailler 35 h 00, qui gagnent 700, 800, 900 par mois, pour eux les 35 h 00 c'est un au fond un horizon qu'ils n'arrivent pas à atteindre et aidons-les à l'atteindre.JEAN-JACQUES BOURDINLe travail le dimanche, là aussi Emmanuel MACRON veut assouplir les choses, projet de loi pour l'activité dans quelques jours, en décembre. Alors pour les entreprises de moins de 20 salariés, on parle de contreparties très allégées, c'est-à-dire qu'on n'imposerait pas de payer double en quelque sorte.MARISOL TOURAINETravailler le dimanche ou permettre qu'il y ait plus de souplesse là encore pour travailler le dimanche, moi je trouve que c'est une bonne chose parce qu'il y a des secteurs géographiques pas partout, soyons honnête mais il y a des secteurs géographiques
JEAN-JACQUES BOURDINQui en ont besoin.MARISOL TOURAINEOù des touristes pourraient acheter et pas seulement des touristes d'ailleurs, ce serait une bonne chose pour notre économie et pour les salariés. Mais pour moi le travail du dimanche, ça a deux contreparties : le volontariat, on ne doit pas imposer à quelqu'un de travailler le dimanche ; et
JEAN-JACQUES BOURDINCe sera dans la loi le volontariat !MARISOL TOURAINEIl faut que ce soit volontaire
JEAN-JACQUES BOURDINÇa l'est déjà ailleurs.MARISOL TOURAINEParce que
oui, éviter les pressions, que quelqu'un puisse dire clairement « j'ai une vie de famille » ou « j'ai d'autres choses à faire et je ne veux pas travailler le dimanche » ; et une rémunération qui est améliorée, parce qu'on ne peut pas
JEAN-JACQUES BOURDINAméliorée ça veut dire quoi ?MARISOL TOURAINEÇa veut dire aujourd'hui
JEAN-JACQUES BOURDINDouble ?MARISOL TOURAINESi possible double, en tout cas là moi je ne sais pas quel est l'état exactement des discussions qui sont en cours dans les entreprises. Mais on ne peut pas imaginer qu'un salarié travaille le dimanche au même prix qu'un jour de semaine, pour moi cest quelque chose qui n'est pas possible.JEAN-JACQUES BOURDINMême pour les TPE, les toute petites entreprises ?MARISOL TOURAINEJe ne suis pas favorable à ce qu'on fasse des différences entre les entreprises.JEAN-JACQUES BOURDINQuelle que soit la taille ?MARISOL TOURAINEOn peut peut-être avoir des règles à la marge différentes, mais un salarié
Moi je me place du point de vue du salarié
JEAN-JACQUES BOURDINDonc si jamais dans le projet de loi, vous serez contre
MARISOL TOURAINEOn verra, on verra, il y aura un arbitrage
JEAN-JACQUES BOURDINOn verra, on verra.MARISOL TOURAINEEt je serai solidaire de la position du gouvernement. Vous savez, il y a des principes simples dans la vie d'un ministre, on est solidaire d'un gouvernement, mais on peut dire qu'il faut être attentif aux besoins des salariés. Et si on veut que les salariés travaillent le dimanche sur une base volontaire, il faut les rémunérer.JEAN-JACQUES BOURDINMarisol TOURAINE, LECLERC trouve une solution pour vendre des médicaments dans ses galeries commerciales, attirer les pharmaciens, comment
loyer modéré offert pour pouvoir casser les prix, c'est de la concurrence déloyale ou pas ça ?MARISOL TOURAINEJe ne sais pas quel est le projet exactement qu'il a, je n'en ai pas discuté avec lui. En tout cas, les médicaments seront vendus dans les pharmacies et uniquement dans les pharmacies. Si LECLERC investit à des
soutient quelques pharmacies, on verra bien. Il y a aujourd'hui d'ailleurs des pharmacies qui existent déjà dans des galeries commerciales, ça n'est pas une nouveauté
JEAN-JACQUES BOURDINOui, c'est vrai, ce n'est pas nouveau.MARISOL TOURAINEÇa n'est pas une nouveauté. Et je vous rappelle qu'on ne peut pas avoir des groupes financiers qui investissent dans plusieurs pharmacies, dans des réseaux de pharmacies, donc la loi me semble assez limitative, elle encadre la situation. Et je le répète, les médicaments ne sont pas des produits comme les autres, ce ne sont pas des produits de consommation
JEAN-JACQUES BOURDINDonc ils ne seront pas vendus en pharmacie.MARISOL TOURAINEIls ne seront pas vendus en pharmacie
si, ils seront vendus en pharmacie.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que les pharmaciens vont pouvoir
MARISOL TOURAINEIls ne seront pas vendus en grande surface.JEAN-JACQUES BOURDINEn grande surface, pardon. Est-ce que les pharmaciens vont pouvoir vacciner ?MARISOL TOURAINEJe le souhaite à certaines conditions d'ailleurs, parce qu'au fond quel est le sujet, j'entends beaucoup parler
