Interview de M. Benoît Hamon, ministre de l'économie sociale et solidaire et de la consommation, à "RTL" le 16 décembre 2013, sur les enquêtes en cours à propos d'un nouveau trafic de viande de cheval, sur le contenu de son projet de loi sur la consommati
Benoît Hamon (auteur), Jean-Michel Aphatie (intervenant)
JEAN-MICHEL APHATIEDes dépêches AFP ce matin urgentes nous informent qu'un trafic de viande de cheval, une vaste opération de gendarmerie serait en cours dans 11 départements, de quoi s'agit-il ?BENOIT HAMONEh bien il semble que ce soit dans le cadre de la vigilance qui est toujours de mise sur la commercialisation de la viande de cheval, une affaire qui ne concerne pas exactement ce qu'on a pu connaître l'année dernière, mais là il s'agirait de chevaux qui devraient finir chez l'équarisseur et qui, potentiellement, finiraient chez le boucher, donc avec des chevaux
JEAN-MICHEL APHATIEDes chevaux impropres à la consommation !BENOIT HAMONOui ! Impropres à la consommation et si nous continuons
en tout cas, sous l'autorité du juge, la gendarmerie fait son travail et effectue les vérifications, nous avons depuis le début de l'année mis sous surveillance la filière viande et la filière poisson en France avec les services du ministre de l'Agriculture, les vétérinaires et les miens à la Répression des fraudes. L'objectif c'est de redonner davantage de confiance dans ce qu'on mange, c'est la raison pour laquelle la France est le premier pays en Europe à avoir inscrit dans sa loi l'étiquetage de l'origine de la viande dans les plats préparés, nous attendons maintenant de Bruxelles qu'elle nous donne le feu vert je lespère en janvier prochain et nous nous battrons en faveur de cela avec le ministre de l'Agriculture, mais au-delà de cela il y a cette question de la qualité de ce que l'on mange, il y a des chevaux qui ne doivent pas finir dans votre assiette, ni chez le boucher, et c'est le travail je crois de cette enquête dont nous saurons les résultats bientôt.JEAN-MICHEL APHATIEMais c'est un peu différent de l'histoire précédente
BENOIT HAMONOui ! C'est différent.JEAN-MICHEL APHATIEOù l'on vendait du
BENOIT HAMONOù on vendait du cheval à place du boeuf
JEAN-MICHEL APHATIEVoilà ! C'est ça.BENOIT HAMONEt on est dans l'industrie commerciale, là il pourrait s'agit d'un problème sanitaire.JEAN-MICHEL APHATIEDonc on suivra tout ça et bien sûr nous informerons les auditeurs de RTL. Vous présentez Benoît HAMON un projet de loi sur la consommation que les députés étudieront pour la deuxième fois à partir d'aujourd'hui et dans ce texte figure, alors c'est un texte
il y a beaucoup de choses dans ce texte, mais figurent notamment 2 amendements qui font beaucoup de débats aujourd'hui, vous voulez casser le monopole des opticiens pour les ventes de lunettes et vous voulez donc les autoriser sur internet. Pourquoi ?BENOIT HAMONIl y a 2 monopoles qui existent : le monopole de délivrance - qui délivrance - et le monopole de gestion - qui commerce- il y a déjà un monopole par internet, mais il n'est pas réglementé, l'objectif c'est d'essayer de le réglementer pour commencer. Pour avoir quel résultat ? Faire baisser le prix des lunettes, il est anormalement élevé en France, 2 fois supérieurs à la moyenne des grands pays voisins : l'Allemagne, la Grande Bretagne, l'Italie, l'Espagne, ce sont 450 euros en moyenne avec un panier qui est un panier pour les Français qui est beaucoup trop élevé et, notre objectif, il est d'abord de faire baisser les lunettes pour tout le monde, mais, en faisant baisser le prix ses lunettes pour tout le monde, c'est aussi permettre à 3 millions de Français qui ont besoin de lunettes - mais n'en portent pas à cause du prix eh bien de pouvoir corriger le défaut de vue qui est le leur. Cette mesure va avoir un impact sur le pouvoir d'achat que nous estimons aujourd'hui, selon un scenario assez conservateur à
JEAN-MICHEL APHATIE20% !BENOIT HAMONA
Oui ! A 1,3 milliard d'euros en faveur des Français.JEAN-MICHEL APHATIEAh oui ! Au total, voilà. Le prix pourrait baisser de 20%, dites-vous
BENOIT HAMONVoilà ! Progres
JEAN-MICHEL APHATIEEt la redistribution
BENOIT HAMONEt le prix
