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19 novembre 2014 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de M. Stéphane Le Foll, ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement, à "BFMTV/RMC" le 19 novembre 2014, sur la présence de Français dans des mouvements terroristes, sur la reconnaissance d'un Etat

Stéphane Le Foll (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINNotre invité est Stéphane LE FOLL, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Agriculture. Bonjour.MONSIEUR LE MINISTRE STÉPHANE LE FOLLBonjour.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que le deuxième Français –je préfère dire le second- est-ce que le second Français qui aurait été membre de Daesh et qui aurait participé à l'égorgement des pilotes syriens a été identifié ?STÉPHANE LE FOLLPour l'instant, je vais parler de manière extrêmement claire, je n'ai pas une confirmation de l'identification du second Français. Je ne peux pas dire autre chose que ce que je sais.JEAN-JACQUES BOURDINEt pourtant, d'après les informations qui sont données notamment par France 2, il s'appellerait Michael DOS SANTOS, il aurait vingt-deux ans et serait originaire de Champigny-sur-Marne.STÉPHANE LE FOLLJe ne peux pas confirmer cette information. Ça passe d'abord par la justice. En plus, il faut respecter en plus les personnes, les familles et il faut faire très attention, en allant vite à mettre des noms dans les médias, avec toutes les conséquences que ça peut avoir. Moi pour l'instant, ce que je vous dis en tant que porte-parole du gouvernement, c'est que je ne confirme pas et que je n'ai pas d'information sur l'identité du deuxième Français.JEAN-JACQUES BOURDINMais il y a bien un second Français.STÉPHANE LE FOLLIl semblerait qu'il y ait un second Français.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que dit le Président de la République.STÉPHANE LE FOLLOn regarde qu'il y ait un deuxième Français. Le Président de la République l'a dit, c'est ce que je vous dis. On est en train de vérifier son identité.JEAN-JACQUES BOURDINIl y a seulement deux Français.STÉPHANE LE FOLLNon, il y en a plus malheureusement.JEAN-JACQUES BOURDINParmi les égorgeurs montrés sur la vidéo ?STÉPHANE LE FOLLIl semblerait qu'il y ait deux Français. Il y en a un qui a été identifié, un deuxième qui est en cours d'identification. Pour le reste, vous savez qu'il y a des Français qui sont partis là-bas, d'ailleurs non seulement des Français mais des Européens voire même dans d'autres pays d'autres continents du monde. Cette guerre contre le terrorisme et contre Daesh, est à la fois sur le théâtre des opérations et doit être conduite avec détermination et fermeté, ici en France et en Europe, contre ceux qui font de la propagande et qui finissent par convertir des jeunes pour qu'ils aillent ensuite se battre là-bas en Syrie et en Irak, faire les actes barbares qu'on évoquait tout à l'heure.JEAN-JACQUES BOURDINDaesh est une dérive sectaire ou pas ?STÉPHANE LE FOLLC'est quelque chose de beaucoup plus complexe, à la fois parce qu'on est dans un contexte général. On est par rapport à des grands enjeux liés à une histoire. Il y a des éléments dans tout ça dépassent bien sûr le seul phénomène proprement sectaire, mais on est dans une forme d'enfermement, dans une barbarie qui ne peut être que dénoncée, combattue et qui ressemble quelquefois a ce qu'on a malheureusement connu dans d'autres moments avec certaines sectes.JEAN-JACQUES BOURDINOui. Est-ce que ça ne peut prendre que chez ceux qui n'ont aucune culture musulmane ?STÉPHANE LE FOLLCeux qui ont une vraie culture de l'islam, je crois qu'ils savent ce qu'est l'islam et que c'est une religion de paix. A priori comme ça, je considère que ceux qui connaissent l'islam, ça ne se traduit pas chez eux avec cette dérive qui est en train d'être constatée