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7 février 2014 · Gouvernement · discours Discours

Interview de M. Frédéric Cuvillier, ministre des transports, de la mer et de la pêche, à RMC le 7 février 2014, sur les mesures envisagées pour protéger le littoral des inondations, des submersions et de l'érosion, la mise en oeuvre de l'écotaxe et les re

Frédéric Cuvillier (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

JEAN-JACQUES BOURDINIl y a de très nombreux sujets qui vous concernent ce matin, c'est la raison pour laquelle vous avez accepté cette invitation et je vous en remercie. Je vais commencer très vite avec Anglet, ce cargo, on a vu c'est un vraquier FREDERIC CUVILLIERUn vraquier oui.JEAN-JACQUES BOURDINOn a vu les images sur toutes les chaînes de télévision, il est coupé en 3 morceaux, c'est ça maintenant ? Est-ce qu'il y a risque de pollution, oui ou non ?FREDERIC CUVILLIERNon, il n'y a pas de risque de pollution majeur, d'abord c'est un vraquier JEAN-JACQUES BOURDINMajeur !FREDERIC CUVILLIERMajeur, il y a de la pollution parce qu'il y avait le carburant le gasoil léger qui d'ailleurs se dissipe très rapidement dans la mer, mais il y a n'a pas ça n'est pas l'Amoco Cadiz, ça n'est pas le Prestige, c'est un vraquier, il était vide et le seul risque c'est le carburant contenu et les réservoirs pour la plupart sont JEAN-JACQUES BOURDINOn a commencé à pomper les réservoirs ou pas ?FREDERIC CUVILLIERPas à ma connaissance compte tenu des conditions météorologiques, mais le dispositif est mis en place.JEAN-JACQUES BOURDINLe dispositif est mis en place, qui va payer ?FREDERIC CUVILLIERCe sont les assurances, les assurances de l'armateur oui.JEAN-JACQUES BOURDINPas de pollution donc FREDERIC CUVILLIERNon, non.JEAN-JACQUES BOURDINOn est rassurés, c'est très important et je sais que FREDERIC CUVILLIERJ'y suis allé justement pour m'en assurer et aussi pour saluer – parce qu'on en a peu parlé – mais les conditions d'hélitreuillage et de sauvetage de l'équipage sont des conditions extraordinaires de bravoure et de courage.JEAN-JACQUES BOURDINOn a vu les images, on a vu les images.FREDERIC CUVILLIERImpressionnant.JEAN-JACQUES BOURDINBien ! Frédéric CUVILLIER, les tempêtes se succèdent, surélévation du niveau de la mer, submersion marine, ça pose un vrai problème, vrai problème pour le littoral. Que peut faire l'Etat ?FREDERIC CUVILLIERD'abord l'Etat doit avoir une politique stratégique, c'est-à-dire que nous avons le premier littoral européen, avec des zones qui sont à risques du fait du recul du trait de côte, notamment sur les zones sableuses. Et il faut qu'avec les collectivités, nous puissions connaître l'évolution du phénomène. Il y a des zones qui sont plus sensibles, certaines ne bougent pas mais un certain nombre de régions littorales connaissent ce retrait du trait de côte. Alors là deux solutions, après observation, cartographie que nous allons lancer là de façon la plus fine JEAN-JACQUES BOURDINVous allez lancer une cartographie FREDERIC CUVILLIERDe l'ensemble des rivages littoraux JEAN-JACQUES BOURDINDe l'ensemble des rivages et des risques d'érosion !FREDERIC CUVILLIERDes risques d'érosion et de la courantologie, pour pouvoir anticiper et surtout avoir une stratégie avec les collectivités, parce qu'il ne sert à rien de considérer que l'on peut lutter contre l'effet de la mer en tout endroit s'il n'y a pas d'enjeu stratégique.JEAN-JACQUES BOURDINMais c'est enjeu grave, j'ai vu que si on ne fait rien, en 2100 la ville de Calais sera rayée de la carte enfin rayée de la carte, risque