Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RTL le 3 février 2014, sur les manifestations "Jour de colère" du 26 janvier et "Manif pour tous" du 2 février, le refus du gouvernement d'amendements au futur projet de loi sur la famille, l'expéri
Manuel Valls (auteur), Jean-Michel Aphatie (intervenant)
LAURENT BAZINJean-Michel APHATIE, nous recevons donc ce matin le ministre de l'Intérieur Manuel VALLS.JEAN-MICHEL APHATIEBonjour Manuel VALLS.MANUEL VALLSBonjour Jean-Michel APHATIE.JEAN-MICHEL APHATIEOn vous a effectivement vu dans ce studio agacé par l'édito d'Alba VENTURA qui vient de passer, Alba VENTURA disait que la manifestation d'hier où les gens se sont retrouvés nombreux à Paris et à Lyon et qui a été très pacifique était un démenti aux propos que vous teniez hier dans Le JOURNAL DU DIMANCHE, vous parliez des forces sombres de la République et vous disiez que la République était fragile.MANUEL VALLSOui, c'est le cas et
JEAN-MICHEL APHATIEElle avait tort ?MANUEL VALLSEt Robert BADINTER disait exactement la même chose hier
JEAN-MICHEL APHATIE
Manque d'autorité, pas forcément solide.MANUEL VALLSNon, il faut bien
ah bon ? Il faut bien distinguer les choses alors
JEAN-MICHEL APHATIEOui.MANUEL VALLSIl faut faire preuve de pédagogie Jean-Michel APHATIE. Il y a eu le jour de colère il y a 8 jours
JEAN-MICHEL APHATIEDimanche dernier.MANUEL VALLSCette manifestation avec près de 20.000 personnes où, pour la première fois depuis la libération, on a hurlé dans la rue des slogans contre les juifs mais aussi contre les musulmans, les étrangers, contre les francs-maçons, contre la presse, contre les parlementaires, bref ! Contre les institutions et la République. Il y a eu au cours
JEAN-MICHEL APHATIEEt ce n'était pas le cas hier ?MANUEL VALLSNon, il y a eu cette semaine encore ces peurs qui ont été agitées, sur le fait que la théorie du genre serait enseignée à l'école à nos petits enfants, sur la base encore de rumeurs tout à fait infondées. Il y a déjà depuis un certain nombre d'années et notamment au cours de ces derniers mois des attaques à la fois physiques, verbales des synagogues, des mosquées, des églises, des cimetières qui sont profanés. Il y a eu les mots contre Christiane TAUBIRA, ne les oublions pas et donc oui, il y a
JEAN-MICHEL APHATIEÇa, ce sont des attitudes que vous avez condamnées, que beaucoup de gens ont condamnées, mais hier la manifestation était-elle
MANUEL VALLSPardon Jean-Michel APHATIE
JEAN-MICHEL APHATIEOu n'était-elle pas dans le cadre de ce que la République
MANUEL VALLSNon, il faut bien distinguer les choses, je l'ai toujours distingué, mais j'ai parlé effectivement de forces sombres dans notre pays et je viens de vous en faire la démonstration. Il faut face à cela une riposte, pas seulement de la gauche mais de l'ensemble du camp républicain. Et j'ai appelé la droite républicaine à bien se distinguer de tous ces mouvements, ce qu'elle n'a pas fait encore cette semaine.JEAN-MICHEL APHATIEMais la manifestation d'hier a-t-elle à voir avec ces forces sombres ou pas ?MANUEL VALLSIl y a forcément des liens, mais hier il s'agissait d'une manifestation et on a le droit de manifester fort heureusement dans notre pays de gens de bonne foi qui s'opposent au gouvernement...JEAN-MICHEL APHATIEIls ont le droit de le faire !MANUEL VALLSMais bien évidemment
JEAN-MICHEL APHATIEOnt-ils été républicains
MANUEL VALLSN'a aucun sens.JEAN-MICHEL APHATIEDans leur forme d'opposition au gouvernement ?MANUEL VALLSBien sûr puisqu'il n'y a pas eu de violence, et fort heureusement j'avais averti chacun que nous ne tolérerions pas des violences comme cela avait été le cas, il y a quelques mois, à la fin des mêmes manifestations contre le mariage pour tous. Et à la fois, les forces de l'ordre mais aussi le service d'ordre de cette manifestation ont empêché tout au long de la manifestation hier avec des interpellations préventives que des groupes ultraviolents s'infiltrent dans cette manifestation. Donc les forces de l'ordre une nouvelle fois ont fait leur travail avec beaucoup de professionnalisme et de sang froid, et je veux les saluer.JEAN-MICHEL APHATIEN'avez-vous pas été un peu vite hier en créant un amalgame entre toutes ces manifestations ?MANUEL VALLSNon, je n'ai créé aucun