aujourd'hui avec cette barbarie qu'on a vue. C'est la vérité.JEAN-JACQUES BOURDINJe pousse la question. Est-ce que c'est un phénomène politique avant d'être un phénomène religieux ?STÉPHANE LE FOLLMais bien sûr. On voit bien que ce qui est engagé là, c'est un terrorisme dans une bataille fondamentale qui a lieu dans les endroits qu'on évoquait de déstabilisation le voit bien. Il y a derrière tout ça un engagement politique, bien sûr. Il y a une action de terrain qui est conduite. Il n'y a pas besoin de rappeler aux Français aujourd'hui la bataille contre le terrorisme partout. C'est un phénomène terroriste visant à déstabiliser des Etats. On l'a vu en Afrique et on le voit aujourd'hui au niveau du Moyen-Orient.JEAN-JACQUES BOURDINStéphane LE FOLL, le second Français sera identifié dans la journée.STÉPHANE LE FOLLJe n'en sais rien. J'imagine dans la journée ou demain.JEAN-JACQUES BOURDINVous n'en savez rien et vous êtes porte-parole du gouvernement. Dites-moi, Stéphane LE FOLL !STÉPHANE LE FOLLJe sais simplement une chose, c'est qu'il faut être très précis et avec les journalistes, éviter d'avancer d'un pas pour qu'à chaque fois on avance. Je vois bien, ça fait trois fois que vous me posez la question.JEAN-JACQUES BOURDINJe vous pose la question parce que je veux être précis justement.STÉPHANE LE FOLLEst-ce que c'est le monsieur qui a été évoqué par France 2 ? Je vous dis à l'heure où je parle que je ne confirme pas. C'est clair et c'est net.JEAN-JACQUES BOURDIND'accord. Est-ce que vous confirmez que la France va envoyer six avions supplémentaires Mirage pour combattre Daesh ?STÉPHANE LE FOLLJe pense que la France va renforcer ses moyens pour combattre Daesh.JEAN-JACQUES BOURDINSix Mirage qui seront basés en Jordanie.STÉPHANE LE FOLLJe n'ai pas ce matin les chiffres des Mirage qui seront envoyés, ni à préciser où ils iront mais je sais une chose. C'est que dans cette bataille, dans cette guerre, la France renforce son dispositif.JEAN-JACQUES BOURDINLa France va donc renforcer son dispositif. Ça au moins, c'est clair. C'est une formule préparée ?STÉPHANE LE FOLLNon, non, elle n'est pas préparée du tout. Elle a été trouvée en même temps que je parlais à monsieur BOURDIN ce matin.JEAN-JACQUES BOURDINRestons dans cette région du monde du Proche Orient et du Moyen Orient avec l'Etat palestinien, et notamment la situation à Jérusalem. Est-ce que François HOLLANDE est favorable à la reconnaissance d'un Etat palestinien ?STÉPHANE LE FOLLÇ'a toujours été la position de la France. Le problème de cette position de la reconnaissance de l'Etat palestinien, c'est qu'il doit aller de paire avec la sécurité pour l'Etat d'Israël. C'est bien l'enjeu, c'est bien le problème qui dure depuis tant d'années.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que vous dites depuis tant d'années, Stéphane LE FOLL.STÉPHANE LE FOLLExactement. Et pourquoi est-ce que depuis tant d'années on le dit ? Parce qu'on n'a pas trouvé la solution.JEAN-JACQUES BOURDINPourquoi est-ce que vous n'avez pas reconnu un Etat palestinien depuis tant d'années ?STÉPHANE LE FOLLParce qu'à chaque fois qu'on veut et qu'on peut passer une étape –et la preuve avec cet acte terroriste qui a été conduit- il y a toujours quelque chose qui empêche cette étape de se dérouler. Voilà le problème. C'est les deux qu'il faut tenir et cet attentat dans une synagogue à Jérusalem, c'est que nous ne pouvons pas accepter pour faire en sorte qu'on ait deux Etats. Il faut condamner cet attentat.JEAN-JACQUES BOURDINCe que vous avez fait et ce que François HOLLANDE a fait. Il a condamné.STÉPHANE LE FOLLCe que nous avons fait. Après, il y a le débat sur la reconnaissance de l'Etat palestinien. C'est un débat qui se porte à l'échelle internationale au niveau du Conseil de sécurité de l'ONU où la France travaille et Laurent FABIUS l'a rappelé pour