Interview de M. Manuel Valls, ministre de l'intérieur, à RMC - BFMTV le 21 janvier 2014, sur le déclenchement de la procédure de catastrophe naturelle consécutive aux inondations dans le Var, le bilan de la sécurité routière en 2013, les chiffres de la dé
Manuel Valls (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)
JEAN-JACQUES BOURDINNotre invité ce matin, Manuel VALLS, ministre de l'Intérieur. Bonjour.MANUEL VALLSBonjour Jean-Jacques BOURDIN.JEAN-JACQUES BOURDINMerci d'être avec nous. Le Var, les inondations, première question directe, arrêté de catastrophes naturelles, quand ?MANUEL VALLSLe plus vite possible, j'imagine dans moins d'une quinzaine de jours. Il faut que les maires fassent remonter leurs demandes de catastrophes naturelles, enfin, de classement en
JEAN-JACQUES BOURDINDe catastrophes naturelles
MANUEL VALLSEn procédure de catastrophes naturelles. Il faut qu'ils fassent toutes les évaluations nécessaires, mais cela ira très vite, c'est ce que le Premier ministre a affirmé hier dans le Var, puisque nous étions ensemble avec mon collègue Philippe MARTIN, et avec lui
JEAN-JACQUES BOURDINDans les quinze jours ?MANUEL VALLSPour montrer de la solidarité aux communes sinistrées, aux personnes, nous sommes toujours très frappées, les uns et les autres, par la détresse que vivent nos compatriotes quand ils subissent ce type de catastrophes naturelles, c'est leurs biens, souvent des gens très modestes, leur maison qui est parfois perdue, leurs affaires, des objets intimes, leurs biens tout simplement, et que parfois les assurances ne pourront pas leur rembourser totalement. Donc il y a beaucoup de détresse, c'est là où l'Etat, les services publics, qui se sont comportés d'une manière extraordinaire
JEAN-JACQUES BOURDINDoit jouer son rôle
MANUEL VALLSPompiers, gendarmes, policiers, agents de l'Etat et des collectivités territoriales, ERDF, et surtout, une solidarité entre les habitants, qui montre que nous sommes un pays qui a quand même beaucoup de générosité en son sein.JEAN-JACQUES BOURDINEst-ce qu'il y a eu des cas de pillage, parce que j'ai vu que vous avez mis en place une force anti-pillage, enfin, une force, les gendarmes sont mobilisés ?MANUEL VALLSJe crois que c'est plutôt préventif
JEAN-JACQUES BOURDINIl n'y a pas eu de cas ?MANUEL VALLSIl y a peut-être eu ici ou là une tentative de vol. Toutes les maisons sont ouvertes, pour précisément permettre l'assèchement le plus vite possible des dégâts causés par l'eau. Donc comme ce sont des zones pavillonnaires très importantes, il faut les protéger.JEAN-JACQUES BOURDINOn va parler de la route, mais auparavant, je voudrais parler de ce fameux pacte de responsabilité. Il y a huit jours, une semaine, c'était la conférence de presse du président de la République, pacte de responsabilité, contrepartie, le président de la République en dira un petit peu plus. Est-ce qu'il faut fixer un objectif au patronat, aux chefs d'entreprise, objectif d'embauches ?MANUEL VALLSC'est le patronat lui-même qui avait proposé un objectif
JEAN-JACQUES BOURDINOui, un million, a dit
MANUEL VALLSDans ce domaine-là, faisons attention, ce qui compte, c'est de libérer
