geheim.land Recherche Politique
11 décembre 2013 · Gouvernement · BFM TV · discours Discours

Interview de M. Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense, avec BFM TV le 11 décembre 2013, sur l'intervention militaire française en Centrafrique.

Jean-Yves Le Drian (auteur), Jean-Jacques Bourdin (intervenant)

Jean-Jacques BOURDINDeux soldats Français tués en République Centrafricaine, c'était dimanche soir, dans quelles circonstances exactes, Jean-Yves LE DRIAN ?Jean-Yves LE DRIANEh bien les soldats Nicolas VOKAER et Antoine LE QUINIO étaient partis accomplir une mission de désarmement dans la nuit avec plusieurs de leurs camarades, il y a eu un affrontement avec des éléments incontrôlés manifestement de la CELEKA, il y a eu des échanges de tir violents et ils ont été blessés d'abord, ramenés à l'aéroport de Copo (phonétique) où sont basées nos forces et, ensuite, ils sont décédés dans l'antenne chirurgicale. Je les ai connus ! J'ai beaucoup d'émotion parce qu'il se trouve qu'ils sont qu'ils appartiennent au Régiment, au 8e Régiment d'Infanterie de Marine, parachutistes d'infanterie de marine de Castres et j'étais allé à Castres très peu de temps avant et j'avais vu leurs camarades, et j'avais vu leurs camarades à Libreville 10 jours avant. Voilà ! Je suis très ému, je pense à leurs familles, je pense aussi à leurs camarades. C'était de très beaux soldats, qui étaient à leur troisième engagement, ce n'était pas c'était des soldats aguerris.Jean-Jacques BOURDINOui ! Ils avaient 23 et 22 ans tous les deux.Jean-Yves LE DRIANOui !Jean-Jacques BOURDINJean-Yves LE DRIAN des ex-SELEKA ou des SELEKA - ex, ex, pas ex, je ne sais pas Jean-Yves LE DRIANC'est compliqué !Jean-Jacques BOURDINQui leur ont tiré dessus Jean-Yves LE DRIANOui !Jean-Jacques BOURDINCe sont des hommes qui soutiennent le Président en place, enfin le Président autoproclamé Michel DJOTODIA, autoproclamé Jean-Yves LE DRIANCe n'est pas si simple !Jean-Jacques BOURDINCe n'est pas si simple que ça, parce que certains ont déposé les armes – sont rentrés dans les casernes – et pas les autres. La complexité de la situation à Bangui et dans toute la République Centrafricaine Jean-Yves LE DRIANC'est une situation très compliquée ! Parce qu'il y a eu un coup d'Etat de Michel DJOTODIA, appuyé par des groupes armés, des milices venant d'une partie du territoire mais venant aussi d'autres pays, le chef de transition du gouvernement, monsieur DJOTODIA, a désavoué une partie de ses forces mais il y a quand même une partie qui reste sous son autorité. Il faut désarmer, autrement la situation sera ingérable, il faut désarmer tout le monde, à la fois les différentes milices qui se réclament de la SELEKA – qu'elles soient intégrées ou pas aux forces armées de Centrafrique – et les anti-BALAKA qui sont des milices aussi, plus ou moins organisées, qui sont des milices Jean-Jacques BOURDINOui ! Milices chrétiennes qui ripostent Jean-Yves LE DRIANQui ripostent, on peut le dire Jean-Jacques BOURDINQui ripostent aux musulmans Jean-Yves LE DRIANOui ! Parce qu'il y a Jean-Jacques BOURDINDe monsieur DJOTODIA.Jean-Yves LE DRIANParce qu'il y a Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANCe n'est pas aussi simple que ça !Jean-Jacques BOURDINBon !Jean-Yves LE DRIANMais parce qu'il y a une tendance lourde à l'affrontement confessionnel qu'il faut absolument éviter.Jean-Jacques BOURDINA l'affrontement confessionnel.Jean-Yves LE DRIANEt ça passe par le désarmement de tous et la mission des forces africaines et françaises c'est d'engager le désarmement et de le réaliser le plus vite