Interview de M. Emmanuel Macron, ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, à "RMC" le 7 novembre 2014, sur la politique fiscale, les emplois d'avenir, les dépenses des collectivités locales, le débat sur les professions réglementées, en part
Emmanuel Macron (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)
JEAN-JACQUES BOURDINNotre invité ce matin, Emmanuel MACRON, ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique. Emmanuel MACRON bonjour.EMMANUEL MACRONBonjour Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. Vous vous cramponnez, parce que le président se cramponne, vous comprenez Emmanuel MACRON ?EMMANUEL MACRONToujours si c'est pour mieux faire ce qu'on a à faire, il faut se cramponner, il vaut mieux avoir des appuis solides.JEAN-JACQUES BOURDINBon ! Vous allez être précis et concret ce matin. Nous allons commencer, François HOLLANDE répondait hier à plusieurs français, le troisième français interrogé Hassen HAMOU vient de Marseille, il parlait de la difficulté de mise en place et l'absence de succès des emplois d'avenir. Ecoutez ce qu'a dit François HOLLANDE.(
) ExtraitJEAN-JACQUES BOURDINC'est l'Etat qui paie, c'est un état d'esprit ça, l'Etat qui paie, c'est nous l'Etat !EMMANUEL MACRONMais je vous confirme que c'est nous, c'est le budget public et c'est voté. Ce sont 150.000 emplois en effet d'avenir, le président en avait fait une priorité pour les jeunes, pourquoi ? Parce qu'on est dans une situation qui est difficile, on a près de 10 % de taux de chômage dans le pays. Mais si vous regardez les choses en fait, on a aujourd'hui pour certains trop d'emplois aidés, pour d'autres pas assez, je constate juste qu'on en a moins qu'il y a 10 ans et on est dans une situation plus difficile.JEAN-JACQUES BOURDINEmmanuel MACRON
EMMANUEL MACRONCe n'est pas la solution à tout, je ne veux pas vous dire de
JEAN-JACQUES BOURDINFrançois HOLLANDE a annoncé hier la création de 15.000 nouveaux emplois d'avenir, on est bien d'accord, sans condition de diplôme, c'est ce qu'il a dit
EMMANUEL MACRONPas exactement
JEAN-JACQUES BOURDINAb bon !EMMANUEL MACRONIl a orienté en priorité
JEAN-JACQUES BOURDINEmplois verts.EMMANUEL MACRONCes 15.000 emplois d'avenir vers en effet la transition énergétique, qui est une de priorité, façon de mettre en cohérence. Mais
JEAN-JACQUES BOURDINDès le 1er janvier.EMMANUEL MACRONDès le 1er janvier, ça a été voté, c'est-à-dire que ça fait partie des 45
JEAN-JACQUES BOURDINDonc il n'a rien annoncé hier
EMMANUEL MACRONIl a expliqué, mais vous êtes incroyable, vous voudriez qu'il refasse des dépenses publiques
JEAN-JACQUES BOURDINAh non, non, mais pas du tout, mais pas du tout
EMMANUEL MACRONDonc il a eu un discours responsable, le président de la République
JEAN-JACQUES BOURDINÇa a été voté lundi à l'Assemblée nationale.EMMANUEL MACRONIl l'a dit le premier jour. Lundi à l'Assemblée nationale, 45.000 emplois
JEAN-JACQUES BOURDINOn va créer
EMMANUEL MACRONEt 15.000 fléchés sur la transition énergétique. Donc il a raison de l'expliquer parce que sinon, on rentre dans un système infernal. Est-ce que vous annoncez tous les jours ce qui a été voté en début de semaine ? Non, donc on passe d'une mesure à l'autre dans un fracas continuel
JEAN-JACQUES BOURDINMais c'est vous qui les faites voter les mesures, ce n'est pas nous.EMMANUEL MACRONEn l'espèce c'est le groupe parlementaire qui a voté
JEAN-JACQUES BOURDINVous en faites voter beaucoup trop d'ailleurs.EMMANUEL MACRONVous savez, il y a une démocratie, donc il y a un débat parlementaire, c'est ainsi fait, vous et moi nous en héritons, c'est la Constitution de la 5ème qui le prévoit. Et donc le gouvernement fait des projets de loi, ils sont discutés à l'Assemblée et au Sénat et ils sont amendés, votés, promulgués. Donc là, il y a un projet de loi de finance qui est en cours de discussion, et il y a eu en effet 45.000 emplois aidés en plus. Mais avec ces 45.000 emplois aidés en plus, on reste quand même sous le niveau des emplois aidés d'il y a 10 ans, alors qu'on est dans une situation très difficile. Donc
JEAN-JACQUES BOURDINC'est de la dépense publique, les emplois aidés
EMMANUEL MACRONC'est de la dépense publique mais elle est plus utile que beaucoup d'autres parce qu'elle aide, elle aide les plus jeunes, ceux qui sont le plus loin de l'emploi. Tout le défi ensuite parce que la vérité, que veut un jeune ? Il faut tout faire pour qu'il ne soit pas décrocheur, c'est-à-dire pour qu'il ne soit pas chez lui oisif ou à faire d'ailleurs des bêtises, pire que ça. Donc l'emploi public c'est quand même