JEAN-JACQUES BOURDINAvancer des chiffres, il faut faire attention.MANUEL VALLSIl faut faire attention, mais en tout cas, oui, ce qu'on attend, c'est que, à partir du moment où on libère les énergies, où on baisse c'est l'objectif du président de la République le coût du travail, c'est précisément pour que les entreprises parce que ce sont elles qui le font créent de la richesse, et donc de l'emploi. Donc ce qu'on attend, oui, c'est à travers cette libération des énergies, derrière, de la création d'emplois, de la compétitivité pour nos entreprises, le fait qu'elles gagnent des marges, notamment dans la comparaison avec les entreprises allemandes. Nous sommes dans une compétition, une compétition mondiale, une compétition européenne. Donc si nous voulons raccrocher ou ne pas être décrochés par les autres grandes puissances industrielles, il faut mettre le paquet, c'est le sens de ce pacte que propose le président de la République.JEAN-JACQUES BOURDINDonc un objectif, on fixe des objectifs, mais on n'impose pas par la loi, c'est impossible, on ne décrète pas l'emploi, on est bien d'accord ?MANUEL VALLSNon, mais par entreprise, par secteur, par branche
JEAN-JACQUES BOURDINOui, par secteur, on doit fixer des objectifs par branche ?MANUEL VALLSC'est ce que le président de la République, on peut se fixer des objectifs
JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce qu'il va annoncer, on fixe des objectifs par branche ?MANUEL VALLSMais il l'a dit déjà, donc de toute façon, il faut se fixer des objectifs de créations d'emplois. A partir du moment où il y a un retour de la croissance, aux Etats-Unis, de 3%, dans la zone euro, y compris dans notre pays, nous sommes sortis de la récession, mais cette croissance est encore trop faible. Donc il faut la soutenir, il faut la doper. Et la croissance, plus elle sera forte, plus elle nous permettra de créer des emplois. Et puis, il faut aussi évidemment investir dans les secteurs de pointe, dans les nouvelles technologies, dans tout ce qui permet de la création d'emplois dans l'économie de demain.JEAN-JACQUES BOURDINNous pouvons créer un million d'emplois, a dit le président du MEDEF, Arnaud MONTEBOURG en est à deux millions, n'est-ce pas irresponsable d'avancer comme ça des chiffres ?MANUEL VALLSNon, mais ça veut bien dire
JEAN-JACQUES BOURDINFranchement ? Franchement ?MANUEL VALLSÇa veut bien dire, au fond, ces chiffres permettent de montrer l'objectif, la mobilisation de tous, mais dans une économie ouverte, dans une économie de marché, dans une économie globale et mondialisée, il est difficile de se fixer un chiffre précis. Mais l'idée est bien, oui, de créer des centaines de milliers d'emplois, bien sûr
JEAN-JACQUES BOURDINEt on n'impose rien aux chefs d'entreprise, on est bien d'accord ?MANUEL VALLSMais le dialogue social, le fait d'embaucher, c'est ça la contrepartie, c'est gagnant/gagnant, cela doit permettre enfin que chacun participe du même objectif. C'est-à-dire la compétitivité des entreprises.JEAN-JACQUES BOURDINParlons de la sécurité routière, 2013, année faste, enfin, année faste, difficile à dire quand il y a quand même 3.250 morts sur les routes françaises.MANUEL VALLSOui, ça fait 403 vies épargnées
JEAN-JACQUES BOURDINOui, épargnées par rapport à 2012.MANUEL VALLSC'est un niveau historique, en quarante ans, la mortalité
JEAN-JACQUES BOURDINBaisse de 11%.MANUEL VALLSEn quarante ans, la mortalité sur les routes a été divisée par quatre, baisse de 11%, mais évidemment que ça reste un drame, et je rappelle toujours ce chiffre, pour qu'il parle à vos auditeurs, à vos téléspectateurs, c'est neuf tués par jour. Donc c'est à chaque fois neuf tués de trop, derrière, ce sont des drames, des vies brisées, il ne faut pas oublier tous les blessés sur nos routes, il suffit d'aller à l'hôpital de Garches pour se rendre compte ce que cela veut dire être invalide à vie à cause d'un accident de voiture ou de moto. Donc il faut être extrêmement mobilisé.JEAN-JACQUES BOURDINMais pourquoi cette baisse selon vous ? Pourquoi ? Comment l'expliquer ?MANUEL VALLSIl y a sans doute