possible.Jean-Jacques BOURDINC'est une mission militaire ou une mission de police ? Parce que Jean-Yves LE DRIANOn ne peut pas dire que ce soit une mission de police ! Parce que lorsque vous avez des troupes armées de cette manière, même si l'armement est plutôt léger – mais en tout cas elles sont toutes armées – c'est une mission militaire, c'est une mission militaire qui doit permettre le rétablissement d'une solution politique indispensable et qui doit voir le jour en 2014.Jean-Jacques BOURDINLe père de l'un des deux soldats tués raconte dans LE PARISIEN ce matin : « on avait échangé par SMS le jour même, dimanche, il m'avait décrit ce qu'il avait vu dans la journée, il avait assisté à des scènes atroces, dès que les soldats Français désarmaient des miliciens musulmans ils les voyaient se faire lyncher Jean-Yves LE DRIANEh oui !Jean-Jacques BOURDINPar une foule de chrétiens en pleine rue et l'armée ne pouvait rien faire pour empêcher cela ».Jean-Yves LE DRIANEt, d'abord, parce qu'il y a eu des massacres Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANIl y a peu de jours qui ont été initiés par les groupes de la SELEKA et qu'il y a des espèces de représailles, de revanches, de règlements de compte qui s'effectuent dans une situation très tendue, avec des relents d'affrontements confessionnels mais aussi des gens qui sont dans la faim, dans le dénuement, il y a aussi des pillages parce que ce pays est extrêmement pauvre. Ces populations ont subi la terreur, des violences depuis plusieurs mois, on en parle beaucoup, mais cette situation-là on la connait depuis déjà plusieurs mois, sauf qu'elle n'était pas médiatisée, aujourd'hui c'est médiatisée, tant mieux - parce que tout le monde prend conscience de la gravité de la situation de ce pays - mais lorsque François HOLLANDE est allé aux Nations Unies en septembre alerter l'opinion internationale sur le drame qui se joue en Centrafrique, honnêtement personne n'en parlait beaucoup et, heureusement, on en parle, heureusement on le voit.Jean-Jacques BOURDINJe vais y revenir ! Pays immense, plus grand que la France, 5 millions d'habitants Jean-Yves LE DRIANOh ! Pas 5 millions, 4 millions et demi...Jean-Jacques BOURDINA peine 5 millions d'habitants...Jean-Yves LE DRIAN4 millions et demi.Jean-Jacques BOURDIN4 millions et demi, mission très difficile. Vous avez dit au début : « la mission sera courte », intervention qui va durer quand même au moins quelques mois ?Jean-Yves LE DRIANNon ! Je n'ai jamais dit Jean-Jacques BOURDINNon ! Dimanche Jean-Yves LE DRIANQue l'intervention durerait 3 jours.Jean-Jacques BOURDINNon ! Bon.Jean-Yves LE DRIANL'intervention durera Jean-Jacques BOURDINMoment court, c'est ce que vous avez dit.Jean-Yves LE DRIANMoment court, mais moment court une opération militaire ça prend du temps de toute façon.Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANJ'entends ici ou là qu'il faut aller plus vite, mais on est là que depuis on a désarmé que depuis lundi, donc il faut assurer le désarmement systématique avec le soutien des forces africaines, de l'ensemble Jean-Jacques BOURDINDe toutes les milices ?Jean-Yves LE DRIANDe l'ensemble des acteurs, de toutes les milices, c'est le message qu'a indiqué Fran Jean-Jacques BOURDINEt même des soldats Tchadiens ou Soudanais Jean-Yves LE DRIANDe toutes les milices Jean-Jacques BOURDINBrigands ou pas, qui viennent aider ?Jean-Yves LE DRIANSauf Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANSauf les forces qui sont mandatées par les Nations Unies, parce que les forces françaises et les forces africaines sont mandatées par la communauté