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29 octobre 2014 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de M. François Rebsamen, ministre du travail, de l'emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social à BFM le 29 octobre 2014, sur la situation économique et l'éventualité de la croissance en 2015.

François Rebsamen (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINNotre invité François REBSAMEN, ministre du Travail, de l'Emploi bonjour.FRANÇOIS REBSAMENBonjour Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINMembre éminent du gouvernement. Est-ce que vous considérez qu'il y a eu une exploitation politicienne de la mort de Rémi FRAISSE ?FRANÇOIS REBSAMENOui, il y a des propos qui ont été tenus qui n'auraient pas dû l'être devant un tel drame, parce qu'il s'agit d'un drame, la mort d'un jeune de 20 ans c'est un drame. Je crois qu'il faut d'abord être respectueux des proches, de la famille, il faut s'incliner il faut faire preuve de la compassion nécessaire et garder la mesure, garder la mesure dans les propos en attendant bien évidemment JEAN-JACQUES BOURDINDonc il y a eu démesure, si je comprends bien, dans les propos de certains : Cécile DUFLOT ou José BOVE mais avant tout Cécile DUFLOT !FRANÇOIS REBSAMENIl faut garder la mesure, des enquêtes sont ouvertes JEAN-JACQUES BOURDINC'est quoi, c'est la revanche politicienne, c'est quoi, c'est une volonté de chasser Manuel VALLS, c'est quoi François REBSAMEN ?FRANÇOIS REBSAMENCe sont vos propos Jean-Jacques BOURDIN JEAN-JACQUES BOURDINMes propos mais qu'en pensez-vous ?FRANÇOIS REBSAMENJe pense que les propos étaient exagérés, on ne peut pas dans ces circonstances tout de suite employer des expressions comme celles qui ont été employées. Il faut savoir ce que va dire l'enquête administrative, et puis il faut aussi mesurer la violence qui s'exerce sur le terrain maintenant, très souvent sur des projets qui sont validés par des élus après des périodes très longues JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'il faut suspendre ce projet ?FRANÇOIS REBSAMENMoi je le pense, je pense qu'aujourd'hui mais je pense que c'est de la responsabilité bien sûr du Conseil général en l'occurrence JEAN-JACQUES BOURDINMais vous pensez qu'il faut le suspendre ?FRANÇOIS REBSAMENMais je pense que pour ramener le calme dans l'immédiat, le mieux c'est de suspendre le projet. Mais c'est un avis personnel, bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINC'est un avis personnel mais il compte puisque je le rappelle, vous êtes un membre éminent du gouvernement. Deux choses encore enfin une question encore puis nous passons à l'emploi François REBSAMEN, qui est quand même le sujet majeur qui concerne les Français en premier lieu. François REBSAMEN, le ministre de l'Intérieur a parlé de bavure non, il a dit « il n'y a pas eu de bavure », il a employé le mot bavure, est-ce qu'il n'est pas allé trop vite en disant « il n'y a pas eu de bavure » ?FRANÇOIS REBSAMENIl est soumis à une forte pression parce que – je le disais – des propos ont été tenus qui n'étaient pas acceptables. Il y a une violence qui s'exerce de plus en plus maintenant dans ce genre de confrontation, il y a des jeunes qui viennent de toute l'Europe, il faut savoir cela, qui viennent pour se battre, disons les choses clairement, pour agresser aussi les forces de l'ordre qui (elles) appliquent la loi, défendent la loi quand les règles ont été respectées, ce qui était le cas en l'occurrence. Donc moi je pense qu'il faut attendre dans ces circonstances, attendre les résultats. Il y a une enquête JEAN-JACQUES