JEAN-JACQUES BOURDINDe multiples facteurs ?MANUEL VALLSDe multiples facteurs, il peut y avoir des facteurs conjoncturels, liés à la crise économique, on utiliserait moins la voiture
JEAN-JACQUES BOURDINOn roule moins
MANUEL VALLSLe temps, mais quand même, c'est grâce à l'action et aux campagnes qui sont menées depuis des années, action de prévention, mais aussi de dissuasion, de répression. Le rôle des radars, la diminution de la vitesse de 10% au cours de ces dernières années, mais il faut continuer, parce que nous sommes encore à un niveau beaucoup trop élevé de tués
JEAN-JACQUES BOURDINÇa veut dire que c'est efficace la diminution de la vitesse ?MANUEL VALLSOui, elle est efficace, bien sûr
JEAN-JACQUES BOURDINIl faut poursuivre alors ?MANUEL VALLSIl faudra poursuivre, sans aucun doute.JEAN-JACQUES BOURDINDonc on va diminuer la vitesse prochainement ?MANUEL VALLSJe vous ai entendu tout à l'heure
JEAN-JACQUES BOURDINManuel VALLS
MANUEL VALLSVa-t-il annoncer la diminution de la vitesse
JEAN-JACQUES BOURDINEh oui !MANUEL VALLSJ'ai mis en place un conseil national de la sécurité routière, qui n'avait plus été activé déjà depuis un certain nombre d'années, présidé par un député du Bas-Rhin, Armand JUNG, qui fait un travail tout à fait remarquable, avec des élus, avec des experts. Ils sont dans ce débat contradictoire, je vous rappelle que 66% des tués sur les routes le sont sur les routes nationales et départementales, ce qu'on appelle le réseau secondaire
JEAN-JACQUES BOURDINOui, où l'on roule à 90.MANUEL VALLSDonc ils vont faire un certain nombre de propositions dans les prochaines semaines
JEAN-JACQUES BOURDINDonc baisser la vitesse à 80 ?MANUEL VALLSIls vont faire un certain nombre de propositions la semaine prochaine
JEAN-JACQUES BOURDINOui, ils vont faire cette proposition ?MANUEL VALLSEt je pense qu'il faudra expérimenter ce type de mesure, on verra, on verra
JEAN-JACQUES BOURDINOn va expérimenter en France la vitesse à 80km/h ?MANUEL VALLSMoi, je crois qu'il faut expérimenter, parce que, Jean-Jacques BOURDIN, là-dessus, il faut un travail pédagogique vis-à-vis de nos concitoyens, beaucoup de nos concitoyens, les automobilistes, qui vous appellent souvent d'ailleurs sur votre antenne
JEAN-JACQUES BOURDINOui, bien sûr
MANUEL VALLSOnt le sentiment qu'on les bride, qu'on les punit en permanence, qu'on les empêche de rouler. Donc moi, je veux les convaincre que ce type de mesure peut être utile. Donc on va sans doute l'expérimenter
JEAN-JACQUES BOURDINMais l'expérimenter, comment on pourrait faire ça, dans un département, dans plusieurs départements ?MANUEL VALLSDans plusieurs départements, parce que les départements
JEAN-JACQUES BOURDINCombien ? Une dizaine en France ?MANUEL VALLSJe ne sais pas encore, mais en tout cas, voilà, c'est un bon chiffre
JEAN-JACQUES BOURDINNon, mais ce qui serait bien, dans quelques départements ?MANUEL VALLSDans quelques départements, expérimenter
JEAN-JACQUES BOURDINA partir de quand on pourrait faire ça ?MANUEL VALLSJ'espère à partir de cette année 2014, peut-être à partir de la rentrée
JEAN-JACQUES BOURDINOn va expérimenter dans quelques départements, donc on va changer tous les panneaux, on va rouler à 80 au lieu de 90
MANUEL VALLSC'est pour ça que c'est un coût très important, c'est pour ça qu'on a besoin d'expérimentations
JEAN-JACQUES BOURDINOui, ça va coûter une fortune