ou l'emploi aidé parce que ça n'est pas forcément un emploi public, c'est mieux que ça. Mais après que veut un jeune, il veut un vrai emploi, il veut un emploi plein et entier. Et donc pour ça, il faut débloquer l'économie, c'est ça la clé, c'est la priorité mais ça va prendre un peu de temps, donc il faut aider.JEAN-JACQUES BOURDINAlors je vais revenir sur la lenteur entre le moment où un projet de loi est présenté en Conseil des ministres et le moment où la loi est appliquée, on va y revenir Emmanuel MACRON à travers votre loi sur la croissance, projet de loi sur la croissance qui est très intéressant, mais vous allez nous apporter des précisions qui n'ont pas été apportées hier soir. Emmanuel MACRON, pas d'impôt nouveau a dit le président de la République en 2015, c'est bien cela, c'est ce que j'ai compris, ni en 2016, ni en 2017 ?EMMANUEL MACRONIl a dit qu'il n'y aurait pas d'impôt nouveau voté durant ces années
JEAN-JACQUES BOURDINVoté, très bien.EMMANUEL MACRONParce que
non mais soyons précis là-dessus
JEAN-JACQUES BOURDINOui, justement.EMMANUEL MACRONVous avez des textes qui sont en train d'être discutés, un projet de loi de finance, un projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il y aura sans doute un projet de loi de finance rectificative, il passera en Conseil des ministres le 12 novembre prochain. Il y a dans ces textes des impôts nouveaux, des augmentations nouvelles en même temps que des baisses. A côté de ça il y a des baisses, et il y en a beaucoup, la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu et le pacte de responsabilité et de solidarité. Donc il y a des hausses d'impôt dont on parle beaucoup, des baisses dont on parle beaucoup moins, tout ce qui sera voté d'ici la fin de l'année le sera et sera annoncé, donc il y aura une pleine visibilité
JEAN-JACQUES BOURDINSi on parle moins des baisses, c'est qu'il y a eu plus de hausses.EMMANUEL MACRONSi vous prenez les masses
JEAN-JACQUES BOURDINDepuis le début du quinquennat
EMMANUEL MACRONFinancières, vous avez raison
JEAN-JACQUES BOURDINPardon, depuis le début du quinquennat.EMMANUEL MACRONMais pourquoi, mais pourquoi ? Vous savez, j'adorerai à titre personnel qu'on puisse baisser tous les jours les impôts, on ne peut pas le faire parce qu'on a hérité d'une situation de finances publiques, mais ce ne serait pas responsable de ne pas en tenir compte. Alors je sais bien que chaque hausse, en particulier pour les ménages les plus modestes, les Français qui bossent et qui en ont assez de payer, qui ont le sentiment qu'on les harcèle, c'est insupportable. Mais c'est un esprit collectif, c'est pour qu'il faut se battre, j'y reviendrai sans doute
JEAN-JACQUES BOURDINBon ! Alors donc pas de
EMMANUEL MACRONMais là-dessus, on a donc ces impôts qui sont en train d'être discutés, baisses et hausses et modifications, j'imagine qu'on reparlera des petits sujets qui ont animé la semaine ou la semaine dernière, tout ça ce sera voté en fin d'année. Donc il y aura des augmentations comme des baisses prévues pour les années à venir, mais ce qu'a dit le président de la République c'est qu'il n'y aura pas de mesures nouvelles décidées en 2015JEAN-JACQUES BOURDINPas de nouvel impôt.EMMANUEL MACRON16 et 17.JEAN-JACQUES BOURDINPas de nouvel impôt, peut-être des hausses sur certains impôts mais pas de nouvel impôt. Dites-moi Emmanuel MACRON, j'ai Steve par exemple qui fait la remarque : le président de la République annonce aucun nouvel impôt, d'accord, mais les collectivités seront moins dotées, ça veut dire quoi, ça veut dire que les impôts locaux vont augmenter ?EMMANUEL MACRONAlors pas forcément, ce qui était en discussion cette semaine, c'est la capacité donnée à des collectivités locales par exemple, dans les zones tendues, de pouvoir augmenter la taxation sur la résidence secondaire.JEAN-JACQUES BOURDINOui, vous confirmez ça ?EMMANUEL MACRONC'est en tout cas au débat, ça a été confirmé dans le débat par le ministre en charge du Budget
JEAN-JACQUES BOURDINVous y êtes favorable vous ?EMMANUEL MACRONCe n'est pas l'Etat
JEAN-JACQUES BOURDINFranchement ?EMMANUEL MACRONJe vais vous dire, la grande injustice de cette affaire, c'est que c'est le gouvernement, l'Etat qui prend le coût politique de l'annonce, mais c'est de l'argent qui ira aux collectivités locales
JEAN-JACQUES BOURDINNon mais d'accord.EMMANUEL MACRONDans certaines collectivités locales d'ailleurs parce que très peu