JEAN-MICHEL APHATIEEt en ne distinguant pas suffisamment
MANUEL VALLSNon, je n'ai créé aucun amalgame, la manifestation d'hier se fait sur des bases et des peurs qui n'ont pas lieu d'être, c'est ça que j'ai souligné
JEAN-MICHEL APHATIEPourquoi existe-t-elles ces peurs, faute d'explications du gouvernement, l'ABCD de l'égalité par exemple
MANUEL VALLSMais l'idée que le gouvernement aujourd'hui aurait un comportement contre les familles, cette « familiphobie » qu'on évoquait n'a pas de sens. Le mariage pour tous a été voté il y a quelques mois, validé par le Conseil constitutionnel, 7.000 personnes de même sexe se sont mariées depuis, cette loi maintenant rentre dans nos moeurs. Personne d'ailleurs, aucune majorité demain s'il y a alternance n'y reviendra. Le gouvernement a été particulièrement clair sur le fait qu'il n'y aurait ni la GPA, la gestion pour autrui, ni la PMA, la procréation
JEAN-MICHEL APHATIEAh ! Clair, la ministre de la Famille était ici jeudi
MANUEL VALLSLa procréation médicale assistée.JEAN-MICHEL APHATIEElle n'a pas dit que par exemple, le gouvernement s'opposerait à un amendement parlementaire
MANUEL VALLSLe gouvernement s'opposera à des amendements parlementaires
JEAN-MICHEL APHATIEIntroduisant la PMA
MANUEL VALLSLe président de la République, le Premier ministre, les ministres en charge de ce dossier, y compris madame BERTINOTTI, sont très clairs, donc il n'y aura
JEAN-MICHEL APHATIEDonc vous dites Manuel VALLS : Dominique BERTINOTTI ne le disait pas jeudi matin, mais vous le dites ?MANUEL VALLSIl n'y aura pas
JEAN-MICHEL APHATIEC'est enregistré.MANUEL VALLSIl n'y aura pas dans la loi famille de PMA ou de GPA, et le gouvernement s'opposera aux amendements sur ce sujet-là. Je crois que les choses sont absolument
JEAN-MICHEL APHATIEC'est dit, c'est net.MANUEL VALLSClaires...JEAN-MICHEL APHATIELes manifestants disaient
MANUEL VALLSEt dans la manifestation, il y avait la reprise de l'idée qu'il y aurait cette théorie du genre enseignée. Là aussi c'est un mensonge, il faut dénoncer ces mensonges, parce que dans un moment de confusion, je crois qu'il faut être particulièrement clair face en effet à ceux qui cherchent à mettre en cause les fondements de la République, dont l'école et notamment dont l'école laïque.JEAN-MICHEL APHATIELes manifestants disaient hier : pour calmer les choses, pour changer l'atmosphère, retirez peut-être pour le remettre plus tard quand les choses auront été mieux expliquées retirer l'ABCD de l'égalité à l'école. Ça vous paraît possible Manuel VALLS ?MANUEL VALLSÇa veut dire qu'on entretien, y compris si on fait ça, je crois que cet ABCD de l'école est aujourd'hui expérimenté
JEAN-MICHEL APHATIEExpérimenté dans 10 académies.MANUEL VALLSÇa veut dire qu'on donne un écho à cette théorie
JEAN-MICHEL APHATIEQu'on reconnaît aussi que peut-être les choses n'ont pas été bien comprises
MANUEL VALLSA cette rumeur
JEAN-MICHEL APHATIEEt qu'on prend du temps à les expliquer.MANUEL VALLSJean-Michel APHATIE
JEAN-MICHEL APHATIEEst-ce qu'il ne faut pas
MANUEL VALLSJean-Michel APHATIE, quand une rumeur
JEAN-MICHEL APHATIEChanger l'atmosphère Manuel VALLS
MANUEL VALLSSans doute, mais quand une rumeur est propagée par des groupes, par des individus qui se retrouvent dans l'extrême droite y compris dans l'extrême droite néonazie la réponse ne peut pas être une réponse de faiblesse, une réponse de très grande fermeté face à ceux qui agitent en effet ces peurs et qui font mal à la République.JEAN-MICHEL APHATIECette manifestation par sa maîtrise n'est-elle pas une source d'affaiblissement pour le gouvernement ?MANUEL VALLSJe ne le crois pas. Vous savez, le peuple français est composé de tous les citoyens sans aucune discrimination, quelle que soit leur origine, leur religion. Et c'est cela la vision universaliste de l'être humain et c'est cela qu'il faut mettre en avant. Par ailleurs, vis-à-vis de tous les sujets de société qui demain peuvent être débattus, et c'est la volonté du président de la République, il faut le faire en respectant toutes les sensibilités, en cherchant des majorités, en sortant parfois des clivages droite gauche