de disparaître. Non, non mais je ne veux pas faire de catastrophisme FREDERIC CUVILLIERNon mais JEAN-JACQUES BOURDINCe sont les scientifiques qui disent ça, ce n'est pas moi.FREDERIC CUVILLIERCe qui est vrai, c'est que dans un certain nombre de pays – et notamment de pays du Nord – les aménagements urbains ont anticipé l'élévation du niveau de la mer, c'est-à-dire qu'il y a surélévation de l'ensemble, y compris des voiries, des murs, des constructions, et il faut que nous nous préparions aussi à ça dans les documents d'urbanisme.JEAN-JACQUES BOURDINVoilà un deuxième sujet qui m'intéresse mais là, vous êtes ministre des Transports, nous quittons la mer, vous êtes ministre des Transports. La fameuse écotaxe, on va faire le point parce que la situation est ubuesque, ce n'est pas moi qui le dis, c'est la présidente de la Commission d'enquête sénatoriale, situation ubuesque. D'abord est-il vrai que vous voulez l'appeler contribution ?FREDERIC CUVILLIEROn appelle ce que l'on souhaite, redevance, écotaxe, l'important c'est que ce soit compris. Or aujourd'hui, le dispositif n'est pas compris.JEAN-JACQUES BOURDINÇa, on est bien d'accord, alors on va faire le point. D'abord sera-t-elle instaurée ?FREDERIC CUVILLIERJe le souhaite.JEAN-JACQUES BOURDINNon mais vous, vous le souhaitez, sera-t-elle instaurée ?FREDERIC CUVILLIERC'est la mission qui est assignée à la Commission parlementaire de pouvoir mettre en place un dispositif permettant l'application de l'écotaxe.JEAN-JACQUES BOURDINDonc il y aura une écotaxe, ça c'est certain, vous confirmez, il y aura une écotaxe oui ou non ?FREDERIC CUVILLIERSi nous souhaitons financer les infrastructures, si nous souhaitons avoir des réseaux de transport qui soient efficaces, il faut l'écotaxe.JEAN-JACQUES BOURDINDonc il y aura l'écotaxe !FREDERIC CUVILLIERIl appartiendra aux parlementaires de voter et pour notre part, nous souhaitons qu'il y ait écotaxe. Il y a suspension pourquoi ? Parce qu'il y a eu une incompréhension, parce qu'il y a eu un moment où l'acceptabilité n'était pas de mise. Et donc il faut reprendre les choses quasiment au début, parce que vous imaginez bien, c'est un dossier dont j'ai hérité, l'écotaxe, le principe a été quand même arrêté depuis 2007-2008, repoussé sans cesse par manque de courage politique et sans même mettre les dispositions permettant de mettre à l'abri les transporteurs routiers de l'éventuelle conséquence de l'application de l'écotaxe. Moi je veux les préserver parce qu'il n'est pas normal que les routiers aient en charge le paiement de l'écotaxe, ça fait partie du prix de la marchandise, et donc ça doit être répercuté. Et le principe de répercussion est un principe majeur qu'il faut sauvegarder.JEAN-JACQUES BOURDINDonc il y aura écotaxe, on est bien d'accord FREDERIC CUVILLIEROui parce que sinon JEAN-JACQUES BOURDINQuand ?FREDERIC CUVILLIERParce que sinon c'est le budget de l'Etat, donc les contribuables qui paieront.JEAN-JACQUES BOURDINJe vais y revenir, je vais y revenir. Quand, avant la fin 2014 ?FREDERIC CUVILLIERDès que les parlementaires auront rendu en avril, en avril le rapport d'information, compte tenu des conclusions avec le Premier ministre, nous ajusterons le dispositif.JEAN-JACQUES BOURDINDonc écotaxe avant la fin 2014 ?FREDERIC CUVILLIERPour ma part je le souhaite, je ferai tout pour qu'il en soit ainsi, à condition une fois encore que le dispositif soit efficace, pertinent et que les gens sachent bien – et c'est d'ailleurs une des propositions puisque nous en sommes à la période des propositions, moi je contribue au débat – que les gens sachent bien à quoi sont utilisées les recettes de l'écotaxe.JEAN-JACQUES BOURDINOn va y revenir. Ecotaxe, donc en avril rapport parlementaire et avant la fin 2014, une écotaxe ?FREDERIC CUVILLIERC'est souhaitable.