internationale pour faire en sorte que la sérénité, la sécurité reviennent dans ce pays et, les autres, il faut qu'ils soient désarmés, et ensuite on pourra rétablir la sécurité, les éléments fondamentaux d'un état qui est aujourd'hui dans l'inexistant pour permettre une solution politique Jean-Jacques BOURDINDonc ça va durer Jean-Yves LE DRIANC'est Jean-Jacques BOURDINCa va durer Jean-Yves LE DRIANC'est j'ai donné l'indication de 6 mois, c'est une indication Jean-Jacques BOURDIN6 mois !Jean-Yves LE DRIANJe pense significative et qui devrait permettre à la France Jean-Jacques BOURDINDans 6 mois la situation sera rétablie ?Jean-Yves LE DRIANAh ! Eh bien je ne peux pas vous le dire, monsieur BOURDIN Jean-Jacques BOURDINNon ! Non, non.Jean-Yves LE DRIANNon ! Ce n'est que le début Jean-Jacques BOURDINC'est votre objectif ?Jean-Yves LE DRIANC'est l'objectif !Jean-Jacques BOURDINC'est l'objectif.Jean-Yves LE DRIANOn ne peut pas dire au début d'une intervention : « on va arrêter tel jour à telle heure ».Jean-Jacques BOURDINOui ! Non ! Mais bien sûr, mais évidemment, évidemment.Jean-Yves LE DRIANEt d'autant plus que d'autant plus que la responsabilité de la France dans cette affaire c'est aussi de faire en sorte que les forces africaines assurent le relais, pour l'instant ces forces que l'on appelle la - qu'on va appeler la MISKA dans quelques jours – ces forces sont de l'ordre de 2.500 à 3.000 militaires, les chefs d'Etat et de Gouvernement africains qui ont été réunis par le Président de la République à Paris samedi dernier ont décidé d'augmenter leur présence et de faire en sorte qu'il y ait 6.000 militaires membres de la MISKA et c'est d'ailleurs mandaté par les Nations Unies.Jean-Jacques BOURDINMais, dites-moi, ce matin j'avais Jean-Yves LE DRIANDonc, ça, c'est très matin.Jean-Jacques BOURDINAlors ce matin Oui ! Oui, j'avais notre envoyé spécial sur place à Bangui qui nous racontait que la population centrafricaine ne faisait pas confiance à cette force africaine...Jean-Yves LE DRIANOui !Jean-Jacques BOURDINAttitude des civils, par exemple qui ont peur. Pourquoi ? Parce qu'il y a des Tchadiens dans cette force Jean-Yves LE DRIANOui ! Mais, attendez Jean-Jacques BOURDINEh bien oui ! Des soldats que beaucoup de Centrafricains considèrent comme des alliés du pouvoir en place, vous savez bien, ils sont musulmans, enfin bon Jean-Yves LE DRIANIl y a un état-major des forces africaines qui travaille désormais avec l'état-major français du Général SORIANO, nous avons mis des officiers Français dans l'état-major des forces africaines, ces forces africaines vont avoir un nouveau commandant – un nouveau général dans quelques jours - qui est un général Camerounais. Les forces camerounaises, les forces tchadiennes, les forces gabonaises, les forces angolaises, ce sont des forces sérieuses, ils ont besoin d'être secondées par les forces françaises Jean-Jacques BOURDINPar les forces françaises !Jean-Yves LE DRIANCe que nous faisons. Demain il va y avoir des forces du Burundi, après-demain d'autres pays africains, je pense qu'il y a une prise de conscience de la part des chefs d'Etat et de Gouvernement africains de leurs responsabilités et du fait que, s'il y avait permanence d'un état failli en Centrafrique, c'est leur propre sécurité qui serait remise en cause, d'où la nécessité de rétablir une solution politique au cours de l'année 2014. Dans la feuille de route, qui avait été par les chefs d'Etat et de Gouvernement de la région à Libreville et N'Djamena, il avait été dit : « il faudra des élections en 2015 », ils ont décidé d'accélérer - et ils ont raison - mais il faut remettre en place un processus, c'est-à-dire il faut reconstituer l'état civil, il faut des cartes Jean-Jacques BOURDINDonc, l'élection en 2015...Jean-Yves LE DRIANL'élection en 2014, en 2014.Jean-Jacques BOURDINEn 2014 l'élection.Jean-Yves LE DRIANEn 2014, c'était indiqué 2015, et les chefs d'Etat et de Gouvernement africains ont décidé de l'avancer en 2014. Très bien ! Mais, avant cela, il faut que la sécurité revienne et la sécurité ça passe par le désarmement.Jean-Jacques BOURDINBien ! Jean-Yves LE DRIAN, la visite de François HOLLANDE était elle opportune ou pas - vous avez vu toutes les polémiques autour de cette visite, oh petite polémique autour de cette visite – annoncée 12 heures à l'avance, visite qui a mobilisé une partie du contingent français pour sécuriser le Président et ceux qui étaient avec lui ?Jean-Yves LE DRIANC'est le chef des armées Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANIl envoie les forces en Afrique Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANIl prend des risques avec ces forces, il est en Afrique, il est normal qu'il s'arrête les saluer, c'est quand même la moindre des choses, c'est le bon sens, c'est de sa responsabilité.Jean-Jacques BOURDINPourquoi sommes-nous seuls en Afrique, pratiquement seuls ?Jean-Yves LE DRIANMais nous sommes Je vous l'ai dit tout à l'heure Jean-Jacques BOURDINJ'oublie les forces africaines, enfin je les oublie, mais l'Europe Jean-Yves LE DRIANJe ne vois pas pourquoi on les oublierait !Jean-Jacques BOURDINNon ! Non, vous avez raison Jean-Yves LE DRIANParce que nous ne sommes pas seuls, parce que Jean-Jacques BOURDINNon ! Non, mais je les oublie parce que vous les avez mentionnées.Jean-Yves LE DRIANNon ! Seulement ça, parce que nous sommes mandatés par les Nations Unies Jean-Jacques BOURDINBon !Jean-Yves LE DRIANEt par la communauté internationale Jean-Jacques BOURDINBon !Jean-Yves LE DRIANAvec les forces africaines, le mandat est clair.Jean-Jacques BOURDINMais est-ce que nous sommes mandatés par l'Union européenne ?Jean-Yves LE DRIANNous sommes mandatés par les Nations Unies, par la communauté internationale Jean-Jacques BOURDINOui ! Par les Nations Unies. Mais je Jean-Yves LE DRIANDonc, à partir de ce mandat-là, qui est un mandat qui est destiné aux forces africaines et à la France, aux deux, pas à d'autres Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANBien ! Nous le respectons Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANNous réagissons tout de suite Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANDès que le mandat Jean-Jacques BOURDINOui ! Mais Jean-Yves LE DRIANJ'y viens !Jean-Jacques BOURDINOui ! Allez-y.Jean-Yves LE DRIANDès que le mandat a été donné nous sommes intervenus, parce qu'il fallait intervenir tout de suite - en raison des violences et des massacres que vous connaissez et qui sont maintenant médiatisés, il y en a eu d'autres avant qui n'étaient pas connus – il fallait agir vite, et, maintenant, nous sommes en discussion nos amis Européens, nous aurons des soutiens européens dans le cadre de cette mission.Jean-Jacques BOURDINOui ! Mais : « Nous aurons Jean-Yves LE DRIANMais nous allons Jean-Jacques BOURDINA chaque fois on nous dit : « Nous aurons du soutien européen », mais Jean-Yves LE DRIAN Jean-Yves LE DRIANLà, le mandat Jean-Jacques BOURDINL'Europe Jean-Yves LE DRIANLe mandat Monsieur BOURDIN !Jean-Jacques BOURDINEst-ce que vous ne regrettez pas quand même son absence, franchement soyons honnêtes ?Jean-Yves LE DRIANMais je pense que les Européens seront au rendez-vous, ils ont commencé, les Britanniques, les