JEAN-MICHEL APHATIECe que vous n'avez peut-être pas fait assez jusqu'à présent.MANUEL VALLSNon, c'est le cas notamment sur la fin de vie où là aussi, ce ne sont pas les clivages politiques traditionnels qui doivent s'imposer. Mais c'est souvent la droite et la droite républicaine qui a entretenu ces débats et qui a créé la confusion.JEAN-MICHEL APHATIEVous aurez l'occasion Manuel VALLS de poursuivre le dialogue sur ce sujet avec les auditeurs. Un autre sujet très différent, Thomas PROUTEAU, reporter RTL est actuellement à Antioche, une ville turque proche de la frontière syrienne, et le reportage qu'il diffuse ce matin montre pour des jeunes gens, des jeunes filles qui veulent aller rejoindre le jihad en Syrie, c'est très facile, les passeurs sont là et ils vous amènent vers les groupes qui mènent le combat. On sait que des jeunes français y vont, vous n'avez pas les moyens de vous opposer à leur départ Manuel VALLS ?MANUEL VALLSSi, nous avons les moyens mais nous sommes face à un phénomène d'une très grande ampleur, puisqu'il concerne 600 à 700 français ou résidents en France. Plusieurs de ces dossiers sont judiciarisés déjà, c'est-à-dire qu'il y a des personnes qui sont incarcérées
JEAN-MICHEL APHATIEMises en examen ou
MANUEL VALLSEt plusieurs réseaux ont été démantelés. Mais ça veut dire que nous devons renforcer la coopération, notamment avec la Turquie, pour empêcher avec le soutien et l'aide des familles
JEAN-MICHEL APHATIECe qui n'est pas assez le cas aujourd'hui ?MANUEL VALLSC'est difficile vu l'ampleur, mais c'est bien l'objectif.JEAN-MICHEL APHATIEEt le dialogue avec les autorités turques a lieu et il est de bonne qualité de votre point de vue Manuel VALLS ?MANUEL VALLSCe dialogue a lieu, il est de bonne qualité, il doit être renforcé.JEAN-MICHEL APHATIEManuel VALLS qui reste avec nous sur RTL pour répondre aux auditeurs.8h20 2éme partieLAURENT BAZINBonjour Pierre
PIERRE, AUDITEUROui ! Bonjour Laurent BAZIN.LAURENT BAZINVous appelez d'Alès, dans le Gard.PIERREOui ! Mille mercis de m'accueillir, bonjour à Manuel VALLS.MANUEL VALLSBonjour monsieur.PIERREAlors je suis heureux de vous poser une question parce que, nous, nous serions volontaires pour hacker les sites djihadistes qui diffusent une propagande, une propagande dangereuse et délirante sur internet
LAURENT BAZINDonc pirater, hein, c'est ça hacker ?PIERREOui ! Enfin les hackers, les harceler surtout, c'est-à-dire
LAURENT BAZINLes harceler.PIERREOui ! C'est-à-dire qu'on dit toujours : « si on sabote leur site, ils en ouvrent un autre le lendemain » mais je pense que les services de police c'est dans leur rôle et dans leur mission d'empêcher ces gens de nuire sur l'internet et de recruter des jeunes. Alors je n'ignore pas bien sûr que le dispositif juridique et l'arsenal juridique est nécessaire pour permettre cela mais ces sites émettent sans doute de pays
de l'étranger, de l'Arabie Saoudite et autres et je vois mal comment on pourrait s'opposer à ce qu'un état comme la France se dote de moyens juridiques empêchant ces terroristes d'émettre une propagande dangereuse sur internet. Alors je voudrais juste poser la question à monsieur VALLS, bon est-ce que
si les services Français de l'internet ou du numérique ne sont pas capables de le faire, éventuellement vous pourriez nous embaucher pour les Services Secrets et nous le ferions nous-mêmes et sinon, par exemple, le site de Farid ABELGOUD (phon) pourrait tout à fait être mis hors d'état de propager ces rumeurs ridicules. Je souligne juste pour finir qu'il ne s'agit pas là bien sûr d'intervenir sur des vidéos Youtube ou autres - c'est tout à fait autre chose bien entendu - nous pourrions