MANUEL VALLSEt donc c'est pour ça qu'il faut y aller avec méthode, et j'attends, parce que c'est ma méthode, les propositions que le conseil national de la sécurité routière et le comité des experts qui travaillent sur cette question, les propositions qui me seront destinées
JEAN-JACQUES BOURDINEt une fois l'expérimentation en route, si je puis dire, ensuite, si c'est efficace, on passe à 80 évidemment ?MANUEL VALLSSi c'est efficace, comment se priver un seul instant d'outils, d'instruments qui permettent de sauver des vies et des blessés. Il y a eu tout le débat sur les radars, aujourd'hui, nous sommes à 4.100 radars, on va sans doute en installer une centaine de plus en 2014, on remplace par ailleurs les radars qui sont obsolètes, et là aussi, on s'aperçoit que grâce à l'engagement qui a été pris il y a une dizaine d'années par Jacques CHIRAC notamment, on a réussi à faire passer le nombre de morts, qui était de 8.000 en 2002 à 4.000 en 2010, et mon objectif, c'est 2.000 en 2020. Donc on ne peut se priver d'aucun outil. Et puis, il faut travailler aussi sur des segments, des secteurs, des publics, je pense aux jeunes, les contrôles d'alcoolémie, c'est à la sortie des discothèques
JEAN-JACQUES BOURDIN0,5, vous gardez 0,5 ?MANUEL VALLSOn garde aujourd'hui 0,5, est-ce qu'il faut baisser ? On verra les propositions que le comité des experts
JEAN-JACQUES BOURDINOn verra
MANUEL VALLSMais il faut continuer ce travail vers des publics les plus fragiles, les jeunes, sur les routes départementales et secondaires. Il faut poursuivre des campagnes qui leur parlent davantage, il faut utiliser évidemment Internet, nouvelle forme de communication, qui frappe l'opinion, regardez la campagne qui vient d'avoir lieu sur tous les médias, quand on tient quelqu'un, on le retient, ce type de campagne, qui s'adresse à la responsabilité de chacun, à la conscience de chacun, elle est particulièrement efficace.JEAN-JACQUES BOURDINAlors, pour retenir un conducteur, il y a aussi une autre solution, c'est l'éthylotest qu'on installe sur les voitures, et qui est anti-démarrage, non ?MANUEL VALLSÇa ne marchait pas, mais on peut peut-être l'utiliser, c'est aussi l'une des recommandations du conseil national de la sécurité routière
JEAN-JACQUES BOURDINVous y êtes favorable ?MANUEL VALLSPour les publics les plus concernés. Utilisons
JEAN-JACQUES BOURDINC'est-à-dire, c'est quoi les publics les plus concernés ?MANUEL VALLSEh bien, ceux par exemple qui sont addictifs à l'alcool, à la consommation d'alcool ou du stupéfiant, mais je veux rappeler que la vitesse aujourd'hui
JEAN-JACQUES BOURDINVous êtes favorable à l'installation de ces dispositifs ?MANUEL VALLSPour ce type de public, oui, en le généralisant, non.JEAN-JACQUES BOURDINNon.MANUEL VALLSJ'avais déjà eu l'occasion, je crois, de le dire à ce micro.JEAN-JACQUES BOURDINOui, ici, oui.MANUEL VALLSLa vitesse, c'est 25% des tués sur les routes. L'alcool, c'est 20%, l'utilisation de cannabis, c'est 4%, mais quand on mélange tout ça, c'est-à-dire la vitesse, la consommation d'alcool et la consommation de stupéfiants, les risques d'un accident sont multipliés par quatre, voilà une politique publique qui marche, grâce à l'engagement des politiques, des pouvoirs publics, des médias qui diffusent les messages, grâce aussi au comportement de nos compatriotes, il faut le remarquer
JEAN-JACQUES BOURDINUne prise de responsabilité
MANUEL VALLSGrâce aux collectivités territoriales qui ont réaménagé les routes
JEAN-JACQUES BOURDINOui, je vais y revenir