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce qui va se passer !FREDERIC CUVILLIEROui mais je ne vais pas me substituer au Parlement.JEAN-JACQUES BOURDINMais c'est souhaitable, c'est ce que le gouvernement veut !FREDERIC CUVILLIERC'est ce que je plaide depuis le début parce que JEAN-JACQUES BOURDINLe gouvernement veut FREDERIC CUVILLIEROui parce que JEAN-JACQUES BOURDINLe Premier ministre aussi ?FREDERIC CUVILLIERJe le vois dans quelques minutes, ce sera l'occasion JEAN-JACQUES BOURDINDans quelques minutes !FREDERIC CUVILLIERNotre rendez-vous est donc trop rapide.JEAN-JACQUES BOURDINOui mais c'est ce que vous allez lui dire !FREDERIC CUVILLIERBien sûr, bien sûr, pourquoi ? Parce qu'il faut que nous financions les investissements de transport, la sécurité JEAN-JACQUES BOURDINLes transports fluviaux, les transports ferroviaires, les transports collectifs qui souffrent qu'ils n'ont pas l'argent FREDERIC CUVILLIERTransport maritime, le fluvial JEAN-JACQUES BOURDINQui devait venir de l'écotaxe.FREDERIC CUVILLIERBien sûr, bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINEst-il vrai que vous voulez régionaliser l'écotaxe ?FREDERIC CUVILLIERJe pense que les territoires doivent avoir conscience de l'intérêt de l'écotaxe, et donc que l'affectation des recettes de l'écotaxe puisse être une affectation au plus proche des territoires. Et pour cela, c'est une suggestion que je fais aux parlementaires, il leur appartiendra de la retenir ou pas, mais que l'on considère que dans le budget de l'Agence de financement des infrastructures il y ait une affectation par région en fonction des recettes de l'écotaxe. Et ce qui est normal d'ailleurs parce que les régions qui subissent un transit important de transport, elles doivent bénéficier des moyens pour améliorer le quotidien, les modes de transport alternatifs et, donc, plus de lisibilité et plus de proximité dans la déclinaison de l'écotaxe.JEAN-JACQUES BOURDINDonc les régions vont recevoir une partie de l'argent FREDERIC CUVILLIERLes territoires, les territoires.JEAN-JACQUES BOURDINMais est-ce que ce sont les régions qui vont percevoir FREDERIC CUVILLIERNon, non !JEAN-JACQUES BOURDINC'est l'Etat toujours !FREDERIC CUVILLIERL'Etat qui va percevoir, il est possible d'ailleurs comme c'est le cas pour les départements puisque les départements ont des réseaux départementaux, les routes départementales, donc les départements bénéficient aussi pour la modernisation de leurs routes une partie de l'écotaxe, c'est de l'ordre 160 millions prévus, et il est possible JEAN-JACQUES BOURDINIls devaient toucher 160 millions les départements FREDERIC CUVILLIERIls devaient oui, et donc ce sont les contributions budgétaires et les impôts qui se substituent JEAN-JACQUES BOURDINÇa commence à coûter très cher cette histoire d'écotaxe, dites-moi FREDERIC CUVILLIEREt donc je précise sur les régions, il n'est pas insensé de penser que 2 ou 3 centimes puissent être affectés aux régions parce que les régions, elles, ont la charge du ferroviaire et il faut qu'elles aient les moyens de financer des pôles logistiques JEAN-JACQUES BOURDINEst-il vrai que le manque à gagner pour l'Etat est de 1,2 milliards d'euros ?FREDERIC CUVILLIERC'était la recette globale, pas seulement pour l'Etat, pas seulement pour l'Etat, pour les départements l'Etat devait recevoir de l'ordre de 750 à 800 millions JEAN-JACQUES BOURDINQue vous n'avez pas en caisse.FREDERIC CUVILLIERQue je n'ai pas, et d'ailleurs le budget de l'Agence de financement des infrastructures a été voté hier. Il y a une dotation, une provision qui a été attribuée pour permettre de poursuivre l'investissement dans les transports.