BOURDINIl n'attend pas les résultats quand il dit « il n'y a pas eu de bavure » !FRANÇOIS REBSAMENIl y a une enquête judiciaire, il y a une enquête administrative JEAN-JACQUES BOURDINOui, et il suspend l'utilisation des grenades offensives en même temps.FRANÇOIS REBSAMENOui, ça c'est une mesure (je pense) d'apaisement qu'il a prise immédiatement dans l'attente des résultats de l'enquête administrative qui a été lancée..JEAN-JACQUES BOURDINSauf que s'il y a des affrontements avec des éléments très FRANÇOIS REBSAMENC'est aussi une JEAN-JACQUES BOURDINDurs, les gendarmes ne pourront plus utiliser les grenades offensives.FRANÇOIS REBSAMENJe pense, j'espère et c'est aussi un appel au calme que je lance, à la reprise du dialogue, un tel événement doit faire réfléchir tout le monde. Et donc il est temps que ceux qui étaient des opposants résolus et violents se calment et arrêtent d'agresser en permanence les forces de l'ordre, c'est quand même le cas.JEAN-JACQUES BOURDIN« Les socialistes ne vivent plus comme les gens, les élus ne connaissent pas le terrain, ils ne savent pas comment la vie se déroule dans une HLM, dans le quartier de la Fontaine d'Ouche qui rassemble toutes les nationalités dans sa diversité », c'est vous qui avez tenu ces propos.FRANÇOIS REBSAMENOui, j'ai dit que des élus, des élus disons les choses clairement, j'ai dit que des élus du Parti socialiste – mais de tous les partis d'ailleurs JEAN-JACQUES BOURDINOui mais enfin vous avez parlé des élus du Parti socialiste FRANÇOIS REBSAMENJe parlais aux miens, je parlais aux miens, je voulais dire aux miens qu'il fallait rester qu'est-ce qu'il y avait derrière ce message, la volonté de rester en contact permanent avec la population, c'est l'expérience du maire que j'ai été et peut-être que je redeviendrai qui disait ça JEAN-JACQUES BOURDINA Dijon.FRANÇOIS REBSAMENA Dijon bien sûr. Le seul moyen de savoir vraiment comment les gens réagissent, pensent, c'est d'aller les voir, c'est de leur parler, de les rencontrer.JEAN-JACQUES BOURDINCes élus socialistes qui ne vivent pas comme les gens, vous pensez à qui, à tous ces élus qui quoi, qui restent je ne sais pas moi, qui sont FRANÇOIS REBSAMENVous savez, une carrière d'élu c'est aussi c'est fait de d'abord il faut avoir un métier, ensuite il faut se dire qu'il y aura des échecs et des victoires dans une vie électorale, mais toujours il faut rester près du peuple et il faut toujours se renseigner pour savoir comment les gens vivaient. Donc il y a des gens – ça se passe à droite, ça se passe à gauche – qui ont fait des carrières uniquement dans des cabinets JEAN-JACQUES BOURDINAlors François REBSAMEN, si je vous parle de ces phrases-là, c'est parce qu'elles ont été prononcées dans le cadre d'une interview à un magazine qui s'appelle « MIROIR MAG », qui est un magazine bourguignon que vous connaissez bien FRANÇOIS REBSAMENOui mais qui n'a pas respecté le minimum des règles puisque JEAN-JACQUES BOURDINCe n'est pas ce que dit le journaliste.FRANÇOIS REBSAMENOui oui mais JEAN-JACQUES BOURDINIl dit « j'ai enregistré toute la conversation » FRANÇOIS REBSAMENOui, mais elle devait être publiée vous savez comment ça se passe, vous êtes un journaliste émérite et connu, elle devait être publiée sur papier et l'interview devait être relue. Et donc il a mis en vrac en changeant en changeant des membres de phrases, changeant des membres de phrases, en coupant des phrases de mon interview, ce qui n'était pas acceptable.JEAN-JACQUES BOURDINMais par exemple lorsque vous dites dans cette interview « je me bats depuis longtemps pour une vision libérale