MANUEL VALLSGrâce aux constructeurs bon, donc ça veut dire que ça marche, mais 3.250 tués, c'est évidemment encore beaucoup trop, et 25.876 blessés. Donc ça veut dire que nous ne devons pas relâcher l'effort. Et moi, je veux réussir cet objectif qui est d'atteindre moins de 2.000 tués en 2020.JEAN-JACQUES BOURDINEtes-vous d'accord avec Barack OBAMA, puisqu'on parlait de cannabis, êtes-vous d'accord avec Barack OBAMA qui a dit : je ne pense pas que fumer du cannabis soit plus dangereux que l'alcool, vous êtes d'accord ou pas avec ça ?MANUEL VALLSAprès, c'est une question de consommation
JEAN-JACQUES BOURDINVous auriez pu dire la même chose, franchement ?MANUEL VALLSJe ne suis pas sûr que je l'aurais pris par la dénégation, j'aurais dit : fumer du cannabis
JEAN-JACQUES BOURDINIl m'est arrivé de fumer du cannabis, a expliqué OBAMA, dans ma jeunesse, je ne recommande pas évidemment de fumer du cannabis, mais à mon sens, ce n'est pas plus dangereux que l'alcool.MANUEL VALLSNon, c'est dangereux, c'est dangereux, et notamment, quand c'est pris à hautes doses par des individus, mais je pense notamment à des jeunes
JEAN-JACQUES BOURDINVous avez fumé du cannabis, vous, déjà, Manuel VALLS ?MANUEL VALLSNon, je n'ai pas fumé
JEAN-JACQUES BOURDINJamais ?MANUEL VALLSIl m'est arrivé d'avoir fumé peut-être une fois, mais attention, tout mot
JEAN-JACQUES BOURDINOui, non, mais oui
MANUEL VALLSMais tout mot d'un responsable public le président des Etats-Unis, un modeste ministre de l'Intérieur en France agit sur les jeunes, moi, je suis favorable, et je reste toujours favorable à l'interdiction du cannabis. Parce que je crois que la société a besoin d'autorité, de normes, de règles, et quand vous avez des collégiens, j'entendais les reportages sur votre antenne qui concernaient des lycéens, et quand il s'agit de collégiens, de 11, 12, 13 ans, qui fument du cannabis, et plusieurs fois par jour, les effets non seulement sur leurs comportements, sur leurs notes scolaires, mais sur leur santé, parce que c'est à cet âge-là d'abord un problème de santé publique, ces effets sont désastreux, ils sont dangereux, d'autant plus que le cannabis aujourd'hui, il est de plus en plus dur, de plus en plus fort, donc de plus en plus dangereux pour la santé.JEAN-JACQUES BOURDINLe dépistage, le dépistage dans les lycées, comme le propose le député CIOTTI, c'est une bonne idée ou une mauvaise idée ?MANUEL VALLSMais Vincent PEILLON a apporté la bonne réponse, il faut une campagne massive vers la jeunesse, et il faut une réponse en matière de santé publique, qu'il y ait parfois du dépistage
JEAN-JACQUES BOURDINMais une campagne massive, il y en a eu des campagnes massives, Manuel VALLS
MANUEL VALLSOui, mais, Jean-Jacques BOURDIN, ça s'est relâché, alors c'est peut-être dû à l'absence de moyens qui ont été supprimés au cours des dernières années dans l'école, la santé publique, la lutte contre les addictions, c'est-à-dire la consommation de drogue
JEAN-JACQUES BOURDINL'alcool, je vous parle de l'alcool, parce que j'avais un proviseur tout à l'heure qui nous disait
MANUEL VALLSJe l'ai entendu
JEAN-JACQUES BOURDINMais l'addiction la plus grave aujourd'hui, ce n'est pas le cannabis, enfin, c'est grave, mais on fume pas plus de cannabis qu'il y a dix ans dans les lycées, en revanche, on boit plus.MANUEL VALLSBien sûr. Et puis, vous voyez, y compris, ces soirées arrosées parfois, dans des fêtes de lycées ou de grandes écoles, donc ces campagnes de prévention, qui s'adressent à l'intelligence des élèves, des collégiens et des lycéens, la sensibilisation des parents, parce qu'il y a aussi la responsabilité des parents dans cette affaire, il faut continuer ce travail, c'est une cause de santé publique.JEAN-JACQUES BOURDINAlors je me souviens de ce que vous disiez lorsque vous étiez venu me voir, c'était au mois de mai dernier, vous disiez : les consommateurs pris sur le fait, même en possession d'une faible dose devront bientôt payer une amende sur le champ.MANUEL VALLSOui.JEAN-JACQUES BOURDINC'est ce que vous aviez dit.MANUEL VALLSOui