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai encore plein de questions, ECOMOUV c'est l'entreprise, la société chargée d'organiser la récolte de l'argent FREDERIC CUVILLIERDepuis 2011.JEAN-JACQUES BOURDINOui, dit FREDERIC CUVILLIER Par mes prédécesseurs.JEAN-JACQUES BOURDINLe dispositif de recouvrement est prêt, voilà ce que dit ECOMOUV encore il y a quelques jours. L'Etat maintenant va devoir payer 20 millions d'euros par mois à la société, c'est vrai ça ou pas ?FREDERIC CUVILLIERÇa n'est pas le cas tant que le dispositif n'a pas été réceptionné par l'Etat, il ne l'est pas et nous sommes en discussion parce que JEAN-JACQUES BOURDINVous n'avez rien payé depuis le début ?FREDERIC CUVILLIERNon, rien payé, pourquoi ?JEAN-JACQUES BOURDINMais vous allez payer, vous allez être obligés de payer !FREDERIC CUVILLIERNous sommes en discussion avec ECOMOUV pour savoir qui est responsable du report de l'écotaxe, parce que souvenez-vous, l'écotaxe devait JEAN-JACQUES BOURDINQui est responsable, les bonnets rouges ?FREDERIC CUVILLIERNon JEAN-JACQUES BOURDINNon mais FREDERIC CUVILLIERJustement, je vais revenir sur ça. L'écotaxe devait être mise en oeuvre le 20 juillet dernier, il y a eu un premier report puisque le dispositif n'était pas prêt. Le report était en octobre, puis un second report parce qu'il y avait encore quelques anomalies techniques. Donc ce retard à l'allumage de l'écotaxe, il est dû aussi à la société ECOMOUV, nous sommes en discussion pour savoir quelles sont les conséquences.JEAN-JACQUES BOURDINAlors vous pourriez réclamer 7 millions d'euros (je crois) à la société ou 8 millions d'euros à la société ECOMOUV, mais comme vous en devez 20 par mois ou 18 par mois, ça fait FREDERIC CUVILLIEREcoutez ! C'est un dispositif qui est là, c'est un dispositif JEAN-JACQUES BOURDINOui mais il faut aller vite parce que ça va commencer à coûter cher à l'Etat, non, Frédéric CUVILLIER cette affaire ?FREDERIC CUVILLIEROui mais pour le moment ce qui coûte très cher à l'Etat, c'est qu'on n'ait pas de solution à l'écotaxe, donc nous nous employons à en trouver.JEAN-JACQUES BOURDINEt les portiques détruits, ça vous coûte quoi, 4 millions d'euros ?FREDERIC CUVILLIERÇa coûte de l'ordre de 900.000 € à 1 million.JEAN-JACQUES BOURDINÇa fait beaucoup tout ça, non ?FREDERIC CUVILLIEROui, c'est inadmissible parce que c'est l'argent du contribuable, parce que c'est le bien public. Je rappelle quand même que les dispositifs, les portiques sont amenés à être propriété de l'Etat, donc de nous tous, donc ça n'a pas de sens de dégrader 1 million d'euros par portique, ça n'a pas de sens.JEAN-JACQUES BOURDINFrédéric CUVILLIER, je voudrais parler des autoroutes et des péages d'autoroute. Depuis le 1er février, +0,8 % l'augmentation en moyenne, ça c'est une moyenne, mais nous avons regardé en détail FREDERIC CUVILLIER Depuis 10 ans.JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais j'ai regardé en détail, quand même Paris – Lille +2,2 %, c'est une autoroute très fréquentée. Cannes – Nice très fréquentée, +3,45 %, ça veut dire quoi, ça veut dire que les sociétés d'autoroutes sur les secteurs les plus fréquentés augmentent un peu plus qu'à la moyenne nationale ?FREDERIC CUVILLIERVous