il ne s'agit pas de dire que le travail des médecins est remis en cause, il s'agit de constater que dans notre pays, on se vaccine un peu moins qu'avant. Si on prend le vaccin contre la grippe qui est d'actualité en ce moment, et j'invite notamment les personnes de plus de 65 ans à aller se faire vacciner, il y a quelques années, 4-5 ans on avait 65 % des plus de 65 ans qui étaient vaccinés, aujourd'hui c'est à peine plus de 50 %. Et donc nous devons trouver des moyens complémentaires par rapport au médecin pour amener les Français à se faire vacciner. Les médecins sont débordés par ailleurs, donc il ne s'agit pas de dire « les médecins vont perdre leur coeur de métier », il y a le métier de pharmacien, il y a le métier de médecin. Et le médecin sera tenu informé des vaccinations qui seront attribuées à ses patients. Mais seuls les pharmaciens volontaires qui seront formés, qui feront des rappels
JEAN-JACQUES BOURDINPourront vacciner.MARISOL TOURAINEDes rappels, pas la première injection et pas les enfants, voilà ce qui est proposé dans ce projet de loi. Il s'agit de faire en sorte qu'on attende moins longtemps pour avoir un rendez-vous chez le médecin, que le médecin puisse se concentrer sur ses patients, et puis faire en sorte que ceux qui aujourd'hui ne vont pas chez le médecin, c'est surtout ça, qui ne vont pas chez le médecin pour se faire vacciner, se disent en passant devant une pharmacie : « je pourrai faire mon rappel », entrer dans une pharmacie et le faire.JEAN-JACQUES BOURDINLes médecins qui sont en colère, vous avez vu, appellent à la grève entre le 24 et le 31 décembre. Pourquoi ? Parce qu'ils ne veulent pas du tiers payant. Vous maintenez, il sera bien généralisé ce tiers payant ?MARISOL TOURAINEIl y a des syndicats de médecins qui ont exprimé des réserves par rapport à la loi que je porte, mais je voudrais quand même rappeler
JEAN-JACQUES BOURDINBeaucoup même !MARISOL TOURAINECe qu'est cette loi, parce que les objectifs de la loi ne sont, et c'est heureux, pas discutés, pas contestés. Cette loi elle a trois grands objectifs. Le premier c'est de favoriser la prévention, parce que nous sommes un pays dans lequel la prévention est insuffisamment développée. Ça veut dire quoi ? ça veut dire encourager à l'arrêt du tabagisme justement, lutter contre l'alcoolisation des jeunes, favoriser la lutte contre les addictions, donner de l'information sur ce que l'on mange pour éviter l'obésité, donc il y a un grand volet de la loi sur la prévention. Deuxième grand objectif, c'est mieux coordonner les soins à partir du médecin traitant, du médecin de proximité. Par exemple, je crée un médecin traitant pour l'enfant. C'est incroyable, mais en France il n'y a pas, pour les enfants, de médecin traitant. Et donc, c'est une loi qui renforce le rôle et la place des médecins de proximité. Et puis le troisième objectif de la loi, c'est de faire en sorte qu'on puisse accéder à notre système de santé de façon plus simple, de façon directe, et c'est là que les obstacles financiers peuvent exister. Je veux favoriser le tiers payant, je veux mettre en place le tiers payant
JEAN-JACQUES BOURDINMettre en place, quoi qu'il arrive, vous le mettrez en place ?MARISOL TOURAINELe tiers payant se mettra en place en deux étapes.JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire que le patient va chez le médecin, ne paie pas.MARISOL TOURAINELe patient va chez le médecin, ne paie pas, et c'est l'Assurance Maladie, les complémentaires, qui payent directement
JEAN-JACQUES BOURDINEn combien de temps l'Assurance Maladie remboursera les médecins ?MARISOL TOURAINEJe l'ai dit, en quelques jours.JEAN-JACQUES BOURDINÇa veut dire quoi quelques jours, moins d'une semaine ?MARISOL TOURAINEOui, c'est ça l'objectif, c'est même quelques jours, il y aura des garanties apportées dans la loi, parce qu'il est normal que pour les médecins le système soit simple, mais moi je veux dire aussi
JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que vous aiderez les médecins à s'équiper ?MARISOL TOURAINEMais parlons des patients.JEAN-JACQUES BOURDINNon, mais je parle des médecins et puis après des patients. Est-ce que vous les aiderez à s'équiper ?MARISOL TOURAINEMais les médecins sont très largement équipés aujourd'hui. Vous savez, il y a quelques années, une dizaine, une quinzaine d'années, il y a eu beaucoup d'opposition quand on a dit on va mettre la carte Vitale chez le médecin, on a dit c'est compliqué, on n'y arrivera pas, et les feuilles de soins à remplir à la main c'est tellement plus simple. Aujourd'hui la plupart des médecins sont équipés pour cela, ils se sont informatisés, et quand vous allez chez le médecin on vous fait de moins en moins une feuille de soins, tout ça part directement avec la carte Vitale à l'Assurance maladie.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, le patient, donc, sera peut-être