Belges Jean-Jacques BOURDINUn avion !Jean-Yves LE DRIANMais ça va venir !Jean-Jacques BOURDINUn avion les Britanniques, un.Jean-Yves LE DRIANLes Britanniques, les Belges, les Danois, les Polonais Jean-Jacques BOURDINLes Belges rien (brouhaha) Jean-Yves LE DRIANMais vous allez voir ! Ce n'est pas en 3 jours que ça se fait, c'est une opération Jean-Jacques BOURDINOui ! Eh bien nous on y va.Jean-Yves LE DRIANEh bien il y a un mandat des Nations Unies qui est destiné aux forces africaines Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANEt à la France Jean-Jacques BOURDINBon ! Alors Jean-Yves LE DRIANLes forces africaines et la France sont au rendez-vous, et maintenant Jean-Jacques BOURDINPourquoi ne pas créer...Jean-Yves LE DRIANEt maintenant je souhaite que d'autres viennent s'associer à notre démarche, les contacts que j'ai avec mes collègues Européens sont plutôt positifs et donc je pense que Jean-Jacques BOURDINPourquoi ne pas créer Jean-Yves LE DRIANLes Européens seront au rendez-vous.Jean-Jacques BOURDINUn fonds d'opérations extérieures, un fonds européen d'opérations extérieures, un fond qui financerait ces opérations, qui participerait au financement de ces opérations ?Jean-Yves LE DRIANCe qu'il faut créer en priorité, oui, c'est une force d'intervention africaine. Parce que la sécurité des Africains doit être prise en charge par les Africains eux-mêmes, au sommet Jean-Jacques BOURDINOui ! Mais sont-ils capables seuls Jean-Yves LE DRIANAu sommet (brouhaha) Jean-Jacques BOURDINDe prendre en charge la sécurité ?Jean-Yves LE DRIANAvec le soutien pour la mise en oeuvre de ces forces africaines Jean-Jacques BOURDINOui ! De la France.Jean-Yves LE DRIANDe la France et de l'Europe Jean-Jacques BOURDINEt de l'Europe.Jean-Yves LE DRIANMais il faut que les Africains créent cette force.Jean-Jacques BOURDINMais je vous pose une question Jean-Yves LE DRIANParce que dans le cas précis de la République Centrafrique la logique aurait été que la force d'intervention qui agit là maintenant – et c'est le cas de la France en particulier – soit assumée par une force africaine d'intervention rapide, les chefs d'Etat et de Gouvernement africains lors du Sommet Paix et Sécurité ont décidé de le faire, tant mieux, il est temps, mais c'est bien que les Africains prennent conscience que leur sécurité doit être une sécurité collective et ne doit pas être une sécurité attentive, de patience, par rapport à une initiative complémentaire, d'assistance Jean-Jacques BOURDINMais que pensez-vous Jean-Yves LE DRIANDe la France.Jean-Jacques BOURDINDe cette idée d'un fonds européen permettant de financer ces opérations extérieures ?Jean-Yves LE DRIANLe problème ce n'est pas le financement des opérations extérieures, c'est la volonté politique européenne d'intervenir, le chemin Jean-Jacques BOURDINOui !Jean-Yves LE DRIANMais je pense qu'elle va être Jean-Jacques BOURDINElle n'est pas là !Jean-Yves LE DRIANA ces rendez-vous-là.Jean-Jacques BOURDINDites-moi ! Il y a un sommet européen bientôt-là Jean-Yves LE DRIANBien sûr ! La semaine prochaine.Jean-Jacques BOURDINDes chefs d'Etat et de Gouvernement ?Jean-Yves LE DRIANC'est une question qui peut être posée intelligemment sur la manière dont les groupements tactiques, ce qu'on appelle les groupements tactiques, c'est-à-dire des forces qui sont en réserve, en attente d'intervention sur du théâtre extérieur puissent être mobilisées Jean-Jacques BOURDINPourquoi ne pas le boycotter si l'Europe ne met pas la main à la poche ?Jean-Yves LE DRIANEh bien la question ne se pose pas comme ça ! Il faut construire l'Europe de la