de l'économie » FRANÇOIS REBSAMENEh bien il manque JEAN-JACQUES BOURDINVous assumez ou pas ?FRANÇOIS REBSAMENIl manque la moitié de la phrase, j'ai dit « vous savez, il y a deux types d'économie, ça a toujours été comme ça, il y a les économies administrées de type communiste, ce qu'on a connu, je ne m'y suis jamais reconnu ; et puis il y a l'économie libérale et forcément c'est dans celle-là JEAN-JACQUES BOURDINVous vous reconnaissez dans l'économie libérale !FRANÇOIS REBSAMENC'est dans celle-là que nous vivons, c'est dans celle-là que nous vivons. Et vous voyez quand on enlève la moitié d'une phrase, ça dénature les propos.JEAN-JACQUES BOURDINBien ! Vous dites aussi « il faut adapter notre système social », ça vous êtes d'accord ?FRANÇOIS REBSAMENC'est vrai oui, c'est vrai.JEAN-JACQUES BOURDINVous dites « ce système social est très protecteur », il est très protecteur ?FRANÇOIS REBSAMENOui, oui.JEAN-JACQUES BOURDINTrop protecteur ?FRANÇOIS REBSAMENJe n'ai pas dit trop protecteur.JEAN-JACQUES BOURDINNon, non mais je vous pose la question moi.FRANÇOIS REBSAMENIl est très protecteur, est-ce que je peux donner un exemple ?JEAN-JACQUES BOURDINAllez-y.FRANÇOIS REBSAMENEn Allemagne il est beaucoup moins protecteur, eh bien ! En Allemagne le taux de pauvreté des chômeurs, il est passé de 36 %... on en parle en ce moment justement de la pauvreté, il est passé de 36 % à plus de 60 %. Nous il est élevé, il est à 38 % mais n'a pas bougé, et donc il est protecteur. Et pour qu'il reste protecteur, il faut qu'il soit parfait JEAN-JACQUES BOURDINEt juste !FRANÇOIS REBSAMENEt juste.JEAN-JACQUES BOURDINDonc juste, ça veut dire renforcer les contrôles, ça veut dire FRANÇOIS REBSAMENOui, j'ai d'ailleurs JEAN-JACQUES BOURDINAssouplir les seuils, assouplir FRANÇOIS REBSAMENNon, ce qui n'a JEAN-JACQUES BOURDINDe 35 h 00 et autoriser le travail le dimanche ?FRANÇOIS REBSAMENPas du tout JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que vous dites dans cette interview !FRANÇOIS REBSAMENNon, je ne dis pas ça JEAN-JACQUES BOURDINAh bon !FRANÇOIS REBSAMENNon, non, non, je ne dis pas ça. Alors là non, non, vous ne pouvez pas transformer mes propos là JEAN-JACQUES BOURDINBon, d'accord non, non, vous ne dites pas ça FRANÇOIS REBSAMENNon, je ne dis pas ça. Je dis « si on interroge les personnes JEAN-JACQUES BOURDINMoi je ne transforme rien, je lis ce que dit ce journaliste.FRANÇOIS REBSAMENMais je n'ai pas dit ça, je n'ai pas dit ça, donc JEAN-JACQUES BOURDINBon ! D'accord.FRANÇOIS REBSAMENNon, j'ai dit que les gens aujourd'hui, si on les interroge, ils sont favorables au contrôle, oui bien sûr, mais contrôle ne veut pas dire poursuites comment imaginer les choses JEAN-JACQUES BOURDINMais vous êtes favorable au contrôle vous ?FRANÇOIS REBSAMENJ'ai dit que j'étais pour des contrôles, c'est quoi les contrôles à POLE EMPLOI ? C'est la nécessité d'appeler les gens pour voir pourquoi ils décrochent, pourquoi ils JEAN-JACQUES BOURDINÇa a fait du bruit vos déclarations.FRANÇOIS REBSAMENC'est incroyable que ça fasse du bruit, comment il est du devoir des agents de POLE EMPLOI de savoir pourquoi les gens ne cherchent plus d'emploi. Et donc c'est même comment dire, c'est un accompagnement renforcé, attendu parce qu'il y a des tas de raisons pour lesquelles les gens peuvent décrocher JEAN-JACQUES BOURDINVous avez d'ailleurs demandé à POLE EMPLOI d'être plus efficace FRANÇOIS REBSAMENMais bien sûr JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai lu ça.FRANÇOIS REBSAMENMais bien sûr, mais il y a des tas de raisons pour lesquelles les gens peuvent décrocher, ils