JEAN-JACQUES BOURDINC'est vous qui décidez quand même là.EMMANUEL MACRONTrès peu le feront. On leur donne une faculté et en particulier à Paris, il y a beaucoup de logements vacants, ça leur permet de faire des rentrées fiscales sur des gens qui sont plutôt aisés, parce que c'est des gens qui ont une résidence secondaire à Paris qu'ils utilisent peu ; et dans une zone tendue où il faudrait libérer ce logement pour pouvoir le
ce n'est pas partout, je veux dire à Romorantin ou à Saintes, on ne va pas faire une taxation sur la résidence seconde, il faut être clair là-dessus, mais c'est une capacité donnée aux collectivités locales. Donc les collectivités locales, qu'est-ce qu'il faut faire ? Aujourd'hui tout notre problème depuis le début, c'est que depuis des années quand on veut réduire la dépense publique, on tape sur l'Etat et la Sécurité sociale, parce que ça on l'a à notre main. L'Etat
moi je le vois dans mon ministère, on a demandé des efforts colossaux à nos fonctionnaires, on leur gèle le salaire depuis des années, alors vous pouvez dire « ils ont la sécurité
JEAN-JACQUES BOURDINEt on va continuer d'ailleurs, et on va continuer ?EMMANUEL MACRONIls ont la sécurité de l'emploi », c'est vrai, on continue, on continue. On a fait des restrictions de postes, or nos priorités, on fait beaucoup de restrictions de postes, il faut avoir le courage de le dire, c'est la vérité, on en fait plus que nos prédécesseurs hors de nos priorités, c'est-à-dire hors sécurité, justice, éducation. Au total, ça ne fait pas plus mais on a priorisé. Mais à côté de ça, les collectivités locales
JEAN-JACQUES BOURDINLe nombre de fonctionnaires a augmenté de 13.000
EMMANUEL MACRONA côté de ça
JEAN-JACQUES BOURDINEn 2012.EMMANUEL MACRONParce qu'on a financé nos priorités en particulier sur l'Education, quand on veut avoir plus de profs et qu'on veut bien les former, il faut mettre les moyens, et ça c'est une priorité, c'est la jeunesse. Mais à côté de ça, on n'était pas en capacité jusqu'alors de bien contrôler les finances des collectivités locales. Alors pourquoi ? Il y a un principe de libre administration de ces collectivités, mais si vous regardez les 10 dernières années, elles ont beaucoup plus embauché que l'Etat, elles ont parfois mieux payé, elles ont plus augmenté leurs impôts
JEAN-JACQUES BOURDINIl faut qu'elles s'arrêtent, il faut qu'elles s'arrêtent.EMMANUEL MACRONIl y a des collectivités extrêmement vertueuses, il y en a d'autres qui le sont moins
JEAN-JACQUES BOURDINIl faut qu'elles arrêtent et qu'elles soient responsables
EMMANUEL MACRONEt donc
JEAN-JACQUES BOURDINLes responsabiliser
EMMANUEL MACRONDe les responsabiliser davantage. Et un élu local vous savez, juste pour finir
JEAN-JACQUES BOURDINTrès vite Emmanuel MACRON.EMMANUEL MACRONUn élu local, comme il est face à ses électeurs, comme le président de la République tous les 5 ans, son intérêt ce n'est pas d'augmenter ses impôts non plus, c'est d'être plus responsable. Maintenant
JEAN-JACQUES BOURDINNous verrons
EMMANUEL MACRONLes efforts qu'on demande, ils sont difficiles en particulier sur l'investissement.JEAN-JACQUES BOURDINFrançois HOLLANDE n'a pas parlé ou très peu du projet de loi croissance, libérer l'activité, grand chantier de la deuxième moitié du quinquennat, mi-décembre en Conseil des ministres, on est bien d'accord
EMMANUEL MACRONOui.JEAN-JACQUES BOURDINProjet de loi, la date vous l'avez ?EMMANUEL MACRONJe ne veux pas donner des dates qui ne seraient pas précises, donc l'objectif c'est mi-décembre, on est encore en train de travailler
JEAN-JACQUES BOURDINAdoption par le Parlement au printemps, on est bien d'accord ?EMMANUEL MACRONPour le printemps, tout à fait.JEAN-JACQUES BOURDINOn est bien d'accord. Alors actionnariat et épargne salariale, baisse de la fiscalité ?EMMANUEL MACRONOn a abîmé l'épargne salariale qui est une belle idée, qui est une idée forte, qu'est-ce que c'est l'épargne salariale, ça permet à ceux qui constituent le collectif de l'entreprise d'être autour de la table et d'avoir les mêmes intérêts que le patron. Et vous savez, il y a un des grands patrons français qui disaient : quand mes salariés sont mes actionnaires, je ne pense plus de la même façon. Et donc c'est ça qu'on veut
JEAN-JACQUES BOURDINAlors baisse de la fiscalité
EMMANUEL MACRONDonc on a augmenté là-dessus, donc on va aménager un petit peu le régime fiscal et social
JEAN-JACQUES BOURDINÇa veut dire quoi aménager, baisser ?EMMANUEL MACRONÇa veut dire oui qu'on va donner
JEAN-JACQUES BOURDINVous allez baisser la fiscalité !EMMANUEL MACRONJ'attends les travaux
il y a un organisme qui est en charge, il faut faire le truc dans le bon ordre
JEAN-JACQUES BOURDINOui d'accord mais vous ?EMMANUEL MACRONMoi
JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes pour ?EMMANUEL MACRONC'est qu'on puisse aménager sur ce dispositif
si
JEAN-JACQUES BOURDINAménager ça veut dire baisser
EMMANUEL MACRONSi les actions
oui mais
JEAN-JACQUES BOURDINÇa ne veut pas dire augmenter quand même.EMMANUEL MACRONNon parce que
JEAN-JACQUES BOURDINOn est d'accord parce que vous ne voulez pas augmenter les impôts, donc ça ne veut pas dire augmenter quand même.EMMANUEL MACRONNon, on met rarement un dispositif en augmentant la fiscalité
JEAN-JACQUES BOURDINDonc baisser la fiscalité
EMMANUEL MACRONDonc là-dessus, il y a des impôts, il y a des charges sociales, il y a les deux, il n'y a pas que la fiscalité, il y a les impôts et les charges, et donc si on garde suffisamment ses titres de l'entreprise, oui ! Il faut pouvoir baisser la fiscalité et les charges sur celle-ci
JEAN-JACQUES BOURDINÇa c'est très bien.EMMANUEL MACRONEt il faut pouvoir aussi donner plus de marge de manoeuvre aux petites entreprises, parce que l'épargne salariale, quand je dis « on l'a abîmée », pourquoi ? Un, on en a fait un instrument de pouvoir d'achat, d'ailleurs on a dit aux gens « vous n'avez pas d'argent, on ne peut pas vous en donner, utilisez l'épargne salariale, le déblocage », ce n'est pas une idée honnêtement qui aide cet actionnariat de long terme. Et la deuxième chose, c'est que pour les moins de 50 salariés, c'était quasi impossible de le faire, et on va faciliter l'épargne salariale. C'est important
pardon, pour les salariés français, c'est aussi important parce que c'est ça l'investissement productif dans le pays, c'est-à-dire que ça défend, ça protège nos entreprises.JEAN-JACQUES BOURDINLes professions réglementées, simplification de l'installation, on est bien d'accord ?EMMANUEL MACRONOui.JEAN-JACQUES BOURDINPlus facile, ouverture du capital entre professionnels Emmanuel MACRON.EMMANUEL MACRONOui.JEAN-JACQUES BOURDINRévision des tarifs ?EMMANUEL MACRONOui.JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire ?EMMANUEL MACRONLes tarifs pour beaucoup de ces professions n'ont pas été révisés depuis des décennies
JEAN-JACQUES BOURDINÇa va augmenter donc.EMMANUEL MACRONSi ça a augmenté, ce serait beau. Non, pas du tout
JEAN-JACQUES BOURDINÇa va augmenter ou pas ?EMMANUEL MACRONNon, pas du tout. Je prends l'exemple des tarifs des notaires qui sont une profession importante pour la sécurité juridique des Français, profession moi que je respecte beaucoup. Aujourd'hui, il y a un tarif qui crée d'ailleurs une péréquation, pour les petits actes c'est moins cher que le coût. Et après, on a un tarif forfaitaire avec un pourcentage en fonction de la transaction, ces tarifs datent de 1978. L'immobilier a augmenté de plus de 250 % depuis, donc on peut réviser quand même ces tarifs. Il ne s'agit pas de
JEAN-JACQUES BOURDINAugmenter les tarifs quoi.EMMANUEL MACRONNon, les baisser, les baisser, les baisser.JEAN-JACQUES BOURDIND'accord.EMMANUEL MACRONLes protéger pour les petits actes où le tarif a un aspect redistributif, permettre que le notaire gagne sa vie, mais après on peut trouver un système où on rapproche les tarifs des coûts réels, parce que sur beaucoup de ces actes les tarifs se sont déconnectés des coûts, ils ont monté tout seuls. Donc là-dessus, la transparence qu'on va mettre et le mécanisme qu'on veut faire, c'est pour baisser ces tarifs, pourquoi ? D'abord pour les Français, c'est du pouvoir d'achat, ensuite pour les entreprises, les professionnels parce que c'est ce qu'on appelle « les intrants » pour l'entreprise. On parle toujours de la compétitivité des entreprises, les marges, une entreprise elle emploie, elle investit, elle se bat sur les marchés internationaux quand on réduit ses charges, qu'est-ce que c'est ses charges ? Les charges qu'elle paie pour l'Etat, on la réduit
JEAN-JACQUES BOURDINOn va parler des entrepreneurs avec le MEDEF qui proteste
EMMANUEL MACRONC'est le pacte de responsabilité
JEAN-JACQUES BOURDINOui, on va en parler.EMMANUEL MACRONEnsuite, on les baisse en baissant le coût de l'énergie, c'est ce qu'on a commencé à essayer de faire, on a pris des mesures très concrètes pour celles où l'énergie représente beaucoup. Et puis c'est ce qu'elles consomment en services, les services c'est votre avocat, votre notaire, votre comptable, etc
JEAN-JACQUES BOURDIND'accord
EMMANUEL MACRONDonc là, il faut baisser là-dessus les prix en mettant plus de transparence, parce que ça donne de la compétitivité.JEAN-JACQUES BOURDINBon ! Est-ce que les notaires vont pouvoir conserver le droit de céder leur clientèle ?EMMANUEL MACRONAlors ça c'est un vrai sujet, on est en train de