Défense mais l'Europe de la Défense ne pourra se construire Jean-Jacques BOURDIND'accord ! Mais Jean-Yves LE DRIANOui ! Mais elle ne pourra se construire lorsqu'il y a un élément de décision politique, parce que lorsque l'on Jean-Jacques BOURDINMais vous êtes déçu par l'attitude européenne, franchement ?Jean-Yves LE DRIANNon !Jean-Jacques BOURDINNon ! Non, pas du tout, non ?Jean-Yves LE DRIANParce que les Européens vont répondre aux demandes que nous leur formulons dans le cadre d'une résolution des Nations Unies.Jean-Jacques BOURDINBon !Jean-Yves LE DRIANJe redis que c'est une résolution des Nations Unies, qui va bien au-delà de l'Europe, et que la force africaine qui va de mettre en place sera de nature à assurer la transition, il faut la transition politique.Jean-Jacques BOURDINLes opérations extérieures ont coûté combien, vont coûter combien pour l'année 2013, un peu plus d'un milliard d'euros, c'est cela ?Jean-Yves LE DRIANOui ! 1,2 milliard.Jean-Jacques BOURDINUn peu plus d'un milliard d'euros.Jean-Yves LE DRIANEn 2013 Jean-Jacques BOURDINCombien provisionnées ? 440 millions d'euros Jean-Yves LE DRIAN450 !Jean-Jacques BOURDIN450.Jean-Jacques BOURDIN450. Et la différence, vous prenez où ?Jean-Yves LE DRIANIl faut mettre les choses très clairement Monsieur BOURDIN.Jean-Jacques BOURDINOui.Jean-Yves LE DRIANEn 2013 les dépenses d'opérations extérieures ont été d'1,2 milliard. Pourquoi ? Parce qu'il y avait l'Afghanistan, parce qu'il y a eu le Mali, et parce qu'il y a des présences, au Liban ou ailleurs, qui se maintiennent. Sur ce milliard deux il y a une partie qui est assurée par le budget de la Défense, et le surcoût est assuré collectivement et mutualisé au niveau de l'Etat, donc ça n'ampute pas les investissements du budget de la Défense.Jean-Jacques BOURDINNi matériels, ni les achats Jean-Yves LE DRIANNi matériels à l'euro près Monsieur BOURDIN, à l'euro près.Jean-Jacques BOURDINÇa ne coûte rien au budget de la Défense ?Jean-Yves LE DRIANAu budget de la Défense, c'est partagé, c'est de la responsabilité collective.Jean-Jacques BOURDINÇa a coûté 1,3 milliard en 2012, je crois, on est à 1,2 milliard en 2013 Jean-Yves LE DRIANA peu près, et en 2014 ça sera moins Jean-Jacques BOURDINÇa va coûter combien ?Jean-Yves LE DRIANPuisque le Mali, nous sommes en diminution Jean-Jacques BOURDINOui, moins Jean-Yves LE DRIANPuisque l'Afghanistan nous sommes quasiment partis, et donc nous avons provisionné 450 millions d'euros. L'opération centrafricaine est beaucoup moins onéreuse Jean-Jacques BOURDINCombien ?Jean-Yves LE DRIANJe ne peux pas l'identifier maintenant, parce qu'on ne sait pas la durée, mais l'opération est beaucoup moins onéreuse que l'opération du Mali. Pourquoi Jean-Jacques BOURDINElle est plus difficile comme opération ?Jean-Yves LE DRIANAh oui, beaucoup plus difficile, je trouve. Elle est moins onéreuse parce que ça demande moins d'armement, moins de transports, moins de logistique, etc., mais elle est beaucoup plus délicate parce que l'identification de l'adversaire n'est pas si simple et qu'il y a des éléments de la Seleka, voire même des anti-Balaka, qui se fondent dans la population. C'est pour ça, il faut désarmer, et le désarmement de population dans un milieu urbain, avec des hostilités et des volontés de représailles de part et d'autre, c'est un travail extrêmement délicat, il faut de la part de nos soldats de la vigilance, du courage, de la minutie dans l'intervention, c'est ce qu'ils font.Jean-Jacques BOURDINLes 1600 hommes ne sont pas encore totalement en place.Jean-Yves LE DRIANIls sont quasiment déployés.Jean-Jacques