la France pourrait se doter d'un arsenal juridique, vu que monsieur VALLS c'est quand même quelqu'un de très entreprenant, très volontaire, pour mettre hors d'état de nuire régulièrement, sans cesse, une brigade de linternet qui hackerait en permanence et harcèlerait ces sites dangereux.LAURENT BAZINJe comprends, Pierre, que vous êtes suffisamment connaisseur d'informatique pour jouer les pirates vous-même ou les hackers vous-même. C'est une proposition de service, Manuel VALLS
MANUEL VALLSMais je l'a prends !LAURENT BAZINEt pourquoi ne pas le faire d'ailleurs ?MANUEL VALLSMais il faut le faire ! Vous savez que nous sommes en train de réformer en profondeur la Direction Centrale du Renseignement Intérieur, nos services de Renseignements qui sont là pour protéger les intérêts nationaux, la DCRI va se transformer en Direction Générale de la Sécurité Intérieure, va avoir des moyens supplémentaires et, notamment, va recruter plusieurs dizaines de personnes et, notamment, des ingénieurs, des spécialistes, mais aussi des hackers parce qu'il faut être beaucoup plus présent sur la toile, même s'il y a des problèmes juridiques qui viennent d'être rappelés qui ne sont pas simples. Je rappelle par exemple qu'aux Etats-Unis l'amendement numéro un protège la liberté de la parole et permet la diffusion de beaucoup de messages et de beaucoup de messages problématiques sur les sites implantés aux Etats-Unis, mais c'est vrai qu'il faut combattre ces paroles de haine, ces tentatives de recrutement qui existent sur internet ; Et puis, enfin, il faut aussi responsabiliser les diffuseurs, c'est vrai pour Twitter, c'est vrai pour Youtube, qui ont une responsabilité, le dialogue a été engagé, nous avons même obtenu il y a quelques mois grâce je crois à l'Union des Etudiants Juifs de France que Twitter prenne ses responsabilités et retire ces messages de haine, donc il y a à la fois une action à mener : beaucoup plus présent sur la toile, mais aussi cette responsabilité des diffuseursLAURENT BAZINPierre, qui nous a laissé un message depuis Toulouse : les deux jeunes gens partis faire le Djihad en Syrie - 15 et 16 ans on le rappelle
MANUEL VALLSOui !LAURENT BAZINIls ont été mis en examen peuvent-ils vraiment retourner au lycée comme si rien nétait ?MANUEL VALLSNon ! Bien sûr, partir en Syrie pour combattre dans des groupes extrémistes, terroristes, djihadistes cela amène une
LAURENT BAZINEt vous dites non, bien sûr, mais ils vont bien retourner au lycée ?MANUEL VALLSIls vont bien sûr
Je vous rappelle que dans la mise en examen
LAURENT BAZINOn ne peut pas les mettre en prison, ils ne sont pas partis pour aller en prison ?MANUEL VALLSNon ! Il a été prévu des mesures éducatives, donc il faut évidemment un suivi très attentif - de ces deux garçons avec leurs familles - pour comprendre aussi les raisons pour lesquelles ils sont partis en Syrie, mais qui les a aidés dans cette entreprise ?LAURENT BAZINVous le savez ?MANUEL VALLSL'enquête ne fait que commencer et je serais prudent à ce stade.LAURENT BAZINBruno, de Perpignan : faut-il revenir à une obligation pour les mineurs d'avoir autorisation de leurs parents pour sortir du territoire ? Ce matin, on a vu avec quelle facilité on pouvait passer et l'envoyé de RTL en témoignait la frontière turcsyrienne ?MANUEL VALLSJe dois faire un certain nombre de propositions au Président de la République et au Premier ministre sur ce sujet-là, il est évident que cette facilité qui a été donnée aux mineurs - pour des raisons qu'on peut comprendre, je pense notamment aux voyages scolaires et pour simplifier parfois le nombre de documents qu'il faut pour ce type de déplacement mais nous interroge, parce que
LAURENT BAZINCa veut dire que vous envisagez de rétablir l'autorisation pour les mineurs ?MANUEL VALLSCa fait partie des mesures sur lesquelles il faut travailler car, incontestablement, il y a un problème.LAURENT BAZINBonjour Christian
CHRISTIAN, AUDITEUROui Bonjour Laurent, bonjour monsieur le ministre.LAURENT BAZINDe Sillans-la Cascade, dans le Var.MANUEL VALLSBonjour.CHRISTIANOui ! Monsieur le ministre, je voulais savoir