avez choisi vos parcours mais vous auriez pu parler d'Alençon – Rouen par exemple JEAN-JACQUES BOURDINOui, Alençon – Rouen alors ça c'est un record, c'est +6 %.FREDERIC CUVILLIERVous avez raison, derrière tout cela d'abord nous avons des discussions depuis mon arrivée au ministère extrêmement exigeantes vis-à-vis des concessionnaires d'autoroutes. Ce qui nous a amené d'ailleurs – on pourra en parler – à avoir un plan de relance des infrastructures que je souhaite pouvoir signer, important pour relancer l'activité du transport bien sûr et des travaux publics avec des milliers d'emplois à la clé, mais ce n'est pas le sujet. L'Etat doit faire respecter des règles claires, ça a été d'ailleurs les conclusions de la COUR DES COMPTES sur la gestion 2007-2012, des conclusions qui étaient extrêmement dures par rapport à l'Etat qui n'appliquait pas son rôle de contrôle et de vérification. Moi, j'ai souhaité que les rapports soient rééquilibrés, nous avons été exigeants puisque c'est la plus basse des augmentations depuis 10ans, 0,8 + 0,3 avec la TVA ; et par ailleurs le contrôle JEAN-JACQUES BOURDINÇa fait 1,1.FREDERIC CUVILLIER1,1, c'est-à-dire JEAN-JACQUES BOURDIN0,7 l'inflation.FREDERIC CUVILLIERNous avions des augmentations de 2,5 en moyenne. Et la vérification que ces augmentations – lorsqu'il y a des tronçons – sont dues à des améliorations, à des travaux et non pas à ce qu'on appelle « la technique du foisonnement ». C'est quoi la technique du foisonnement ? C'est de profiter de faire payer sur des tronçons les plus fréquentés des hausses, là où sur d'autres tronçons moins fréquentés il n'y aurait pas d'augmentation. Tout ça est interdit désormais, ça n'existe plus et cela a été d'ailleurs salué par la COUR DES COMPTES.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'on pourrait imaginer une nationalisation, retour à la nationalisation ?FREDERIC CUVILLIERMais l'erreur a été la privatisation JEAN-JACQUES BOURDINOui, non mais on pourrait envisager un retour à une nationalisation ?FREDERIC CUVILLIER50 milliards, je ne les ai pas en poche JEAN-JACQUES BOURDINÇa coûterait 50 milliards ?FREDERIC CUVILLIERC'est de l'ordre de 40, 50 JEAN-JACQUES BOURDINÇa, ça représente les économies que veut faire l'Etat, dites-moi, 50 milliards annoncés par le président de la République FREDERIC CUVILLIERAlors peut-être pas pour les vous êtes d'accord que ça n'est pas pour les donner aux concessionnaires en indemnisation JEAN-JACQUES BOURDINOn est d'accord.FREDERIC CUVILLIEREn revanche, j'ai lancé une mission avec l'Inspection générale des finances et les spécialistes de mon ministère sur comment anticiper de nouveaux types d'investissement et de financement des infrastructures de transport. Nous savons que dans 10, 20 ans les autoroutes reviendront dans le domaine public, comment peut-on anticiper cela, non pas anticiper sur le retour mais essayer de financer des infrastructures d'aujourd'hui avec des recettes qui seront celles générées par le retour dans le giron de l'Etat.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'on va geler l'avancement des fonctionnaires ?FREDERIC CUVILLIERÇa n'est pas d'actualité.JEAN-JACQUES BOURDINÇa a été dit pourtant par certains ministres !FREDERIC CUVILLIERÇa a été démenti par les mêmes.JEAN-JACQUES BOURDINOui, mais enfin ça a été dit !FREDERIC CUVILLIERÇa a été démenti.JEAN-JACQUES BOURDINMême ont été démentis FREDERIC CUVILLIEROui mais écoutez JEAN-JACQUES BOURDINCe qu'on dit au cours d'un déjeuner, c'est autre chose.FREDERIC CUVILLIERVoilà, ça a été dit dans un déjeuner et