JEAN-JACQUES BOURDINMais rien, rien de nouveau depuis
MANUEL VALLSSi, il y a beaucoup d'opérations de ce type qui sont menées par les services de police et par les services de douanes, nous y sommes très favorables avec la Garde des sceaux, parce que cela permet d'avoir une réponse judiciaire
JEAN-JACQUES BOURDINVous allez prendre, je ne sais pas, moi
MANUEL VALLSIl faut que les moyens suivent, notamment du côté
JEAN-JACQUES BOURDINLesquels ?MANUEL VALLSDu côté des agents des douanes, vous savez que ça nécessite, pour opérer ce type de contrôle, des moyens tout à fait considérables, mais les expérimentations que nous avons menées
JEAN-JACQUES BOURDINIls seront mis en place ?MANUEL VALLSJ'étais venu au lendemain d'un contrôle de ce type en Seine-Saint-Denis
JEAN-JACQUES BOURDINOui, tout à fait, tout à fait
MANUEL VALLSSont mis en place, et nous continuons à les mener.JEAN-JACQUES BOURDINBien. Vous avez regardé les sondages, vous avez baissé de six points après l'affaire DIEUDONNE. Vous pensez que c'est à cause de l'affaire DIEUDONNE d'ailleurs que vous avez baissé dans les sondages ?MANUEL VALLSJe n'en sais rien, Jean-Jacques BOURDIN
JEAN-JACQUES BOURDINVous n'êtes plus l'homme politique le plus populaire de France, qu'est-ce qui se passe, Manuel VALLS
MANUEL VALLSC'est un drame
JEAN-JACQUES BOURDINNon, mais je vous vois d'ailleurs affligé, mais bon, non
MANUEL VALLSD'abord, ça n'est pas la première
JEAN-JACQUES BOURDINNon, oui ?MANUEL VALLSD'abord, ça n'est pas la première
JEAN-JACQUES BOURDINAlain JUPPE vous devance maintenant
MANUEL VALLSD'abord, ça n'est pas la première fois. Et puis, l'action publique, l'action qui est la mienne pour la sécurité des Français, elle ne peut pas être en permanence pardon de le dire indexée aux sondages. Et quand il y a des combats qui mettent en question profondément les valeurs de la République, parce que l'antisémitisme, le racisme, les actes antireligieux, qu'ils concernent les catholiques, les juifs, les musulmans, quand on s'en prend à une église, à une synagogue, à une mosquée, quand on profane un cimetière, tout cela fait mal à notre société, tout cela divise, fracture la France. Si nous voulons rassembler et apaiser, il faut agir, il faut être efficace. Et qu'est-ce qui s'est passé dans cette affaire ? Cet individu aujourd'hui, dans ses spectacles, ne peut plus continuer sa campagne raciste, et qui fait du juif un
JEAN-JACQUES BOURDINCela dit, il affirme qu'il va tourner un nouveau spectacle en Algérie et qu'il va diffuser ce spectacle, vous verrez bien, vous êtes en alerte, si je comprends bien.MANUEL VALLSJe suis en alerte, je ne suis pas
ce n'est pas un