peuvent décrocher parce qu'ils sont découragés, ils peuvent décrocher parce qu'ils ne trouvent pas de travail, ils peuvent décrocher etc. Et ce qu'il y a et ce contrôle ce qu'il a permis, c'est de redynamiser les gens dans la recherche d'emploi, c'est le travail de POLE EMPLOI.JEAN-JACQUES BOURDINFrançois REBSAMEN, malgré l'amitié que je porte à Michel SAPIN, il s'est totalement trompé, on ne juge pas le chômage mois par mois mais sur des périodes FRANÇOIS REBSAMENC'est vrai.JEAN-JACQUES BOURDINPlus longues, un trimestre ou un semestre.FRANÇOIS REBSAMENOui, mais JEAN-JACQUES BOURDINLà, vous assumez ce que vous avez dit !FRANÇOIS REBSAMENIl en convient, c'est vrai, je crois qu'il faut du temps je vais donner quelques exemples. Vous savez ce pays a doublé sa richesse en 40 ans, le produit intérieur brut a été multiplié par deux, le chômage a été multiplié par quatre, donc il y a quand même un problème de fond dans notre pays.JEAN-JACQUES BOURDINIl y a un échec quoi !FRANÇOIS REBSAMENGlobal, collectif, je n'ai jamais dit le contraire, et on agit justement on agit pour remédier à cela. Le taux de chômage aujourd'hui, le taux de chômage en France, il est de France métropolitaine, il est de 9,7 %. Est-ce que vous savez quel a été le record du taux de chômage dans notre pays ces 40 dernières années ? C'était sous Alain JUPPE, c'était 10,7 %. Et donc vous voyez, on peut se redresser, et donc on va se redresser avec les mesures qui ont été prises. Mais le taux de chômage de la France n'est pas aujourd'hui, on croirait que la France est JEAN-JACQUES BOURDINMais lorsque vous dites « on va se redresser » FRANÇOIS REBSAMENOui, bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINLe public ne vous croit plus, ne vous écoute plus FRANÇOIS REBSAMENSi, il m'écoute parce que je fais JEAN-JACQUES BOURDINIls ne vous croient plus François REBSAMEN.FRANÇOIS REBSAMENSi, ils vont me croire parce que j'ai fait le constat, j'ai fait le constat que jusqu'à présent ça n'a pas suffit. Et donc il faut amplifier JEAN-JACQUES BOURDINVous avez dit « c'est un échec » FRANÇOIS REBSAMENCollectif, je viens de vous le dire JEAN-JACQUES BOURDINCollectif, vous l'avez dit FRANÇOIS REBSAMENJ'ai dit « nous sommes en échec collectif ».JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes en échec, donc le président de la République, le Premier ministre, les gouvernements qui ont précédé, les présidents qui ont précédé FRANÇOIS REBSAMENNotre pays JEAN-JACQUES BOURDINC'est un échec FRANÇOIS REBSAMENNe peut pas JEAN-JACQUES BOURDINEst en échec !FRANÇOIS REBSAMENOui, il ne peut pas sur ce point-là, il ne peut pas accepter de vivre avec un taux de chômage aussi élevé, donc nous devons agir, nous agissons JEAN-JACQUES BOURDINVous avez tout essayé ?FRANÇOIS REBSAMENNon, non, non, justement, non, tout n'est pas essayé. Là, nous mettons encore en oeuvre des mesures, nous agissons et ça va porter ses fruits. Et je pourrai d'autant plus dire JEAN-JACQUES BOURDINEn juin, c'est ce que vous dites !FRANÇOIS REBSAMENOui, j'espère dans l'année prochaine, j'espère un retournement à la mi-2015. C'est vrai qu'on est dépendant JEAN-JACQUES BOURDINVous espérez mais ça fait des mois FRANÇOIS REBSAMENMais pourquoi, parce que JEAN-JACQUES BOURDINQu'on entend des ministres nous dire « on espère, ça va se retourner » FRANÇOIS REBSAMENMais non, mais non JEAN-JACQUES BOURDINMais si, le président de la République, tout le monde François REBSAMEN.FRANÇOIS REBSAMENMais forcément quand on met en place des mesures, on attend de voir ce qu'elles vont produire, elles vont produire leurs effets.JEAN-JACQUES