justement aller vers une résolution qui permette une reconnaissance.JEAN-JACQUES BOURDINMais il y a des pays qui n'ont pas eu besoin de résolution pour reconnaître un Etat palestinien.STÉPHANE LE FOLLVous avez raison, monsieur BOURDIN, mais qu'est-ce que a a changé ?JEAN-JACQUES BOURDINCent trente cinq pays dans le monde.STÉPHANE LE FOLLEt qu'est-ce que ça change ?JEAN-JACQUES BOURDINMais dites-moi, la France a encore du poids, non ? Est-ce que la France a du poids ?STÉPHANE LE FOLLJustement, c'est parce qu'elle a du poids qu'il faut qu'elle fasse en sorte d'aller au bout du processus, c'est-à-dire une reconnaissance officielle. Parce que si on faisait un pas sans que ça ait de résultat, à ce moment-là elle perdrait de son poids.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que François HOLLANDE est favorable à une reconnaissance officielle d'un Etat palestinien ?STÉPHANE LE FOLLFrançois HOLLANDE et la ligne de la France a été rappelée. Nous sommes favorables à la reconnaissance de deux Etats dont l'Etat palestinien avec la sécurité de l'Etat d'Israël. C'est la position de la France. Il n'y a pas à avoir une reconnaissance formelle, on a à faire un travail concret.JEAN-JACQUES BOURDINVous demandez aux députés de se prononcer.STÉPHANE LE FOLLOn n'a pas aux députés de se prononcer, il faut être précis.JEAN-JACQUES BOURDINPas vous, oui c'est vrai. C'est vrai, il faut être précis.STÉPHANE LE FOLLRecommencez !JEAN-JACQUES BOURDINVote solennel des députés le 28 novembre prochain à l'Assemblée Nationale, c'est une modification de la constitution qui a été voulue par Nicolas SARKOZY. Les députés voteront le 28 novembre prochain. Si vous étiez député, vous voteriez pour la reconnaissance d'un Etat palestinien ?STÉPHANE LE FOLLOui. C'est un texte qui a été écrit par les députés aujourd'hui, il a été travaillé avec l'ensemble des députés. Elisabeth GUIGOU est la présidente de la Commission des Affaires étrangères. Tout ça a été travaillé, l'objectif est de marquer cet engagement pour les députés socialistes et inviter le gouvernement à agir.JEAN-JACQUES BOURDINVous allez peut-être être invité.STÉPHANE LE FOLLSi c'est voté, oui bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINAlors quelles initiatives prendrez-vous si ce vote est positif ?STÉPHANE LE FOLLElles sont prises, elles sont déjà prises, je le dis. Mais ça ne fera qu'accélérer et conforter. Voilà le travail qui est engagé.JEAN-JACQUES BOURDINElles sont prises comment ?STÉPHANE LE FOLLÇa, c'est sûr, ça fait très longtemps que ça ne bouge pas.JEAN-JACQUES BOURDINPourquoi ?STÉPHANE LE FOLLSi c'était facile, il y a longtemps que ce serait réglé.JEAN-JACQUES BOURDINMais personne ne pense que c'est facile.STÉPHANE LE FOLLVoilà pourquoi le travail qui est engagé est aussi un travail dont on ne fait pas une publicité tous les jours, mais qui est un travail réel, fort, et la France dans ce sujet comme dans d'autres est un pays qui est écouté, entendu et qui travaille justement pour trouver des solutions. C'est pour ça qu'il faut qu'on reste dans cette position de force.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que ce qui se passe à Jérusalem c'est pour renvoyer dos à dos Israéliens et Palestiniens ?STÉPHANE LE FOLLSur ce qui s'est passé à Jérusalem avec l'acte terroriste qui vient de se passer, condamnation totale ferme parce que ça, ça ne peut pas permettre d'avancer. C'est le contraire de ce qu'il faut faire.JEAN-JACQUES BOURDINMais sur la situation, est-ce que vous renvoyez dos à dos Palestiniens et Israéliens ?STÉPHANE LE FOLLNous disons du côté des Palestiniens –et Mahmoud ABBAS qui l'a fait- et du côté israélien qu'il est temps qu'aujourd'hui sur la base de ce que je disais, et la reconnaissance d'un Etat palestinien viable et la sécurité pour Israël, il est temps que des négociations s'engagent. C'est ce à