JEAN-JACQUES BOURDINMais certains ont dit c'est un coup médiatique de la part de Manuel VALLS, il a voulu faire un coup médiatique avec l'affaire DIEUDONNE.MANUEL VALLSCela fait des mois que je parle de la montée de cet antisémitisme, qui d'ailleurs rassemble les antisémitismes qui viennent d'horizons divers, celui de l'extrême droite, de monsieur SORAL, celui qu'on trouve aussi dans un certain nombre de nos quartiers, la Shoah est un sanctuaire, on ne peut pas le profaner tous les soirs dans un spectacle, et puis, enfin, le nombre de réservations pour les salles, le succès sur Internet, il a fallu que BFM TV et FRANCE TELEVISIONS, FRANCE 2, fassent des reportages très précis sur les mots prononcés par cet individu, des attaques antisémites, anti-juives, des attaques racistes, homophobes, pour que, enfin, il y ait une prise de conscience dans ce pays alors que j'en parle depuis des mois. qu'aujourd'hui le journaliste qui a été très attaqué par DIEUDONNE M'BALA M'BALA et SORAL, HAZIZA, fasse un livre sur les connexions entre DIEUDONNE, l'extrême droite identitaire néonazie, cela représente un danger, et le ministre de l'Intérieur, j'ai dissous, à la demande du président de la République, des groupes néonazis, des groupes d'extrême droite, il y a quelques mois, chacun comprenait qu'on ne pouvait pas laisser agir l'oeuvre française qui est au coeur de la matrice idéologique de l'extrême droite, donc il fallait agir. J'ai entendu même un autre argument, c'est une diversion, c'est un moyen de ne pas parler des vrais sujets, mais l'antisémitisme et le racisme sont des vrais sujets, ça ne m'empêche pas pour autant de continuer mon action, à la tête de la Sécurité Civile pour venir en aide à nos compatriotes dans le Var, en Bretagne ou à La Réunion
JEAN-JACQUES BOURDIN« Qu'il s'occupe de la sécurité des Français », vous avez entendu comme moi.MANUEL VALLSMais l'antisémitisme et le racisme c'est de l'insécurité permanente, ça fait mal à notre société, mais ça ne me dévie pas pour autant de ma tâche en matière de sécurité de nos compatriotes, et jeudi prochain je commenterai les chiffres de la délinquance.JEAN-JACQUES BOURDINEt alors ?MANUEL VALLSEh bien il y a beaucoup de violence dans notre société.JEAN-JACQUES BOURDINIls sont en baisse ou en hausse ?MANUEL VALLSÇa dépend des secteurs. Dans les zones de sécurité prioritaire, que nous avons mises en place, la délinquance baisse de manière très significative.JEAN-JACQUES BOURDINEt elle monte en zone rurale, ou périurbaine.MANUEL VALLSNous nous sommes attaqués, depuis plusieurs mois, à ce phénomène des cambriolages qui ont explosé depuis 5 ans, le premier semestre de l'année 2013 a été marqué par une très nette augmentation, c'est vrai, mais là nous sommes en train d'obtenir des résultats et nous commençons à voir une baisse dans un certain nombre de départements. Il y a quelques jours, parce que ça vient souvent de là, nous avons démantelé, les services de police et de gendarmerie, un réseau qui vient de Géorgie qui était au coeur de 8000 faits de cambriolages, vous vous rendez compte, donc cela veut bien dire que nous devons poursuivre, là encore, cette mission.JEAN-JACQUES BOURDINDonc les chiffres jeudi. Globalement, en légère baisse, en légère hausse ?MANUEL VALLSNon, ils sont difficiles
JEAN-JACQUES BOURDINDonc en hausse.MANUEL VALLSÇa dépend encore une fois des secteurs.JEAN-JACQUES BOURDINC'est comme le chômage quoi !MANUEL VALLSNon non
je ne cache pas la vérité aux Français, nous avons un outil statistique indépendant qui annoncera les chiffres avant, nous ne
JEAN-JACQUES BOURDINJe ne vous demande pas les chiffres, mais ils sont en légère hausse ?MANUEL VALLSJ'attends, attendez jeudi, il faut respecter cet organisme indépendant, mais nous mettons les moyens, en remplaçant tous les départs à la retraite dans la police et la gendarmerie, en créant des postes supplémentaires, 400 à 500 par an, en donnant des moyens supplémentaires à la police