BOURDINLesquelles mesures ?FRANÇOIS REBSAMENMais le CICE par exemple JEAN-JACQUES BOURDINDites-moi, le CICE il a été imaginé en janvier il a été imaginé en 2013, janvier 2014 il est présenté, nous sommes au mois d'octobre FRANÇOIS REBSAMENOui, oui.JEAN-JACQUES BOURDINFin octobre 2014 et vous me dites « ça n'en portera pas ses fruits avant la mi-2015 » et encore FRANÇOIS REBSAMENOui, oui parce qu'il faut du temps pour que les mesures portent leurs fruits. Il y a encore des entreprises qui ne connaissaient pas le CICE, on est responsables de ne pas avoir fait assez de comment dire, de pédagogie autour de ces mesures. Elles porteront pleinement leurs fruits à partir du 1er janvier, avec en plus la baisse des cotisations, on a redonné des marges aux entreprises mais d'une manière incroyable, ce gouvernement a redistribué, va redistribuer 2 points de PIB, c'est-à-dire 40 milliards d'euros pour que les entreprises recréent aujourd'hui de l'emploi, qu'elles reprennent confiance en elles. Mais tout n'est pas là encore, ça va venir au 1er janvier, le CICE il est de 4 % aujourd'hui, il sera de 6 % l'année prochaine, c'est un encouragement aux entreprises qu'on donne. Et moi, je secoue les branches pour qu'elles se mettent au travail, c'est le cas de le dire, je secoue les branches. On avait réuni les 50 plus grandes branches, vous voyez que petit à petit JEAN-JACQUES BOURDINOn en est où d'ailleurs FRANÇOIS REBSAMENPas assez JEAN-JACQUES BOURDINCombien de branches, combien de branches ?FRANÇOIS REBSAMEN3 ont déjà signé JEAN-JACQUES BOURDIN3 ont signé FRANÇOIS REBSAMENMais elles couvrent beaucoup de salariés quand même. Quand je dis les industries chimiques, les industries de métallurgie, hier les banques, demain les assurances, c'est des emplois qui sont annoncés pour les prochaines années, c'est de l'apprentissage qui est annoncé, c'est de l'investissement et ça, ça va porter ses fruits. Mais ce qui est vrai c'est qu'aujourd'hui, ça n'a pas assez porté ses fruits, et puis il y a l'environnement international, vous en conviendrez, c'est-à-dire européen, européen, donc on est aussi tenants quand on a des politiques d'emploi comme moi, parce que je porte les politiques d'emploi au nom du gouvernement et pas n'importe lesquelles. Et elles sont fructueuses, par exemple les 150.000 emplois d'avenir, quand on porte ces politiques d'emploi, permettez-moi de le dire, on est quand même dépendant de la croissance et tout le monde le sait bien.JEAN-JACQUES BOURDINDépendant de la croissance, évidemment.FRANÇOIS REBSAMENC'est vrai.JEAN-JACQUES BOURDINAlors comment par exemple faciliter l'embauche dans les petites entreprises, je sais que vous y réfléchissez, c'est vrai ?FRANÇOIS REBSAMENOui, je cherche toutes les solutions que nous pouvons mettre en place, on expérimente JEAN-JACQUES BOURDINAlors il y a une idée FRANÇOIS REBSAMENIl y a par exemple un problème moi que je ressens dans les petites entreprises. Les chefs d'entreprise des entreprises de moins de 10 pour parler clair, là où il y a potentiellement de l'emploi, c'est ces PME TPE, ils ont peur d'avoir à gérer ils ne savent pas gérer un contrat de travail, ils ne savent pas bien embaucher, ils se disaient « comment ça va se passer si demain je suis obligé de licencier, de me séparer si je n'ai plus les commandes pour répondre », c'est ça qu'il faut qu'on regarde avec eux. Et je JEAN-JACQUES BOURDINPar exemple il y a une idée qui circule, des salariés employés en CDI par des sociétés de travail temporaire et détachés dans des entreprises artisanales ou industrielles en fonction de leurs besoins.FRANÇOIS REBSAMENÇa