quoi la France travaille et c'est pourquoi elle est mobilisée au niveau de l'ONU.JEAN-JACQUES BOURDINHier à l'Assemblée Nationale Emmanuel MACRON nous a parlé des retraites-chapeau. Suppression des retraites-chapeau ou pas ?STÉPHANE LE FOLLIl a indiqué de manière très claire qu'il y avait un droit aujourd'hui qui existait et que les retraites-chapeau pouvaient avoir un sens pour certains.JEAN-JACQUES BOURDINA peu près un million de retraites-chapeau en France.STÉPHANE LE FOLLVoilà. Qu'il y avait des dérives avec les sommes extraordinaires et pharaoniques qu'on entend et que là-dessus il fallait avoir une règle de droit commun de passer de la retraite-chapeau à la retraite-béret pour tout le monde.JEAN-JACQUES BOURDINÇa veut dire la plafonner ?STÉPHANE LE FOLLLa discussion est engagée.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que c'est une bonne idée ?STÉPHANE LE FOLLOui, c'est une bonne idée. J'entendais sur BFM des remarques très justes. Monsieur GATTAZ ne peut pas dire : “Il y a des abus? mais ne jamais les dénoncer, ne jamais rien faire et toujours demander plus. Il faut qu'on soit là aussi cohérent. Je suis pour ce qu'a dit Emmanuel MACRON. On doit revenir à un processus de droit commun pour tout le monde sur les retraites et éviter, même quand les résultats ne sont pas très probants, d'avoir des sommes à la retraite qui sont payées par l'entreprise pendant des années.JEAN-JACQUES BOURDINPlus de huit cent mille euros pour monsieur MESTRALLET qui est patron de l'entreprise GDF Suez où l'Etat ne l'a pas votée.STÉPHANE LE FOLLL'Etat ne l'a pas votée. C'était une décision du conseil d'administration qui avait été prise, je crois, en 2011. On l'a contestée et c'est contestable.JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes favorable au plafonnement de ces retraites-chapeau.STÉPHANE LE FOLLJ'attendrai que le travail soit engagé, je n'en sais rien. En tout cas, c'est une idée qui peut être évoquée et qui peut être une bonne idée. Moi, c'est maintenant la ligne que je suivrai. Il faut qu'on change ce système. Il y a des abus inadmissibles.JEAN-JACQUES BOURDINIl n'y a pas trente-six solutions. Où vous supprimez les retraites-chapeau ou vous les gardez et c'est ce qu'a dit Emmanuel MACRON parce qu'elles sont parfois utiles. Vous les gardez et elles sont plafonnées.STÉPHANE LE FOLLPeut-être. On a d'ailleurs plafonné les salaires des grands patrons dans les entreprises publiques. On l'a fait.JEAN-JACQUES BOURDINVous plafonnerez donc les retraites-chapeau.STÉPHANE LE FOLLMais vous êtes têtu ! Vous voulez à tout prix que je le dise ce matin et après, il y aura une petite dépêche AFP !JEAN-JACQUES BOURDINNon, je ne suis pas têtu mais vous savez très bien que c'est la meilleure des solutions. Vous savez très bien que c'est la solution envisagée par Bercy.STÉPHANE LE FOLLC'est la meilleure des solutions, voilà. Et on verra si elle est adoptée. C'est mieux comme ça !JEAN-JACQUES BOURDINC'est beaucoup mieux comme ça.STÉPHANE LE FOLLOn est d'accord.JEAN-JACQUES BOURDINOn est bien d'accord. Stéphane LE FOLL, parlons des agriculteurs et de la grippe aviaire parce qu'il y a des inquiétudes. Trois pays européens sont touchés, l'Allemagne, les Pays Bas et la Grande-Bretagne. Rien en France pour l'instant ?STÉPHANE LE FOLLPour l'instant, rien. Le processus d'alerte est mis en route. On est vigilant sur l'ensemble du territoire. On a saisi aussi l'Anses puisque sur cette forme de grippe aviaire qui est la H5N8, il n'y a pas de problème de transmission grave pour l'homme mais il faut qu'on soit extrêmement vigilant.