JEAN-MICHEL APHATIEEnfin à 1,3 milliard d'économies ?BENOIT HAMONEn augmentant le commerce par internet, il est permis par quoi ? Par le fait que demain sur votre ordonnance on inscrira obligatoirement l'écart entre les 2 pupilles ce qui permettra d'acheter plus facilement sur internet et non seulement on consolidera un modèle économique, celui de la vente par internet, mais aussi on poussera à ce que les lunettes baissent chez l'opticien
JEAN-MICHEL APHATIEEt vive le libéralisme !BENOIT HAMONNon ! Pas vive le libéralisme
JEAN-MICHEL APHATIEAh si !BENOIT HAMONParce que ça
JEAN-MICHEL APHATIEPuisqu'il s'agit de multiplier les points de vente ou les accès de vos lunettes
BENOIT HAMONAh ! Eh bien vous pouvez le dire
JEAN-MICHEL APHATIEPour abaisser les prix ?BENOIT HAMONMais je vais vous donner 2 autres mesures qui seront im
JEAN-MICHEL APHATIEJe peux le dire comme ça ?BENOIT HAMONMais vous pouvez le dire, si vous le voulez, comme ça.JEAN-MICHEL APHATIEMerci !BENOIT HAMONSauf que nous y ajoutons quoi ? L'obligation d'une prescription pour les lentilles de contact, ce qui n'était pas le cas auparavant ; nous maintenons le fait que l'ordonne doit être renouvelée tous les 3 ans pour inscrire les Français dans un parcours de santé, et ce n'est pas
faire baisser les prix ne se fera pas au détriment de la qualité et de la sécurité, ni de la santé publique, nous conserverons un haut niveau d'équipement et avec un haut niveau de sécurité. Mais quand on constate que le prix des lunettes en France est 2 fois plus élevé que dans tous les autres pays européens
JEAN-MICHEL APHATIEC'est qu'il y a un problème !BENOIT HAMONC'est qu'il y a un problème, donc il y avait une situation de rente économique et moi je nai jamais été favorable à la rente c'est la raison pour laquelle je propose que l'on réglemente ce marché.JEAN-MICHEL APHATIEIl s'est ouvert beaucoup de magasins d'opticiens ces dernières années, ça on l'a tous constaté dans
BENOIT HAMON47% en plus depuis 2000 !JEAN-MICHEL APHATIEOui ! 16.000 emplois pourraient être menacés, disent les opticiens aujourd'hui si les ventes de lunettes sont autorisées sur internet
BENOIT HAMONMais je pense
JEAN-MICHEL APHATIEPersonne n'en sait rien peut-être, mais que des emplois disparaissent ici ou là ça parait quand même probable si on peut acheter sur internet et pas dans les magasins ?BENOIT HAMONOui ! Mais vous observerez que la population vieillit et qu'elle va avoir besoin de plus en plus de lunettes, que les comportements liés à l'utilisation des ordinateurs, des tablettes amènent aussi à ce qu'on prescrive de plus en plus de lunettes, donc c'est un marché qui reste encore orienté vers la croissance et donc la croissance en emplois. Donc, ces scenarii ce sont des scenarii qui relèvent davantage de la communication pour préserver la situation ou le statu quo que, à mon avis, d'estimation tout à fait fiable.JEAN-MICHEL APHATIEEst-ce une erreur Benoît HAMON d'avoir laissé traîner sur les étagères de Matignon, comme le disait Alain à l'instant, un rapport sur l'intégration qui préconisait entre autres choses pourquoi pas le retour du voile à l'école ?BENOIT HAMONEh bien c'est surtout qu'il y a un certain nombre de questions qui étaient posées et ont été déjà préalablement tranchées et donc donner le sentiment de rouvrir des débats alors qu'ils ne sont absolument rouverts par personne, surtout pas au gouvernement, eh bien
voilà est sans intérêt et donc aujourd'hui
JEAN-MICHEL APHATIEUne erreur ?BENOIT HAMONNon ! Non, je ne vais pas le qualifier comme ça. Je sais que
le fait d'être transparent sur les rapports qui seront remis au conseil des ministres ce n'est pas non plus une faute, le fait que le Premier ministre dise : « on me donne des rapports, je lis ce qu'il y a dedans » ça ne l'engage pas lui, ça n'oblige pas le gouvernement. Cela étant dit, j'observe que comme d'habitude sur ces sujets liés à l'Islam pour faire vite la droite embraie le pas, anticipant même la réaction du Front National
JEAN-MICHEL APHATIEOh ! C'est le rôle de l'opposition de
voilà, de dire : « Tiens ! Voilà, il y a des choses qui ne vont pas ?BENOIT HAMONEh bien personne