pourrait JEAN-JACQUES BOURDINC'est une bonne idée ça ?FRANÇOIS REBSAMENLes groupements d'employeurs un groupement d'employeur qui porterait le contrat de travail pour l'entreprise, pour le petit entrepreneur qui ne sait pas bien gérer ça.JEAN-JACQUES BOURDINContrat de travail unique, vous y êtes favorable ou pas, comme en Italie, puisque les Italiens réfléchissent à la question, et je sais que vous regardez beaucoup ce qui se passe en Italie, enfin du moins chez Manuel VALLS on regarde beaucoup.FRANÇOIS REBSAMENOui, mais je ne sais pas bien ce que ça veut dire le contrat de travail unique JEAN-JACQUES BOURDINOn supprime CDI et CDD FRANÇOIS REBSAMENSi c'est JEAN-JACQUES BOURDINEt on remplace FRANÇOIS REBSAMENEt on fait quoi JEAN-JACQUES BOURDINJe ne sais pas FRANÇOIS REBSAMENMoi non plus, moi non plus.JEAN-JACQUES BOURDINUn CDI plus flexible dans les premiers mois FRANÇOIS REBSAMEND'accord, d'accord.JEAN-JACQUES BOURDINUn CDI plus flexible dans les premiers mois FRANÇOIS REBSAMENMais on l'a déjà on a fait des avancées en la matière, les partenaires sociaux ont fait des JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'il faut plus de flexibilité, c'est ce que demandent aussi les chefs d'entreprise !FRANÇOIS REBSAMENSi plus de flexibilité c'est plus de facilité à licencier non, voilà, je ne sais plus qui disait cette chose assez simple : il faudrait que le CDI soit un tout petit peu plus flexible et le CDD beaucoup moins. Donc une fois qu'on a dit ça, voilà JEAN-JACQUES BOURDINAlors on supprime le CDI et le CDD, on le remplace par un contrat de travail unique FRANÇOIS REBSAMENEt qui porte atteinte JEAN-JACQUES BOURDINVous réfléchissez ou pas ?FRANÇOIS REBSAMENNon, non JEAN-JACQUES BOURDINNon !FRANÇOIS REBSAMENNon, moi personnellement non JEAN-JACQUES BOURDINVous dites non au travail FRANÇOIS REBSAMENNon mais vous savez mon prédécesseur, il a Parce que c'était une grande idée dans les années 2007-2008, je crois que je ne sais pas si c'est Xavier BERTRAND, en tous les cas peu importe. Un de mes prédécesseurs en 2007-2008, il a soumis ça aux partenaires sociaux et les partenaires sociaux ont dit « non, il n'en est pas question ». Donc moi je dis aujourd'hui « avançons sur le dialogue social, mais ne lançons pas ne reprenons pas des idées qu'on n'a pas pu mettre en oeuvre ».JEAN-JACQUES BOURDINRéformer le droit du travail, c'est important, c'est nécessaire ?FRANÇOIS REBSAMENOui, ça passe par les partenaires sociaux JEAN-JACQUES BOURDINEt c'est nécessaire !FRANÇOIS REBSAMENOui, alléger, simplifier, améliorer, rendre plus efficace, plus fluide, oui sur des choses sur lesquelles JEAN-JACQUES BOURDINEt concrètement ?FRANÇOIS REBSAMENConcrètement, on va voir ce qui va se passer JEAN-JACQUES BOURDINNon mais concrètement ( ) BrouhahaFRANÇOIS REBSAMENMoi je ne veux pas préjuger de la JEAN-JACQUES BOURDINOui, je sais demain FRANÇOIS REBSAMENNégociation, je ne veux pas préjuger de la négociation.JEAN-JACQUES BOURDINVous avez vu la dernière proposition du MEDEF, est-ce que vous avez vu la dernière proposition du MEDEF qui est une proposition qui commence à faire un peu de bruit, puisqu'il s'agit oui, je vois tout de suite FRANÇOIS REBSAMENNon, moi je suis un peu désespéré de voir des propositions comme celle-là, je vais vous dire pourquoi JEAN-JACQUES BOURDINÇa serait la création d'un conseil d'entreprise au sein des entreprises qui regrouperait toutes les instances représentatives des salariés.FRANÇOIS REBSAMENOui, c'est bizarre le patronat français dans les postures qu'il prend, je parle des postures, dans les postures qu'il prend, parce que