BOURDINIls sont quasiment déployés, ça y est ?Jean-Yves LE DRIANOui, à l'heure actuelle.Jean-Jacques BOURDINPas plus, ça suffit 1600 ?Jean-Yves LE DRIANDans l'état actuelle des choses, pas plus, dans la mesure où parallèlement les forces africaines se renforcent et qu'il y a une bonne coordination qui se met en place entre l'Etat-major français et l'Etat-major africain.Jean-Jacques BOURDINEst-ce que vous avez des nouvelles – je change, je parle du Mali – de l'enquête sur la mort de mes deux confrères ?Jean-Yves LE DRIANElle est en cours, mais Jean-Jacques BOURDINRien de nouveau ?Jean-Yves LE DRIANMais comme c'est une enquête qui est dans les mains de la justice, c'est la justice qui doit faire son travail.Jean-Jacques BOURDINOui, mais vous n'avez pas d'information particulière à ce propos ?Jean-Yves LE DRIANNon.Jean-Jacques BOURDINBien. Parlons du budget de la Défense, qui a été adopté par le Sénat.Jean-Yves LE DRIANLa loi de programmation, c'est plus que le budget.Jean-Jacques BOURDINC'est plus que le budget, oui, c'est le budget futur.Jean-Yves LE DRIANC'est les 6 ans qui sont devant nous Jean-Jacques BOURDINVoilà, le budget futur.Jean-Yves LE DRIANQui a été approuvé hier soir par le Sénat, après avoir été approuvé par l'Assemblée nationale, ça trace les perspectives de nos capacités dans les 6 ans qui viennent Jean-Jacques BOURDINJ'ai vu que les écologistes avaient voté contre.Jean-Yves LE DRIANLes écologistes ont voté contre Jean-Jacques BOURDINDécidément, c'est difficile cette cohabitation gouvernementale.Jean-Yves LE DRIANJe le regrette, mais je constate que le débat sur les risques et les menaces de demain pour votre pays, et les moyens d'y répondre, qui est le débat central de cette loi de programmation, et qui a eu lieu au Sénat, était un débat de très haute tenue, de très bon niveau, avec le souci de faire en sorte que la sécurité de notre pays soit partagée, que ça dépasse les clivages partisans. Il y a des positions différentes, c'est bien normal en démocratie, mais il y a eu un débat vraiment de grande qualité, avec l'intérêt commun de faire en sorte que notre pays assure sa sécurité et ses responsabilités, et c'est pourquoi au Sénat il y a eu un certain nombre de votes, du centre et de la droite, qui ont rejoint le vote des socialistes et l'abstention des communistes. Je regrette que les écologistes n'aient pas été à ce rendez-vous.Jean-Jacques BOURDINLe logiciel Louvois.Jean-Yves LE DRIANJe ne sais si les auditeurs connaissent Jean-Jacques BOURDINOui, c'est le logiciel qui sert à payer les soldes Jean-Yves LE DRIANC'est le logiciel fou.Jean-Jacques BOURDINLe logiciel fou du ministère de la Défense.Jean-Yves LE DRIANC'est le logiciel fou, c'est un dispositif qui Jean-Jacques BOURDINOui, informatique.Jean-Yves LE DRIANQui était censé payer les soldes de l'ensemble de nos militaires, qui a été mis en place en 2010/ 2011, que j'ai trouvé en arrivant, et qui était complètement anarchique, qui aboutissait à ce que les soldats soient payés un mois et pas payés le mois suivant, que les soldes soient versées de manière erratique, que les primes ne soient pas intégrées, bref, un dispositif insupportable, qui touchait le moral des militaires, parce que quand vous êtes en opération extérieure et que votre épouse vous dit je n'ai pas reçu la solde ce mois-ci, c'est très grave, c'est tout à fait inacceptable pour un pays comme le nôtre Jean-Jacques BOURDINIl va être remplacé, donc Jean-Yves LE DRIANJ'ai décidé de l'arrêter.Jean-Jacques BOURDINIl va être arrêté et remplacé Jean-Yves LE DRIANEt remplacé par un système Jean-Jacques BOURDINAvant