JEAN-JACQUES BOURDINOui ou non ?EMMANUEL MACRONFinir la réflexion là-dessus, il y a un rapport parlementaire qui m'a été remis lundi par monsieur Richard FERRAND, qui a fait un énorme travail de concertation. Lui propose de supprimer ce qu'on appelle « le droit de présentation ».JEAN-JACQUES BOURDINOui, c'est-à-dire vendre sa charge.EMMANUEL MACRONExactement, et ça
JEAN-JACQUES BOURDINVendre son étude.EMMANUEL MACRONJe vais vous dire, quelle que soit l'option technique qu'on prend
je veux être très précis, c'est pour ça que j'ai
JEAN-JACQUES BOURDINÇa va vous coûter cher !EMMANUEL MACRONCette prudence
non, non, non, il n'y aura pas
JEAN-JACQUES BOURDINAh bon ! L'indemnisation ?EMMANUEL MACRONLà-dessus, on sera très prudents Jean-Jacques BOURDIN, mais je vais vous expliquer le système dans lequel on vit.JEAN-JACQUES BOURDINTrès vite parce que j'ai beaucoup de questions.EMMANUEL MACRONAujourd'hui quand vous êtes notaire, vous avez
c'est un office public ministériel, c'est pour ça que c'est une fonction importante, vous êtes dans la protection juridique. Est-ce que c'est normal au 21ème siècle que vous pouvez avoir les diplômes, l'expérience et parce que vous n'avez pas un notaire qui a une charge et qui vous présente au Garde des Sceaux, vous ne pourrez jamais être notaire associé. Ce n'est pas l'idée que je me fais de la République du 21ème siècle. Donc il faut qu'on trouve les moyens, ce qu'on est en train de travailler techniquement c'est extraordinairement
JEAN-JACQUES BOURDINDonc on revient sur ce droit.EMMANUEL MACRONDonc on va revenir soit là-dessus soit sur les conditions d'installation pour que le résultat en tout cas soit qu'aujourd'hui, quelqu'un qui a le mérite, qui a l'expérience de l'activité et qui est reconnu comme étant capable d'être un notaire associé puisse le devenir sur le territoire.JEAN-JACQUES BOURDINL'Etat va-t-il céder les parts qu'il possède dans de nombreuses entreprises oui, entre 5 et 10 milliards d'euros ?EMMANUEL MACRONOui, c'est ce que j'ai dit.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que vous avez dit
EMMANUEL MACRONDans les mois qui viennent.JEAN-JACQUES BOURDINTrès bien. Le travail le dimanche et en soirée, 12 dimanches, on est bien d'accord, ça ne bouge pas ?EMMANUEL MACRONÇa, ça sera porté à la discussion, il y a plusieurs dispositifs. Vous savez, ce qui crée de l'activité sur le travail du dimanche, d'abord un, il faut simplifier, rendre le dispositif plus lisible ; deux, il faut qu'il soit plus juste, c'est-à-dire qu'on mettra dans la loi le principe de compensation. Aujourd'hui, il y a des tas de zones en France où on travaille le dimanche. Vous savez, il y a 30 % des Français qui de manière occasionnelle ou régulière travaillent le dimanche. Donc qu'on n'aille pas non plus se pendre au rideau en disant « c'est affreux, ils proposent de travailler le dimanche », c'est la réalité et dans plein d'endroits du territoire, les Françaises et les Français qui travaillent le dimanche n'ont pas de compensation, on mettra le principe dans la loi. Ensuite, il faut renvoyer aux branches la négociation des modalités, mais là-dessus
donc ça c'est le point
ce qui crée de l'activité, c'est dans les zones à fort potentiel touristique et économique qu'on puisse ouvrir, même là où les élus sont un peu réfractaires
JEAN-JACQUES BOURDINOu le soir, dimanche ou le soir.EMMANUEL MACRONDimanche ou le soir. Et donc à Paris dans les zones touristiques connues
JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai compris.EMMANUEL MACRONDans certaines grandes zones touristiques, dans les gares de grands passages on le fera.JEAN-JACQUES BOURDINMais Emmanuel MACRON, c'est très bien
très bien ce projet de loi, sauf qu'il a été présenté déjà par Arnaud MONTEBOURG
une partie avant l'été, qu'il va être présenté en Conseil des ministres en décembre, qu'il sera présenté aux députés au printemps et que les Français verront les effets de ce projet de loi dans un an
EMMANUEL MACRONNon, alors là vous avez tout faux
JEAN-JACQUES BOURDINAh bon ! Et les décrets d'application paraîtront quand ?EMMANUEL MACRONAlors je vais
on va le faire étape par étape ensemble
JEAN-JACQUES BOURDINNon, non, non, moi je veux aller au bout.EMMANUEL MACRONMais moi aussi je veux aller au bout, je vous rassure. Arnaud MONTEBOURG a fait un discours en juillet, il y avait beaucoup de propositions, beaucoup n'ont pas été retenues sur les professions réglementées, pourquoi ? Parce que je pense que