quand on compare il cite tout le temps l'Allemagne en exemple, j'ai rencontré l'autre jour le patronat allemand, il est venu au ministère, j'ai discuté avec eux. En Allemagne, il y a des délégués du personnel dans les entreprises à partir de 5, nous c'est une obligation à partir de 10, eux c'est une possibilité à partir de 5. Il y en a beaucoup en Allemagne, nous alors que c'est une obligation, on n'en a pas beaucoup entre 10 et 20. Et donc je ne vois pas pourquoi on ferait avancer comment on ferait avancer le dialogue social dans l'entreprise qui est nécessaire, je le disais encore hier auprès d'un syndicaliste que j'honorais, de la CFDT, un grand syndicaliste, je disais « je ne vois pas comment on ferait avancer le dialogue social en supprimant parce que c'est ça quand même le but poursuivi JEAN-JACQUES BOURDINC'est une provocation ?FRANÇOIS REBSAMENC'est une grande maladresse oui, c'est une grande maladresse.JEAN-JACQUES BOURDINUne grande maladresse.FRANÇOIS REBSAMENUne grande maladresse.JEAN-JACQUES BOURDINVous y êtes opposé ?FRANÇOIS REBSAMENAh oui, franchement enfin je pense oui, ça fait un peu provocation au moment où il faut avancer, voilà.JEAN-JACQUES BOURDINIl faut avancer ?FRANÇOIS REBSAMENOui, il faut avancer JEAN-JACQUES BOURDINMais alors avancer comment, si on vous me dites « il faut un peu réformer le droit du travail » FRANÇOIS REBSAMENNon mais JEAN-JACQUES BOURDINMais est-ce qu'il faut réformer je ne sais pas, quelles sont les grandes réformes administratives ?FRANÇOIS REBSAMENLes organisations syndicales par exemple, quand je discute avec elles et là elles discutent avec le patronat, elles se rendent bien compte – parce qu'elles le vivent aussi – qu'il y a des lourdeurs dans les obligations qui existent crées par les seuils JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire, oui les seuils !FRANÇOIS REBSAMENPar exemple le nombre de réunions, les doublons de réunions, quand je leur dis « rendez plus efficace, supprimez un certain nombre de réunions inutiles » qui pèsent y compris sur les syndicalistes, ils me le disent, donc ça ils le savent. Donc ils peuvent faire cela, ils peuvent avancer ensemble. Moi par exemple, j'ai fait une proposition, je ne sais pas quel impact elle aura, mais à l'extérieur de notre pays (je le dis) c'est une image négative. Imaginez qu'on puisse envisager qu'un chef d'entreprise soit condamné à 1 an de prison pour une tentative de délit d'entrave, c'est-à-dire justement parce qu'il y a par exemple X réunions et qu'il n'y a pas les X réunions, c'est quelque chose qu'on devrait changer. Par contre, il devrait y avoir des vraies amendes JEAN-JACQUES BOURDINDonc revoir les seuils sociaux, vous n'êtes pas contre, déroger à certaines règles sur le temps de travail, vous n'êtes pas complètement contre FRANÇOIS REBSAMENC'est-à-dire, c'est-à-dire que JEAN-JACQUES BOURDINAh !FRANÇOIS REBSAMENQu'est-ce que vous voulez me faire dire là ?JEAN-JACQUES BOURDINJe ne sais pas, non, non, non FRANÇOIS REBSAMENNon, non, moi j'attends de JEAN-JACQUES BOURDINDe ne pas laisser un peu plus de souplesse dans l'entreprise à la discussion FRANÇOIS REBSAMENSi, si, plus de souplesse dans les éviter les réunions, les doublons JEAN-JACQUES BOURDINPour le temps de travail, pour le temps de travail ?FRANÇOIS REBSAMENMais le temps de travail, ça existe déjà vous savez par l'accord qui a été passé, l'accord interprofessionnel, il y a possibilité aujourd'hui de moduler le temps de travail. Et donc il y a JEAN-JACQUES BOURDINIl faut encourager cette modulation du temps de travail ?FRANÇOIS REBSAMENÇa dépend des circonstances