Nous sommes une commune donc de six cent cinquante habitants et nous avons chaque année plus de vingt effractions - alors je ne sais pas si c'est peu ou si c'est beaucoup par rapport à d'autres - nous allons installer un système de vidéosurveillance, mais on est obligés de constater, pour en discuter avec le commandant de gendarmerie qui fait un excellent travail, qu'ils sont en sous-effectifs, alors ils ont des renforts et notamment pour le lac de Sainte-Croix mais, tout au long de l'année, la gendarmerie ne peut pas faire aux effractions. La vidéosurveillance bien sûr sera un remède, on va dire, mais est-ce qu'il est prévu par exemple - sans parler d'augmentation d'effectif - d'un redéploiement d'effectif dans les zones rurales, puisque c'est là où la délinquance augmente le plus ?MANUEL VALLSVous avez raison de dire que la délinquance - et notamment les cambriolages ont augmenté au cours de ces dernières années, depuis 2010 2011, essentiellement dans les territoires ruraux et c'est là où il faut que la gendarmerie se re-déploie, avec le soutien de la vidéo-protection, de la vidéosurveillance, qui est un excellent outil, c'est pour ça que nous avons stoppé l'hémorragie que la police et la gendarmerie avaient connue puisque treize mille sept cents postes avaient été supprimés entre 2007 et 2012
LAURENT BAZINOui ! Mais vous continuez à fermer des gendarmeries et
.MANUEL VALLSQue nous augmentons les effectifs et que le Général FAVIER, qui est en charge aujourd'hui de la gendarmerie, est en train de redéployer les unités, les brigades de gendarmerie, pour être au plus près de cette délinquance qui touche beaucoup les gens parce que dans des territoires on ne connaissait pas ce type de phénomène il y a quelques années, le traumatisme, le viol de l'intimité que représentent les cambriolages sont une réalité, donc les effectifs sont là pour les zones de sécurité prioritaires mais aussi pour ces territoires ruraux qui parfois se sentent abandonnés et nous devons, là aussi, être très en lien avec les élus locaux et les citoyens qui sont mobilisés sur ces questions.LAURENT BAZINChristian ! Christian, je suis assez frappé de vous entendre, dans un village de six cent cinquante habitants - sous votre contrôle c'est ça...CHRISTIANOui !MANUEL VALLSParler de vidéosurveillance, c'est un gros investissement j'imagine pour un village comme le vôtre non ?CHRISTIANC'est un investissement de cinquante mille euros à peu près, on va avoir quinze mille euros de l'Etat et le reste de la subvention certainement du département.LAURENT BAZINC'est ça la situation, Manuel VALLS
MANUEL VALLSOui !LAURENT BAZINLa vidéosurveillance
MANUEL VALLSOui ! Et puis
LAURENT BAZINPour tous, pour tous les villages de France ?MANUEL VALLSNon ! Parfois ça peut être utile, parfois c'est
on parle d'une ou deux caméras, mais aussi en lien par exemple avec des professionnels, avec des agriculteurs, puisque nous avons - il y a encore quelques semaines réussi à démanteler un réseau en Europe grâce à une très grande coopération avec les polices européennes, un réseau roumain qui volait des tracteurs, cela représentait plusieurs millions d'euros, donc ça veut dire que là aussi avec les professionnels, les agriculteurs, qui ont connu, qui ont subi ce type de vol, nous devons être très présents, avoir un maillage, une présence sur le terrain, il faut utiliser donc toutes les techniques, mais évidemment le meilleur moyen c'est la présence humaine, celle des forces de l'ordre.LAURENT BAZINMerci Manuel VALLS d'avoir été l'invité de RTL ce matin et d'avoir répondu, une fois de plus, aux questions des auditeurs. Merci à Christian qui nous appelle de Chillans, sillans - pardon la Cascade, dans le Var, à Pierre qui nous appelait d'Alès ou un autre Pierre qui nous appelait tout à l'heure de Perpignan, évidemment de nombreux appels, très largement je le signale d'ailleurs sur la question de sentiment d'insécurité des cambriolages ou bien de la lutte contre les djihadistes. Merci de votre venue sur RTL ce matin.MANUEL VALLSMerci à vous.Source : Service d'information du Gouvernement, le 12 février 2014
La source —
vie_publique · nº 190410
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