la fin 2014.Jean-Yves LE DRIANLe plus vite possible.Jean-Jacques BOURDINSi vous pouvez.Jean-Yves LE DRIANLe prototype sera en place avant la fin 2014.Jean-Jacques BOURDINAvant la fin 2014.Jean-Yves LE DRIANEt après, chargé par l'expérience, éclairé par tous les déboires que j'ai pu rencontrer et que les soldats ont pu rencontrer depuis plus d'1 an, je vais expérimenter très concrètement pour voir si ça marche. Une des raisons pour lesquelles ce dispositif Louvois a été aussi scandaleux et aussi insupportable c'est parce qu'on ne l'a pas expérimenté avant, on n'a pas vérifié si ça marchait.Jean-Jacques BOURDINQui est fautif ?Jean-Yves LE DRIANJe pense que la responsabilité est collective. Je n'ai pas voulu faire de polémique sur le sujet, parce que je trouve que sur ces enjeux de Défense et de sécurité, et sur le moral des soldats, on ne fait pas de polémique, mais j'ai mis de l'ordre dans le processus de décision pour Jean-Jacques BOURDINVous avez sanctionné ?Jean-Yves LE DRIANJ'ai mis de l'ordre.Jean-Jacques BOURDINMettre de l'ordre ça veut dire sanctionner, si j'ai bien compris.Jean-Yves LE DRIANJ'ai fait en sorte que ça ne se passe plus comme ça.Jean-Jacques BOURDINIl a été développé quand d'ailleurs ce ?Jean-Yves LE DRIAN2010, 2011, 2012.Jean-Jacques BOURDIN2010, 2011, 2012.Jean-Yves LE DRIANNon, je n'étais pas en fonctions.Jean-Jacques BOURDINNon non, vous n'étiez pas en fonctions, d'autres étaient ministres.Jean-Yves LE DRIANJ'assume la responsabilité, je prends ce relais, il y a une continuité républicaine et quand il s'agit Jean-Jacques BOURDINC'était qui le ministre, Hervé MORIN, non ?Jean-Yves LE DRIANQuand il s'agit de la solde des soldats il y a là un sujet d'une très grande sensibilité, j'assume, mais je n'étais pas là à ce moment-là.Jean-Jacques BOURDINVous assumez. Bien. Dernier mot, parce que ça revient sans cesse dans la bouche de mes auditeurs, c'est à propos de cette intervention en République centrafricaine, pourquoi est-ce que nous y sommes allés. Nous y sommes allés, vous l'avez expliqué, pour rétablir l'ordre, pour mettre en place mais, est-ce que nous n'avons pas d'intérêts, quels sont nos intérêts, j'oublie les intérêts stratégiques et militaires, quels sont nos intérêts économiques ?Jean-Yves LE DRIANC'est un des pays les plus pauvres du monde, honnêtement nos intérêts économiques sont extrêmement marginaux, par contre notre intérêt c'est la sécurité, notre sécurité. Il y a un chaos humanitaire, une émotion par rapport à ce que l'on voit dans les images à la télévision, les assassinats, les enfants qui meurent, etc., il y a cette compassion, mais il y a aussi le fait que s'il y avait au centre de l'Afrique un Etat failli, un désordre permanent, c'est l'ouverture à tous les terrorismes possibles. Vous avez à côté Boko Haram, vous avez à côté des chefs de guerre congolais à l'Est de la République centrafricaine qui ne demandent qu'à faire de cet Etat une base de départ pour d'autres aventures Jean-Jacques BOURDINIl y a aussi du pétrole, de l'uranium, des diamants, des Jean-Yves LE DRIANC'est très peu, ce n'est vraiment pas le sujet. Le sujet c'est Jean-Jacques BOURDINDans le voisinage.Jean-Yves LE DRIANDans le voisinage, mais notre sujet c'est la sécurité de notre pays, aussi.Source : Service d'information du Gouvernement, le 11 décembre 2013
La source — vie_publique · nº 189835
↗ https://www.vie-publique.fr/discours/189835-interview-de-m-jean-yves-le-drian-ministre-de-la-defense-avec-bfm-tv?egn-publisher=dila_vp&egn-name=informer_opendata_discours
Fichier d'origine conservé
Ce texte n'a été ni résumé ni corrigé