JEAN-JACQUES BOURDINNon, on ne va pas revenir pourquoi
EMMANUEL MACRONIl y avait
JEAN-JACQUES BOURDINDites-moi, où on en est là !EMMANUEL MACRONMoi j'ai fait des premières annonces au nom de l'ensemble de mes collègues, parce que c'est un travail collégial, le président et le Premier ministre m'ont demandé de faire ces annonces le 15 octobre, première vague d'annonces, dans les prochaines semaines je les complèterai par d'autres annonces parce qu'on doit aller plus loin
JEAN-JACQUES BOURDINAh bon, sur quoi ?EMMANUEL MACRONBien sûr on doit aller plus loin
JEAN-JACQUES BOURDINQuelles annonces, sur quel
dans quel secteur, dans quel domaine ?EMMANUEL MACRONJe ne vais pas vous faire des annonces aujourd'hui, je vous dis que je vais les faire dans les prochaines semaines
JEAN-JACQUES BOURDINEt pourquoi pas, pourquoi pas ?EMMANUEL MACRONParce que je suis en train de vous expliquer
JEAN-JACQUES BOURDINDe quels domaines, dites-moi
EMMANUEL MACRONOn va continuer à travailler, en particulier sur le marché du travail, le Premier ministre l'a dit, le président aussi.JEAN-JACQUES BOURDINSur le marché du travail !EMMANUEL MACRONBien sûr, il faut aller plus loin
JEAN-JACQUES BOURDINRénover le Code du travail ?EMMANUEL MACRONLes partenaires sociaux sont en train de négocier et nous-mêmes, on fera des propositions. J'ai commencé à les esquisser
JEAN-JACQUES BOURDINRénover le Code du travail ?EMMANUEL MACRONSur le Conseil des Prud'hommes, avec François REBSAMEN nous continuons à travailler sur le sujet.JEAN-JACQUES BOURDINConseil des Prud'hommes pour raccourcir les délais évidemment
EMMANUEL MACRONRaccourcir les délais, simplifier.JEAN-JACQUES BOURDINLes simplifier ?EMMANUEL MACRONBien sûr, c'est bon pour les Français, les Français les plus modestes et les patrons aussi, les petits chefs d'entreprise, ceux qui sont
qui se battent tous les jours.JEAN-JACQUES BOURDINLe MEDEF lui, il veut pouvoir licencier
EMMANUEL MACRONNon, attendez ! Avant que vous disiez une autre question, je finis. Là, je vais refaire une série d'annonces, Conseil des ministres, ensuite vous allez au Parlement, je vais y aller très vite, quelques semaines après, on va discuter avec le Parlement et le Sénat d'ici au printemps, et ce sera voté. Je m'engagerai moi en parallèle, pendant qu'on fait la discussion, à donner un calendrier très précis de décrets d'application avec les dates
JEAN-JACQUES BOURDINAlors quand les décrets d'application
EMMANUEL MACRONAvec les dates, ils seront pris
JEAN-JACQUES BOURDINSelon vous, avant l'été ?EMMANUEL MACRONDans la foulée de la loi, et donc
JEAN-JACQUES BOURDINAvant l'été ?EMMANUEL MACRONEt donc les premiers, je m'y engage, seront prêts avant l'été, les premiers décrets d'application avant l'été. Et surtout, je mettrai en place une petite équipe indépendante qui suivra, qui suivra, vous m'entendez bien, le projet qu'on met sur la table, son évolution en fonction des amendements, des décrets et qui en mesurera les effets, parce qu'il faut qu'on puisse rendre compte aux Français. Vous avez raison, on fait trop d'annonces qui ne sont pas suivies, et après les gens
on perd le fil de tout ça
JEAN-JACQUES BOURDINEvidemment.EMMANUEL MACRONOn perd le fil. Donc moi, je veux que le fil soit suivi
JEAN-JACQUES BOURDINC'est pour ça qu'on a perdu le fil hier soir.EMMANUEL MACRONEt qu'on ait
JEAN-JACQUES BOURDINPourquoi est-ce que le président n'a pas parlé comme vous hier soir, pourquoi est-ce que ce n'était pas aussi précis Emmanuel MACRON
EMMANUEL MACRONMais le président
JEAN-JACQUES BOURDINPourquoi est-ce que vous êtes concret et pas lui ?EMMANUEL MACRONLe président, il a été précis, vous savez c'est lui qui m'a élevé si je puis dire, donc
JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais d'accord
oui mais enfin, vous êtes un bon élève. Dites-moi Emmanuel MACRON, compte pénibilité, loi Hamon, les salariés qui sont avertis de la vente d'une entreprise, alors là le MEDEF n'en veut pas, ras-le-bol, souffrance des patrons. Est-ce que les patrons souffrent en France ?EMMANUEL MACRONC'est très dur pour les patrons français.JEAN-JACQUES BOURDINDonc ils souffrent ?EMMANUEL MACRONC'est très dur.JEAN-JACQUES BOURDINIls souffrent ?EMMANUEL MACRONIl y a 3,5 millions de patrons
JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce que vous pouvez dire ce matin « les patrons souffrent » ?EMMANUEL MACRONLa souffrance en particulier sociale ou économique, je la réserverai pour d'autres catégories de Français
JEAN-JACQUES BOURDINDonc ils ne souffrent pas !EMMANUEL MACRONSi
non, je pense que certains patrons