économiques JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais est-ce qu'il faut oui, non mais d'accord.FRANÇOIS REBSAMENJe veux dire vous savez quand il y a une forte demande, quand il y a de la tension JEAN-JACQUES BOURDINIl faut travailler plus de 35 h 00 quand il y a une forte demande !FRANÇOIS REBSAMENIl y a les heures sup il y a les heures sup parce que c'est nécessaire, parce qu'on manque de personnel, parce qu'on n'a pas assez formé. Et dans les mesures que nous avons prises, parce que moi j'ai quand même un problème, je sais que ça toujours tout le monde me dit « mais où c'est que vous avez été chercher ces chiffres », j'ai été les chercher au Conseil d'orientation de l'emploi. Il y a actuellement par exemple on dit, alors les chiffres sont contestables mais à peu près 300.000 emplois qui ne sont pas pourvus dans notre pays. Moi mon souci, c'est comment peut-il y avait 300.000 emplois non pourvus et 3.400.000 chômeurs catégorie A ? Et donc je dis améliorons la formation. On a mis en place – le président de la République et le Premier ministre avaient décidé ça – 100.000 emplois prioritaires. Et donc l'idée c'est on forme les gens pour qu'ils puissent répondre à la demande au niveau local. Donc ça va porter ses fruits JEAN-JACQUES BOURDINL'argent de la formation, la formation professionnelle, la réforme parce qu'on parle beaucoup de réformes, ça fait des mois et des mois, des années FRANÇOIS REBSAMENC'est une belle réforme, franchement JEAN-JACQUES BOURDINOui, alors quand ?FRANÇOIS REBSAMENAu 1er janvier, beaucoup de choses au 1er janvier.JEAN-JACQUES BOURDINBon. La réforme du fonctionnement des Prud'hommes FRANÇOIS REBSAMENInvitez-moi après le 1er janvier JEAN-JACQUES BOURDINJe vous inviterai, il n'y a pas de problème. Réformer le fonctionnement des Prud'hommes, c'est important, nécessaire ?FRANÇOIS REBSAMENOui, bien sûr parce que c'est quelque chose JEAN-JACQUES BOURDINC'est nécessaire ?FRANÇOIS REBSAMENOui, bien sûr, bien sûr JEAN-JACQUES BOURDINParce que les chefs d'entreprise se plaignent FRANÇOIS REBSAMENMais les salariés aussi.JEAN-JACQUES BOURDINLes salariés aussi ?FRANÇOIS REBSAMENOui, parce qu'il y a une insécurisation juridique, quand vous attendez 4 ans, 3 ans une réponse à un conflit entre un chef d'entreprise et un salarié. Et donc il faut accélérer le temps de médiation, de conciliation et il faut que ça aille beaucoup plus vite. C'est une sécurisation pour les chefs d'entreprise aussi.JEAN-JACQUES BOURDINDernière chose, ce vote à l'Assemblée nationale lundi soir, dans le cadre du budget de la Sécurité sociale, les dividendes touchés par les chefs d'entreprise qui seraient taxés, taxe sociale, vous en pensez quoi ?FRANÇOIS REBSAMENJe crois savoir je crois savoir qu'il s'agit des dividendes qui remplacent des salaires en réalité JEAN-JACQUES BOURDINOui.FRANÇOIS REBSAMENC'est-à-dire JEAN-JACQUES BOURDINLe petit chef d'entreprise par exemple, je vais prendre cet exemple FRANÇOIS REBSAMENQui ne se prend pas JEAN-JACQUES BOURDINQui ne se prend pas de salaire mais qui touche des dividendes, il va devoir payer FRANÇOIS REBSAMENDes cotisations sociales sur ses JEAN-JACQUES BOURDINC'est normal ou pas ?FRANÇOIS REBSAMENOui, c'est normal.JEAN-JACQUES BOURDINBien ! Merci François REBSAMEN.Source : Service d'information du Gouvernement, le 30 octobre 2014
La source — vie_publique · nº 192765
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/192765-interview-de-m-francois-rebsamen-ministre-du-travail-de-lemploi-de?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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