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que nous importons des volailles de ces pays ou pas ?STÉPHANE LE FOLLOn importe des volailles mais abattues. Par contre, après ce sont les oiseaux migrateurs qui, eux, passent.JEAN-JACQUES BOURDINLes oiseaux migrateurs qui risquent de transporter la maladie.STÉPHANE LE FOLLCe qui est frappant, par exemple si je regarde les Pays-Bas, c'est que comme c'est un pays qui n'est pas très vaste, la concentration de la production avec aussi des pôles d'air et des lieux de migration fait qu'il y a plus de risques que chez nous, mais en même temps on a des risques aussi. Il faut donc qu'on soit vigilant. C'est l'observation partout, c'est la mise en alerte des services et l'ensemble des directions départementales. En même temps, c'est la saisine de l'Anses pour qu'on regarde bien exactement ce qu'est virus tel qu'il est sur le H5N8 et qu'on vérifie tout ça. On est en alerte, en vigilance. Pour l'instant JEAN-JACQUES BOURDINRien en France.STÉPHANE LE FOLLVoilà.JEAN-JACQUES BOURDINEt dans d'autres pays d'Europe ?STÉPHANE LE FOLLLa Grande-Bretagne, Allemagne, Pays-Bas.JEAN-JACQUES BOURDINRien d'autre en Europe ?STÉPHANE LE FOLLJe ne crois pas pour l'instant. Je n'ai pas eu d'information.JEAN-JACQUES BOURDINPour l'instant, vous n'avez pas eu d'information. Le bien-être animal est un débat qui est installé en France depuis maintenant beaucoup de temps. L'Assemblée Nationale a adopté il y a quelques jours une disposition qui reconnaît aux animaux la qualité symbolique d'êtres vivants doués de sensibilité. C'était utile ?STÉPHANE LE FOLLC'était un article du code rural passé dans le code civil.JEAN-JACQUES BOURDINOui, tout à fait. C'était utile franchement ?STÉPHANE LE FOLLMoi, je suis pour qu'on fasse progresser le bien-être animal là-dessus et qu'on fasse respecter en particulier partout, dans tous les cas et dans les lieux, les règles qui s'appliquent à l'échelle européenne. J'ai été député européen et j'ai été souvent confronté à ce débat au niveau du Parlement européen. Une fois que j'ai dit cela, il y a des efforts et des règles qui s'appliquent aujourd'hui et qui sont extrêmement importantes.JEAN-JACQUES BOURDINElles sont importantes ?STÉPHANE LE FOLLOui. Je pense qu'aujourd'hui sur l'ensemble des productions et de l'élevage, quand elles sont respectées, toutes ces règles vont dans le sens du bien-être animal.JEAN-JACQUES BOURDINElles sont suffisantes ?STÉPHANE LE FOLLOui, oui. A moins qu'on fasse d'autres, mais elles sont suffisantes lorsque tout est parfaitement respecté. D'accord ? A partir de là, après il y a un débat : faut-il abattre, manger de la viande ? C'est une vraie question parce que derrière tout ça, ce que je vois et que je sais, c'est que derrière il y a des associations pour qui, au fond, ce n'est pas la question du bien-être mais c'est la question même d'est-ce que nous devons continuer à manger de la viande en particulier. Là j'alerte et là-dessus je dis stop. Il faut qu'on soit capable d'appliquer les règles et de répondre aux critères qui sont évoqués. Les agriculteurs et les éleveurs font des efforts et on poursuivra dans ce sens-là. Mais je dis que si ce débat sert pour certains à dire qu'après tout, on pourrait se passer à la fois de manger de la viande et que l'homme n'a pas besoin d'en manger, je dis non. Je dis que tous les animaux d'élevage qu'on voit aujourd'hui partout dans la campagne, ils existent parce qu'ils sont élevés depuis des siècles. On devrait d'abord considérer que l'éleveur a une responsabilité du bien-être de ces animaux. En gros, quand je regarde tous ces éleveurs dans les yeux, à part comme partout certains qui ne font pas les efforts ou qui ne font pas ce qu'il faut faire, pour tous c'est la passion qui les anime.JEAN-JACQUES BOURDINQuand on voit des éleveurs tuer des millions de poussins mâles, ça vous choque ou pas ?STÉPHANE LE FOLLMais vous pensez que les millions de poussins mâles, si on en tuait un ça vous choquerait ? Non, vous n'en parleriez pas. Deux, trois, quatre, cinq, six, huit, neuf, dix non plus.JEAN-JACQUES BOURDINCe n'est pas certain.STÉPHANE LE FOLLD'abord, ce n'est pas si simple que cela parce qu'on a une production qui est industrialisée. Après, c'est la question de faut-il industrialiser la production. Parce que vous pensez qu'il y a cent ans en arrière, dans le monde agricole des Cévennes, le bien-être animal JEAN-JACQUES BOURDINMerci de la référence.STÉPHANE LE FOLLJe le sais et j'adore. C'est une très belle région.JEAN-JACQUES BOURDINMerci.STÉPHANE LE FOLLAllez-voir comment c'était. Pensez-y. Rappelez-vous.