JEAN-MICHEL APHATIEVous l'avez sans doute fait un peu dans les
BENOIT HAMONPersonne ne va remettre
JEAN-MICHEL APHATIEDit dans les années
BENOIT HAMONNon ! Personne ne va remettre en cause le principe de l'interdiction du voile à l'école
JEAN-MICHEL APHATIED'accord !BENOIT HAMONLa droite le sait - n'empêche qu'elle dit le contraire et qu'aujourd'hui elle n'a comme fonds de commerce électoral que l'Islam et la stigmatisation des musulmans en France.JEAN-MICHEL APHATIEVous étiez avec François HOLLANDE dans son voyage au Brésil, en Guyane, ça l'a agacé parait-il cette histoire, vous le confirmez Benoît HAMON ?BENOIT HAMONMais je ne confirme rien du tout ! Il s'est exprimé, il a dit la position du gouvernement qui est celle de tous les membres du gouvernement, c'est que ce rapport est un rapport et point.JEAN-MICHEL APHATIEIl est resté zen ?BENOIT HAMONAh oui ! Il était très zen, et puis on avait surtout du travail sur place.JEAN-MICHEL APHATIEOui ! Ça ne nous a pas échappé. Mais
BENOIT HAMON
important avec le Brésil, ce qui nous préoccupait davantage que
JEAN-MICHEL APHATIEOui ! Oui, mais enfin comme il a aussi recadré son Premier ministre visiblement sur les questions fiscales, beaucoup disent ça ne va pas très fort entre eux ?BENOIT HAMONOui ! Mais je ne sais pas d'où vous voyez ces recadrages, ça c'est une expression qui est
JEAN-MICHEL APHATIEEh bien quand il dit : « on ne défaira pas ce qu'on a fait depuis 2012, il a l'air de réduire la réforme fiscale peut-être à moins de choses que le prévoyait le Premier ministre ?BENOIT HAMON
(Brouhaha)
dans le cadre de la remise à plat de la fiscalité, ce qui a déjà été engagé, soit au bout de - alors qu'on n'a pas vu encore totalement l'impact de nos mesures - soit un minimum sanctuarisé. Cela étant dit, la remise à plat de la fiscalité ça va mettre en discussion des sujets importants sur la fiscalité des ménages, la fiscalité des entreprises, la fiscalité des collectivités locale, le prélèvement à la source, tous ces sujets sont des sujets qui se discutent aujourd'hui. L'objectif, c'est que les gens sachent ce qu'ils paient et pourquoi ils le paient.JEAN-MICHEL APHATIEGentille gauche allemande qui s'allie avec la méchante droite allemande, ça pourrait arriver en France ça ?BENOIT HAMONEh bien ça m'inspire 3 commentaires ! Institutionnellement
JEAN-MICHEL APHATIEOuf ! Rapide alors.BENOIT HAMONNon ! Mais institutionnellement ce n'est pas pareil chez eux que chez nous, donc ils font des grandes coalitions plus facilement
JEAN-MICHEL APHATIEOui ! Ça, ça ne vous a pas échappé, oui.BENOIT HAMON2) sur le plan européen, ce n'est pas plus mal puisqu'ils vont créer un SMIC et que ça nous arrange parce que ça va faire de la convergence sociale ; 3) en général...JEAN-MICHEL APHATIEEt 3) bientôt en France ?BENOIT HAMONMais non ! 3) en général, la sociale démocratie y perd à chaque fois puisque c'est winner tacital (phon), comme on dit, le gagnant ramasse tout et en général c'est Angela MERKEL.JEAN-MICHEL APHATIEBon ! Eh bien voilà, tiens dans la pierre des socialistes allemands. Benoît HAMON était l'invité de RTL ce matin, bonne journée.PHILIPPE CORBÉMerci à tous les deux. Benoît HAMON, vous faites des contrôles en ce moment, enfin vos services de la Répression des fraudes font des contrôles sur les courses de Noël ?BENOIT HAMONBien sûr ! Sur les jouets
PHILIPPE CORBÉIl y a beaucoup de
BENOIT HAMONSur les jouets et notamment sur le commerce par internet et puis sur ce que vous aurez dans votre assiette où nous allons, cette semaine encore, multiplier les contrôles sur
PHILIPPE CORBÉPlus de fraudes qu'avant ou pas ?BENOIT HAMONOn est sur un niveau à peu près, d'anomalies, à peu près équivalent mais on cible en fonction on va dire des promotions de l'année et de ce qui est lancé par les grandes marques cette année et où, honnêtement, ça n'a pas beaucoup bougé, c'est mieux sur les jouets que l'année dernière cela étant dit.PHILIPPE CORBÉOn aura l'occasion d'en reparler !BENOIT HAMONMieux, c'est-à-dire que c'est plus sûr.Source : Service d'information du Gouvernement, le 16 décembre 2013
La source —
vie_publique · nº 190010
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