JEAN-JACQUES BOURDINVous allez encore en créer 4 ou 500 cette année ?MANUEL VALLSOui, bien sûr, tous les ans, et enfin en créant ces Zones de Sécurité Prioritaire qui nous permettent d'obtenir des résultats.JEAN-JACQUES BOURDINJ'ai deux questions. La proportionnelle, je vous parle du cumul des mandats, mais le cumul des mandats ça va être acquis, ça va être voté, la fin du cumul des mandats.MANUEL VALLSOui, mais ça fait combien de temps qu'on en parle ?JEAN-JACQUES BOURDINOui. Vous avez commencé le travail parlementaire au mois d'avril, c'est ce que vous me disiez.MANUEL VALLSIl y a quelques mois, l'Assemblée nationale demain, discutera aujourd'hui du texte et demain votera
JEAN-JACQUES BOURDINEt votera demain.MANUEL VALLSMais c'est une révolution démocratique majeure, elle s'appliquera à partir de 2017, mais dès les municipales de 2014, dans quelques semaines, au fond, elle va rentrer dans notre culture. C'est un changement absolu. Nous étions une anomalie par rapport aux autres pays européens, et ça va changer, y compris les parcours politiques nationaux et locaux, et moi je suis très fier d'avoir porté cette loi et d'avoir traduit dans les faits cet engagement du président de la République.JEAN-JACQUES BOURDINUne dose de proportionnelle, à quand le texte ?MANUEL VALLSC'était un engagement
JEAN-JACQUES BOURDINC'est un engagement de François HOLLANDE.MANUEL VALLSC'est à lui de décider à quel moment cet engagement pourra se tenir.JEAN-JACQUES BOURDINMais vous confirmez, avant 2017 ?MANUEL VALLSJe ne confirme rien, c'est au président
JEAN-JACQUES BOURDINOui, c'est au président de choisir.MANUEL VALLSC'est au président
JEAN-JACQUES BOURDINMais vous, vous y êtes favorable ?MANUEL VALLSC'est en engagement du président de la République, s'il peut y avoir plus de diversité à l'Assemblée nationale tout en gardant le fait majoritaire, oui c'est une bonne chose, mais là encore c'est au président de la République d'en prendre l'initiative.JEAN-JACQUES BOURDINUne dernière question, et là, je me fais l'interprète d'une maman. Au mois de décembre, le 27 décembre, des pompiers ont manifesté à Grenoble, il y a eu affrontements avec des CRS et des gendarmes mobiles, l'un des pompiers a perdu un oeil, cette maman vous demande, vous écrit et vous réclame la vérité. Est-ce que vous vous engagez ce matin, là, à établir la vérité sur ce qui s'est passé ?MANUEL VALLSBien sûr, il y a une inspection générale en cours, on a les procédures judiciaires, que cette famille, je crois, a saisi la justice, qui elle-même demande à l'inspection générale de mener une enquête précise, et les résultats de cette enquête seront, évidemment, publiés et totalement transparents.JEAN-JACQUES BOURDINLes pompiers qui travaillent plus sans être payés plus.MANUEL VALLSLes pompiers qui travaillent dur, et on a une sécurité civile, un modèle de sapeurs-pompiers basé sur le professionnalisme, évidemment beaucoup sur le volontariat, avec tous ces jeunes sapeurs-pompiers, qui s'engagent aussi, voilà
JEAN-JACQUES BOURDINMais qui ne sont pas payés plus, et qui vont travailler plus.MANUEL VALLSSi, ils vont être un peu plus payés, mais il faut surtout qu'il y ait plus de volontaires, et ça a été très important dans le discours du président de la République à Chambéry, au congrès des sapeurs-pompiers, parce que là, nous avons un modèle qu'il faut préserver et un moyen d'engagement de la jeunesse, tout à fait considérable.JEAN-JACQUES BOURDINMerci Manuel VALLS d'être venu nous voir.Source : Service d'information du Gouvernement, le 21 janvier 2014
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vie_publique · nº 190174
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