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai vu tuer le cochon, oui.STÉPHANE LE FOLLEt comment on le tuait ?JEAN-JACQUES BOURDINC'est interdit aujourd'hui.STÉPHANE LE FOLLOui, c'est interdit. Et comment on le tuait ?JEAN-JACQUES BOURDINC'était la saignée.STÉPHANE LE FOLLVoilà. Et comment il était élevé ? Dans une soue et il ne bougeait pas.JEAN-JACQUES BOURDINÇa dépend. Il mangeait des pommes de terre.STÉPHANE LE FOLLOn lui donnait tous les déchets. Sur le bien-être animal, les choses ont donc évolué et tant mieux.JEAN-JACQUES BOURDINElles ont évolué mais est-ce qu'il n'y a pas d'autres pratiques possibles pour préserver le bien-être animal ?STÉPHANE LE FOLLLesquelles ? Il faut toujours faire progresser, je l'ai dit.JEAN-JACQUES BOURDINJe ne sais pas, moi. Je pose des questions, je ne suis pas ministre de l'Agriculture.STÉPHANE LE FOLLOn continuera à faire progresser le bien-être animal.JEAN-JACQUES BOURDINDonc si j'ai bien compris, ce qu'a voté l'Assemblée Nationale est inutile.STÉPHANE LE FOLLC'était pour mettre en conformité le code civil par rapport au code rural. Voilà, c'est un choix qui a été fait là aussi par les députés et pas par le ministre.JEAN-JACQUES BOURDINEt est-ce que ça vous a choqué de voir des manifestants agriculteurs maltraiter des ragondins ?STÉPHANE LE FOLLOui bien sûr, et je l'ai dit. Franchement, si l'image qu'ils veulent renvoyer est celle-là, c'est une responsabilité qu'ils prennent mais qui est lourde vis-à-vis de la société. C'est une très mauvaise image.JEAN-JACQUES BOURDINTrès mauvaise image ?STÉPHANE LE FOLLOui.JEAN-JACQUES BOURDINVous le leur avez dit ?STÉPHANE LE FOLLBien sûr que je leur ai dit.JEAN-JACQUES BOURDINDeuxième djihadiste identifié sur les vidéos parmi les bourreaux : d'après le parquet de Paris, il y a de fortes présomptions qu'il s'agisse de Michael DOS SANTOS, originaire de Champigny-sur-Marne.STÉPHANE LE FOLLSi c'est le parquet de Paris, voilà la règle maintenant, c'est la justice parce que derrière ce nom, il y a une famille. Je ne peux pas balancer un nom sans que ce soit la justice qui ne le fasse.JEAN-JACQUES BOURDINVous le connaissiez ?STÉPHANE LE FOLLJe ne connais pas du tout.JEAN-JACQUES BOURDINPas lui mais le nom.STÉPHANE LE FOLLBien sûr, je l'ai vu ce matin en arrivant. J'en ai entendu parler.JEAN-JACQUES BOURDINTrès bien. Merci Stéphane LE FOLL.STÉPHANE LE FOLLJe voulais juste qu'il y avait une bonne nouvelle ce matin. Les chiffres de la délinquance ont baissé mais comme c'est une bonne nouvelle, Jean-Jacques BOURDIN n'en a pas parlé donc c'est moi qui en parle.JEAN-JACQUES BOURDINVous rigolez ! Les chiffres de la délinquance qui ont baissé ? Allez-y ! Allez-y, dites-moi !STÉPHANE LE FOLLIls ont baissé.JEAN-JACQUES BOURDINDe combien ?STÉPHANE LE FOLLDe combien, ça dépend des catégories. Mais en tout cas, c'est ce que j'ai entendu ce matin et ce sera répété aujourd'hui. C'est quand même une nouvelle et je tenais à le dire.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Stéphane LE FOLL.Source : Service d'information du Gouvernement, le 24 novembre 2014
La source — vie_publique · nº 193080
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/193080-interview-de-m-stephane-le-foll-ministre-de-lagriculture-de-lagroal?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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