on ne va pas entrer dans le débat, je ne veux pas, déresponsabilisé, surconsommateur
MARISOL TOURAINEVous croyez que les patients ils vont chez le médecin comme ça, pour se faire plaisir, alors même que c'est difficile, parfois, d'avoir rendez-vous chez un médecin ? Moi je veux dire, s'il y a des Français qui vont à l'hôpital pour se faire soigner, aux urgences, c'est aussi parce que quand on va aux urgences
JEAN-JACQUES BOURDINC'est gratuit.MARISOL TOURAINECe n'est pas gratuit, mais en tout cas on n'avance pas l'argent.JEAN-JACQUES BOURDINOn n'avance pas l'argent, ce n'est pas gratuit pour l'Etat, non, ni pour nous, mais on n'avance pas l'argent.MARISOL TOURAINEOn n'avance pas l'argent, et donc il y a là une façon de permettre, pas simplement à des gens pauvres, ce n'est pas un système pour des gens pauvres, quand vous avez 2000 euros par mois, deux enfants, et que les deux enfants tombent malade en même temps parce que c'est l'hiver, eh bien vous êtes bien content de ne pas avoir à avancer le prix de deux ou trois consultations médicales le même mois.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai trois questions pour terminer. La première des réponses courtes si vous pouvez Marisol TOURAINE les cliniques privées, grève illimitée à partir du 5 janvier, cliniques qui devront interdire à leurs médecins de pratiquer des dépassements d'honoraires.MARISOL TOURAINENon.JEAN-JACQUES BOURDINNon, ce n'est pas vrai ?MARISOL TOURAINENon, ce n'est pas ça. Ce que demandent les cliniques privées, elles disent, pour avoir les avantages d'être dans le service public hospitalier, où elles ne sont pas aujourd'hui
JEAN-JACQUES BOURDINOui, les financements du service public hospitalier.MARISOL TOURAINEOui, le service public hospitalier, elles veulent pouvoir continuer à faire autant de dépassements d'honoraires qu'elles le souhaitent.JEAN-JACQUES BOURDINEt vous dites non.MARISOL TOURAINEQuelle est la règle du service public hospitalier ? Le service public hospitalier c'est l'hôpital public, pour la plupart des gens, il y a un certain nombre de conditions, et parmi ces conditions il y a le fait de, ce qu'on appelle l'accessibilité financière, c'est-à-dire de garantir aux gens qu'ils pourront se faire soigner en étant pris en charge par la Sécurité sociale. Donc moi je suis prête à discuter avec les cliniques, et je le ferai, mais je n'imagine pas qu'on puisse
JEAN-JACQUES BOURDINPas question de garder les dépassements d'honoraires.MARISOL TOURAINEJe n'imagine pas qu'on puisse avoir les avantages du service public hospitalier et de l'autre côté dire nous ne voulons mettre aucune limite à nos dépassements d'honoraires.JEAN-JACQUES BOURDINLes internes seront mieux rémunérés ?MARISOL TOURAINELes internes ne
d'ailleurs il y a eu une mobilisation
JEAN-JACQUES BOURDIN25%.MARISOL TOURAINENon, la mobilisation a été de 5, 6%, il y a eu beaucoup d'établissements où il n'y a pas eu de mobilisation des internes, donc nous discutons avec eux. Le sujet pour les internes n'est pas celui, d'ailleurs, de la rémunération, il est
JEAN-JACQUES BOURDINC'est du temps de travail.MARISOL TOURAINEIl y a deux questions sur lesquelles nous travaillons et nous avançons très bien, le premier c'est faire en sorte qu'ils aient plus de stages disponibles, les internes veulent pouvoir choisir parmi une offre de stages plus importante, je me suis engagée à ce qu'il y ait plus d'offres de stages pour les internes. Et la deuxième chose, c'est faire en sorte que les repos, après les gardes, soient bien respectés par les hôpitaux, et j'ai indiqué que les hôpitaux qui ne respecteraient pas le repos après les gardes, seraient sanctionnés, parce que ça me paraît normal.JEAN-JACQUES BOURDINDonc, projet de loi de santé, quand ?MARISOL TOURAINEIl arrivera au début de l'année 2015 à l'Assemblée nationale.JEAN-JACQUES BOURDINEt ensuite ?MARISOL TOURAINEAprès le Sénat, et donc la loi sera votée
JEAN-JACQUES BOURDINAvant l'été.MARISOL TOURAINEAvant l'été.JEAN-JACQUES BOURDIN2015.MARISOL TOURAINE2015, oui.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Marisol TOURAINE.Source : Service d'information du Gouvernement, le 27 novembre 2014
La source —
vie_publique · nº 193283
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