JEAN-JACQUES BOURDINIls souffrent ou ils ne souffrent pas
EMMANUEL MACRONOh ! Mais vous êtes terrible, vous voulez que
(
) BrouhahaEMMANUEL MACRONSi je vous dis « les patrons souffrent », vous allez me prendre après l'exemple d'un patron du CAC 40 en disant « ah bon ! Il souffre ». Les patrons, c'est une réalité extraordinairement
JEAN-JACQUES BOURDINCertains souffrent, alors est-ce que certains souffrent ?EMMANUEL MACRONOui, certains patrons souffrent, c'est très clair parce qu'ils se battent au quotidien pour leur chiffre d'affaires, pour le carnet de commandes, pour maintenir parfois l'unique salarié qu'ils ont, donc oui c'est très dur, les patrons souffrent, vous avez raison.JEAN-JACQUES BOURDINUn suicide tous les 25 jours.EMMANUEL MACRONVous avez raison, mais je sais bien, les patrons souffrent, les patrons dans l'agriculture
JEAN-JACQUES BOURDINDans les PME
tous les 2 jours pardon.EMMANUEL MACRONDans l'agriculture, dans les petites entreprises c'est très dur, dans certains secteurs comme le bâtiment c'est très dur, donc bien sûr qu'ils souffrent, bien sûr que c'est très dur.JEAN-JACQUES BOURDINLa loi Hamon, n'est-ce pas une hérésie, c'est ce qu'ils disent, ce n'est pas moi
EMMANUEL MACRONMais la loi Hamon, la loi Hamon et la pénibi
moi j'ai
quand on est sur le terrain, je comprends qu'un petit patron
JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes favorable à cette loi ?EMMANUEL MACRONEcoutez ! Il y a une question, quand on est ministre de la République, ce n'est pas de savoir si on est favorable ou pas favorable quand une loi vient d'être votée
JEAN-JACQUES BOURDINVous l'appliquez
EMMANUEL MACRONJe suis républicain comme vous, je suis républicain comme vous. La pénibilité comme l'information des salariés, ce sont de belles idées, ce sont de grandes idées, elles ont été votées par la représentation nationale. Quel responsable
JEAN-JACQUES BOURDINSemaine de mobilisation
EMMANUEL MACRONQuel responsable politique je serai si je vous disais « oui, non, la représentation nationale l'a votée mais vous savez quoi, on ne va pas le faire », non. Par contre, il faut réconcilier la réalité, il y a des belles idées. Ecoutez ! La pénibilité, c'est une belle idée, c'est une grande idée, c'est ce qui va nous permettre d'individualiser les droits des salariés, et de considérer que vous et moi le job qu'on fait, ça n'est pas le même que celui qui est tourneur-fraiseur ou qui passe la journée dans des situations extrêmement difficile, qui est dans une entreprise et qui se bat, ce n'est pas le même boulot. Donc c'est normal qu'il y ait des critères. Après, quand on est au réel dans le quotidien, je comprends parfaitement le fait que ça puisse paraître insupportable pour un petit patron qui dit « vous m'avez pris 10 décrets, je vais avoir des tas de critères qui pour la pénibilité
JEAN-JACQUES BOURDINC'est ça la simplification ?EMMANUEL MACRONMais comment je vais faire parce que je vais devoir informer mes salariés.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ça la simplification ?EMMANUEL MACRONDonc qu'est-ce qu'on fait, d'abord on concerte avant de le faire, ce qu'a fait François REBSAMEN sur la pénibilité, il y a eu un gros boulot de fait. Un gros travail organisé par Michel de VIRVILLE. Et là le président de la République l'a dit hier soir, qu'est-ce qu'on va faire sur des deux dispositifs ? On les garde, on les applique, mais on les met sous observation et sous évaluation parce que dans notre pays, moi je vais au bout de votre raisonnement, Jean-Jacques BOURDIN, il faut évaluer pour corriger. Il faut arrêter de faire des annonces et de sauter d'une annonce à l'autre. Si je vous disais ce matin, vous savez quoi, on a décidé d'abandonner, vous me prendriez pour un irresponsable ou un déséquilibré, on a voté ça en juillet.JEAN-JACQUES BOURDINVous allez abandonner autre chose.EMMANUEL MACRONNon, donc là
JEAN-JACQUES BOURDINLa puce sur les permis de conduire par exemple, je referme la parenthèse
EMMANUEL MACRONMais moi je peux vous le faire ça, non, non mais je vous ai entendu tout à l'heure, la puce sur les permis de conduire