démenti publiquement JEAN-JACQUES BOURDINNous verrons, ça a été dit dans un déjeuner FREDERIC CUVILLIEREt moi, je n'étais pas au déjeuner et je fais attention à ce que je dis quand je déjeune.JEAN-JACQUES BOURDINOui, vous avez raison, c'est dangereux parfois. Est-ce que il y a une rumeur qui court sur internet qui nous dit qu'une nouvelle vignette auto serait créée, vous avez entendu parler de ça ?FREDERIC CUVILLIERNon.JEAN-JACQUES BOURDINMoi j'ai vu et j'ai beaucoup d'auditeurs qui il n'y a aucun projet de vignette auto ?FREDERIC CUVILLIERNon.JEAN-JACQUES BOURDINNon, rien.FREDERIC CUVILLIERNon, non, je vous écoute, je viens chercher l'information à la source mais pour le coup, c'est une rumeur aussi, peut-être de déjeuner mais JEAN-JACQUES BOURDINEt la rumeur des municipales, vous êtes candidat à Boulogne-sur-Mer ou pas ?FREDERIC CUVILLIERVous le saurez très bientôt, vous savez que j'aime beaucoup ma ville et que j'y habite, je ne suis pas un ministre parisien. Et d'ailleurs c'est le propre de ce gouvernement d'avoir beaucoup de ministres sur les territoires, dans les régions, au plus proche des territoires. Et donc si je suis utile et si on considère JEAN-JACQUES BOURDINVous avez envie ?FREDERIC CUVILLIERJ'aime ma ville oui JEAN-JACQUES BOURDINDonc vous avez envie d'être candidat !FREDERIC CUVILLIERJe serai candidat bien évidemment, la question sera de savoir si je suis au côté de Mireille HINGREZ qui fait un très bon travail, la maire actuelle JEAN-JACQUES BOURDINOu si vous serez tête de liste !FREDERIC CUVILLIEREt si je serai tête de liste, mais enfin JEAN-JACQUES BOURDINSi vous êtes tête de liste, vous ne serez plus FREDERIC CUVILLIERNon, non JEAN-JACQUES BOURDINVous ne serez que maire.FREDERIC CUVILLIERNon mais les choses sont claires, je peux être tête de liste et pour autant, le temps où je serai au gouvernement, et cette décision ne m'appartient pas, ne pas assurer JEAN-JACQUES BOURDINCe sont des cumuls de mandats !FREDERIC CUVILLIERNon, non, justement pas puisque si je suis ministre, je ne serai pas maire ; et si je ne suis plus ministre, je redeviendrai maire.JEAN-JACQUES BOURDINJe voulais vous demander, vous connaissez bien François HOLLANDE, vous êtes proche de François HOLLANDE, est-ce qu'il est possible aujourd'hui de gouverner avec 19 % de cote de confiance, franchement, je vous pose franchement la question !FREDERIC CUVILLIERVous pensez que JEAN-JACQUES BOURDINMais bon ! Comment gouverner sans confiance ?FREDERIC CUVILLIERD'abord l'important c'est de gouverner en responsabilité, j'ai rencontré le président de la République il y a quelques jours, j'ai trouvé un président décidé, assumant pleinement toutes les responsabilités. La situation est difficile, comment voulez-vous avoir aussi des cotes de popularité, des sondages alors même que lorsqu'il y a des bonnes nouvelles, elles sont souvent tues et pas suffisamment mises en avant !JEAN-JACQUES BOURDINAh bon !FREDERIC CUVILLIERRegardez dans mon secteur des transports, la croissance, la reprise je l'aie par des résultats, j'ai +5 % d'activité dans le transport de marchandises par exemple, c'est un signe de frémissement de croissance. J'ai des contrats qui sont en train d'être signés – c'est vrai – dans le maritime, dans l'aérien, c'est vrai dans le transport urbain, c'est vrai dans le ferroviaire, mais on n'en parle jamais. Quand les patrons annoncent qu'ils vont investir +3 % l'année prochaine, ça a été une information ça n'a pas fait la une des journaux, et pourtant c'est un climat de confiance qui reviendra, qui est nécessaire et