. Non mais depuis tout à l'heure vous nous assassinez là-dessus.JEAN-JACQUES BOURDINJe ne vous assassine pas.EMMANUEL MACRONMoi, je n'y connais rien à ce sujet, donc j'ai appelé Bernard CAZENEUVE sans la voiture, mieux vaut appeler les gens qui savent directement, je ne vais pas vous raconter des cracs. Je l'ai appelé dans la voiture, je lui ai dit, Jean-Jacques BOURDIN va m'attraper sur la puce, il m'a expliqué l'affaire, il m'a dit les marchands étaient passés, ils sont défectueux. Donc comme caractéristique des marchés qui ont été passés sur la puce qui sont défectueux, ça ne marche pas.JEAN-JACQUES BOURDINEt qui les a passé ces marchés ?EMMANUEL MACRONIls ont été mal passés.JEAN-JACQUES BOURDINPar qui ?EMMANUEL MACRONPar qui, nos prédécesseurs et pour partie par nos services.JEAN-JACQUES BOURDINPar vous.EMMANUEL MACRONOui par nous, de toute façon on est toujours responsable, donc ça on ne se défile pas.JEAN-JACQUES BOURDINJ'aime bien ça.EMMANUEL MACRONNon mais je vous le dis. Donc il y avait des marchés défectueux. Deux, il m'a dit, on a regardé les couts par rapport à la réalité, il m'a dit, il y a deux pays qui le font la France et je crois que c'est la Lituanie l'autre. Posez-vous la question, pourquoi l'Allemagne, la Grande Bretagne et l'Italie ne le font pas ? Donc il y a moyen d'avoir
JEAN-JACQUES BOURDINPourquoi avoir voulu le faire alors ?EMMANUEL MACRON
un degré de sécurité sans faire ça, donc quand on est parti pour faire une bêtise, vous savez quoi, le mieux c'est de le corriger.JEAN-JACQUES BOURDINVaut mieux s'arrêter oui. Remarquez l'écotaxe
EMMANUEL MACRONVous voulez qu'on
JEAN-JACQUES BOURDINNon, non je termine
je termine avec ce témoignage, écoutez bien ce témoignage.SANDRINE, SALARIEE CHEZ GADVoilà toujours des promesses, des promesses et jamais d'acte donc voilà, nous les illettrés, on attend quelque chose de sa part, qu'il vienne nous voir, qu'il vienne voir ce que les illettrés sont capables de faire. Je ne sais pas, est-ce qu'il y a une certaine peur de sa part, ou d'être pris à partie, de prendre peut-être des tomates dans la figure, peut-être je ne sais pas.JEAN-JACQUES BOURDINSandrine de GAD. Vous êtes allé les voir, vous allez les voir ou pas. Vous n'y êtes pas allé jusqu'à maintenant ?EMMANUEL MACRONJe n'y suis pas allé et j'irais.JEAN-JACQUES BOURDINMais vous y allez quand.EMMANUEL MACRONJe tiens mes promesses. J'irais à un moment où je ne vous le dirais pas, vous savez quoi, parce que ce n'est pas show politique.JEAN-JACQUES BOURDINJe n'ai pas envie de le savoir, mais vous irez ?EMMANUEL MACRONBien sûr que j'irais, je tiens toujours mes promesses, je tiens mes engagements.JEAN-JACQUES BOURDINJe sais que ça vous a touché.EMMANUEL MACRONOui, ça m'a touché.JEAN-JACQUES BOURDINC'est une bêtise
EMMANUEL MACRONEcoutez, je vais vous dire, vis à vis de ces femmes et de ces hommes, ce n'est pas une bêtise, c'est une faute. Je l'ai dit, c'est une faute, parce que je les ai blessé, ce n'est pas ce que je voulais faire. Vis-à-vis des belles âmes, de tous ceux qui m'ont donné des leçons, voire qui m'ont insulté parce que j'ai dit qu'il y avait un problème d'illettrisme en France, en prenant cet exemple et que j'ai dit qu'il y avait un problème de mobilité sur les territoires, sur cela non seulement je ne vais pas m'excuser, mais je vais leur dire que ce sont eux qui ont tort parce que si les belles âmes pensent qu'en se voilant la face, en ne nommant pas la réalité, on aide à la résoudre, ils se trompent et on meurt de ça aujourd'hui dans ce pays. Donc c'est ça la réalité. Maintenant par rapport à l'engagement que j'ai fait, j'ai parlé aux élus, aux responsables syndicaux, aux gens de terrain, si j'étais allé dans la foulée, si j'y étais allé là alors qu'il y a un plan social, une restructuration, c'était quoi, j'y allais quoi sur le terrain ? Pour leur faire des promesses, que je n'aurais pas pu tenir, pour leur dire voilà le messie, je me suis planté, à la radio j'ai fait une faute vis-à-vis de vous mais je vais vous sauver d'un plan social, je ne sais pas le faire, ça n'est pas vrai. Il y a un plan social qui est en cours, qui se passe d'ailleurs mal dans des conditions que je déplore, c'est-à-dire qu'en plus il y a eu des humiliations et ce n'est pas normal. Mais donc je ne veux pas être un démago, je ne vais pas aller sur le terrain maintenant pour faire des fausses promesses à ces salariés ou pour aller, pardon de la formule familière, me faire la cerise parce que ce serait bien et ce serait bien pour mon image. Donc j'irais, mais j'irais à leurs conditions et aux miennes ; pas celles du système médiatique. J'irais pour un échange humain et sincère et je n'irais pas pour raconter des cracs, pour faire des promesses ou pour aller jouer.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Emmanuel MACRON.Source : Service d'information du Gouvernement, le 17 novembre 2014
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vie_publique · nº 192916
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