qui permettra de répondre à l'objectif qui est celui du président de la République, c'est l'emploi, c'est l'emploi, c'est l'égalité des territoires, c'est l'efficacité, c'est le fait que la France doit être dans la compétitivité et dans la course mondiale.JEAN-JACQUES BOURDINQu'est-ce que vous demandez au patronat des transports, qu'est-ce que vous demandez, vous demandez des engagements à la branche transport FREDERIC CUVILLIERRegardez ce que nous avons fait sur JEAN-JACQUES BOURDINEn charge de la branche transport, vous leur demandez quoi ?FREDERIC CUVILLIERNous avons anticipé le pacte de responsabilité, regardez MORY DUCROS JEAN-JACQUES BOURDINOui, j'allais y venir.FREDERIC CUVILLIEROui mais au-delà des discussions qui ont été fermes, difficiles menées par Arnaud MONTEBOURG et moi-même et Michel SAPIN, nous avons aussi profité de l'exigence et de notre rôle d'Etat stratège, de responsabilité de la part public, de dire : telle profession voilà, naturellement vous avez une capacité d'embauche parce que vous avez des départs en retraite, etc., comment fait-on pour régler ce problème social ? Eh bien ! Nous avons en plus des 2.200 emplois sauvés, nous avons JEAN-JACQUES BOURDINRepris par ARCOLE.FREDERIC CUVILLIERRepris par ARCOLE, nous avons l'engagement de l'interprofession de se mobiliser à hauteur JEAN-JACQUES BOURDINIl reste 2.800 emplois FREDERIC CUVILLIERA hauteur de 1.000 emplois, engagement de l'interprofession sur la logistique, sur le transport JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire dans le transport, d'autres transporteurs vont FREDERIC CUVILLIEROui, bien sûr.JEAN-JACQUES BOURDINVont embaucher 1.000 des 2.800 personnes FREDERIC CUVILLIERAu moins, au moins 1.000, et vous avez des grands comptes publics qui se sont engagés à hauteur de 500. Donc nous sommes a minima, a minima JEAN-JACQUES BOURDIN1.500 sur 2.800 FREDERIC CUVILLIERA 1.500 et nous aurons un suivi par un inspecteur JEAN-JACQUES BOURDINEt les 1.300 qui restent FREDERIC CUVILLIERNous avons le suivi par l'inspecteur JEAN-JACQUES BOURDINAu chômage !FREDERIC CUVILLIERNon, non, attendez ! D'abord ce n'est pas le chômage, c'est le PSE, c'est-à-dire qu'il y a une garantie JEAN-JACQUES BOURDINPendant 1 an.FREDERIC CUVILLIEROui mais c'est très important parce que pendant cette période-là, on peut leur donner la capacité JEAN-JACQUES BOURDIN90 % du salaire FREDERIC CUVILLIER100 % pendant un an, et puis 90 après, et vous avez la possibilité d'amener à des formations, c'est-à-dire des métiers de transport, de pouvoir les former à des métiers de logisticiens qui est une branche qui crée de l'emploi, et de faire en sorte aussi qu'il y ait ce suivi méthodique, site par site par l'inspecteur général des affaires sociales qui a été nommé, le « monsieur MORY DUCROS ». Vous voyez, ce sont des dossiers dont nous héritons, parce que ce ne sont pas des dossiers nouveaux, moi j'ai eu AIR FRANCE, j'ai eu SEAFRANCE, nous avons AMORY DUCROS, nous avons tous ces dossiers. Alors vous me parliez de la popularité du président de la République, excusez-moi, les gens savent très bien que la situation était une situation extrêmement dégradée. D'ailleurs, c'est peut-être pour ça qu'ils ont fait appel à nous.Source : Service d'information du Gouvernement, le 18 février 2014
La source — vie_publique · nº 190472
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/190472-interview-de-m-frederic-cuvillier-ministre-des-transports-de-la-mer-e?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
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